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31/03/2010

Les écolos, demi-sels du savoir...

P1010090(1).JPGJe viens d'entendre Allègre à la radio et j'en suis tout requinqué. Je lui trouve beaucoup de courage et de fermeté d'esprit pour oser affronter la horde barbare des écolos qui croient tout savoir. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne soupçonne même pas l'étendue de son ignorance. Les écolos qui se retranchent derrière "la communauté des scientifiques" pour asseoir leurs postulats sont imperméables au raisonnement scientifique lui même. Une communauté quelle qu'elle soit n'a pas le pouvoir de trancher entre des incertitudes, seules des nouvelles recherches peuvent le faire. Lorsque j'entends Jadot assèner à la radio qu'il y a aujourd'hui  trois cents mille morts dus au réchauffement, il nous prend tout comme Nicolas Hulot et ses semblables, pour des billes. Comme si les zones chaudes et arides n'existaient pas depuis toujours et  les périodes de sécheresse et de famine aussi. Pensons au Sahel des années soixante-dix avec toutes ses images d'enfants morts de faim !

 

Quand Allègre dit qu'une moyenne des températures n'a aucun sens à l'échelle de la planète, je suis à 100% d'accord avec lui. Pour m'être livré avec d'autres à des simulations d'échange d'énergie à l'échelle d'une parcelle irriguée, aux différentes heures de la journée, dans les différents mois de l'année, etc..., on voit trop bien toutes les précautions qu'on doit prendre dans le choix des paramètres et dans les extrapolations nécessaires. Plus l'échelle de simulation s'agrandit plus les zones d'incertitude augmentent et plus les probabilités d'exactitude s'effondrent. Alors pensons à ce qui peut se passer à l'échelon de la terre entière, dans cent ans, en prenant comme critère 2 ou 10°C d'écart sur une notion sans réalité concrète, et donc non mesurable !

 

A l'entendre, il me semblait bien que le champion français du réchauffement Jauzel était plutôt muet sur cet aspect (fondamental) du raisonnement en se contentant de réaffirmer de manière opiniâtre que le CO2 augmente l'effet de serre, que l'homme est responsable de l'accumulation de ce gaz dans l'atmosphère et donc que la planète se réchauffe à cause de lui. Sans jamais faire allusion aux changements dits "naturels" (géologiques et historiques) du climat , ni à la complexité des échanges thermiques à la surface de la terre, via l'atmosphère, un milieu mouvant et changeant s'il en est. Allègre vient de rappeler opportunément que Jauzel n'est pas un spécialiste du climat mais de la chimie des glaces....

 

Plus je réfléchis et plus j'écoute les tenants péremptoires de ces visions millénaristes, plus je finis par me convaincre que nous allons en apprendre de belles sur ce GIEC et sur bon nombre de ces membres, qui sont plus des administratifs et des politiciens que de véritables chercheurs. La recherche scientifique n'avait aucun droit de cité à Copenhague, Dieu merci la Grande Foire Médiatique a tourné en eau de boudin. Ce n'est pas Act'up qui a vaincu le sida mais l'institut Pasteur et ce n'est pas Green Peace qui peut nous éclairer sur l'avenir de notre planète,  mais l'armée invisible des chercheurs s'activant dans le silence de leurs laboratoires et dont on ne parle jamais.

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28/03/2010

La divine surprise des régionales...

régio2010.jpgIl n'y a que les staliniens et les fonctionnaires pour croire qu'un candidat en vaut un autre. Dans une bonne démocratie les militants devraient humblement prier le meilleur d'entre eux de se présenter aux élections. Chez nous les socialistes, mais c'est la même chose chez les autres, c'est le candidat qui fait le forcing pour recevoir l'investiture. Tous les coups sont permis, les plus forts du moment jouent des coudes et des poings pour faire leur chemin, les plus faibles ou les plus hypocrites donnent des signes évidents de servilité en se retournant sur le dos comme les petits chiens dominés de la meute, tout en se gardant bien de brûler leurs vaisseaux inutilement.

Inscrits : 1066849, votants 548560 (51,42%)

Beauvais (gauche) 296126 (57,15%)

Legrand (droite)222018 (42,85%)

 

Cette comédie est particulièrement évidente dans les scrutins de liste : l'investiture en position éligible vaut élection. Il n'est pas nécessaire de savoir parler du peuple ou au peuple, nul besoin de bosser ou d'être clairvoyant ou qualifié, CV inutile,  juste une photo et encore ! Seul impératif : monter dans le wagon accroché à la bonne locomotive et à la bonne place.

 

J'en connais plusieurs qui sont experts dans notre département, à croire qu'ils ont fait leursarmes dans les gares de triage de la politique. Dans cet exercice, critiqué par tout le monde mais largement usité, les militants de base ne servent à rien et moins on leur en dit,  mieux c'est.


Avec quelques autres je me suis battu vainement pour Yveline Druez dont je pensais qu'elle serait utile à YDRUEZ_WEB_WEB.jpgnotre Cotentin (mais elle l'est déjà) . Malgré ses qualités et ses états de service, elle n'a été soutenue par personne dans le parti, sauf dans notre section à la quasi unanimité. Les femmes auraient pu trouver avec elle, une bonne occasion d'être représentées en tête de cette liste départementale, très largement masculine, et  les anti-cumuls des mandats auraient pu y voir une occasion de renouvellement tout en récusant  un sénateur plein de qualités, mais pas vraiment indispensable dans ce rôle . Je vois aujourd'hui s'exprimer dans quelques messages des vérités qui auraient été bonnes à entendre au moment de la confection du petit train régional. Je prends cela pour des larmes de crocodile et de dépit, aucun de ceux qui protestent aujourd'hui n'a levé le petit doigt au bon moment.


Pour finir j'ai voté bien entendu, pour la liste de la gauche solidaire, rose, verte, rouge, sans vraiment savoir quel était son programme, puisque tout cela est dans la marmite politique de Laurent Beauvais. Heureusement que j'ai confiance dans ses qualités de maître coq pour nous servir les tambouilles à venir. Je persiste à penser malgré tout que,  si notre Président sortant n'a pas rebuté les électeurs, loin de là, Nicolas Sarkozy lui, en a réellement dégoûté un certain nombre. Ce qui explique que pour la première fois la Manche a voté à gauche. L'occasion rêvée sans doute de renouveler nos adhérents  et de moderniser le travail de notre parti. Mais c'est une autre histoire, et je doute vraiment que nous  parvenions à mobiliser les forces nécessaires.

 

 

22:09 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : régionales, manche, ps | |  Imprimer

21/03/2010

Les naturopathes

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On pourrait dire que sans l'homme, la nature n'existerait pas...

 

En vieillissant on a des idées fixes, les miennes tournent autour des névrosés du retour à la nature,développant en même temps le syndrome stupide du c'était mieux avant. Les amoureux de la nature qui se prennent  pour des écologistes sont les pires ennemis de l'environnement. Prenez les maisons : sous prétexte d'aimer les prairies ou les plages ils vont planter leurs baraques au beau milieu de ce qui nous reste de vraie campagne. Après cela il faut multiplier les fils électriques, les poteaux, le bitume, les cars scolaires, les bagnoles....

 

Essayez ensuite de les déloger de nos dunes, de nos deltas,de nos bords de rivière, de nos étangs ! L'inondable (comme on dirait l'impensable) doit alors être protégé, et c'est à la collectivité de faire face avec  des digues, des machineries, et des ramparts en tous genres. Pour finir à la fin des fins avec des noyades et des destructions.

 

Nous autres humains, sommes toujours plus nombreux et nous avons sans cesse besoin  de nouvelles surfaces bâties pour notre activité et notre confort. Il faut aménager, urbaniser, rendre toujours plus vivable le monde de demain. Pendant ce temps là,  les mêmes qui se sont mis là où il ne faut pas,  vont plaider pour la décroissance, l'économie d'énergie, le pas de viande, le sans voiture, le moins d'eau et l'installation de la ville à la campagne. Moi je dis que pour faire un monde meilleur, et restaurer, sinon embellir et enrichir notre environnement naturel, il faut beaucoup de science et des quantités d'argent. Comme pour un jardin.

 

Oui, nous devrons faire de notre planète un immense jardin, comme le parc d'un universel château de la vie, où devront être stimulés et protégés les grands équilibres naturels, habitat par habitat, écosystèmes par écosystèmes, forêts polaires, forêts tempérées et forêts équatoriales, océans, lagons, deltas, déserts, montagnes ; fonctions par fonctions, photosynthèse et hétérotrophie, cycle du carbone et cycle de l'azote, vie végétale et vie animale, celle de l'homme tout particulièrement. Cette vie humaine indispensable au déroulement du tout et qui est qu'on le veuille ou non, l'énorme cerise sur le gâteau de l'évolution commandant notre obscur destin.

 

Et parce que l'humanité est cette grosse cerise, elle a le devoir de veiller sur son propre avenir d'abord mais aussi sur les richesses de la création qui l'entourent, richesses diverses, multiples, époustouflantes et indispensables, mais qu'elle est seule capable de mettre en valeur. La démonstration est faite depuis longtemps que la nature livrée à elle même est un impressionnant chaos, suite hasardeuse d'erreurs et de réussites, de destructions et d'éclosions, de disparitions et d'invasions, d'oublis et de miraculeux succès. Seul l'homme est capable de mettre un peu d'intelligence dans tout ça, de classer, de mémoriser, de conserver, de dupliquer ! La civilisation humaine peut entraîner des ravages sur les équilibres naturels , mais elle est aussi la seule à savoir réparer ses erreurs.

 

Alors,  que nos naturopathes cessent de se prendre les pieds dans le tapis et de nous promettre la fin du monde.L'homme doit mener à bien l'impérieux devoir du succès de sa destinée. Il a besoin pour cela de science, toujours plus de science, de génies, toujours plus de génies et de quelques miraculeuses poignées de dollars, qui ne se trouvent pas dit-on "sous les sabots d'un cheval"...La science est une énorme boule de neige que l'humanité pousse centimétre par centimétre à l'assaut des montagnes de l'ignorance. Quand on est contre la science on est contre l'homme.

 

On voit dès aujourd'hui se dessiner une marquetterie de réserves de la vie sauvage , de parcs naturels à protection rapprochée, de Natura 2000 désignées à toutes les attentions, qui préfigurent la nature domestiquée et gérée par notre seule intelligence . En 2100, la nature sera plus belle qu'aujourd'hui ou bien alors l'humanité, ce que je n'ose croire, aura précipité sa propre perte.Quand à la terre sauvage d'avant l'Homme que certains appellent de leurs voeux , il y a bien longtemps qu'elle n'existe plus.

 

Un parc dans les Sorlingues

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16/03/2010

L'important ce n'est pas la rose, c'est le rosier...

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Je suis impressionné par la quantité de vulgarités intellectuelles qui envahit le petit monde audio-visuel de la politique, animé par les experts parisiens de la pensée unique. A tel point que l'abominable Georges Frêche me devient sympatique. Je le trouve même génial. Il est le seul a avoir su percer le monde du silence.

 

Je m'explique . Ces gens bien informés n'arrivent pas à imaginer que le succès socialiste aux régionales est avant tout du au travail des équipes sortantes et de leurs Présidents. C'est prendre les électeurs pour des gogos, car je ne crois pas qu'ils les auraient reconduits aussi massivement, s'ils n'en avaient pas été satisfaits. Modestement, sérieusement ces élus peu connus au plan national, ont pris leur tâche au sérieux. Comme Frêche ils ont appuyé les politiques de développement autour des universités, des transports, de l'environnement.

 

L'exemple de la Basse Normandie est frappant, alors qu'elle a été arrachée à la droite en 2004 à la faveur d'une triangulaire, les électeurs en 2010 ont  placé en tête sans hésiter Laurent Beauvais et son équipe. Le représentant de l'UMP qui n'est quand même pas inconnu, avec une bonne image en milieu rural (un vétérinaire !) est bel et bien dans les choux. On ne peut qu'être d'accord avec Ph. DURON qui note avec satisfaction que la sociologie politique évolue dans notre province à la mode bretonne, même si c'est avec quelque retard.

 

 

Le succès remarquable des socialistes est du à nos valeureux élus locaux, aux maires des villes petites et grandes, aux présidents de conseils généraux et bien sûr aux présidents sortants des régions. Tous inconnus du PAF, ces élus sont bien souvent sur leurs terres des leaders et des relais d'opinion importants. La droite ferait mieux de se taire plutôt que d'affirmer  bêtement  que les régions n'ont pas d'existence politique. Quand à savoir pourquoi on ne gagne pas au niveau national, il est ridicule comme le font beaucoup de commentateurs de laisser croire qu'il s'agit d'une règle. C'était la faute à Jospin en 2002 parce qu'il fut un mauvais candidat et c'est la faute à Sarkosy en 2007 parce qu'il en fut un excellent. Ce dernier fit preuve  à l'occasion des qualités d'un fabuleux camelot, qui commence seulement aujourd'hui à se montrer nu devant les citoyens.

 

Avec un peu de chance, dans les deux années qui viennent, la gauche va sortir de ses bataillons, l'homme ou la femme introuvable aujourd'hui, mais qui peut éclore sans crier gare demain,  à la faveur des combats annoncés. Un héros ou une héroïne qui devra se transcender en associant valeurs intellectuelles et valeurs morales pour élaborer une ligne politique de justice et de progrès tout en déjouant les traquenards tendus par ses ennemis et  plus encore par ses amis. Pour mes enfants et mes petits enfants j'en appelle au miracle et je fais des voeux (pieux ?).

 

 

 

 

 


14/03/2010

Le serpent de mer de la Grande Normandie

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La fusion de la Haute et de la Basse Normandie est un leurre dangereux


Si on en croit les historiens, la Normandie n'a jamais constitué une entité politique homogène. Même du temps de nos célèbres ducs de Normandie, sous Guillaume le Conquérant lui même, la région a été le théâtre de forces centrifugesqui l'ont tiraillée vers les Flandres, vers Paris, vers l'Anjou ou la Bretagne. C'est pour rétablir un équilibre précaire que le Conquérant dota la petite ville de Caen des attributs d'une capitale régionale.

 

La création en 1960 de la Haute et de la Basse Normandie n'a fait que prendre en compte les originalités et les complémentarités des cinq départements normands. A l'est l'Eure et la Seine maritime, foyers d'industrie installés sur une voie d'eau dans laquelle le Grand Paris se déverse jusqu'au Havre. A l'ouest, le Calvados, l'Orne et la Manche, pays de plaines et de bocages riches de leurs productions agricoles céréalières et laitières, baignés par la mer omniprésente et ses activités inféodées, pêche et tourisme.

 

Ce qui fait la force d'un ensemble régional c'est  la vigueur des synergies et le jeu des complémentarités. Dans le cas de la réunion des  deux Normandie on peut prévoir qu'on n'agira ni sur l'un ni sur l'autre. Si on en croit le rapport sur la fusion élaboré par la région : que ce soit sur le plan des personnes ou sur celui des marchandises, chacune des deux régions échange beaucoup plus avec les zones frontalières (Bretagne pour la Basse, Ile de France pour la Haute) qu'avec son autre moitié. On a beaucoup de raisons de penser que sur le plan économique le résultat sera nul. Pensons déjà à l'actuel conflit TGV !

 

Pour se consoler, on pourrait par le changement d'échelle  espérer une rationalisation  administrative qui soit source d'efficacité et d'économie budgétaires. En réalité, le rapport déjà  cité n'y voit qu'un jeu à somme nulle et dans un premier temps de nombreux doublons dont on ne peut prévoir à terme la disparition. En revanche, plusieurs obstacles visibles ou cachés ne manqueront pas de s'opposer à la bonne administration pour des raisons de carrière et d'enjeux de pouvoir en particulier pour choisir  une nouvelle capitale. Pour se débarrasser du problème, les partisans de la fusion font mine de l'ignorer ou de le considérer comme négligeable. Oui mais ...qu'en penseront les cadres administratifs et les usagers qui pourraient bien y trouver à redire ?

 

 

Le plus important reste à dire. Chacun sait que dans toute région on retrouve un centre et une périphérie. (Voir ici même la note : exercice de géométrie sociale) Les périphéries sont toujours bien moins traitées que les centres : en créant des régions plus grandes on renforce encore la puissance des centres et on affaiblit les périphéries, au détriment des usagers. Notre Cotentin est un petit pays périphérique qui restera orphelin tant que Cherbourg ne saura pas reconnaître ses enfants ruraux. En éloignant les centres de décision on affaiblira tous les pays des marges et la démocratie décentralisatrice, la politique proche des gens y perdra une fois de plus. C'est aller contre la modernité  et la liberté émancipatrice des citoyens.

 

On peut m'opposer que face à l'Europe, les deux Normandies sont trop petites, que l'union fait la force et que nous pèserons plus lourd dans l'ensemble national. Sommes nous en guerre ? La force d'une région ne se mesure pas à ses km2 ni au nombre de ses enfants, mais plus probablement  par son PIB. Qui va nous démontrer que la fusion y changera quoique ce soit ?  Bien sûr il faut simplifier le mille feuilles de l'organisation territoriale : alors faisons des intercommunes puissantes, supprimons l'échelon départemental et accordons la compétence générale à la région. Raison de plus pour demeurer dans un périmètre géographique homogène, stable et sécurisé par l'histoire.

 

 

En conclusion je pense que la réunification ne présente aucun intérêt ni pour les usagers, ni pour les acteurs économiques ou administratifs. La seule politique valable est celle de la coopération entre les deux régions au sein d'opérations communes, telle qu'elle est déjà largement envisagée.

L'objectif est de moderniser la décentralisation,  si brillamment mise en œuvre en son temps par Gaston Deferre, pour qu'il en résulte plus d'efficacité et plus de démocratie. Ces questions essentielles pour les citoyens ne doivent pas être expédiées en douce dans les salons feutrés de la capitale !