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24/09/2010

Hippolyte Mars (1870-1959)

Monument_aux_morts_d'Equeurdreville.jpegHippolyte Mars (1870-1959)

 

 

Son nom le prédestinait à l’olympe de la presqu’île. Né d’un père pêcheur terre-neuvas en 1870, il devient apprenti ajusteur à 12 ans, puis ouvrier à l’arsenal.  Hippolyte Mars est un vrai produit du terroir. Syndicaliste et homme de gauche il fut constamment réélu maire socialiste d’Equeurdreville-Hainneville de 1908 à 1959 et demeura un bel exemple de fidélité à ses idées et à ses électeurs.

 

Cela suffirait à justifier  notre admiration, mais on dit aussi que notre camarade Hippolyte fut un amateur d’art avisé, autant dire un poète. Il fit don de ses collections  à sa ville. Je dois dire que cet aspect de sa personnalité me le rend encore plus sympathique, en témoignant de sa sensibilité et de son enracinement dans le populaire.

 

Mais ceci n’est rien à côté du monument aux morts qu’il finit par imposer dans sa commune. Lors de la première grande guerre 14-18, il y eut  1.357.000 tués ou disparus en France, soit dix pour cent de la population active.  Hippolyte a vécu la boucherie à la fleur de l’âge, des centaines de milliers de famille ont été endeuillées ou plongées dans la misère. Quand nos écolos nous parlent de l’érosion de la biodiversité, on  peut dire que la France a subi à cette occasion une effroyable hémorragie génétique.

 

Dans les dix années qui suivirent,  la plupart des communes érigèrent d’affreux monuments à la gloire de nos héros malgré eux, associant sans états d’âme le sacrifice mélodramatique à l’hypocrisie sociale et politique, qui nous menèrent tout droit à la lâcheté et la veulerie du Maréchal, vingt ans plus tard.

 

Hippolyte ne l’entendit pas de cette oreille, il imposa finalement en 1932, un monument féministe et pacifiste réalisé par Emilie Rolez, professeur à l'Ecole des Beaux Arts de Cherbourg, portant cette forte maxime :

« Que maudite soit la guerre »

 

Aujourd’hui on ne parle pas beaucoup d’Hippolyte Mars et encore moins de son édifiant monument. Ce qu’on peut regretter, car nous ne devons pas oublier qu’à gauche aussi nous avons nos héros. Les hommes du passé ont donné de l’épaisseur à notre avenir, Hippolyte incarne l’entêtement, l’autonomie de pensée, l’originalité. C’était un homme du peuple, fidèle à ses idées et  clairement déterminé, qui peut encore servir d’exemple à plus d’un.

 

La prochaine fois qu’on nous le demandera, avant de voter contre l’Europe, allons donc faire le tour du monument aux morts d’Equeurdreville. Je dis ça pour les gauchistes qui seraient tentés de se refaire une santé politique en enfourchant les vieux chevaux de bataille du national-populisme.

13/09/2010

LA DROITE ET LA GAUCHE

nicolas-demorand-637x0-2.jpgA gauche on défend  les droits à la retraite dès soixante ans pour les travailleurs qui ont cotisé leurs quarante annuités,  on réclame  la possibilité  d'avoir une retraite à taux plein dès soixante cinq ans, en particulier pour les femmes , qui sont souvent obligées d'accepter les vacations et les petits boulots pour survivre, elles et leurs enfants ; on proteste contre la stigmatisation des Roms et contre le lien immigration-insécurité, on réclame une police d'apaisement et d'encadrement dans les quartiers défavorisés livrés aux petits chefs de gang. Plus généralement, on soutient en priorité   l'école   et les hopitaux publics  qui sont les vrais patrimoines des citoyens lambda. On cherche à se libérer des travaux pénibles et répétitifs et à élever le niveau de qualification des salariés. On accepte de payer ses impôts et on tente d'avoir un comportement responsable, soucieux de l'intérêt général.

 

A doite on préfère l'efficacité : on  renvoye les Roms en Roumanie, on organise des opérations coup de poing de la police en tenue de guerre, casquée,  armée et cagoulée dans les quartiers, on développe la  promotion individuelle et la concurrence dans les affaires . On renforce l'émulation et  l'élitisme dans l'éducation, on fait jouer la loi du marché dans la santé et on généralise le sauve qui peut social. Les solidarités les plus voyantes, surtout avec le petit Nicolas, vont vers le gratin et  les patrons du  CAC 40. Elles s'appellent  bouclier fiscal,  niches fiscales et évasions fiscales ou paradis fiscaux, légions d'honneur, et tous les grands et petits arrangements. 

 

 

Si bien qu'il y a pour moi un mystère quand j'entends Nicolas Demorand dans son émission avec François Hollande (C politique su Fr5) et bien d'autres journalistes aussi,  insinuer qu'il  n'y a pas de différence entre la droite et la gauche, que de toute façon les responsables de l'opposition ne feraient pas mieux que ceux qui sont au pouvoir et qu'enfin le Parti Socialiste qui prétend gouverner n'a pas de programme.

 

A ce petit jeu là la discussion peut s'éterniser. Je sais que les hommes de télé sont poussés par la nécessité de donner du rythme à leur émission, que les analyses s'enlisant dans des concepts par trop abstraits lassent les spectateurs, que la règle est aussi de pousser les invités dans leur retranchements. A vouloir trop bien faire, je ne suis pas sûr que ces vedettes de nos écrans fassent vraiment jaillir la lumière et progresser l'opinion.

 

 

09/09/2010

ELOGE DES VOLEURS DE POULES

romanichels2.jpgDans notre pays on les appelle les bimblots, sans doute à cause de leur manie de vendre par les maisons toutes sortes d'attrape-nigaud. De manière plus générale on parle de bohémiens dans les livres, ou de romanichels dans les roulottes, de zingaros chez les macaronis, de tziganes en concert, de gypsi en danseuses de flamenco et de gitans pour les  gibiers de prison. Cette abondance de mots nous dit bien qu'entre rêve et réalité, ces nomades nourrissent notre imaginaire, de notre besoin d'exotisme à la détestation. Ils sont de magnifiques boucs-émissaires.

 

Notre foutu Président  a réussi à nous faire croire que  le rêve était mort et que l'humanité était tarie pour des siècles et des siècles. Avec lui, toutes les femmes sont devenues des mannequins et la vraie musique ne peut se jouer que dans les stades. Notre capitale est Neuilly et  l'Elysée est habitée par Al Capone. Dans ce cas de figure, les nomades sont des étrangers et la pauvreté est un grand vice qu'il faut expulser du corps social. A défaut d'enrichir les pauvres on peut encore faire croire aux citoyens qu'on peut les évacuer et les reconduire aux frontières. Il faut bien expliquer au peuple que les vrais  profiteurs sont les pouilleux qui abusent des lois sociales  et font tache dans notre paysage d'affairistes et de boutiquiers. Il faut lâcher les bofs contre les campements de vagabonds.

 

Je ne crois pas que s'acharner sur les galeux rende meilleur. On voit bien à travers l'affaire Bettancourt que la richesse corrompt et que le pouvoir rend fou. Faut-il leur rappeler, à ces étranges chevaliers de la Banque et de la Finance que de surnager dans la marmite populaire comme la graisse dans la soupe aux choux, est un vain exercice et qu'il n'y a pas si longtemps Marie Antoinette  a perdu sa jolie tête à ce jeu de l'injustice et du mépris.

 

La Droite UMP participe au massacre des valeurs républicaines, même si c'est du bout des lèvres. L'épisode des Roms,  infâmant pour le pays tout entier, laissera des traces durables et il va falloir qu'apparaisse dans nos rangs, je veux dire à gauche, un leader capable de cautériser cette veulerie et cette absence d' humanisme. Pour le moment, on ne voit pas la personnalité qui réunisse les qualités morales et l'autorité philosophique nécessaires à cette réparation d'urgence. Après la bimblotterie politique (dans laquelle je range le fameux care), va-t-on enfin voir poindre un horizon lumineux  d'humanité ? Si c'est le cas, il faudra remercier les voleurs de poules. 

10:50 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : roms, humanisme, gauche | |  Imprimer