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31/05/2010

Le naufrage de la Blanche-Nef





quilleboeuf_WEB.jpgCe naufrage peut  être qualifié d'historique. L'événement eut des conséquences à long terme insoupçonnables.  Il survint au début du XII° siècle, en 1120, trente trois ans après la mort de Guillaume le Conquérant. Guillaume avait désigné ses héritiers  en léguant le duché de Normandie à son fils aîné Robert Courteheuse et le Royaume d'Angleterre à son deuxième, Guillaume le Roux. Quand au troisième, Henri Beauclerc,  il reçut une importante somme d'argent. Comme on devait s'y attendre les querelles entre les trois frères furent incessantes. Robert partit en croisade et Guillaume fut tué accidentellement à la chasse. C'est Henri qui ramassera la mise au final. Il s'empara du royaume et plaça Robert  en résidence forcée en Angleterre qui y demeura jusqu'en 1134, année de sa mort.


Maître du Royaume d'Angleterre et du Duché de Normandie, Henri Beauclerc passait souvent le Channel au départ de Barfleur. Le 24 novembre 1120, Henri se préparait en effet dans son hôtel de Montfarville à rejoindre le lendemain la Grande Île, en nombreuse compagnie. Thomas le fils d'Etienne le Stirman, attributaire de l'Office de l'Esnèque royale, lui fait dire qu'il tient un navire à sa disposition pour le traverser. Le Duc-Roi fait répondre à Thomas qu'il a déjà réservé la nef qui doit le transporter mais qu'en revanche, s'il plaît à Dieu, il lui confiera plusieurs autres passagers de sa suite, et parmi eux deux de ses fils dont Guillaume Adelin, son héritier et successeur désigné.


Guillaume Adelin était entouré d'une bordée de jeunes nobles composant la fleur de l'aristocratie normande. On y trouvait Thierry, neveu de l'empereur d'Allemagne, Richard, comte de Chester et la divine Mathilde, la sœur du Comte de Champagne, en tout cent cinquante jeunes gens  appartenant aux grandes familles du Duché et du Royaume. Chacun profitait de cette rencontre pour parler affaires ou bien se divertir.


Vers le soir, juste au début du jusant, le signal du départ fut donné et le vaisseau royal quitta l'appontement en premier, prenant du large à l'aviron car il y avait une brise d'est. La voile fut rapidement hissée sur une mer passablement agitée dans ces parages dangereux du raz de Gatteville.


La Blanche Nef largua les amarres tout de suite après, dans une aimable pagaille. Tous ces jeunes gens contents d'être ensemble continuaient à bord, la fête commencée à terre. On voyait même des matelots trinquer et partager en douce les libations. Désireux de rejoindre au plus tôt le nef royale, le maître pilote fit hisser rapidement (trop ?) la grande voile carrée . Un observateur averti pouvait penser que le navire était encore bien proche des cailloux et qu'il aurait du mal à passer Cataras comme on appelait à l'époque la pointe de Gatteville. Avec une brise de nordet et le courant de jusant c'était mission impossible pour un  navire lourdement chargé et remontant mal au vent. La Blanche Nef partit à l'abattée, sous le vent et les courants, et elle toucha le rocher de Quilleboeuf encore recouvert puisqu'on était à marée haute.


Le navire drossé sur l'écueil qui gisait à plus de huit cents mètres de la terre ferme, laissa immédiatement entrer l'eau par ses bordés défoncés. Ceux qui pouvaient nager étaient rapidement entraînés au large par le courant violent en cet endroit. Quand aux autres, nombreux, qui en étaient incapables, ils périrent presque immédiatement et ce n'est que bien plus tard qu'on retrouva leurs corps.


Il semble que les secours arrivés dans la nuit ne purent qu'assister à la destruction  du vaisseau et à la perte de l'équipage et des passagers. Un seul homme un marin appelé Béroul put regagner la terre. Le trésor royal qui semble-t-il avait été confié à la Blanche-Nef fut retrouvé lors des basses mers suivantes. A partir de ce jour on ne vit plus jamais sourire Henri Beauclerc.

l pouvait redire dans sa tête les vers de Maître Wace le poète du temps :

Traduction :

Neirt ert li temps, ne fut pas cler,

Li marinier orent beü,

N'ont pas leur drei cors porveü

del chargeor erent meü

la tref avaient ja tendu

Deus quel péchié e quel dol fu !

Le temps était noir, il ne faisait pas clair

Les marins avaient bu

Et ne surent pas tenir le cap

A peine largués de l'appontement

La grand voile était hissée

Dieu quel péché et quelle douleur ce fut !

Robert Wace, Roman de Rou ( d'après F.Pluquet, 1824)

I

Guillaume Adelin disparu, la succession ira à Mathilde l'Emperesse sa sœur. Mariée à Geoffroi Plantagenêt elle donna naissance à Henri II qui sera plus tard,  après qu'il ait épousé Aliénor,  duc de Normandie et d'Aquitaine et Roi d'Angleterre.


Si on en croit les historiens, Barfleur ne retrouva plus jamais son importance de l'époque. Sous le nom de Cataras la sortie du port fut l'exemple même du lieu maudit. Il faut dire qu'aujourd'hui encore les parages sont parmi les plus dangereux du littoral par vent d'amont et fortes marées. Ce naufrage peut encore servir d'avertissement aux amateurs débutants de navigation de  plaisance.

gatte_WEB.jpg

 

Les parages inhospitaliers de Quilleboeuf

par beau temps à marée basse

 

 

N.B. Pour plus de détails voir entre autres R. LEROUVILLOIS "Entour de l'Isle de Costentin" (Ed. Isoëte, 1993)

 

26/05/2010

D'une rive à l'autre

mur_israel 2.jpgLa France est un vieux pays, disait de Villepin et les autres pays membres de l'Union Européenne,  tout autant. Je les soupçonne d'être paralysés par leurs héritages, certes fondateurs pour l'humanité toute entière, mais  encombrants et très lourds à porter. Ils sont incapables aujourd'hui d'imaginer, de créer, de  réinventer. Il suffit d'observer maintenant en comparaison, l'Amérique d'Obama galoper, la Chine  folle d'énergie  exploser , et le Brésil devenu subitement conscient de sa continentale puissance, s'imposer.

 

Pendant ce temps là, Angela Merkel se bat avec ses démons boutiquiers du siècle dernier, les Anglais s'entêtent dans leur ridicule isolement et les Français jouent à cache cache politique, droite et gauche  affublées de burkas idéologiques, juste bonnes à dissimuler leurs ambitions électorales et carriéristes. Nous avons pourtant sur les bras une jeunesse explosive qui s'agite dans nos quartiers, nous avons des Universités qui débordent d'étudiants et des armées d'ingénieurs hyper doués qui piaffent dans nos usines.


Alors pourquoi on n'avance pas ?


J'ai ma petite idée sur la question. Je vais essayer de la dire. Je sais aussi de quoi on va m'accuser, sans doute aussi vais-je recevoir des insultes. Il faut quand même tenter. Nous n'avançons pas parce que nous sommes sur la défensive. Ceux là mêmes qui ont les poches pleines et vivent fort bien par ces temps de crise, sont rassasiés et n'ont que l'ambition de conserver leurs sous et leurs privilèges.Nous avons pourtant une Nouvelle Frontière qui s'ouvre à nous, comme au temps de la ruée vers l'or aux States. Je veux parler de cette immense Afrique à commencer par celle du Nord, ce magnifique espace méditerranéen, d'ou sont issues nos civilisations gréco-romaines et nos religions du Livre.


Vincent Peillon vient de présenter au Parlement Européen son rapport pour l'Union Méditerranéenne et il ouvre des pistes pour relancer des actions politiques d'entente, fructueuses pour les peuples de tous nos pays.

Il cite des thèmes bien concrets et pas si difficiles à organiser :

- la promotion d’un Erasmus euroméditerranéen,

- une chaîne de télévision euroméditerranéenne

- la facilitation progressive de la libre circulation entre les deux rives,

- la convergence des politiques agricoles euro-méditerranéennes,

- une stratégie euro-méditerranéenne pour l’efficacité énergétique.

J'ajouterais un Institut euro-méditerranéen de développement sis  à Tunis, qui soit un lieu de rencontre entre tous les chercheurs,  spécialistes et experts de la zone.


Ayant travaillé de longues années en Algérie dont je me considère comme un citoyen, j'approuve sans nuances l'esprit de ce rapport et je suis convaincu de la puissante fécondité de tels projets. On pourrait se demander  pourquoi dans ces conditions il ne se passe rien. On comprend  qu'en France les pieds-noirs massés sur la Côte, là d'où justement on peut s'envoler pour le Maghreb, gardent une sorte de nostalgie enkystée dans leur traumatisme et mise en mémoire comme un mythique "crime anti-français", qui les paralyse. On les a vus réagir à propos du film "Les Hors la Loi", avec une insoupçonnable virulence. Je suis sûr malgré tout, qu'ils seraient faciles à retourner,  amoureux qu'ils sont de la Belle Algérie.


Le vrai motif, c'est la question d'Israêl, à laquelle se sont ralliés tous les Juifs de France ou d'ailleurs. Les tenants du Grand Israël repousseront aussi longtemps qu'ils le pourront toute solution de paix avec les Arabes du Moyen Orient et du Maghreb. Ils en ont les moyens financiers et politiques. La crise palestinienne paralyse et paralysera encore longtemps toute issue positive à la soi-disant guerre des civilisations. Je  dis sincèrement aux juifs de bonne volonté, qu'ils enfoncent aujourd'hui l'Europe toute entière dans leurs querelles tribales. Ils perdent chaque jour des faveurs dans l'opinion (Dieu sait pourtant si ils les ont payées au prix fort). Devant la crise ou plutôt les crises à répétition, il faudra bien trouver un jour des boucs émissaires. Il est temps, grand temps, si ils en sont encore capables derrière leur mur, de ranger les bazookas et d'avancer des propositions de Paix . Le mur de béton n'est qu'un symbole bien visible qui pourra un jour être détruit, hélas  le mur mental qu'ils ont dressé entre leur nation et le reste du monde est autrement plus dangereux pour eux-mêmes.

Post scriptum

Des personnalités juives européennes engagées pour une paix entre Israéliens et Palestiniens ont lancé un "appel à la raison". Le mouvement, intitulé J Call, pour "European Jewish Call for Reason", a été lancé début mai à Bruxelles lors d'une réunion au Parlement européen. Parmi les signataires figurent notamment Elie Chouraqui, cinéaste, Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, Elisabeth de Fontenay, philosophe, Georges Kiejman, ancien ministre et avocat, Bernard-Henri Lévy, philosophe, Pierre Nora, historien. (Le Monde 27/05/2010)

 

24/05/2010

Je veux qu'on m'explique...

Dinet_WEB.jpg

Naturellement, j'ai lu avec attention l'article de Claude Allègre dans Le Monde du 22 mai, qui est une invitation à une discussion dépassionnée sur la théorie du réchauffement climatique du aux rejets de CO2 dans l'atmosphère. J'ai été déçu par la réponse des gens du GIEC maintenant sur la défensive. Ces universitaires qui portent des titres ronflants (titulaire de chaire, directrice de recherche...) jouent les vierges outragées en protestant de leur rigueur scientifique. Ce faisant ils jouent bien sûr aussi les trissotins en accusant l'ancien ministre, outre de les avoir insultés (!) de ne pas avoir respecté les régles déontologiques. Il aurait en quelque sorte dans un livre de grande diffusion,  forcé le trait pour ses démonstrations (66 pages de  remontrances !). Dans  ma vie d'universitaire, en ai-je rencontré de ces professeurs académiques qui se jettent sur les fautes d'orthographe lors des jurys de thèse (inadmissibles par ailleurs mais justifiables des vérificateurs informatiques) faute de pouvoir contribuer à l'évaluation des concepts et des raisonnements...c'est à dire d'avancer un jugement sur le fond .


Toujours dans Le Monde j'ai lu que l'Office Mondial de la Météo nous faisait savoir que le mois d'avril avait été le plus chaud sur la planète depuis qu'on procèdait à des mesures systématiques. Soit. Et je vois qu'on a additionné les températures moyennes du Canada, hémisphère nord  et de l'Australie, hémisphère sud, et sans doute aussi celles de l'équateur et de la zone intertropicale. J'admets, mais alors qu'on m'explique ce que c'est que cette moyenne ? Quelle est sa signification climatique ? Pour ma part dans mon Cotentin, j'ai trouvé que ce mois d'avril avait été bien frais, avec un retard de végétation à la clé.


distributeur_WEB.jpgAllègre ne dit pas autre chose. Le GIEC ne sera pas crédible tant qu'il n'aura pas avancé une justification convaincante de ces moyennes avec lesquelles il nous menace d'une augmentation de la température extraordinairement précise : 2, 4, 6, 10°C  en 2050 ou 2100, selon qu'on veut dramatiser ou non et déclarer l'état d'urgence. Je me souviens pour ma part que le très cher DUBIEF qui a passé sa vie à étudier le climat du Sahara, s'est refusé à homologuer un 57°1 le 12 juillet 1936 à Tindouf parce qu'il manquait un barreau à la persienne de l'abri météo, et de fait, jamais aucune température de cet ordre n'a été enregistrée pendant les 25 ans qu'il a inventoriés. Le maximum restant mesuré à Ouargla en aout 1941 avec 52°7. Je veux dire par là que les températures mesurées ont une réalité concrète dont on ne peut discuter la validité, quand les appareils de mesure sont correctement étalonnés.

 

La température varie pour un même lieu d'une heure à l'autre et d'un jour à l'autre. Pour simplifier on parle de température maximum et de température minimum, pour finalement additionner les deux et faire une moyenne journalière en divisant par deux. On peut faire de la même façon des moyennes mensuelles et des moyennes annuelles. La moyenne annuelle des températures maxima au Sahara tourne autour de 35°C et celle des minima de 10°C. Si j'ajoute les deux et que je divise par deux je trouve la température idéale : 22°5. Le Sahara est pourtant selon les saisons et l'altitude une sacrée fournaise ou bien  un grand frigidaire !


Voilà pourquoi je voudrais qu'on m'explique comment, à partir d'une température moyenne du globe, on peut  prédire un nombre quelconque de réfugiés climatiques. Ceci n'a aucun sens. Je suis sûr que les gens du GIEC sont bien  conscients de cela, mais j'attends encore qu'ils démentent de leur côté les âneries de Nicolas Hulot ou de Yann Arctus Bertrand !


21/05/2010

La guerre des leurres

toto5.JPGA force d'entendre qu'on ne doit pas faire payer demain à nos petits enfants, le beurre qu'on étale sur nos tartines aujourd'hui, on finirait par y croire. Entre les écolos qui prétendent que la terre ne nous appartient pas et qu'on doit la transmettre intacte aux générations qui viennent et les banquiers qui décident d'un coup que nous sommes d'égoïstes "réquerpisseus"*, je me demande bien si je vais pouvoir continuer à jouir l'âme en paix de ma modeste retraite. Il n'y a rien de plus injuste pour un grand père qui s'apprête à transmettre son patrimoine à ses enfants et à ses petits enfants que de lui dire qu'il  est en train de les ruiner.


On voit bien que cet argument n'a aucun sens : nous recevons à notre naissance bien plus que nous ne pourrons jamais dépenser, cathédrales,routes, ports, usines, maisons, bibliothèques, cinema, télévision, universités. Le petit qui naît aujourd'hui est en réalité couvert de cadeaux dès sa naissance, de la sage femme qui lui imprime son premier cri à tous ses premiers vaccins et à ses biberons  vitaminés . Il ne paiera jamais lui, tous les bancs d'école qu'il usera de ses culottes à la mode.


Mais c'est un plaisir pour nos politiques d'égarer le peuple par des leurres sans cesse agités. Les conservateurs d'aujourd'hui ont été les premiers à assécher les caisses de l'état pour mieux justifier leur dogme du trop d'état qui nuit. Ils ont si bien vidé les coffres qu'ils  sont maintenant pris au dépourvu. Leurs serviteurs et alliés  capitalistes rentiers,  sont devenus des ogres qui cherchent partout des enfants à dévorer. Tout se passe  comme si le système devenait anthropophage pour survivre. La gale financière qui nous pèle le dos depuis des lustres, court à sa perte en minant le système qui le nourrit. On a eu une première alerte,  avec les banques sur le point de s'effondrer. Leurs  valets politiques les ont remises sur pied avec de la monnaie de singe empruntée à notre nom. Le casino a été relancé et la crise aussi.


Saint DSK qui a une mine de bien honnête homme et fort sympathique a trouvé le reméde : il faut relancer la croissance . La vraie bonne oseille est celle du travail. Au boulot braves gens, il faut remplir les caisses au plus vite et au meilleur prix, c'est à dire dans la rigueur et l'austérité. Se serrer la ceinture. A vrai dire je ne vois pas pourquoi les grecs seuls pourraient profiter des Cyclades, je vous le dis à vous les jeunes qui pouvez encore profiter du soleil et des voyages, prenez de suite des vacances. Inutile de moudre du grain pour engraisser nos parasites.


Pourquoi se précipiter au boulot avant que ces messieurs inquiets  aient décidé de stopper ce Las Végas planétaire qu'ils font tourner dans les places financières du monde entier ?  DSK ou pas il y a bien quelque chose qui cloche et qui ne va pas réapparaître du jour au lendemain : ça s'appelle la confiance ! Tonnerre dans son herbage florissant me regarde avec commisération. Il se demande si moi son maître, vieil homme averti,  sachant lire et écrire, je vais encore tomber dans le panneau.

 

*requerpisseus veut dire en patois, dépensier, on dit par exemple : A grand amasseus, grand requerpisseus (A père avare, fils prodigue)


 

 


18/05/2010

Robert Wace (1112-1184), le chroniqueur poète des ducs de Normandie

robwace.jpg

Robert Wace présente son Roman de Rou à Henri Court Mantel

 

Robert Wace (prononcer Vass) a vécu au XII° siècle et son Roman de Rou (Rollon), écrit en vers et en langue romane est précieux pour connaître la saga des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre.  Il raconte toute une  période qui va des invasions scandinaves avec Rollon (Rolf le Marcheur 911-931) à Robert Courteheuse et Henri Beauclerc (1106), en passant bien entendu par l'épopée de Guillaume le Conquérant (1035-1087), en tout 16542 vers.

Il est né à Jersey et a fait ses études à Caen. Après un séjour en Ile de France, il est revenu vivre dans cette ville. Il dédia en 1160 son Roman de Rou à Henri Court Mantel ,  le Plantagenet qui épousa la sulfureuse Aliénor (1151-1189). En récompense il obtint un bénéfice à la cathédrale de Bayeux.



Ses écrits historiques reprennent les chroniques de Dudon de Saint Quentin et de Guillaume de Jumièges, tout en y ajoutant ses jugements et sa perception personnelle de l'histoire. Le Roman de Rou "est le monument le plus curieux qui nous reste de l'histoire et de la langue des Normands, sous la domination de leurs ducs" (Pluquet, 1824)

 

 

De nombreuses notations de Wace concernent le Cotentin, on y trouve cités le château de Garilland, les destructions d'abbayes du Ham et de Nans (Saint Marcouf),la fuite de Guillaume à Valognes, le naufrage de la Blanche Nef à Barfleur....Une mine d'évènements survenus il y a mille ans ou presque !

 

Ci dessous un passage dans lequel Maître Wace, comme on l'appelait à l'époque, nous conte son curriculum vitae.

 


Se l'on demande qui ço dist,
qui ceste estoire en romanz fist,
jo di e dirai que jo sui
Wace de l'isle de Gersui[2],
qui est en mer vers occident,
al fieu de Normendie apent.
En l'isle de Gersui fui nez,
a Chaem fui petiz portez,
illoques fui a letres mis,
pois fui longues en France apris ;
quant jo de France repairai
a Chaem longues conversai,
de romanz faire m'entremis,
mult en escris et mult en fis.
Par Deu aïe e par le rei
- altre fors Deu servir ne dei -
m'en fu donee, Deus li rende,
a Baieues une provende.
rei Henri segont vos di,
nevo Henri, pere Henri.