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28/09/2009

Les Socialistes et l'Ecologie

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On pressent que les élections régionales vont se jouer à gauche sur l’issue d’un combat douteux entre les Verts et les Socialistes. Sous l’impulsion de Cohn-Bendit les Verts vont tenter de présenter des listes séparées et de rééditer leur exploit des européennes qui a largement siphonné notre électorat habituel. Ils vont probablement garder la méthode qui les a si bien servis, en composant des listes d’ouverture et de rassemblement et en mettant en avant si ils les trouvent, des personnalités symboliques comme l’ont été José Bové et la juge Eva Joly. Comment pouvons nous dans ces conditions faire bonne figure auprès des électeurs de Basse Normandie ?

Pour une liste de rassemblement aux régionales

Nous pouvons nous appuyer sur le bilan bien perçu de notre politique au cours du mandat écoulé et sur l’image positive de notre Président de Région Laurent Beauvais. Bien que considérable ce capital pourrait bien ne pas suffire. Nous ne devons pas en effet être trop confiants et nous devons redouter les effets désastreux des péripéties peu glorieuses de notre Parti au plan national. Si ils présentent des listes séparées, les Socialistes et les Verts donneront une image de division qui servira bien l’UMP. Même si ils sont eux- mêmes minés par des querelles internes, nos adversaires peuvent se refaire une santé avant l’échéance électorale. Le risque est tout bonnement de perdre la majorité et de devoir rendre les clés à la droite.

La solution idéale serait de se mettre d’accord sur une liste unique dès le premier tour, c’est à dire d’établir un projet pour la région qui satisfasse nos ambitions socialistes de justice et de progrès social et l’engagement écologique de promotion du développement durable et de protection de la planète. Cet accord ne devrait pas être hors d’atteinte si les deux parties s’en tiennent à la définition d’objectifs communs pour une politique régionale cohérente et réalisable au cours du prochain mandat. La proximité de nos électorats le prouvent : nous avons beaucoup d’idées en commun avec les Verts. Reste à savoir ce qui nous rassemble et ce qui nous distingue.


Le développement durable

Commençons par ce qui nous rassemble. Le développement durable a fait couler beaucoup d’encre au point qu’on ne sait plus très bien ce qu’il faut mettre dans ce concept très enveloppant. Restons-en à la définition la plus courante : le développement est durable quand il ne s’appuie ni sur l’épuisement des ressources naturelles ni sur l’accumulation de rejets dégradant définitivement notre biosphère. Dans ce sens les Socialistes sont comme les Verts et par principe des défenseurs du développement durable. L’emploi des énergies fossiles menacées d’épuisement et le recours à l’énergie nucléaire accumulant des matières radioactives dangereuses doivent être considérées comme incompatibles avec un tel engagement.

Pour les mêmes raisons nous condamnons l’agriculture intensive qui accumule l’azote et les pesticides dans les sols et les eaux, et la pêche professionnelle prédatrice qui aboutit à la raréfaction des stocks halieutiques et à la dégradation des habitats naturels de reproduction.

Toujours dans le même esprit nous sommes pour le ramassage, le tri et recyclage des déchets, et nous mettons en garde contre le gaspillage et la pollution des eaux des nappes et des rivières. Tout un ensemble de mesures qui visent à préserver ou à restaurer notre environnement au premier rang desquelles nous devons ranger le respect de la loi de conservation du littoral. Il y a bien dans ce concept tout un corpus d’idées que nous partageons avec les Verts et qui constitue le socle d’une politique de développement régional.

Il n’en reste pas moins des divergences importantes.

Le principe de précaution et le refus des OGM

Les Verts érigent en principe que toute technologie qui n’a pas fait la preuve de son innocuité absolue doit être confinée aux laboratoires en attendant une totale garantie. Le refus des OGM est un bon exemple de cette défiance face aux avancées techniques. Ce principe de précaution exprime in fine une remise en cause du progrès scientifique et donc du progrès humain. Pour nous socialistes, la base de notre philosophie est la confiance dans le progrès humain généré par les sociétés démocratiques. Nous ne pouvons suivre les Verts quand ils reprennent à leur compte une des phrases favorites de Cohn Bendit « Arrêtons de parler de progrès » . La marche vers plus de justice sociale est inséparable du progrès humain. Nous préférons substituer au principe de précaution, celui de l’évaluation rigoureuse des risques. L’odyssée technologique des hommes est inséparable de la prise de risques. Les OGM, les ondes électro-magnétiques, les champs électriques tout comme l’électricité et les interventions médicales comportent des risques. Refuser tout cela au nom du principe de précaution consiste à entraîner l’humanité vers une régression fatale, que beaucoup de Verts souhaitent en appelant à la décroissance.

Le principe de réalité et la question du nucléaire

C’est peut-être cette notion qui nous sépare le plus des Verts et en tout cas en Basse Normandie, qui a le plus de conséquences sur un projet politique commun. La question du nucléaire resurgit à ce niveau là. Nous reconnaissons que l’énergie nucléaire n’est pas une solution durable. Mais elle existe. Elle fournit à la France 80%¨de son électricité. Doit-on fermer les centrales nucléaires et l’usine de retraitement des déchets qui va avec pour ouvrir des centrales thermiques (à gaz, pétrole, charbon) ? Non n’est-ce pas, à cause du bilan carbone devenu un enjeu vital pour notre planète. Doit-on faire des économies d’énergie ? Oui cent fois oui, indiscutablement. Doit-on développer le solaire, l’éolien, la géothermie ? nécessairement, mais sans oublier que toutes ces solutions ont aussi leurs limites. Doit-on dans ces conditions prendre le risque de se retrouver dans un régime de pénurie ? Seules les centrales nucléaires sont aujourd’hui notre véritable garantie contre une crise de l’énergie qui se révélerait redoutable pour notre pays.

Notre accord avec les Verts pourrait se faire sur une phrase de ce type : l’électricité nucléaire n’est pas une solution pour un développement durable et a vocation à céder la place à des sources d’énergie propres et renouvelables, mais elle est provisoirement indispensable à la stabilité économique de notre pays. Dans ces conditions tout repose sur un calendrier prévisionnel et conditionnel.

Ne nous y trompons pas, c’est la droite dure qui est aux commandes. Il semble que beaucoup de gens sont fatigués et indignés par les mesures fiscales injustes et par le mépris dans lequel on les tient. Mais ils sont aussi lassés des divisions et des querelles de la gauche. Le Parti Socialiste ne retrouvera son audience qu’en faisant tout pour rassembler et redonner de l’espérance aux gens. Nous devons en faire la preuve aux régionales et démontrer qu’une entente politique est possible entre les différents courants d’opposition.

Quels candidats pour les élections régionales ?

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Je suis confondu par la cécité et l’entêtement de mes camarades de Parti. On sait bien que dans la Manche la majorité d’entre eux s’est retrouvée derrière Benoît Hamon qui s’est habilement positionné sur le flanc gauche de notre armée mexicaine. Ils ont pu y réfugier leurs certitudes de militants endurcis et surfer sur la langue de bois qui date des années 80. La semaine dernière encore, j’ai entendu les mêmes mots d’ordre et la même autosatisfaction. La  dernière Lettre de l’Avenir n’est qu’une compilation de ces poncifs.

 

Bien que revenant de La Rochelle, ces camarades n’y ont perçu que des encouragements à leurs idées fixes, tous à gauche, rien qu’à gauche, sans trop savoir ce que ça veut dire et à tout hasard. Ils n’ont rien vu des fissures  qui affectent la majorité de Reims. Ils feignent de croire que leur majorité contestée, les mauvaises actions vis à vis des minoritaires (voir ci dessous), l’inertie qui en a résulté jusqu’aux européennes soldées par un désastre,  n’ont pas laissé de traces. Ils ne veulent pas voir que l’événement, ce n’était pas le discours de Martine devant les militants, mais bien son article dans le Monde, la veille.

 

Il faut relire ce message qui montre une première secrétaire contrainte de sortir de son immobilisme et de son attentisme, par un nouveau rapport de forces qui a mis sur le devant de la scène (médiatique donc politique) une idée nouvelle : le Rassemblement écologique, socialiste et démocratique. Je suis absolument convaincu qu’aucune alternance ne peut se construire en dehors de ce rassemblement. Nous en verrons la première preuve aux élections régionales. Le Parti qui portera cette idée du Rassemblement sortira grandi dans l’opinion, celui qui le refusera n’aura plus qu’à s’étioler un peu plus, suivant en cela  la voie pathétique empruntée par Marie Georges Buffet.

 

Modestement j’en appelle à nos instances fédérales. Nous n’avons pas le choix. Ce n’est pas Benoît Hamon, malgré tout le bien que je pense de lui, qui nous fera gagner des voix, mais bien l’esprit d’ouverture que nous serons capables  d’afficher. Alors, que S.T. me pardonne (et j’ai beaucoup d’estime pour son dévouement, son militantisme et son équité) mais ce n’est pas non plus sur son nom que nous réunirons les citoyens. Il faudrait peut-être trouver des candidats plus proches des gens, certes socialistes, mais moins engagés dans l’appareil du Parti, avec du charisme et un esprit neuf. Nous devrions chercher des familliers des problèmes territoriaux ayant l’esprit aiguisé par les responsabilités municipales ou associatives,  habitués au dialogue avec les gens qui ne sont pas de leur avis.

 

Mais c'est peut-être trop demander.