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14/07/2010

CONFERENCE A REVILLE

presselégendesWEB.jpgUne incursion amusée dans notre mémoire collective en passant par la vie de nos saints, nos contes de fée, les espiègleries des goublins, les rendez-vous de sabbat, les maléfices des sorciers et nos légendaires vikings....
(en images et paroles)

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08/07/2010

Le pantin désarticulé

sarko_en course.jpgPar exception je me suis rendu sur LCP pour suivre les questions au gouvernement à l'Assemblée. Ils étaient tous là nos députés, à crier leur réprobation à gauche, et à s'offusquer à droite des lourdes accusations. C'était à qui allait prendre le dessus.


Evidemment pour une fois la tâche était beaucoup plus facile pour l'opposition. Quand il a été vu les mains dans le pot de confiture, le coupable peine à s'en sortir. Je dirais même que les dénégations ne font qu'aggraver sa peine. Madame MAM qui pourrait se reconvertir en faisant la météo sur TF1tant elle a de grâce innée, riait jaune, Chatel le porte-parole repassait le badigeon sans relâche, en automate. Le petit dernier, Baroin, y allait de son couplet moralisateur qui sonnait faux, et se prenait pour un tribun à l'ancienne.

 

La question est de savoir comment Sarkozy qui fut un si bon candidat, a pu devenir un aussi mauvais Président et perdre la main en si peu de temps. Défense à reculons, valse à contre-temps, sacrifices inutiles, sorties bravaches et suicidaires...Pourquoi ne pas dire la vérité au peuple ? Depuis Chirac, la droite a appris à nier les évidences les plus criantes, il suffit d'un coup de baguette magique, "abracadabrantesque" et c'est reparti pour un tour. Cette fois-ci j'ai l'impression que la marque "bling-bling" va essuyer des contre-performances. Quand la confiance est entamée, les prudents vendent en douce leurs actions, les supporteurs les plus sûrs commencent à douter et les plus téméraires finissent dangereusement seuls. Finalement, comme toujours il n'y a que les morts qui restent sur le champ de bataille.

 

Les Bettancourt sont des gens très ordinaires, goinfrés de certitudes et bourrés de naïvetés. Dédé et Liliane à ce qu'on apprend, étaient durs d'oreille, ce qui n'est pas bon pour les secrets de famille. On imagine sans peine les petits télégraphistes passer au fumoir pour le café et ressortir avec l'enveloppe glissée dans la poche du veston. C'est un scénario de film qu'on hésiterait à produire à cause de sa banalité. Tout cela est faux !  gémit le ministre.

 

Il doit bien y avoir quand même une part de vérité, celle qui a été vue par une comptable et entendue par un majordome. Tout concorde, selon les deux témoins qu'on s'empresse de dévaloriser, pensez ! un garçon de café et une rond de cuir licenciés par leurs patrons !

 

En niant tout en bloc, le gouvernement avoue ses tares. Il sait que s'il lâche un doigt, c'est tout le bras qui va être broyé et peut-être même la tête qui va être éclaboussée. J'imagine pourtant mal l'affaire s'arrêter là. Aujourd'hui, on peut faire connaître les bonnes et les mauvaises nouvelles avec pas un rond. Que peuvent Bouygues ou Lagardère avec leurs organes de presse et leurs télés quand Médiapart et une douzaine de journalistes ont acquis la notoriété et pris de l'autorité en quelques jours. Arme imparable : ils disposent des CD enregistrés par le maître d'hôtel et nul ne sait vraiment ce qu'ils contiennent.

 

Sarkozy  a joué les forts en thème, il a cité Blum et Jaurés, il s'est moqué des gens de gauche, il a même dit qu'il était le véritable DRH des socialistes, il a cru que le peuple aimait cela. Aujourd'hui le vin est tiré il faut le boire.Le petit "bling-bling" est devenu  impuissant. A moins d'un tour de bonneteau inattendu, il est condamné à s'écraser dans le trou du souffleur comme un pantin désarticulé.


03/07/2010

Quatrième de couverture

Pour la 3° fois Charles Brucan récidive

Le  « Chevalier de Thibosville » vous entraîne dans la glorieuse épopée des normands,

de la bataille d’Hastings à la conquête de Jérusalem

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(gouache de D. Labadie)

Avec le « Chevalier de Thibosville » Charles Brucan nous raconte comment, en trois générations, les coureurs des mers scandinaves, les fameux Vikings, se transforment dans notre Cotentin en piliers d’une brillante civilisation attachée à la terre.

La saga commence avec l’arrivée d’Ozouf à la Dent, en 1025, lorsque l’aventurier danois débarqué à Landemer, investit brutalement le chastel de Quettehou, principal point de défense du Val de Saire à l’époque. Elle se termine un siècle plus tard, lorsque son petit fils Thibaud, victorieux du désordre et des drames familiaux, assiste au désastre nautique de la Blanche Nef.

Dans ce troisième volume de la collection « Histoires et légendes du Cotentin », l’auteur nous fait assister à la bataille de Val-es-Dunes, à la conquête de l’Angleterre et à la prise d’Antioche et de Jérusalem,  lors de la première croisade. C’est dans ces circonstances que le Chevalier découvre l’Italie du Sud, conquise par les fils de Tancrède de Hauteville, un modeste seigneur du Coutançais.

En toute simplicité, l’auteur porte un regard amusé sur la vie quotidienne de ses personnages, aux prises avec les grands évènements de l’époque. Comme dans les deux récits précédents, Dominique Labadie l’auteur des onze planches originales, nous fait vivre à la pointe de son crayon guidé par l’humour et le talent, les étapes marquantes du récit. D’une lecture facile et plaisante, « Le Chevalier de Thibosville » est une excellente occasion de se remémorer les épisodes fondateurs d’une période faste de l’ histoire de notre presqu’île.

 

 

 

 

 

01/07/2010

Saint Marcouf, patron des navigateurs

 

photo-1381717-M.jpgParmi les saints de mon panthéon, j’ai un faible pour Saint Marcouf, d’abord parce qu’il a donné son nom aux deux îles qui sont les perles de notre baie en manche-est, ensuite parce qu’il a joliment résisté à l’appel du démon, non pas du démon de midi, ni de minuit, ni des bas quartiers, mais au démon du large. Saint Marcouf a résisté aux sirènes, comme Ulysse.


Ce courageux homme est né en 483 à Bayeux d’une famille noble et a montré très tôt une grande force de conviction et de persuasion qu’il mit au service de Dieu, pour convertir les païens à la vraie foi. Il fut élevé aux grades et à la dignité ecclésiastiques par Saint Possesseur, évêque de Coutances. On se trouve alors sous le règne de Childebert, fils de Clovis,  et les prêches de Marcouf ont un grand succès, des aveugles retrouvent la vue et des paralysés se mettent à marcher.


Devant une telle réussite, Marcouf obtient de Childebert un domaine pour fonder son abbaye, la mystérieuse abbaye de Nans ou Nanteuil,  dont on suppose que le premier prieuré fut implanté au lieu même de l’église actuelle de Saint Marcouf-de-l’Isle. L’évangélisateur avait un fort tempérament, mais il était souvent lassé par la foule des solliciteurs qui lui demandaient des miracles, toujours plus de miracles.


Pour trouver du repos, Marcouf qui aimait passionnément la mer prit l’habitude de se réfugier sur les îles en face,  qu’on appelait à l’époque les îles des Deux Limons. Il mena sur l’île du Large, dit-on, une vie spartiate, se nourrissant de pain d’orge et de bigorneaux, moules, huîtres, crabes…On peut comprendre que ce régime iodé et sodé  pouvait entraîner chez le saint homme une certaine hypertension. Hélas, l’ermite n’avait plus que ses rêves pour peupler sa solitude.


C’est dans ces conditions que lors d’une nuit de tempête affreuse, Marcouf fut réveillé par l’apparition d’une jolie jeune femme, avec tous ses habits mouillés collés au corps et pour certains déchirés, laissant entrevoir sa nudité. La belle lui expliqua qu’elle était la seule rescapée d’une barque naufragée en provenance de terres lointaines et qu’elle lui devait son salut à lui, Marcouf le Saint homme, qu’elle avait prié de venir à son secours,  au moment fatal du chavirage.


Charmé par ce nouveau miracle qui lui valait une aussi tentante apparition, Marcouf réconforta la rescapée, la sécha et la réchauffa en l’habillant de sa propre couverture. Il en conçut une certaine émotion. Mais, fort de son expérience des âmes, il se  rappela que Satan en personne pouvait prendre les formes de l’Amour. Par précaution, au moment même où il offrait un morceau de pain à sa protégée, Marcouf le bénit en se signant et prononça fermement : Si tu es Satan, retire-toi  et retournes d’où tu viens !


L’effet fut immédiat. La belle roula des yeux d’où s’échappaient des flammes et des fumées malodorantes puis, dans un furieux mouvement d’air, elle  alla plonger dans les flots déchaînés, d’où elle était sortie quelques instants plus tôt. Les vagues qui déferlaient se refermèrent sur la créature, sous les yeux du saint qui transpirait à grosses gouttes, mais qui fut immédiatement soulagé.


Je suis stupéfait d’admiration pour ce saint homme à qui tout réussissait et qui poussa l’abnégation jusqu’à se réfugier seul sur une île déserte, et pour ceux qui la connaissent, vraiment inhospitalière. Je m’en  veux de ne pas avoir connu Saint Marcouf plus tôt, car je suis certain que son exemple aurait pu m’être d’un grand secours en plusieurs circonstances. Comme Ulysse, il m’est arrivé d’être troublé par le chant des sirènes en mer Méditerranée, mais je n’ai jamais poussé l’ascétisme jusqu’à me faire lier au pied du mât de mon navire. Il aurait été si simple de faire le signe de croix sur les coupes de champagne…Il faut dire que l’Odyssée est un livre merveilleux et qu'Homère ne donne pas dans le monothéisme.


Pour les îles Saint Marcouf, consulter le beau livre d'Edmond Thin, 2005 : Les îles Saint Marcouf, OREP éditions,143 p,