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31/07/2007

L'économie de marché

Voilà une question qui fait jaser. Je ne suis pas sûr que les camarades
militants soient au clair avec elle. Cela fait partie de la pensée unique. Cette
notion est devenue ambiguë parce qu’elle véhicule des significations
contradictoires. On oppose à juste raison l’économie de marché et l’économie
planifiée. Celle-ci a connu des sommets en Union Soviétique, on en a vu les
excès et les échecs de manière caricaturale. En réaction les libéraux ont
considéré que seule la loi du marché peut réguler l’économie. Une sorte de juge
de paix dépersonnalisé, un système qui fait que les erreurs de fabrication, de
gestion ou de programmation sont immédiatement sanctionnées.  Au fond le marché
est le seul moyen efficace d’ajuster l’offre et la demande.
 
A ce stade il faut bien dire que ces libéraux là ont raison.  A la seule
condition que les monopoles soient impitoyablement combattus. On comprend bien
qu’un fabricant de voiture unique peut imposer  ses prix et ses modèles, et bien
sûr ses marges bénéficiaires. Et du coup il peut disposer à sa guise des surplus
qui iront probablement davantage aux actionnaires qu’aux salariés. De ce point
de vue on ne comprend pas pourquoi certains à gauche se sont émus de la
référence à la concurrence pure et dure dans le Traité Européen. La concurrence
est en réalité la seule arme économique rationnelle dont on dispose,  pour
lutter contre les tentatives hégémoniques du Grand Capital.
 
A gauche nous avons l’habitude de défendre les entreprises publiques. Celles ci
sont souvent des monopoles d’Etat.  Le danger qui les guette est bien entendu
qu’elles se comportent comme des monopoles privés imposant leurs prix, leurs
bénéfices  et les avantages sociaux de leur personnel. . Nous avons connu le
Syndicat du Livre, celui des Dockers, et nous connaissons encore l’EDF et la
SNCF. Pour nous autres socialistes la question est de savoir dans l’économie
mixte que nous défendons, quelles sont les parts du marché et celle des
monopoles.
 
On admet facilement que la défense et la justice sont des fonctions régaliennes
(c’est à dire des monopoles d’Etat) mais la question est plus controversée pour
la sécurité (on voit partout des agents de sécurité privés), pour la santé (avec
les cliniques privées de plus en plus prospères) et pour l’éducation (avec les
écoles confessionnelles), avec les transports et l’énergie dont les
infrastructures relèvent de l’intérêt public. Tous les autres domaines qui sont
ceux de la consommation pour l’alimentation, l’habillement  et les loisirs ne
posent pas de problèmes et personne à gauche ne remet en cause leur caractère
privé.
 
Puisqu’on parle de rénovation, il va bien falloir que notre parti sorte de
l’ambiguïté actuelle. Si nous voulons répondre aux attaques de nos adversaires,
qui évidemment forcent le trait, il nous faut faire un effort d’examen et de
clarification. C’est à ce prix là que nous pouvons espérer des succès
ultérieurs. Dans une économie mixte telle que la conçoivent les sociaux
démocrates, il faut absolument qu’on définisse sans faiblir les parts
respectives du marché et celles de la planification publique.

05/07/2007

Allez savoir....

Du temps où j'étais prof, j'aimais afficher une devise dans ma salle de TP ou bien à la fin d'un cours :

"LA CONNAISSANCE EST UNE RICHESSE QU'ON PARTAGE, PAS UN POUVOIR QU'ON SE RESERVE"

On peut dire que c'est un peu pompeux, mais il faut reconnaître que ça ne manque pas de vérité. Les vraies inégalités sont celles qui séparent l'ignorant de celui qui est informé. Tous les enjeux de la vie sociale sont liés à la connaissance : ça commence à l'école, ça se poursuit dans la presse et les médias et ça se répand dans la politique, la finance,  et la culture. Il y a les milieux autorisés et les autres disait Coluche....

01/07/2007

Deux ou trois choses que je sais des socialistes...

 

Je me demande si ce n’est pas mieux pour nous d’avoir perdu les présidentielles. A constater la confusion des valeurs, le mariage forcé de la chèvre et du chou, le choc des ambitions personnelles,  on peut se demander si le succès n’aurait pas été plus difficile à assumer que la défaite. Ne jetons pas pour autant le bébé avec l’eau du bain, et essayons de comprendre nos insuffisances.

 

Nos instances dirigeantes sont traversées en ce moment par des tourbillons qui ne sont pas vraiment dus à des courants de pensée mais plutôt à des luttes de pouvoir. Nos éléphants veulent tous être califes, et ils ne sont pas les seuls. Ils sont suivis par des processions de sous-califes, qui à mesure qu’on s’éloigne du centre pour gagner la périphérie, ont des ambitions plus modestes mais bien réelles. L’ambition est  légitime,  mais celle qui s’apprend à l’ENA ne l’est pas autant que celle qu’on apprend dans la vie, à  Bobigny, à Saint Nazaire ou à Teurthéville Bocage.

 

Je me persuade que nous avons les responsables politiques que nous méritons. Nous sommes serviles avec les leaders (qui sera à côté de lui sur la photo ?) et bien indifférents avec ceux qui ne font pas le poids dans la catégorie.  Face à  une base plus agressive,  il se pourrait que nos ténors soient pris de modestie. Nous sommes leurs électeurs, leurs colleurs d’affiches et leurs cireurs de pompes. Cela est insuffisant,  nous devons aussi être des pointilleux censeurs .

Le Président Sarkozy est à la fois Napoléon et l’Abbé Pierre. Donnons nous le temps de juger sur pièce. Pour le moment, dans sa partie d’échecs, il a un coup d’avance et il est en passe de gagner son ouverture. Comme Napoléon,  il a le goût du risque, et quelque part il trouvera Waterloo sur sa route.A gauche nous sommes sur un projet de long terme et par philosophie,  des progressistes. Il ne sert donc à rien de s’énerver. Nous avons confiance dans le génie humain, la liberté et la responsabilité. Nos armes sont la lucidité, la patience, et la pédagogie. Travaillons en gardant à l’esprit nos valeurs et nos principes.

 

 

Ces valeurs là ne seront jamais périmées, jamais obsolètes. Notre difficulté aujourd’hui est de les orchestrer  dans un projet politique crédible pour le plus grand nombre. Il faut que le travail soit mieux rémunéré et le capital un peu moins adulé. Il faut que la politique fiscale soit plus simple et plus juste. Il faut que notre société soit plus ouverte et plus respectueuse de notre environnement. Il faut que l’ascenseur social se remette à fonctionner. Il faut mettre fin aux excès du consumérisme et il faut retrouver les vraies valeurs, celles de la culture et de l’intelligence. Le vrai pouvoir est celui de l’imagination et de la création.

 

Et justement l’ouverture de ce blog de la 4° circonscription est une excellente nouvelle pour tous les militants d’ici. La bataille électorale des législatives nous a donné deux résultats  inattendus, une porte parole charismatique et rassembleuse en la personne d’Yveline et un esprit de groupe soudé par l’action commune. Ce n’est qu’un début. On sent bien qu’on peut faire bouger les choses. Mais rien ne nous sera donné. Cela demande beaucoup de travail sur notre beau territoire. Où sont les ouvriers et les employés ? où sont les agriculteurs et les pêcheurs ?, où sont les commerçants et les entrepreneurs ? où sont les artistes ? Combien de militants à Valognes ?. Comment faire vivre un parti et le consacrer à l’amélioration de la société sans qu’il soit nourri de toutes les forces créatives et agissantes qui la traversent ? Je vois trop bien tout le travail que nous avons à faire pour que nos idées progressent et se trouvent en phase avec les difficultés de notre temps. Notre blog sera le confluent de nos idées et de nos talents.

 

Le Cotentin possède des atouts. Sa sociologie repose sur un équilibre assez pittoresque entre citadins et ruraux, entre terre et mer, entre activités industrielles et productions agricoles. Il est doté d’un réseau de villes hiérarchisées allant de la ville (Cherbourg) aux chefs lieux de canton et aux petits bourgs et hameaux de nos campagnes profondes. Chaque entité propose son lot d’activités et de services qui sont complémentaires et indispensables. A nous d’exercer notre sagacité pour faire émerger des solutions harmonieuses de fonctionnement et d’amélioration. Le socialisme commence à notre porte.

 

 

Après tout ça, ne comptez pas sur moi pour me prêter à des rapports de force qui aient à voir avec autre chose que des idées. Il faut oublier nos  courants,  historiques mais paralysants. Le Royalisme ne doit pas devenir un énième courant. Nous devons faire la chasse aux idées toutes faites, au conformisme idéologique et à la discipline hiérarchique (en interne et en dehors des combats électoraux). Il n’est pas question de s’opposer sans savoir pourquoi. On peut y mettre de l’humour, mais c’est encore mieux d’y mettre de la méthode.  L’individualisme est un gouffre dans lequel plongent avec délectation les classes moyennes, vite oublieuses de ce qu’elles doivent aux valeurs de solidarité défendues par notre parti. A nous de le rappeler, de l’expliquer,  pour convaincre et attirer les meilleurs. Avec toujours une constante : n’accusons pas les autres de nos propres turpitudes. Le reste viendra par surcroît.