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01.07.2007
Deux ou trois choses que je sais des socialistes...
Je me demande si ce n’est pas mieux pour nous d’avoir perdu les présidentielles. A constater la confusion des valeurs, le mariage forcé de la chèvre et du chou, le choc des ambitions personnelles, on peut se demander si le succès n’aurait pas été plus difficile à assumer que la défaite. Ne jetons pas pour autant le bébé avec l’eau du bain, et essayons de comprendre nos insuffisances.
Nos instances dirigeantes sont traversées en ce moment par des tourbillons qui ne sont pas vraiment dus à des courants de pensée mais plutôt à des luttes de pouvoir. Nos éléphants veulent tous être califes, et ils ne sont pas les seuls. Ils sont suivis par des processions de sous-califes, qui à mesure qu’on s’éloigne du centre pour gagner la périphérie, ont des ambitions plus modestes mais bien réelles. L’ambition est légitime, mais celle qui s’apprend à l’ENA ne l’est pas autant que celle qu’on apprend dans la vie, à Bobigny, à Saint Nazaire ou à Teurthéville Bocage.
Je me persuade que nous avons les responsables politiques que nous méritons. Nous sommes serviles avec les leaders (qui sera à côté de lui sur la photo ?) et bien indifférents avec ceux qui ne font pas le poids dans la catégorie. Face à une base plus agressive, il se pourrait que nos ténors soient pris de modestie. Nous sommes leurs électeurs, leurs colleurs d’affiches et leurs cireurs de pompes. Cela est insuffisant, nous devons aussi être des pointilleux censeurs .
Le Président Sarkozy est à la fois Napoléon et l’Abbé Pierre. Donnons nous le temps de juger sur pièce. Pour le moment, dans sa partie d’échecs, il a un coup d’avance et il est en passe de gagner son ouverture. Comme Napoléon, il a le goût du risque, et quelque part il trouvera Waterloo sur sa route.A gauche nous sommes sur un projet de long terme et par philosophie, des progressistes. Il ne sert donc à rien de s’énerver. Nous avons confiance dans le génie humain, la liberté et la responsabilité. Nos armes sont la lucidité, la patience, et la pédagogie. Travaillons en gardant à l’esprit nos valeurs et nos principes.
Ces valeurs là ne seront jamais périmées, jamais obsolètes. Notre difficulté aujourd’hui est de les orchestrer dans un projet politique crédible pour le plus grand nombre. Il faut que le travail soit mieux rémunéré et le capital un peu moins adulé. Il faut que la politique fiscale soit plus simple et plus juste. Il faut que notre société soit plus ouverte et plus respectueuse de notre environnement. Il faut que l’ascenseur social se remette à fonctionner. Il faut mettre fin aux excès du consumérisme et il faut retrouver les vraies valeurs, celles de la culture et de l’intelligence. Le vrai pouvoir est celui de l’imagination et de la création.
Et justement l’ouverture de ce blog de la 4° circonscription est une excellente nouvelle pour tous les militants d’ici. La bataille électorale des législatives nous a donné deux résultats inattendus, une porte parole charismatique et rassembleuse en la personne d’Yveline et un esprit de groupe soudé par l’action commune. Ce n’est qu’un début. On sent bien qu’on peut faire bouger les choses. Mais rien ne nous sera donné. Cela demande beaucoup de travail sur notre beau territoire. Où sont les ouvriers et les employés ? où sont les agriculteurs et les pêcheurs ?, où sont les commerçants et les entrepreneurs ? où sont les artistes ? Combien de militants à Valognes ?. Comment faire vivre un parti et le consacrer à l’amélioration de la société sans qu’il soit nourri de toutes les forces créatives et agissantes qui la traversent ? Je vois trop bien tout le travail que nous avons à faire pour que nos idées progressent et se trouvent en phase avec les difficultés de notre temps. Notre blog sera le confluent de nos idées et de nos talents.
Le Cotentin possède des atouts. Sa sociologie repose sur un équilibre assez pittoresque entre citadins et ruraux, entre terre et mer, entre activités industrielles et productions agricoles. Il est doté d’un réseau de villes hiérarchisées allant de la ville (Cherbourg) aux chefs lieux de canton et aux petits bourgs et hameaux de nos campagnes profondes. Chaque entité propose son lot d’activités et de services qui sont complémentaires et indispensables. A nous d’exercer notre sagacité pour faire émerger des solutions harmonieuses de fonctionnement et d’amélioration. Le socialisme commence à notre porte.
Après tout ça, ne comptez pas sur moi pour me prêter à des rapports de force qui aient à voir avec autre chose que des idées. Il faut oublier nos courants, historiques mais paralysants. Le Royalisme ne doit pas devenir un énième courant. Nous devons faire la chasse aux idées toutes faites, au conformisme idéologique et à la discipline hiérarchique (en interne et en dehors des combats électoraux). Il n’est pas question de s’opposer sans savoir pourquoi. On peut y mettre de l’humour, mais c’est encore mieux d’y mettre de la méthode. L’individualisme est un gouffre dans lequel plongent avec délectation les classes moyennes, vite oublieuses de ce qu’elles doivent aux valeurs de solidarité défendues par notre parti. A nous de le rappeler, de l’expliquer, pour convaincre et attirer les meilleurs. Avec toujours une constante : n’accusons pas les autres de nos propres turpitudes. Le reste viendra par surcroît.
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