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29/01/2009

Actuelles 4 - Manif' à Cherbourg

 

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Le port avait pris des couleurs de station balnéaire. Les drapeaux et les banderoles étaient devenus des calicots de fête. Les gens marchaient en souriant, presque gais, contents de retrouver la lumière. C'était une superbe marche de protestation et de mise en cause de la politique du gouvernement. Je devrais dire de Sarkosy puisque c'est lui qui fait tout.

Dans les rangs on parlait beaucoup de ce malheureux préfet, viré comme un moins que rien. Le Représentant de la République dont l'autorité s'impose habituellement à tous les citoyens n'est plus qu'un petit soldat interchangeable devant le Président. Mauvais exemple de civisme. Il faut rendre grâce au député UMP de Saint Lô et au sénateur Président du Conseil Général d'avoir protesté. J'attends la réaction du député Gatignol.(ce qui est fait,  dans le bon sens,  rajout au 7 février 2009)

En devisant nous avons fait le tour du Bassin du Commerce ; nous étions plusieurs milliers. Les chevau-légers du Gouvernement vont-ils perdre un peu de leur arrogance et de leur méprisante superbe ? Savent-ils seulement que Cherbourg existe ? Imaginent-ils que les mêmes cortèges se sont déroulés dans toutes nos provinces ? Tous ces gens, jeunes, vieux qui manifestent avec leur infinie variété d'expériences et d'intelligences ne sont-ils que des irresponsables qui ne comprennent rien à la marche de leur pays ? Je voudrais tellement qu'aujourd'hui un peu de doute fissure  la suffisance et l'auto-satisfaction de nos politiciens actuellement aux affaires (comme on dit).

 

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Les photos sont dues à notre ami Claude Bastian

28/01/2009

Actuelles 3 - Le souci de civilisation

A propos de l'abolition de la peine de mort François Miterrand parlait du souci de civilisation. A ce titre ce Président restera dans l'histoire des progrès de l'humanité et son Ministre Robert Badinter tout autant. A l'inverse, les nazis auront fait porter au peuple allemand et pour l'éternité, la tache indélébile du génocide des Juifs. En tuant des femmes et des enfants sous prétexte que ce sont des dommages collatéraux bien regrettables mais inévitables le peuple hébreu va rejoindre durablement la cohorte épouvantable des auteurs de crime de guerre historiques, des Russes en Tchetchenie, des Américains au Viet Nam, et des Français en Algérie. Malgré tout pour l'honneur de ces peuples, des opposants se sont dressés pour proclamer leur indignation.

Où sont les opposants israëliens à la guerre ?

Et justement je lis dans mon journal préféré, ce matin l'annonce suivante :

Effacez le nom de mon grand-père à Yad Vashem !
Dans une lettre ouverte au président d'Israël, l'écrivain Jean-Moïse Braitberg lui demande, après la guerre à Gaza, de retirer du mémorial dédié à la mémoire des victimes du nazisme le nom de son grand-père, gazé à Treblinka en 1943.

23/01/2009

Actuelles 2- Les Maîtres du Monde

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L’invasion et la destruction de Gaza illustrent bien l’entêtement d’Israël à vouloir s'emparer sur le long terme de la totalité des territoires occupés de la Palestine.

 

Le nombre vertigineux des pertes humaines du côté palestinien, la destruction des maisons, des écoles, des bâtiments publics, des mosquées et même des routes et des champs d’oliviers montre bien que le gouvernement hébreu a décidé l’anéantissement de cette ébauche d’Etat qu’était Gaza.

 

A mes amis juifs qui refusent de croire à cette abominable démonstration je demande : où sont les prisonniers ? Tsahal ne fait pas de quartier.

« Parmi les crimes susceptibles d'être retenus contre Israël, figurent le bombardement d'écoles de l'ONU, d'hôpitaux bondés de réfugiés civils, l'usage d'obus de munitions interdites en milieu urbain et la disproportion de la riposte de Tsahal par rapport aux tirs de missiles invoqués pour la justifier. Lundi, au lendemain de la suspension unilatérale des combats par Jérusalem, Amnesty International a accusé Israël de crimes de guerre en qualifiant d'"illégal et sans discernement" l'usage de munitions au phosphore blanc dans des zones densément peuplées de Gaza. »

21/01/2009

Chronique du Moyne 9- Les caisses sont vides

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 Les caisses du Château sont vides

 

 

 

 

 

 

Juste à ce moment  le Moyne qui était de retour  s’inclina avec une sinistre obséquiosité. Nos gens viennent d’assommer un boeuf annonça l’homme à la tonsure et ils s’assemblent pour le découper  et le mettre à rôtir. J’ai fait partout   allumer les feux et convoquer les tournebroches . Les valets s’activent à dépecer des sangliers et à plumer les volailles . J’ai mis en perce un tonneau de cidre nouveau et j’ai battu le rappel des filles et des femmes du bordage pour le service. Tous vos invités peuvent se réjouir,  ils vont être traités comme ils le méritent.

 

On va voir, on va voir ! dit le Sire en remontant ses braies pendant qu’il se tournait vers son épouse en ricanant et en l’invectivant avec dédain. Vous, Madame Giron,  rhabillez vous et débarrassez le plancher. Occupez vous de mes invités. Plusieurs d’entre eux m’ont confié qu’ils étaient impatients de vous connaître et de vous foutre tout à leur aise. Je leur ai fait mille compliments de vos artifices en fornication et vous n’allez pas manquer de courtisans. A manger et à boire  plus qu’à l’accoutumée ces brutes deviennent des forcenés. Surtout, Grands Dieux, n’allez pas les décevoir et me faire mentir !

 

 

Puis il se tourna vers Don Ramon. Maintenant Monsieur le Moyne, allez me chercher les registres et les reçus. Vous devez d’urgence  me rendre des comptes. Je suis couvert de dettes. Tous les sergents du baillage cherchent après moi comme si j’étais un criminel. Même les aubergistes et les maquerelles qui se sont rempli les poches à mes dépens pendant des mois ne veulent plus me faire crédit. Il me faut à présent m’adresser à des hommes de main et à des filous pour assurer mon quotidien. Ces vauriens en profitent pour me faire chanter et achever de me ruiner !

 

 

Le  Moyne ne savait que trop qu’il n’y avait pas un sou dans les caisses du Château. Les fêtes, les dîners et les concerts coûtaient cher. Il  lui  fallait aussi entretenir les équipages de l’ordinaire et toute une nuée de parasites et de femmes louches,  à la seule fin de satisfaire son goût pour le désordre et le péché.

 

Les manants profitaient  adroitement de cette pagaille pour resquiller sur les redevances et dissimuler une partie des récoltes. De son côté la Dame Aurélie multipliait les dépenses de toilette dans des onguents et des parfums. Pour couronner le tout une cartomancienne venue d’on ne sait où et qui se disait la disciple de Nostradamus,  puisait à pleines mains dans les caisses en échange d’obscures prédictions. Le Moyne n’avait aucun recours : il  lui fallait  trouver une issue de toute urgence sous peine d’avoir à subir les pires violences.

 

 

Don Ramon rabattit un peu plus son capuchon sur son sombre visage  habité par la rancoeur et la haine. Il résolut de tergiverser encore pour bien mûrir sa décision. Mon père,  dit le Moyne les choses ne vont pas aussi bien que vous l’escomptez. L’hiver a été trop froid, le printemps trop pluvieux et l’été trop sec. L’année fut bien mauvaise,  avec des blés gâtés par les pluies et  des vaches laiteuses affaiblies par les fièvres. Pour comble de malchance les renards ont ravagé la basse-cour. Les manants sont présentement désargentés et incapables de payer.  Et voyez vous, il m’a fallu refaire le toit du Château, curer les douves, et rétribuer les gens d’armes, sans compter vos arriérés qui étaient en suspens depuis plusieurs années... J’ai du défrayer plusieurs de vos créanciers pour les calmer. Laissez moi quelques jours et je  réunirai toutes les espèces qui vous sont dues, en tout cas une somme suffisante  pour éteindre vos dettes les plus criantes. Dans peu de jours je saurai persuader quelque usurier de m’avancer les mille livres nécessaires.

 

 


Le vieux Giron avait sorti du fourreau son épée tranchante comme une dague. Il sentait monter sa colère et il n’était pas décidé à se laisser endormir par les propos doucereux de son fils, tout Moyne qu’il fut. Je me fous de la pluie dit-il, du vent ou de la neige et je me fous  des vilains. Ces bougres ne savent que s’enivrer et dormir,  allongés comme des porcs dans leur bauge.  Va raconter tout cela à d’autres, moinillon de mes fesses ! et comptes moi mon argent sur l’heure. Le Sire lança la besace qui ne l’avait pas quitté aux pieds du Moyne dont la figure s’allongeait. Je te donne l’ordre de  me verser à l’instant même ces 1000 livres,  que ce soit en ducats ou en pistoles. Remplis moi ce sac,  sur le champ !

 

 

Le Moyne tenta une dernière conciliation. Donnez moi jusqu’à demain mon père. Je connais à Cherbourg certaines personnes très riches qui arment des bateaux et font du grand commerce de grains. Ils accepteront de m’avancer cet argent en urgence. Il y a un certain Mosche, un fils de David qui ne pourra pas me refuser la somme car il me doit beaucoup. Je l’ai sauvé quand il avait la tête sur le billot. Acceptez cet arrangement mon père et vous n’aurez pas à le regretter.

 

 

Quoi? tonna le père, d’un domaine de plus de 500 vergées de blés et d’orges, avec des grasses chanvrières et d’immenses champs de navets , plus d’une centaine de bœufs et autant de vaches laiteuses,  tu n’as pas pu amasser un sou? Un éclair de rage passa dans le regard du vieux Chevalier. Tu oses me dire cela à moi,  ton Père? Aussi vrai que tu me vois en face de toi, tu vas être roué de coups et tu vas endurer la question jusqu’à ce que tu me dises où est cet argent. Je vais commencer par le bâton, puis je te couperai les oreilles et je te suspendrai par les pieds pour te faire griller comme un porc. Que tu baises ma femme et mes gens passe, mais que tu me voles mon propre bien en prenant des airs de bon apôtre, c’est ce que je ne pourrai jamais supporter !.

 

 

Ah mon Père,  susurra le Moyne, vous savez bien que  je m'efforce de maintenir votre maison sous le signe de la dévotion et que je prie sans cesse pour toutes les âmes du château. Le Moyne ne pouvait accepter qu’on mette en  doute son autorité ecclésiastique qu’il avait bâtie avec tant de soin. La carte maîtresse de Don Ramon était celle de la religion. Avec elle, il avait le pouvoir d’imposer le respect à tous les paroissiens ici présents et singulièrement à son père.

 

Le démon qui l’habitait pouvait prendre la forme d’un ange au service de la foi. Avec une ironie diabolique il s’employa à mettre l’Eglise de son côté. Giron ne pouvait répliquer sans risquer une excommunication qui pouvait se terminer sur le bûcher. Le crucifix pendu à son cou conférait au Moyne toute sa puissance sur les cœurs et les âmes . Vous voyez bien mon cher Père que je suis le serviteur de Dieu et de l’Eglise. Les grands confesseurs m’ont apporté leur confiance et je n’ai rien à redouter de vous. En vous attaquant à moi c’est à Dieu lui même que vous en prenez et vous devez craindre en retour son terrible châtiment  !

 

 

Mais l’infâme  Giron ne fut nullement ébranlé par ces propos et il prit le Moyne de bien haut. Nom de Dieu ! jura-t-il il ne te suffit pas de me voler, voilà maintenant que tu m’abreuves de tes mensonges et de tes menaces?. Je te signale maudit Moyne, que je ne crains ni Dieu, ni Diable . Tu tentes me faire lanterner par des promesses et par dessus le marché de m’endormir avec des patenôtres ! Je te conseille d’abandonner tout de suite cette grossière manoeuvre sinon tu finiras en pâtée pour mes chiens ! Aussi vrai que je m’appelle Giron, si vous ne me donnez pas tout de suite cet argent je vais vous faire massacrer à petit feu,  vous deux, toi  le Moine défroqué et aussi toi la Quétil,  la putain.

 

Je vous donnerai la gêne de mes mains. Vous serez suspendus aux quatre coins et je vous couperai la langue, le nez et les oreilles. Vos têtes salées iront orner les murailles du Château. Tu dois bien savoir depuis tout ce temps,  pauvre Moyne de merde,  de quoi je suis capable. Tu m’as toujours défié devant Dieu, mais je suis ton père et ton maître. Je peux te casser comme une pauvre branche pourrie. Je n’ai pas besoin d’un fils qui me vole mon argent  pendant qu’il f… ma femme par dessus le marché ! Le vieux Giron était pris d’un accès de colère folle que rien ne semblait pouvoir éteindre.

 

Le Moyne savait que la rage de Giron n’était pas feinte et qu’il était homme à mettre ses menaces à exécution. Il se souvint des situations périlleuses  aux quelles il avait échappé et de toutes les souffrances qu’il avait du endurer. Il n’était plus question de se laisser martyriser par la brute qui lui servait de père et il se résolut a prendre sa fatale décision..


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16/01/2009

Chronique du Moyne 8- Le retour de Giron

 

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Chronique 8- Le retour du Seigneur Giron

 

 

 

 

Bien entendu cette vie dissolue vida jusqu’au dernier liard les caisses du Château. Mais un jour, le silence recueilli qui suivait les emportements forcenés du Moyne et de sa compagne fut rompu tout soudainement par une clameur. Tout un concert de hennissements, d’abois de meute, de claquements de fouet et de grincements de portes remplit le Château en un instant. Aussitôt  on entendit des bruits de bottes précipités  et des coups affolés frappés à l’huis. Le Seigneur Giron était de retour. Et Giron ne revenait pas seul. Il était suivi de ses compagnons de chasse et de débauche. Ils étaient tous à cheval avec des chiens courants, des domestiques et plusieurs femmes portant des longues robes rouges et des bijoux en toc.

 

 

Le Sire Jean Auguste Giron, Seigneur de Réville et de quelques autres places comme Saint Sauveur et Teurthéville arrivait en effet dans un grand fracas, accompagné de sa troupe de soudards, tous braillant et s’invectivant, traînant sur le dos de leurs montures des gibiers pris en braconnage dans la forêt royale de Brix, comme cochons sauvages ou cerfs. Avec eux, des dames multicolores, des laquais et des gîtons qui tournaient les brides, s’occupaient des chevaux et excitaient les chiens.

 

 

En se laissant glisser de sa monture, le géant roux remit les guides dans les mains du garde chasse égrillard et satisfait. Les grands valets et les cuisiniers s’étaient précipités sur le perron, les mains croisées derrière leur tablier. Il flotta immédiatement une atmosphère de drame tragi-comique. L’abbé Cresté était accouru,  l’échine courbe et les mains jointes, en faisant des révérences jusqu’à terre . Je n’ai que faire de tes grimaces révérencieuses satané Curé, gronda le Sire Giron, va plutôt me chercher  dom Ramon, ce fils déguisé en moine qui paraît-il n’arrête pas de manigancer des tours pendables dans mon Château !

 

 

L’abbé,  par des mines et des clignements de paupière fit comprendre que peut-être, le moment était mal choisi. C’est que l’affreux Moyne et sa maîtresse étaient en train de fesser d’importance le petit valet Saufgrain qu’ils avaient surpris à trousser sans leur permission,  les jupes  de la jeune Piquette, la souillon de la cuisine.

 

La punition,  terrible pour les deux insolents,   faisait le régal de la belle-mère et de son beau-fils. Pour l’Abbé ce n’était pas facile à expliquer, mais il joignit le geste à la parole et se montra éloquent . .

 

 

Le Noble Homme se mit à rigoler avec grossièreté. Ces deux là n’ont pas fini de m’étonner dit-il, mais il y a un temps pour tout. Je n’ai pas chevauché avec tous mes amis pour assister à ces obscénités du moins, pas encore, aujourd’hui  je me fiche de ce que font ces énergumènes. Je suis venu encaisser mes fermages. J’ai besoin d’argent et vite. Mes créanciers  menacent de me faire jeter en prison et les procureurs s’agitent à Caen et à Rouen. Les redevances, les taxes et les dîmes ont du être payées par les manants. Je veux ce qui me revient. File me chercher ce filou. Ce n’est pas parce que je lui ai confié les clés de mon domaine, qu’il doit oublier jamais que tout ceci m’appartient.

 

 

L’abbé s’exécuta avec servilité. Il remonta l’escalier du grand perron en trottinant, les mains dans les manches de sa soutane. Il poussa la porte de la grande salle sans crier gare. Faisant mine de ne rien voir il prit son air dévot tout en contemplant la scène pittoresque du Moyne sans son froc et d’Aurélie  jupes par dessus tête. Ils fessaient le petit Saufgrain sous l’œil intéressé de la jeune souillon,  à peine vêtue d’une chemise ouverte et déchirée,  qui ne cachait rien . Le prêtre avait l’assurance et la fermeté du domestique en service commandé. Après tout,  il ne faisait que transmettre les ordres du maître. Il s’adressa à la cantonade d’une voix forte en y mettant toute l’onctuosité ecclésiastique dont il était capable :

 

- Le Maître arrive Madame !

 

Déjà alertés par les clameurs,  les acteurs de cette infâme comédie, se rhabillèrent en un tour de main. Ils se précipitèrent sur leurs vêtements en s’aidant mutuellement. Quand  la haute silhouette du Sire s’encadra dans la grande porte,  chacun avait juste eu le temps de réparer ses désordres de toilette les plus affligeants. Le Moyne finissait de rajuster le froc de bure immaculé qui ne le quittait pour ainsi dire jamais. Derrière lui la belle Aurélie échancrait sa robe en un décolleté somptueux et rajoutait des  bijoux dans ses cheveux. Elle avait les yeux peints et les lèvres rouges à la manière des filles de joie. Elle savait que c’était la bonne manière de plaire au vieux Giron, son mari .

 

 

Celui-ci s’avança dans un cliquetis d’éperons et de boucles de ceinturon. Il portait une dague au côté et un cornet à poudre. Dame Aurélie fit un pas en avant en baissant les yeux et en croisant les doigts. Le rose de ses joues qui lui restait de la partie précédente lui allait fort bien et la rendait fort avenante. Elle fit une modeste révérence en minaudant :  Vous enfin, mon cher époux ! soyez le bienvenu, j’ai si longtemps espéré votre retour…

 

 

Indifférent à cet accueil de charme, le géant rouge et barbu jeta son chapeau et son épée sur une table et asséna ses ordres. Je n’ai cure de vos mignardises femme Giron et je vous prie de parler  quand ce sera votre tour, et avec ma permission. Pour l’heure c’est à toi que je m’adresse foutu Moyne,  car j’ai du travail et des ordres à te donner !  En premier lieu, tu vas courir aux cuisines et te débrouiller pour faire  manger toute la compagnie y compris les chevaux et les chiens. Quand tu auras fini, tu reviendras incontinent me rendre des comptes avec les registres. J’ai besoin d’argent et tu dois me remettre dès ce soir tout ce qui me revient. Tu n’as pas une minute à perdre et que tout soit fait comme je le dis !. Il n’est que temps de te rendre utile, Bon Dieu de Bénédictin !

 

 

Après ces fortes paroles, il se tourna vers la belle Aurélie qui faisait un étalage éhonté de ses charmes. Bien en vain car Giron avait le cœur endurci, coutumier qu’il était des manières des catins, des sauteuses et des gourgandines de tous ordres. Ne soyez pas impatiente Madame ! Votre tour ne saurait se faire attendre bien longuement. Dieu seul sait ce qui peut se passer dans ce château,  il y règne une bonne odeur de bordeau qui me rend d’humeur plaisante…

 

 

Le Châtelain se laissa alors tomber sur un lit de coin en riant grossièrement. Ma foi dit-il il fait aussi bon dans cette salle que dans les meilleures étuves de Rouen. Approche toi dit-il à la Piquette et délace mes bottes et mes chausses. J’ai été à cheval toute la journée, je suis fourbu et j’ai besoin de me mettre à l’aise. Comme elle s’approchait en tremblant, la brute priapique l’attrapa par la nuque et ne lui laissa d’autre alternative que  d’obéir en tout point sans qu’elle puisse articuler la moindre protestation.

 

 

 

 

La petite Piquette mit beaucoup de soin à sa besogne, pensant trouver là de quoi se faire pardonner ses inconduites antérieures. Mais le géant n’était pas homme à s’en laisser compter. Après toutes ces heures de chevauchée il avait accumulé une indomptable énergie. Il s’adressa dès lors à la Châtelaine son épouse. Voyons Belle Demoiselle ! c’est le moment de me montrer que mon retour vous met le cœur en joie. Je vois que vous êtes parée comme pour la fête des Masques toujours prête à vous lancer dans la Sarabande des Orgies. A mon tour Madame de profiter de vos largesses et d’apprécier la tournure de votre piquant esprit. Il l’entraîna alors dans l’alcôve du fond et on n’entendit plus que rugissements de bête enragée. Enfin satisfait, il explosa au bout de quelques instants,  avec un long grognement qu’on entendit à l’autre bout du Château.

 

 

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