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27/08/2009

Des nouvelles du Nord

leader maximo.jpg"Aujourd'hui, je crois nécessaire et possible une offensive de civilisation. Sans un projet de société qui nous réarme sur tous les terrains, qui redonne le goût du dépassement de soi, les luttes les plus ardentes, parcellisées, seront conduites dans l'impasse. Pour écrire ce projet avec les Français, nos valeurs sont précieuses. C'est "l'outillage mental" dont parlait Fernand Braudel" Martine Aubry dans "Le Monde" du 27 août 2009

 Martine, leader maximo

Notre première secrétaire sort de son silence, sérieuse, réfléchie, avec l'inspiration d'un leader maximo. Nous en avions besoin. Je vois dans cet article une excellente introduction aux journées de La Rochelle, fraternelle, rassembleuse et offensive sans être agressive. Elle ne cherche pas à régler des comptes ou à faire porter sur les autres les responsabilités de nos insuffisances. Elle n'y parle plus la langue de bois du Congrès de Reims et elle revient avec simplicité sur les principes de base de notre Parti. Elle en appelle aux intellectuels et aux créateurs pour participer à la refondation socialiste. Elle abandonne le langage corporatiste et revendicatif  que nous avons longtemps emprunté aux syndicats. L'intérêt général ne se limite plus à celui du peuple de gauche. J'attends la suite avec espoir.  

12:17 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps | |  Imprimer

25/08/2009

Vincent et les autres....

Vincent.jpg 

J’ai laissé mon âne dans son herbage et j’ai fait le voyage à Marseille. Quatre jours de presque vacances dans une ville chère à mon cœur. Il y a près de cinquante ans (novembre 1962), j’embarquais à la Joliette, avec ma jeune épouse, sur le Ville d’Oran , pour ce qui devait être l’aventure de notre vie. Alors que presque tous avaient fui l’Algérie indépendante, nous, les deux paysans du bocage, nous étions fiers de nous rendre sur une terre qui venait de conquérir sa liberté. Il s’en est suivi une histoire d’amour avec un peuple dont il faudra bien un jour que je décrive l’immense courage, la patience, l’humour  et la générosité. Bien sûr tout n’est pas rose dans ce pays lancé vers l’inconnu par la toute puissance de sa démographie et l’infini de ses espaces arides. Nous en reparlerons. (Mon ami T.B. me raconte que Matoub Lounés, chanteur berbère, glorieusement assassiné par les intégristes répondait aux journalistes :

-Quel est votre animal préféré ?

- L’âne qui  transporte par le djebel les matériaux de construction pour construire nos ksours et nos mechtas…

- Et l’animal que vous aimez le moins ?

- Le dromadaire qui a amené les arabes en Algérie ! )

 

Marseille il y a cinquante ans était une ville du tiers monde. C’est aujourd’hui une capitale méditerranéenne admirable et sûre d’elle. Les jardins du Pharo qui accueillaient l’Université d’été de l’Espoir à Gauche sont un espace magnifique qui surplombe l’entrée du vieux port. L’accueil et l’organisation des ateliers par Patrick Mennucci, maire de ce secteur de Marseille furent sans faille. Je ne veux pas maintenant reprendre dans le détail les échanges qui ont eu lieu (sur l’éducation, sur la communication, sur la démocratie participative…). Je veux me contenter de l’événement principal, c’est à dire la présence à la même tribune des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche et du Modem, sur invitation de Vincent Peillon.

 

Je sais que toute une partie du PS va immédiatement vouer aux enfers politiques les responsables de ce scandale et Peillon en premier .  Il est probable qu’on tente de lui faire payer le prix de cette audace dès la semaine prochaine. Les tenants de la gauche-gauche sont des spécialistes de l’auto-mutilation. On a réussi à se débarrasser de Ségolène, ce devrait être encore plus facile d’expédier Peillon dans la zone de purge petite-bourgeoise et intellectuelle. Et pourtant le discours de Marielle de Sarnez fut magnifique, soulevant l’enthousiasme de l’assistance. Entendre Robert Hue et  Mme de Sarnez s’adresser des fleurs fut passionnant. Pour moi c’est là que les choses bougent et ce sera encore une occasion manquée si on ne saisit pas  la main tendue.

 

Les baisers sur la bouche (comme le dit joliment Christianne Taubira) avec l’exécrable Cohn-Bendit  sont beaucoup plus discutables. Bendix est le pire des démagos, en nous assurant que sa parole est libre, sous prétexte qu’il ne brigue pas de mandat. La liberté de pensée  n’autorise pas la confusion et l’amalgame (exemple : pourquoi défendre les services publics puisque l’EDF nous a menés au nucléaire ?) ou la provocation ( ex : Arrêtons de parler de progrès !). Je le dis, ce trublion véhicule quelque chose de dangereux qui ne respecte pas l’intelligence du peuple. Il surfe sur les peurs et la pensée unique imposées par les écolos médiatiques qui n’éprouvent aucun scrupule à se vautrer dans  les paradoxes (continuer à vouloir sortir en urgence du nucléaire alors que pour le moment c’est un des moyens puissants d’éviter  le recours aux énergies fossiles et l’émission massive de CO2). Comment à la fois, défendre l’économie de marché et réclamer la planification à marche forcée de directions industrielles qui n’ont pas fait la preuve, loin de là,  de leur efficacité économique et sociale ? (la voiture électrique, les éoliennes, le photovoltaïque, l’exclusion des OGM)

 

Je ne regrette pas mon voyage à Marseille. En organisant la confrontation des points de vue, Vincent Peillon a fait avancer les choses, modestement, sans chercher à en encaisser visiblement des bénéfices personnels. Il m’a semblé qu’il s’est comporté comme un véritable animateur de colloque, avec un esprit de recherche de solutions et de pistes pour l’avenir. En somme il a misé son capital de crédibilité dans un investissement à moyen et long terme dont il va falloir surveiller et encourager les retombées.

 

Ce matin,24 août,  le quotidien Libération est revenu, sous la plume de Laurent Joffrin, sur le succès des Ateliers d'été et du rassemblement proposé par Vincent Peillon.

 

" Un peu de soleil dans l’eau froide de la désunion. Pour la première fois depuis des lustres, un peu d’espérance s’est fait jour dans une assemblée organisée par des socialistes. Pour la première fois depuis des lustres, quelque chose a sans doute commencé, samedi à Marseille, quelque chose qui peut renverser le courant de résignation qui semblait emporter la gauche vers une défaite certaine. En réunissant un arc-en-ciel politique qui va du Modem au PCF, en passant par les Verts et les Radicaux de gauche, Vincent Peillon a cristallisé la seule orientation stratégique qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social : la Grande Alliance, celle-là même que nous réclamions dans ces colonnes après les européennes.

 

04/08/2009

Chronique 15 - Des nouvelles du Tonnerre

carriole.jpgMême pour un âne, la belle saison rend la vie plus douce. Tonnerre ne bronze pas, mais il est d'une magnifique élégance dans son pelage d'été. Je ne cesse de lui répéter qu'il est un grand et beau garçon, nonostant la perte programmée de ses jeunes roupignolles.


D'ailleurs dans sa sagesse, mon âne ne se perd pas en vains regrets sur la perte de ses plus éminents pouvoirs de séduction. Il a bien raison le bougre. Ce qu'il perd en testostérone et en énergie spontanée, il le gagne en réflexion et en sagesse.

 

Nous nous entretenons souvent tous les deux de ce sujet grave. Au lieu de courir la gueuse derrière les belles équidées Tonnerre tourne ses yeux mouillés et rêveurs vers "la mer aux reflets changeants" et se perd en réflexions intérieures qui le mènent tout doit vers une philosophique destinée.


Il y a quelque chose d'oriental dans cet âne là qui m'inspire de la considération. Né pour porter le harnais et tirer la carriole, il se débrouille pour accomplir son destin avec grâce et élégance tout en faisant plaisir à son maître, qui lui distribue à son gré le picotin et les mots doux.

 

Cette apparente soumission ne l'empêche pas de profiter de la vie, il adore composer ses menus dans la variété et la qualite : deux branches fraîches de noisetier par-ci et un rameau de laurier-sauce par là, qu'il assaisonne avec une poignée de menthe et quelques feuilles de camélia. Tonnerre est un éminent botaniste qui vit au plus près de la nature et qui pourrait en remontrer à bien des intégristes de l'évangile écologique.

 

Je soupire parfois en aparté. Si j'étais un âne m'arrive-t-il de penser, castré qui plus est depuis mon jeune âge, j'éviterais bien des bourdes et des faux semblants. Je cesserais les polémiques inutiles. Je ne me soucierais pas de briller ou de me faire remarquer. Je me garderais bien de donner des leçons à tout va. Est-ce qu'un âne castré fait de la politique ? C'est bien le contraire que j'entends : nos politiciens, ministres-députés-sénateurs sont réputés pour sauter sur tout ce qui bouge. Et en plus les garces le savent qui font tourner la planéte avec leur cul. Allez savoir ce que deviendrait un monde sans grands étalons et sans magnifiques femelles ?


Tout bien réfléchi ai-je confié à mon ami le pauvre quetton, si la sagessse est à ce prix, je préfère la folie du monde au silence recueilli des cloîtres et des monastères.