lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/10/2008

BENOÎT HAMON ? JE SIGNE !

Benoît WEB.jpgAujourd’hui nous avons besoin de paroles fortes. En première page de mon journal préféré sur 4 colonnes à la une,  je lis que 25000 milliards de dollars se sont évanouis de par le monde. Hier j’ai entendu Michel Rocard sur Canal dire que ces banquiers, qui ont dissimulé leurs dettes pourries avec d’autres valeurs sont des voleurs. Il n’y a pas d’autre mot. Ces voleurs se sont enrichis impunément pour plusieurs générations. Le vieux Greenspan lui même avoue humblement qu’il s’est trompé, qu’il avait toujours cru que l’intérêt des banquiers était de protéger leurs clients et qu’il vivait une amère désillusion. Allons vieillard,  après trente ans dans les affaires pourrais tu feindre d’ignorer que la qualité essentielle d’un banquier c’est la cupidité, l’appât du gain ? et 25000 milliards de dollars ça laisse des grosses miettes, toujours bonnes à ramasser.

 

Depuis Thatcher on nous rabâche que le libre marché et la concurrence sont les meilleurs régulateurs. Nous avons presque tous fini par y croire, y compris le PS qu’on a harcelé jusqu’à ce qu’il avoue ! Sarkosy et les siens n’ont cessé de nous insulter comme des archaïques et des incapables. La richesse au plus méritant. Avec lui on travaillerait plus pour gagner plus et nous serions une France de propriétaires, comme en Amérique, comme avec Reggan et avec Bush. Mais on avait oublié que la motivation première des acteurs économiques  c’est l’avidité, l’appétit. Et on a vu pendant ce temps là, des salopards  jamais rassasiés par les bonus et toujours bien suspendus à leurs parachutes dorés évaporer 25 000 milliards de dollars, nous laissant littéralement et collectivement sur la paille. Ils se sont comportés exactement comme des escrocs de bas étage rompus à l’exercice de la grivèlerie et des chèques sans provision. Les rois du bonneteau monétaire.

 

Et maintenant ? par ici la petite monnaie. Les politiciens véreux  volent au secours du système qui s’écroule, Sarkosy en tête. D’ailleurs tous les richards de la planète fascinent Sarkosy, avec leurs yachts et leurs Rolex. On ouvre des lignes de crédit, on lève des fonds, on garantit les prêts, on consolide les fonds propres. L’urgence l’impose, sinon les tuyauteries complexes de la banque internationale vont s’obstruer, s’éventrer et s’effondrer. Un cataclysme qui priverait tous les beaux messieurs de la finance de leur casino favori . La nécessité fait voler en éclats les dogmes d’hier. Plus question de libéralisme, il nous faut de l’Etat. L'Etat en démocratie c’est le peuple, Et on a besoin du petit argent du peuple. Celui que nous tous, les soutiers qui nous lèvons tôt, sommes les seuls à produire. Car in fine toutes les richesses proviennent de notre travail . Et bien camarades, les voleurs ont maintenant plus que jamais besoin de notre argent. On va le prendre dans nos livrets A. C’est tout à fait incroyable !  on va racler les fonds de l’épargne populaire, sans que personne ne s’insurge, sans qu’aucun pousse un coup de gueule ou que nul, comme mon âne Tonnerre, parte braire dans la campagne ?

 

Et voilà pourquoi camarades je vais voter Benoît Hamon. Ce jeune homme plein d’avenir est le seul à s’être avisé qu’il fallait d’urgence reprendre un temps d’avance sur la vulgate libérale antisociale.  Nous ne devons pas avoir honte du socialisme. Nous devons proclamer que l’Etat doit être là pour protéger l’intérêt général et lutter contre les iniquités sociales. Nous devons parler de la puissance publique non pas comme d’un parasite mais comme d’une force qui protège les citoyens, tous les citoyens. Il est temps de reparler de banques publiques, d’investissements collectifs, de planification, de régulation des échanges internationaux. Nous devons proclamer que la  mondialisation ne peut être une bonne chose que si elle est maîtrisée et que si l’intérêt des peuples est respecté. Seul, le jeune Benoît Hamon a eu le culot d’employer ces mots là. Il est le seul à faire l’analyse correcte et il est le seul à en tirer les conclusions qui s’imposent.

 

Nous n’avons pas besoin de nous abîmer dans la profondeur insondable de la langue de bois socialiste quand les faits sont aussi monstrueux et les mécanismes aussi bien caractérisés. Nous n’avons que faire d’un parti qui soit un club de pensée ou des messieurs qui parlent doctement dans  la langue du siècle des Lumières coupent les cheveux en quatre. Nous avons besoin d’un parti qui soit un instrument de combat politique. Il faut faire rendre gorge idéologique à la droite libérale qui se montrait il y a peu si satisfaite d’elle même. Notre champion doit mener  ce combat sans casseroles, sans un soupçon de connivence droitière et sans aucun complexe. Je suis persuadé que Benoît Hamon saura le faire.

 

19/10/2008

Chronique du Moyne 4- La férocité des frères convers

 

moine5_WEB.jpg

 

 Hamon était livré aux exactions cruelles des trois convers....

 

 

Devant une telle rébellion, le Père fut pris d’une bestiale colère. Il était l’homme des décisions brutales et cruelles. Devant l’abbé Cresté servile et larmoyant il fit saisir son fils par le garde-chasse et ses aides. Il l’envoya incontinent dans un prieuré de la forêt de Brix en adjurant les moines tonsurés de remettre ce garçon dans le droit chemin. Ceux-ci devaient utiliser la force et les coups. Tous les moyens, devaient être employés recommanda-t-il y compris les plus inhumains. Aucun châtiment,  aucune torture ne devaient être épargnés pour amener le jeune homme à la résipiscence.

 

 

Les trois convers à demi sauvages qui fabriquaient du charbon de bois pour l’abbaye de Blanche Lande ne dissimulèrent pas leur  satisfaction. Hamon allait devenir leur serviteur,  ou plutôt leur esclave. On le fit dormir sous un arbre, enchaîné à une planche. Il devait partager sa pitance avec deux molosses, dressés contre les loups. Ces bêtes là  nombreuses dans cet endroit du bois, rendaient toute évasion dangereuse. Les religieux étaient en réalité des brutes sans foi ni loi. A la nuit tombée ils buvaient de la bière ou du cidre et se livraient à des orgies. Gare à celui ou à celle qui avait la malchance de s’égarer dans la forêt et de frapper à l’huis pour quérir du secours. Ils en faisaient un captif et le retenaient comme  esclave pendant plusieurs jours. S’il ne venait personne c’est Hamon lui même qui devenait le souffre douleur de leurs jeux impies, ignobles et obscènes.

 

 

Pendant tout l’hiver, Hamon survécut ainsi au plus profond de le forêt de Brix. Personne ne se souciait de son existence pendant qu’il était livré aux exactions cruelles des trois convers. Sa seule consolation fut de domestiquer peu à peu les deux cerbères canins qui partageaient sa hutte de branchages. Il se privait de nourriture pour les amadouer. A force de soins et de cajoleries, les deux énormes chiens devinrent ses amis. Ils en vinrent à le protéger des loups et des autres bêtes sauvages et ils le réchauffaient la nuit en  se couchant docilement  à ses côtés. Malgré tous les mauvais traitements et toutes les souffrances, Hamon gardait au cœur le souvenir de sa belle. Il ne pouvait oublier son amour pour la charmante Mélisse.

 

Quand vint le printemps, n’y tenant plus, le jeune homme  échafauda un stratagème pour s’échapper. Il prit le soin de calmer la méfiance de ses tortionnaires. Il ne les regarda plus jamais en face et  il feignit de devenir idiot. Peut-être  à cause d’un reste d’humanité  ou bien simplement par lassitude,  les frères tonsurés relâchèrent un peu la surveillance. Comme il était le seul à savoir commander aux chiens  et qu’on avait besoin d’eux pour la garde on permit à Hamon de dormir sans être enchaîné. Il décida alors de s’enfuir  pour retrouver sa belle , de l’enlever et d’aller vivre loin de ses bourreaux, chez les Anglais peut-être, ou bien même aux Indes.

 

 

Au cœur de la nuit après avoir attaché les deux molosses qui lui léchaient les mains avec docilité, il s’enfonça dans les fourrés et suivit les ruisseaux jusqu’à retrouver la rivière de Saire. Il courut jusqu’à l’épuisement . Quand vint le jour il se cacha dans un fourré. Le soir il reprit sa marche en suivant le cours d’eau. Il était terrorisé à l’idée de rencontrer la chasse à Hellequin ou d’autres goubelins qui hantaient la vallée. Mais il avait également peur des manants qui pouvaient le dénoncer.

 

 

Il évita les fermes et dénicha des corbeaux pour calmer sa faim avec les œufs amers. Il descendit ainsi le courant jusqu’à Valcanville en contournant l’Hôtel des Templiers. Il finit par atteindre Anneville en évitant les moulins et arriva dans les parages mouvants du Pont de Saire. Hamon suivit la plage,   dissimulé par les fumées épaisses des salines. Il traversa le chantier d’un navire en construction en prenant soin de ne pas réveiller le gardien qui dormait dans la sciure, sans doute en train de cuver la bière ingurgitée la veille.

 

 

Il parvint ainsi  au petit port de Jonville ,  redoutant de voir surgir un marinier affairé entre les filets et les claies à homards qui gisaient là. Mais  personne ne venait. Les bateaux inclinaient leur élégante silhouette sous les rafales du vent de suroît. L’horizon cuivré par la pleine lune jouait à cache-cache avec des nuages sombres et violets.

11:00 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer

Chronique du Moyne 3- Le mariage impossible

 

 

 

Cet état de choses ne pouvait durer très longtemps. Par un mauvais jour de pluie, de froid et de vent,  Mélisse resta silencieuse auprès de son amoureux. Elle soupirait avec tristesse et semblait soucieuse. Son compagnon qui l’observait avec attention insista pour qu’elle lui explique la raison de son air mélancolique. Tu sais bien lui dit-il que nous nous aimons si fort que nous pouvons  tout partager aussi bien les joies que  les peines. Dis moi ce qui te chagrine. Si nous voulons résister aux forces mauvaises qui veulent nous séparer,  nous devons tout nous dire et nous porter secours mutuellement.

 

 

Mélisse consentit à s’expliquer. Mon père a appris notre histoire répondit-elle. Il est entré dans une sourde colère car il a très peur pour moi . Il pense que cette aventure va mal se terminer, et que c’est sur moi que retomberont toutes les souffrances et toutes les pénitences. Il est impossible qu’une pauvre fille  épouse un beau et riche Seigneur comme vous,  Hamon de Giron. Il m’a demandé de ne plus vous voir car ma vie même est en danger. Il a prédit qu’on m’accusera d’intriguer pour profiter de vos biens, d’être une femme de mauvaise vie, une catin dépravée, peut-être même  une sorcière. Il a même ajouté qu’il était convaincu que l’abbé Cresté lui-même appellerait tous les Chanoines et  tous les Archevêques rassemblés, pour dresser un bûcher et m’envoyer en enfer.

 

 .


Le jeune Giron manifesta un vif courroux. Que sait votre père de tout cela ? Avec tout le respect que je lui dois, dites lui bien que rien, ni personne,  ne pourra m’empêcher de vous épouser comme le demande notre sainte Eglise. Mon père lui même ne pourra pas s’opposer à notre mariage car c’est le devoir d’un bon chrétien d’obéir aux  commandements de Dieu. C’est bien mal me connaître que de croire que je me laisserai dicter ma conduite. Mon père devra me donner l’autorisation de vous épouser. Il ne pourra me refuser car je suis son seul héritier et j’exigerai devant la justice la part d’héritage de ma pauvre mère. Il en  sera ruiné.  S’ il s’entête, je quitterai le Château et nous partirons loin d’ici. J’achèterai des parts dans un galion et nous ferons voile pour l’Espagne et le Portugal.

Nous nous installerons dans les nouvelles terres d’Afrique où même dans les Indes orientales....

 

Tout à ses chimères et inconscient des difficultés, dès son retour au Château, le jeune homme saisit la première occasion, pour exposer ses projets à son père.

 

Naturellement, le riche et puissant Sire de Giron refusa d’emblée une pareille mésalliance. Il n’était pas question que son unique héritier convole avec une pauvresse en haillons qui vivait presque de mendicité. Qu’il aille la foutre dans un fossé, soit, mais qu’il lui propose le mariage  prouvait simplement que la garce lui avait jeté un sort. Son fils était  devenu toqué et il avait perdu le sens commun.

 

Hamon essaya d’expliquer patiemment les beaux sentiments qui étaient les siens, la douceur de la jeune fille, le charme infini de ses yeux, l’éclat de son rire. Mais Giron n’avait cure de ces fadaises. Le fils insista et supplia avec tout le respect qu’il devait à son père. Il fit preuve d’une grande force de caractère. Le vieux Chevalier ne voulut rien entendre et se raidit dans son refus. Il menaça même  son unique héritier de sévères mesures de rétorsion qui pouvaient aller jusqu’aux châtiments corporels les plus cruels s’ il persistait dans sa chimérique illusion.

 

Alors l’amoureux têtu s’endurcit dans sa détermination. Il réclama l’héritage de sa mère, pour partir en Italie ou au Portugal. Il déclara qu’il voulait embarquer pour commercer dans ces pays lointains. Il trafiquerait des épices avec de puissants marchands et il deviendrait riche. Et si  son père ne voulait rien entendre, il jura qu’il allait quitter le château, et s’engager comme simple marinier dans la marine royale pour servir sur les bricks de sa Majesté le Roy.

Pendant plusieurs jours Hamon tint tête à son père, insensible aux objurgations de l’Abbé Cresté et aux coups de fouet infliges par le garde-chasse Mal-Oeil. Le vieux Giron maintint son fils enfermé sans manger ni boire et menaça de le tuer. Dans un coup de colère il fit même abattre la chère jument de son fils. Mais Hamon ne céda pas d’un pouce. Il  fit  au contraire le serment de ne jamais céder à la brutalité et aux tortures. Jamais il n’abandonnerait sa chère Mélisse.


10:57 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer

18/10/2008

Chronique du Moyne 2- Le premier amour

 

 

 

 

moine 1.jpg

 

A ce moment Hamon sentit un frisson...

 

 

 

C’est au cours d’une de ces promenades que Hamon croisa le chemin d’une jolie ramasseuse de coquillages, la gentille Mélisse. Elle aussi avait perdu sa maman et vivait seule avec son vieux père, un pêcheur qui gagnait sa vie sur sa barque délabrée en posant des filets et des claies vers Tatihou et Dranguet.

Par un jour lumineux d’avril, Hamon aperçut Mélisse sur la moulière de la Pointe de Jonville, qui chantonnait dans le vent en grappillant des moules qu’elle jetait dans sa maône.  Elle soulevait les longs paquets de goémon pour arracher  les grappes de coquilles bleues sombres qui se reflétaient à la surface métallique des mares d’eau limpide. Du haut de la dune , bien droit sur sa monture, Hamon contempla longtemps la silhouette légère, ému par la chanson mélodieuse de la jeune fille.

 

 

 Il voyait la brise gonfler sa robe mal attachée et par bribes, captait quelques notes. Il poussa alors sa  jument entre les rochers vers Mélisse qui faisait semblant de ne rien voir. Quel est ton nom jolie jeune fille? demanda courageusement le garçon. Mélisse, mon beau Monsieur. Je suis la fille du pêcheur Heurtevent  avait-elle répondu en gardant les yeux baissés. Mélisse qu’allez vous faire de toutes ces moules ? Mais les vendre à ceux qui voudront bien me les acheter, lui répondit-elle dans un éclat de rire, encouragée par tant de naïveté . Du coup elle leva vers lui son regard sans aucune crainte, en le fixant de ses grands yeux clairs. A ce moment, Hamon sentit un frisson qui lui parcourut tout le corps.

 

 


D’un seul coup, l’air ambiant lui  paraissait  plus  léger et le vol des goélands plus enjoué. La jument d’habitude si calme agita l’encolure en faisant sonner les grelots de sa bride. Le jeune cavalier saisi par la grâce resta un instant immobile et muet. La jeune fille perçut aussi tôt le petit moment magique laissant transparaître tout l’effet de sa séduction. Sans y penser mal, elle sentit sa poitrine battre et ses reins se creuser. Son regard s’illumina pendant qu’un léger pourpre colora ses joues.  A quelques pas de là les vaguelettes sur le sable se renversaient en rubans d’écume blanche et le sable mouillé avait la douceur immaculée des terres vierges.

 

Hamon  venait de tomber amoureux. A partir de ce jour sa vie fut transformée. La vie troublée du Château fut oubliée. Les mines d’espion de l’Abbé le faisaient rire et il devint indifférent aux jurons et aux grossièretés de l’horrible Mal-Oeil. Son propre père, le terrible Giron ne lui inspirait plus aucune crainte . Sa seule préoccupation était de rejoindre la jeune fille pour s’allonger à ses côtés dans les hautes herbes des dunes où ils passaient des heures. Ils échangeaient des projets et des promesses,  pendant que la jument broutait les mielles* en hennissant de satisfaction.

 

 

Tout le temps que dura cette heureuse période, le jeune homme  piquait des deux vers la plage dès qu’il avait un instant. Il allait même jusqu’à aider sa belle à marée basse en arrachant les coquillages de ses mains pour remplir les paniers plus vite.  Tous les deux essayaient d’être discrets. Ils se muchaient au pied des rochers en se tenant la main et en se souriant. Ils savaient qu’il fallait éviter qu’on apprenne le scandale d’un amour entre la pauvre poissonnière presque mendiante et le fils du plus riche et du plus puissant Seigneur du lieu. Bien sûr Hamon aurait pu abuser de la jeune fille et la culbuter dans le creux des dunes sans que personne y trouve à redire. Le vrai scandale était qu’il traitait cette fille du peuple comme une demoiselle. Il dérogeait aux devoirs de sa classe et il troublait gravement l’ordre social.


12:07 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Imprimer

02/10/2008

Chroniques de l'Ane 10- Bataille idéologique et guerre sociale

 

tête de totoWEB.jpg

 

 

 

 

En avons nous entendu,  des Sarkozystes qui se glorifiaient d’avoir terrassé la vieille idéologie socialiste. Nous avons gagné la bataille idéologique clamaient les Fillon, les Copé, les Lagarde, les Raffarin, les Bertrand et autres forts en thèmes de la majorité. Notre petit télégraphiste Nicolas avait même pris la précaution de réviser sa leçon auprès de l’inénarrable Bush et il se présentait avec Bolloré et les autres comme un garant de l’orthodoxie libérale. Les vainqueurs menaient carrosse et donnaient à voir sans pudeur le spectacle des yachts de luxe et de la grande vie dans les palaces. Nous avons gagné la bataille idéologique se vantaient les rois de la finance, les Tapie et autres PDG spécialistes du parachute et du bonus. Rien n’est trop beau pour récompenser  nos incroyables mérites, l’argent va aux élites et c’est bien normal. Pour eux les jackpots sont inépuisables, et leur appétit d’argent insatiable. Ils mangent le caviar à la louche et ils s’engraissent pour plusieurs générations.

 

Mais nous autres les bourricots laborieux, les victimes évidentes de cette évidente défaite, que sommes nous devenus ? Le PS malade fait le dos rond. La gauche radicale pourtant bien mise en scène,  brandit Besancenot comme un (faux) mage. Il ne nous reste plus qu’à tenir notre rôle de salariés indistincts. Montrer patte blanche et écouter l’idéologie victorieuse. Nous devons nous mettre au service de la France sans acrimonie aucune, mondialisation oblige. Sinon les Chinois viendront dormir dans nos lits . Que chacun sache qu’un sou est un sou et un chômeur un fainéant. Les caisses sont vides, il est inutile de réclamer sans cesse de la santé et de l’éducation pour nos vieux et nos jeunes. Est-ce que l’Etat doit toujours payer pour les services publics, pour les hôpitaux, pour les écoles, pour la recherche, pour la culture ? Faites comme nous démerdez vous, levez vous le matin très tôt, travaillez plus, devenez souples, si vous n’avez plus de travail chez vous, allez donc chercher ailleurs. Ce n’est pas nous,  les vainqueurs idéologiques qui allons encore payer des impôts et des taxes . Nous en avons fini de jouer les rad-soc,  nous avons gagné  le pactole, nous sommes la France qui gagne. Laissez nous remplir en paix nos coffres sécurisés.

 

Seulement voilà , un matin on se réveille avec un beau bubon qui éclate dans la peste financière. La maladie vient des USA. Nous en France on rigole. Ce n’est pas important, juste des nègres qui ne peuvent pas payer leurs traites. On va prendre des mesures et effacer tout ça. Seulement la maladie s’aggrave et on parle de centaines de milliards de dollars passés à la trappe. La faillite et la panique s’installent dans les banques. Le virus se transmet et passe l’Atlantique. Les liasses de billets des chambres fortes sont remplacées par de mauvais courants d’air. Voilà que le gratin financier se gratte avec angoisse, finis les bonus et les parachutes, envolés les actions et les titres, saisis les yachts et les châteaux.

Alors on a vu dès l’aube, le baron Sellières en tête,  des cohortes d’hommes en gris, habitués à donner des ordres, y compris aux Etats, frapper à la porte des ministères et proclamer que la situation était très grave et menaçait l’ordre mondial, surtout celui de leurs portefeuilles. Les gouvernements et les ministères jusqu’ici chambrés, honnis, brocardés, deviennent d’un coup les instruments du salut. Le libéralisme sauvage est oublié. Vive Mr Keynes, il faut remettre l’argent du peuple au pot du casino financier. L’état d’un coup redevient utile aux Barons de la finance et aux Princes de la spéculation.

 

En apprenant cela, mon âne Tonnerre s’en alla braire à tous les vents son désarroi et sa rancoeur. Bourricots nous sommes, bourricots nous resterons braillait-il. Une fois encore on va nous faire les poches en nous faisant croire que c’est normal et inévitable, la moins mauvaise des solutions. Nous faire croire que le monde ne peut pas tourner rond si les riches ne peuvent plus s’enrichir et si les pauvres refusent de payer. Ou alors c’est la Révolution ! Et on sait bien depuis Staline,  Mao et Castro que les révolutions tournent mal. De toute évidence cette défaite va nous coûter cher.

 

A moins camarades que tous les quettons du monde se mettent en tête de renverser la preuve par 9. Qu’ils démontrent que ce sont les forts en thème qui nous mènent à la ruine. Et que leur victoire au printemps nous conduit à la débâcle en hiver. Proclamons une fois pour toutes que l’Etat c’est nous et c’est pour nous,  pas pour financer les rapines des rapaces de la finance. Pas si bêtes, les troupes de l’UMP ont senti le coup venir. Ils prennent leurs dispositions pour éviter la Bérézina. Un petit peu d’Etat ne nous ferait pas de mal avouent-ils. Les temps sont à l’austérité. Le Président retraité du Sénat lui même accepte d’aller habiter en HLM ! Je vous le dis camarades et mon âne également , on a perdu une bataille mais il est grand temps de gagner la guerre, je veux dire la sociale !