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08/05/2015

Echelles de perroquet

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Du temps de ma belle jeunesse de botaniste, en herborisant dans l’Ouarsenis avec mes étudiants sous la houlette d’Alexis Monjauze, le regretté défenseur de la forêt méditerranéenne, je me souviens d’une colère mémorable du saint homme devant les échelles de perroquet qui sculptaient la silhouette toute particulière des chênes verts qui en dessous de 2000 mètres, font l’essentiel de la végétation arborescente des sommets. Nous étions en mai 1968 et le moutonnement des massifs dans l’air violet du petit matin donnait une résonnance étrange au discours passionné du maître. Il s’emportait dans le registre qu’il affectionnait, contre la chèvre « le râteau du désert » et contre ces maudits bédouins qui transformaient « ses »  malheureux arbres en réserve vivante  de fourrage ! Les moignons laissés en bonne place servaient d’échelons pour parvenir dans les dernières ramures qu’on jetait aux bêtes, après les avoir cassées ou cisaillées à coups de pierre. La forêt était domaniale, c’était ses arbres, sa forêt et sa montagne !

Je me demande  pourquoi, en voyant mon parti trahi et vilipendé, cette image s’est imposée à mon esprit. Pour les botanistes,  qui sont bien sûr d’une autre trempe que les écolos en peau de lapin des boulevards, le bédouin est un ennemi. Dès qu’une fleur apparaît quelque part, qu’une graine germe ou qu’une touffe de sparte s’accroche aux éboulis, le bédouin se précipite, les chèvres en première ligne et c’est la dévastation. Quand il n’y a plus rien on monte aux arbres ! Bien sûr, pour faire ça il faut y être poussé par la misère.

Ce n’est pas le cas de nos charmants militants du PS qui ont de tout à gogo, des belles maisons et de bonnes retraites. En général ils n’ont pas fait grandes étincelles de leur vie, sinon utilisé leurs charmes, leurs études, et leurs héritages pour se livrer à des jeux de rôles sans imagination, destinés à satisfaire leur égo et leur goût trivial pour les rapports de force. Peu créatifs, ce sont des besogneux de la politique,  des bédouins intellectuels prêts à faire profit de la moindre brindille idéologique, pour peu qu’elle serve leurs intérêts immédiats.

L’exemple des programmes électoraux des dernières cantonales est singulièrement éclairant ! Les tracts sont remplis par les poncifs dont on croit qu’ils vont rapporter des voix. Voilà des sous, voilà des services, et plus de bonheur !  On se croirait dans une carte de vœux de nouvel an. Et si on se persuade que l’étiquette du PS fait peur à l’électeur, on prend le faux nez de « divers gauche »,  fut-ce avec sa carte du PS dans sa poche. Chez mon marchand de légumes,  j’appelle ça du fardage.  Voyez comme je suis bon, voyez comme je suis beau ! Il y a du mépris pour le populo là-dedans. Heureusement le populo est plus malin que ces pitoyables tours de marionnettes !

Car enfin si on prétend faire de la politique c’est qu’on veut  apporter sa part de solutions, qu’on veut inventer quelque chose, ou au moins qu’on se croit capable de le faire. Il ne s’agit pas pour glaner quelques voix de promettre aux électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. On a l’habitude en bon français d’appeler ça de la démagogie. Il faut avoir le courage  au contraire d’identifier les vraies difficultés et d’énoncer des propositions susceptibles de les résoudre, même si elles ne plaisent pas à tout le monde ! J’enrage de ne pas avoir été écouté à propos du regroupement communal, dont j’entends partout aujourd’hui que tout le monde le veut !

Heureusement le ridicule finit par tuer. Quand vous montez aux arbres tout occupé à caqueter, vous vous trouvez obligé d’en exposer à chaque échelon un peu plus, et de découvrir le fond de votre culotte idéologique. Et le plus souvent, on s’aperçoit qu’il s’agit de vieux caleçons bariolés et recyclés, issus de bribes de mémoire collectées au gré des circonstances, s’effilochant dans le flou des souvenirs. On ne grimpe pas très haut sans fondement ni verticalité.

Ces apprentis politiciens de l’illusion se trouvent rapidement à court d’idées.  Le sens véritable des évènements leur échappe. Leurs choix sont circonstanciels et subjectifs. Ils nous font courir de graves dangers car ils ignorent l’étendue de leur ignorance et font preuve d’une incroyable suffisance. Par conséquence ils se retrouvent  dans l’impossibilité d’anticiper les évolutions de l’opinion et d’être en phase avec le mouvement des idées. Livrés à une certaine vacuité intellectuelle ils réservent leur énergie  aux petits mensonges, aux combines hypocrites et aux grosses ficelles !

Je suis véritablement fatigué de cette guéguerre des boutons stérile et sans grandeur. Je rêve d’un monde  dans lequel on se respecterait les uns et les autres,  en écoutant ceux qui parlent et en lisant  ceux qui écrivent. Un monde ou la fidélité et la loyauté resteraient des vertus reconnues qui permettraient le dialogue entre les individus, seule source, in fine, de progrès. Au lieu de ça on assiste au spectacle indigent des perroquets dans la jungle, multicolores et grégaires, autistes et indifférents.

 

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13/09/2014

La pêche à la baleine

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A la pêche à la baleine je ne suis pas allé depuis trop longtemps, à cause du mauvais temps, des vagues et du vent. Je dois avouer aussi mes insomnies,  ma façon de verrouiller les capots et de clore le  rideau de  mon alcôve. Il faut dire aussi que tout est interdit aujourd’hui, surtout la chasse aux cétacés, même pour manger, encore plus pour s’éclairer avec les grassets d’avant. Pourtant comme énergie renouvelable on ne fait pas mieux, il suffit d’élever des baleineaux.

Il y a heureusement une sorte de cachalot qu’on peut encore attraper, c’est la baleine bleue à yeux bleus qui n’est pas au catalogue. Il faut y aller nuitamment, en baleinière par gros temps. C’est l’oncle du cousin Gaston qui m’a montré. Il est revenu une fois, trempé comme une soupe en jetant le bestiau sur la table avec un grand couteau. Il a dit « Dépêchez-vous de la dépecer, j’ai faim, j’ai soif, je veux manger »

Pas de chance, c’est la baleine qui a pris le couteau et poignardé l’oncle à Gaston en plein cœur et puis ensuite elle est partie. Depuis cette affaire je me méfie. J’ai congédié le fainéant de Gaston et j’ai acheté une très grande marmite. Quand, au cœur de la nuit, je pique une énorme baleine avec mon harpon, je lui demande d’abord poliment si je peux la découper en petits morceaux façon lardons. En cas de refus, je me dépêche de la remettre à l'eau.

Avec ma longue expérience, je rentre rarement bredouille et je peux chaque jour, faire bouillir ma tambouille. Grâce aux leçons de l’oncle à Gaston, ma vie est comme un rêve ininterrompu, malgré le grand nombre d’imbéciles de toute nature qui vivent à vélo ou dans le métro. Je suis le dernier pêcheur de cachalots qui prend l’eau chaque jour avec son bateau. Si on écoutait les écolos, même en canot, les captures de baleines bleues à yeux bleues seraient interdites.

Je refuse de m’embarquer dans cette galère car il ne faut pas confondre Jacques Prévert avec un chasseur de panthères. Il a toujours soutenu Dieu le Père sur son nuage amiral et mis en boite les gros thons. C’est dire si je rigole en lançant mon harpon dans la nuit absconse car j’ai toujours l’espoir de ramener un individu de la plus grosse espèce. J’en fais toute une histoire, bien au chaud sous ma couette, quand je suis rentré de la mer, je rêve de faire tirer mon doris par un chameau pour exterminer des baleines vertes.

Il faut dire que les baleines vertes sont mes ennemies. Elles ont les yeux rouges et elles se déplacent en bandes. Elles chassent en meute en éructant de la bave et des cris d’orfraie. On dit qu’elles se sont échappées d’un zoo et qu’elles prolifèrent. Elles ont un téléphone portable et n’arrêtent pas de faire des twitts. Elles disent n’importe quoi, elles hurlent avec les loups. Ces bêtes-là me donnent des boutons. Elles me gâchent mes nuits et mes jours et mes parties de pêche, car elles sont racistes, menteuses et manipulatrices. Parfois je me demande si nous n’allons pas être submergés, sous l’effet du ressac, par une marée de vert-de-gris poussant des troupeaux de pyjamas rayés.

Nous vivons une drôle d’époque. Au nom de la biodiversité on laisse se multiplier les baleines vertes et les gros thons. Il est urgent que les philosophes se réveillent et trouvent quelque chose à dire de sensé qui tire nos compatriotes vers le haut. Pour ma part quand je suis à la pêche à la baleine, j’ai souvent le sentiment qu’un monde ancien s’écroule sans qu’il soit remplacé par autre chose qu’une grosse pagaille individualiste, égoïste et populiste, un champ de bataille sans queue ni tête. Je me dis alors qu’Il est grand temps, pour nous les hommes et les femmes libres, d’avoir enfin pitié de nous-mêmes !

06/06/2014

Six juin 1944

 

 

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La guerre par Marc Chagal

 

 

Cette année-là j’avais cinq ans et demi. Pour cause de bombardements répétés sur le site de Sottevast-Brix, ma mère s’était réfugiée deux ans plus tôt chez une tante postière à Saint Germain Langot, proche de Falaise. Pendant deux ans nous avons eu une vie tranquille dans la poste de ce petit village de campagne. Les hommes étaient à la guerre, prisonniers et il ne restait que les femmes et les enfants.

Ma première vraie frayeur de gamin fut d’être confronté, seul, avec un Panzer allemand lancé de toute la force de ses moteurs tonitruants, au détour d’un chemin creux. J’étais le figurant involontaire d’un petit Tien Anmen bucolique, sans images ni témoin. Jamais je n’ai escaladé aussi prestement le talus couvert de primevères. J’en ai gardé la conviction que ce mastodonte hurlant et aveugle m’aurait aplati comme une galette sans mollir.

Mes souvenirs de l’époque procèdent tous par flashes de quelques secondes. Comme par exemple ce convoi de chariots hippomobiles pris à partie par la chasse anglaise, faisant crépiter la mitraille sur les pauvres bêtes affolées. Ma mère qui était au lavoir à quelques mètres en contrebas me plaqua dans la boue en me couvrant de son corps. J’ai failli périr étouffé dans l’eau et la vase. Un autre souvenir est qu’au milieu du repas de midi, un jeune soldat allemand poussa la porte et tomba raide sur le pavé. Les deux femmes le portèrent dans la paille de la grange voisine pour qu’il récupère. Ma mère disait « on dirait un enfant »

C’est dans cette grange que nous avions à la hâte creusé un trou pour y cacher les maigres richesses du ménage : casseroles, argenterie, porcelaine et peut-être aussi verres en cristal. Nous avions dissimulé tant bien que mal notre trésor avec un mauvais plancher recouvert de terre et de paille. Le soir même des troupes à cheval allemandes mirent leurs chevaux au râtelier juste à cet endroit. Ma tante qui était une dure n’arrêtait pas de jurer en entendant les canassons s’agiter et gratter du sabot. On disait que les palefreniers étaient des russes parce qu’ils avaient arraché des rameaux entiers de cassis dont ils mangeaient les fruits et les feuilles. J’en avais été réellement choqué.

Nous dûmes quitter la maison et fuir devant la ligne de front. Nous nous retrouvâmes pas très loin à coucher dans l’église  des Loges. J’eus la honte de ma vie en me réveillant au milieu du chœur et en chemise pendant la messe de onze heures, car ce devait être le 15 aout. Un obus avait détruit le porche de l’édifice un peu avant. Le curé nous permit de nous installer dans la sacristie, dont une fenêtre dominait la place du village. C’est de cet endroit que nous avons suivi le déroulement d’un épisode que j’ai déjà raconté et qui a coûté la vie à trois soldats alliés (chronique du 16 aout 2010).

Nous rentrâmes à la poste de Saint-Germain sur les traces toutes fraîches des combats. Il y avait deux tombes provisoires dans la cour. Le tonneau de cidre était décoré avec une tête de mort qui déclarait le breuvage empoisonné par l’ennemi, sans préciser lequel. La cage d’escalier était transformée en fortin par des troncs d’arbres. En me glissant sous les dernières marches je découvris une magnifique pendule dorée dont le tic-tac ne s’était pas arrêté. Il s’avéra qu’elle appartenait au château voisin. On se demande à quoi pensent les soldats qui vont mourir. La pendule était peut-être destinée à leur rappeler  l’heure du Jugement Dernier !

Le jugement dernier était sans doute arrivé une nuit pour un officier allemand logé dans la poste. Cette nuit là on voyait le ciel  embrasé par les bombardements qui réduirent Caen à un tas de pierres. L’homme délirait, il hurlait à la mort et toute la maisonnée fut réveillée par le fou furieux que ses hommes durent évacuer.

Ma mère affolée voulut nous entraîner dans un trajet aventureux pour rejoindre notre Cotentin dès la fin août. Je fis une partie du trajet terrorisé, cramponné  au plat bord d’un camion à plateau sans ridelles dont j’ai cru être éjecté à chaque instant. Le spectacle des ruines, des troupes en mouvement et des carcasses de véhicules incendiés était impressionnant.

Nous, les enfants, étions dans la guerre comme dans la paix. Nous n’avions connu que les uniformes, les canons et les fusils. Pour en rajouter, nous jouions à la guerre avec des vrais casques et des fusils en bois. Nous faisions des prisonniers et des morts. J’avais un casque portant MP qui était censé m’octroyer sympathie et autorité. Nous avions une prison et des champs de mines, des interrogatoires musclés et des traîtres entravés puis exécutés. En somme nous étions conditionnés et entraînés pour la prochaine ! Les premiers incidents avec des vrais obus et de la vraie poudre ont rappelé aux adultes qu’il fallait peut-être sortir de ce cauchemar. Nous avons dû heureusement faire en octobre la rentrée des classes.

Les prisonniers commencèrent à regagner leurs foyers. Les familles les attendaient. Pour nous l’attente fut vaine et la nouvelle de la mort de mon père prit la figure tremblante du curé chargé d’annoncer la catastrophe. Je crois bien que ce jour-là, la terre  devint un terrible désert, malgré tous les visages qui m’entouraient  et toutes les figures riantes d’un bocage qui revenait à la vie. En arrière de cela, il y avait un monde incendié, écroulé. Mais je ne le sus que plus tard. Il m’a fallu cinquante ans pour pouvoir en parler et apprivoiser l’abominable solitude de l’orphelin. A cette époque-là on n’appelait pas les psychologues, on se taisait. Il fallait se débrouiller seul avec ses drames et ses angoisses.

Pour dire la vérité,  j’ai tourné du bon côté, je suis devenu anti-militariste et non violent. Le revers de la médaille c’est que j’ai conservé ainsi une grande défiance vis-à-vis de l’ordre social. J’ai tout de suite su  qu’il ne fallait  pas ajouter foi  aux promesses des grands, ni croire un seul instant aux miroirs aux alouettes. Je me suis forgé d’instinct la conviction qu’il ne fallait compter que sur mes propres forces. Longtemps,  je me suis demandé malgré cela si j’aurais été capable de devenir un vrai soldat, en cas de nécessité absolue, celle de défendre notre valeur suprême, la liberté. Je n’aurai jamais la réponse. J’ai seulement  la conviction  que le seul vrai courage ici-bas, l’ultime, celui qui décide de tout,  est d’affronter sereinement sa propre mort !

23/05/2014

J'irai voter Dimanche...

 

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Feu et couleurs de Yves Klein

 

Chacun a ses raisons d'aller voter dimanche, le FN pour mettre du sable dans la machine, les UMP pour que rien ne change et dire pis que pendre du Président Hollande, les centristes pour passer la pommade, les socialistes pour la croissance, les écolos contre le poulet aux hormones, les rouges contre les banques mangeuses d’hommes. Ils ont tous un peu raison mais il faut faire un choix.

Je voterai pour ceux qui voient la vie en rose, pour  les optimistes, pour ceux qui croient qu’on peut toujours faire mieux sans mettre la maison à feu et à sang. Je voterai pour la poignée d’hommes politiques idéalistes et confiants qui ont lancé l’affaire il y a cinquante ans et qui ont semé les premiers germes de la concorde. Je voterai pour ceux qui ont voulu remplacer les canons par les traités, les insultes par les négociations. Je voterai pour ceux qui ont voulu fermer définitivement les camps nazis ou staliniens et décourager les dictateurs en faisant valoir la civilisation du droit.

Certains croient que ces combats-là sont devenus inutiles qu’ils appartiennent au passé. Pas du tout ! Chaque matin nous pouvons entendre des nouvelles qui nous disent que la barbarie est présente à nos portes, en Ukraine pourtant si proche, en Syrie, en Afrique ! Voilà qu’on y enlève des centaines de filles pour les vendre. Pouvons- nous compter sur Poutine ou la Chine pour donner l’exemple, pour rappeler à l’ordre humaniste ?  Absolument pas. Si l’Europe ne le fait pas personne ne le fera. Même chez nous on voit bien que la rechute est imminente dans l’inculture politique, dans la fermeture aux autres, dans l’individualisme des beaufs ou des bofs !

On commence bien sûr par s’attaquer aux étrangers, bienvenus quand ils ramassent nos poubelles, indésirables quand ils ont la gale. Tous ces gens  différents, bronzés et rastaquouères divers, qui parlent mal notre  langue et écorchent nos tympans, les envahisseurs, ceux qui mangent indûment notre pain, sont les premiers à ramasser les coups. On généralise ensuite aux fainéants et aux incapables les moins bien sous tous rapports, les chômeurs, les fous, les malades ! Que deviendront mes petits-enfants s’ils n’ont pas les pattes blanches, les vestons croisés, des jupes plissées et des bandeaux  dans les cheveux ?  La différence entre êtres humains est une richesse ! Elle ne se discute pas, ne se soupèse pas, elle s’impose, elle se  respecte !  Honte à tous ceux qui la marchandent ! L’UMP en tête ! Oui monsieur Raffarin, oui monsieur Fillon ! Je n’ose même pas m’adresser aux autres.

On répète que le FN va gagner sur un programme de xénophobie et de repli sur  soi nationaliste. Comment en est-on arrivé là! Nous les Français intelligents, rouspéteurs, mélangés depuis les Huns, les Celtes et les Vikings, nous qui avons reçu et continuons de recevoir tous ces Africains qui viennent de loin, ces Chinois, ces Libanais  qui n’arrêtent pas de nous renvoyer en cadeau des Zidane et des  Césaire, nous voterions si peu que ce soit contre Schengen,  contre la liberté, contre la créativité !

Entre Junkers et Schulz mon choix est fait, mon choix est clair, ma volonté est totale. Comment des gens normaux peuvent-ils même du bout des lèvres voter comme le Borgne qui disait il n’y a pas si longtemps que la Shoa était un détail de l’histoire ? Comment tant soit peu cousiner avec la Bleue Marine qui attise les peurs et les haines en utilisant les mensonges et les amalgames ? Je dis en toute horreur et en toute conviction, horrifié par ces  droitiers de l’UMP, hypocrites à la Sarkozy ,  qui trinquent à la même table que le FN, (ce qui n’est pas nouveau et qui se répètera souvent) qu’ils sont des traîtres à la République.

Moins que jamais nous ne devons tremper les mains dans les brouets infâmes de l’égoïsme et du simplisme. Les charognes politiques même puantes, surtout puantes, attirent encore leur lot de nervis et de pervers, d’égarés et d’illuminés. Tous ceux qui ne se déplaceront pas pour voter dimanche pour la paix entre les peuples et la démocratie en Europe, prendront un risque politique majeur, en cautionnant une sorte de hold-up interne des valeurs de l’Europe par ses propres ennemis. Leur abstention  peut aboutir à la mise en panne, voir l’éclatement d’Institutions qui ne sont certainement pas parfaites  mais qui ont demandé malgré tout un demi-siècle de patience et d’efforts, tournés vers la paix  et la démocratie.

05/04/2014

Futurologie

 

 

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 Jaune-Rouge-Bleu par Kandinsky

 

 

Jacques Le Goff, notre regretté historien, confiait il n’y a pas si longtemps  son peu de goût pour la Futurologie, ce qui était une façon de remettre en cause l’Histoire,  comme la clé de notre avenir. De la Futurologie, les savants du GIEC nous en racontent tous les jours. A tel point qu’ils sont surpris, voire dépassés par la rapidité avec laquelle les évènements qu’ils avaient prédits  pour le milieu du siècle se manifestent  aujourd’hui. A leur place j’y trouverais un motif d’inquiétude plutôt qu’une satisfaction. Avant l’heure ce n’est pas l’heure ! Cela prouve qu’il y a quelque  chose qui cloche dans leurs modèles. C’est peut-être aussi qu’on se précipite un peu trop vite pour trouver partout des raisons  ou des effets du réchauffement. Les évènements météorologiques qui s’éloignent de la moyenne sont maintenant considérés comme autant de preuves du dérèglement climatique. Il y a belle lurette que les climatologues savent que ces moyennes n’existent pas ! Et qu’en réalité la météo est toujours en de ça ou au de  là ! Finalement nos savants du GIEC  prêchent de plus en plus dans le désert et n’arrivent à convaincre que ceux qui le sont déjà.

Avec son nouveau gouvernement de choc,  F. Hollande envoie toute nos forces socio-démocrates  dans la bataille pour la croissance et la création d’emplois. Réussira-t-il ? Je le souhaite pour la France et les Français et pour l’Europe. Si les Allemands ne prennent pas conscience qu’il faut d’urgence relancer l’économie  de l’Espagne, de l’Italie et de la France en acceptant quelques effets inflationnistes, nous risquons bel et bien la stagflation, à l’exemple du Japon, qui fut autrefois à la pointe du progrès et de l’innovation et qui vient d’ endurer  deux décades de stagnation économique. Il en  sort tout juste ! 

Michel Sapin se voit confier la difficile mission de convaincre les instances européennes de lâcher les vannes du crédit et de financer des grands projets collectifs ou de racheter des emprunts pourris qui paralysent les banques.  Tout cela passe par la bonne volonté de la Banque Européenne et de son Président Mario Draghi, qui bien sûr est sous la pression allemande. Pour l’Europe, je souhaite qu’un accord soit trouvé avant peu. Les élections du mois de juin risquent , si ce n’est pas le cas,  d’envoyer au Parlement une majorité d’adversaires de l’Europe. A ce moment- là, il sera trop tard pour pleurer.

Fidèles à leur politique de Gribouille, les écolos ont refusé un grand ministère de l’Ecologie. Plus politicards que ces gens-là tu meurs ! Ils espèrent faire un tabac aux dites élections européennes sur le dos des socialistes, mais il se pourrait que le grand vainqueur  soit le FN avec l’aide inavouée  de l’UMP. Nous récolterons alors  les fruits amers de la discorde et de la non-coopération européenne. Les gens raisonnables de notre échiquier politique devraient réfléchir  à la nécessité de donner , enfin ! un coup de main à la voie moyenne que veut emprunter notre gouvernement pour sortir de la crise. L’enjeu , c’est d’apurer  les comptes publics  tout en tentant de rendre confiance aux entreprises qui sont les seules à même de relancer l’investissement productif. Cela suppose  qu’on  allège les taxes et qu’on diminue  le coût du travail,  ce qui n’est pas facile  à faire quand les caisses sont vides . Alors même qu’un peu de justice doit conduire à redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes. Le moins qu’on puisse dire c’est que le nœud est hyper serré !

Sur le plan politique, Hollande est coincé entre   la gauche de la Gauche qui trouve « inconcevable de faire des cadeaux aux patrons » et préfère retourner à ses habituels démons de la révolution pour demain et la droite de la droite, qui compte bien rendre l’Europe responsable de la crise, de l’immigration incontrôlée et de la perte irrémédiable de notre souveraineté et de notre identité. La droite classique,  sous la direction d’un  Copé qui persiste à  jouer les roquets bêtes et méchants, en utilisant les armes débiles de l’amalgame et de la mauvaise foi,  sera bien incapable de s’opposer  à cette conjonction des extrêmes qui recèle de grands dangers à court terme.

On pourrait se demander où est passé le centre dont la vocation ressassée est d’appuyer les majorités d’idées. Borloo est malade semble-t-il et le nouveau maire de Pau est trop discrédité pour tenter un retournement !  C’est pourtant le moment, pour les gens raisonnables  de collaborer à des objectifs qu’ils réclament depuis vingt  ans , qui consistent à   réduire les déficits et relancer la croissance.  Il va falloir que le gouvernement de combat qui vient de se constituer réussisse à convaincre seul, par ses propres mérites, de la pertinence de son action. Je fais des vœux pour qu’il y parvienne, mais l’entreprise est risquée.

On ne peut compter que sur la clairvoyance et le savoir –faire du couple Hollande-Valls. Je leur souhaite la baraka !  Ils vont devoir  obtenir  l’écoute des milieux économiques, des entreprises et des syndicats. A quel prix ? Il ne faut pas hésiter à frapper les esprits,  en supprimant les 35 heures même symboliquement, en autorisant l’exploitation des gaz de schistes et en lançant enfin les travaux de Notre Dame des Landes. Il faut décider, il faut agir, trancher, se faire des ennemis et l’emporter finalement ! Un gouvernement  de combat, c’est fait  pour ça. 

Pour la première fois peut-être de l’histoire,  le Cotentin fournit un ministre de l’Intérieur  à la France. Nous en sommes fiers et je me souviens d’avoir écrit en son temps (Voir ma chronique du 10/05/2011, Eloge de notre député-maire…) tout le bien que je pensais de ce petit homme souriant, modeste et plein d’humour.  Avec lui,  je suis sûr que la loi sera inflexible et que les personnes seront respectées.