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25/10/2010

L'affreux Jojo

 

georges-freche-subvention.jpgGeorges Frêche est mort d’un arrêt cardiaque hier soir en signant du courrier. Nous avions le même âge et son heureux destin lui a épargné les affres d’une mort lente. Contrairement à mes camarades de parti, je n’ai jamais cru que le vieux Gargantua était raciste et antisémite. Il avait seulement une audace sans limite et un penchant certain pour la provocation. C’était un pithécanthrope qui avait gardé son indépendance et sa liberté de pensée. Moyennant quoi tous les saint jean bouche d'or lui tombaient dessus pour donner mauvaise conscience au PS.

 

On lui a reproché les blacks du foot, les sous-hommes harkis UMP, la face de Carême de Fabius. Je suis prêt à rendre une copie sur chacun des sujets pour démontrer qu’il y avait bien une mafia dans l’équipe de France (dixit Bachelot), que les harkis se sont laissés parquer au fond des bois par leurs protecteurs gaullistes sans rien dire et que Fabius a roulé les camarades du PS dans la sauce douteuse de son ambition personnelle, ce qu’il n’a pas fini de faire peut-être.

 

Les « parisiens » qui ne vivent que par télé interposée accordent beaucoup plus d’importance aux phrases des uns et des autres qu’aux actes et aux réalités. Certains journalistes gagnent leur vie en commentant les commentaires et se comportent comme des usuriers de la pensée d’autrui. Ils triturent les réflexions des autres pour les revendre au meilleur prix. Ce faisant, ils décident d’une certaine manière ce qui peut se dire et ce qui ne doit pas se dire. Quand à moi je préfère l’image que j’ai gardée de Montpellier lors de mon dernier passage, une ville jeune, colorée, multiculturelle, cultivée, où  il fait bon vivre.

 

21/10/2010

BRAS DE FER

 

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On sait tout le bien que je pense de notre cher petit Président, ce matamore m’as-tu-vu,  coquelet excité par sa propre image, dont tout le génie politique s’est nourri des disputes et des défis qui animent quotidiennement les cours d'école.  Sur un terrain de foot  on pourrait dire que cela produit  d’excellentes qualités qui énervent l’adversaire et le poussent à la faute. Pour gouverner un pays, ce sont des tares rédhibitoires.

 

La culture défaillante ne peut être remplacée par le bling-bling et les coups de menton. Cet homme ne sait rien de l’histoire et mélange depuis le début de sa lamentable percée politique,  Al Capone et Jean Jaurès. L’ignorance seule permet un tel culot.  Pour gouverner un pays, il faut éviter de le déchirer et de dresser les gens les uns contre les autres. Par exemple il faut refuser d’exciter la droite contre la gauche et vice-versa, les pauvres contre les riches, les patrons contre les salariés, les syndicats ouvriers contre les rentiers, …les BOFS contre les ROMS. Cette tactique vindicative qui consiste a s'attribuer toujours le beau rôle du fait de sa prééminence institutionnelle est bête et improductive. Elle est bête parce que nos concitoyens devinent facilement la supercherie et elle est improductive parce qu’un pays désuni est condamné à l’échec. Jamais la politique française n’a produit un Président de la République aussi creux et aussi vain.

 

Aujourd’hui, comme il fallait s’y attendre, le petit caïd de Neuilly est à la croisée des chemins. Depuis son dîner au Fouquet, Il n'a cessé de narguer le peuple ordinaire par ses sympathies trop visibles pour le CAC 40 et la jet-set. Tout ce qu’il propose  est d'abord perçu aujourd'hui  comme une injustice supplémentaire. Pour conserver le soutien de la partie la plus  rance de la droite, il est condamné à vaincre l'innommable chienlit. Pas seulement vaincre dans la magnanimité habituelle du vainqueur, mais en s’en glorifiant et en s’en réclamant avec son impudence coutumière. Sa victoire devra proclamer  l’humiliation des 70% de citoyens qui le détestent aujourd’hui. Les éléments de langage répétés imperturbablement par la clique des missi dominici (soi-disant ministres) annoncent déjà la victoire inéluctable des modernes contre les ringards, des bosseurs contre les fainéants, des entrepreneurs contre les assistés,  des riches contre les pauvres, de la super classe contre la valetaille.

 

A la vindicte présidentielle, la majorité populaire fait face avec un entêtement quasi-désespéré. Nous nous installons dans une opposition frontale avec l'oligarchie élitiste qui fait preuve d'une rare myopie politique. On ne peut plus éviter de choisir son camp. Pour les raisons que je viens d’énumérer j’ai choisi le mien. Non pas pour des motifs d’ajustement des retraites qui se feront nécessairement en toute bonne foi autour d’une table, mais pour mon désaccord total avec l'emploi des rapports de force pour résoudre les problèmes sociaux. J’entends Soubie proclamer que tout va bien et que les désordres, d’ailleurs prévus, sont sous contrôle. Belle gouvernance qui consiste à jeter les gens dans la rue ! L’affrontement, quelle qu’en soit l’issue  laissera des traces. S’il faut perdre cette bataille camarades,  ravalons notre fierté ! mais expliquons partout qu’en 2012, il faudra se débarrasser de cet insupportable clan et chasser ce honteux Président qui nous navre et qui nous déshonore.   

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Les hommes de l'ombre : à gauche l'illustre Soubie

 

17/10/2010

Plaidoyer pour Monsieur et Madame X

 

 

flamants roses.jpgLes films pornographiques ne sont supportables que si les corps y sont magnifiés, idéalisés, déshumanisés. La peau est bronzée, les poils épilés, les fesses rondes, les orifices impeccablement lisses et le sexe des hommes noblement conformés et dressés. Les fellations deviennent gastronomiques, presque publicitaires et les pénétrations sont des modèles de coïts qui se terminent inévitablement par des orgasmes grandiloquents et des éjaculations puissantes.

 

Tout cela est déjà très différent quand il s’agit du quotidien des mortels : les corps y sont parfois gros, parfois maigres, on discerne des petits boutons dans le  dos, des poils sur la poitrine,  sous les bras et dans les entrejambes. Le spectacle esthétique du X se transforme en scandaleuse scène de hard pour voyeur. Baudelaire affirmait toutefois que les femmes rondes étaient moins indécentes que les maigres.

 

Que dire alors des septuagénaires ? Les calvities apparaissent, les muscles régressent, la couleur de la peau et sa texture se dégradent. Pour montrer les ébats des seniors ou les évoquer,  il faut retoucher les défauts et cacher les imperfections, les demi érections, les orgasmes poussifs, les culbutes douloureuses, les articulations qui coincent, les crampes intempestives.

 

Mais surtout, il faut bien se garder de croire que l’amour à cet âge peut ressembler à celui de la jeunesse. A quarante ans, on ne compte pas l’énergie, les partenaires, la durée. La vie des jeunes est un ruban rouge qui vous serre la gorge et qu’il s’agit de mettre en petites tresses bien fleuries, avec son mouchoir par dessus. Il y a urgence, il y a pléthore, le monde est si grand.

 

L’amour sur le tard, a au contraire quelque chose de substantiel.  Aucune précipitation chez un septuagénaire, il déguste les préparations amoureuses comme un gourmet, veillant au poivre et au sel, et surtout à la bonne température de cuisson. Il sait que le repas servi aujourd’hui ne se renouvellera pas forcément le lendemain, que les parfums fugaces peuvent s’évanouir sans motif,  ou que le rêve érotique peut se dissoudre dans la fatigue ou l’oubli, sans prévenir.

 

Compte tenu de ce que je viens de dire, il n’y a pas de place pour l’improvisation et le rôle du (de la) partenaire est primordial. Il ne peut s’agir que d’une minutieuse association qui pardonne tout, même les manques les plus évidents. Faute de quoi les ébats se terminent en partie de rigolade. Autant dire que le miracle ne peut s’accomplir qu’au prix de la tendresse et de la confiance, c’est à dire d’un amour véritable. Grands oiseaux maladroits embarrassés par l’idée de leur propre mort, les vieux se réfugient dans l’amour comme une  ultime étape avant leur définitive migration.

09/10/2010

CLAUDE LEFORT (1924-2010)

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On le sait depuis toujours mais ça fait toujours mal : même les esprits forts finissent par mourir. Lefort c’est avec Castoriadis l’un des deux piliers de Socialisme ou Barbarie, la revue qui m’a servi de viatique politique entre 1957 et 1962. Je remercie ces deux là parce qu’ils m’ont donné durablement le goût de m’opposer, la tentation de l’irrévérence, et une bonne partie (avec Sartre) de ma colonne vertébrale idéologique. Je saute sur l’occasion pour m’interroger sur le rôle de ces deux penseurs sur ma propre vie.

 

Trop jeune sans doute et pas assez cultivé pour entrer de plein pied avec la pensée de ces deux philosophes là, j’en ai quand même tiré la force de militer pour l’indépendance de l’Algérie et la tentation permanente de m’opposer aux pouvoirs institutionnels ou pas. Même si ma devise était : Quand je vois un chef, je tire mon pistolet, je parle bien d’opposition idéologique sans violence. J’ai relu un papier de Claude Lefort dans le n°26 de S ou B, pages 120-134,  publié en 1958, intitulé modestement : Organisation et Parti . Cet article contenait déjà toute sa pensée concernant la démocratie et le totalitarisme. C’était une explication de son opposition à l’organisation (Pouvoir Ouvrier) qu’une partie du groupe de S ou B avait décidé de constituer.

 

Dès cette époque Lefort s’opposait au parti d’avant garde qui ne pouvait que se couper des travailleurs et entraîner le peuple dans des destinées étrangères à ses propres intérêts. La forme d’action qu’il préconisait était principalement la publication d’un journal mettant les analyses des intellectuels à la disposition des expériences ouvrières. Une organisation souple sans rôle de direction, rejetant toute centralisation.

 

Un tel langage me convenait parfaitement et je pouvais l’appliquer sans aucune difficulté dans le pays que j’étais venu servir (l’Algérie) et dans lequel je ne pouvais que m’abstenir de toute forme de menée politique.  Dans mon domaine professionnel (agricole) je répétais sans cesse que  la science était  au service du peuple. Ce qui n’était pas sans importance dans la constitution des équipes de recherche et de leurs thèmes d’activité.

 

Malheureusement ce rôle de conseil, de participation bienveillante et positive trouve vite ses limites. La démocratie est respectée mais c’est au détriment de tout caractère opérationnel. Dans cet état d’esprit on oscille entre la tentation anarchiste (au sens propre) et celle de l’amateurisme ou du bénévolat. C’est dans ce sens que j’ai pu écrire que la définition en creux de la démocratie est une lacune absolue. On sait ce qu’elle ne doit pas être mais on reste plutôt vague sur ses formes abouties. Peut-être aurait-il fallu dire aux militants, faites de l’entrisme, prenez des responsabilités…

 

Je n’ai pas de meilleure réponse hélas, sauf que tout cela nous mène bon gré mal gré, à la social-démocratisation et à la patience. Est-ce si grave ?

07/10/2010

Et voilà pourquoi votre Parisot est muette

J'ai le plaisir d'offrir l'hospitalité à mon ami Claude Bastian, qui du haut de son cap de Carteret a un point de vue percutant sur la réforme des retraites, telle que la souhaite la petite Parisot et son petit frère Nicolas. Daniel Dubost


 

N-iéme débat sur les retraites à C dans l'air. Question SMS. Pourquoi le MEDEF est-il muet sur la question? Réponse lapidaire et percutante de la syndicaliste présente sur le plateau :Parce que le gouvernement fait la politique du MEDEF. Un ange passe…CLBAST37.JPG

Comme les médecins de Molière, les communicants du pouvoir préconisent invariablement de purger et de saigner les plus défavorisés. A chaque hausse des tarifs ou des cotisations, à chaque restriction des prestations son argumentaire. Par exemple, l'augmentation d'une prime d'assurance sera justifiée par les pertes dues au comportement à risque de certains assurés.

Le raisonnement s'applique à l'assurance maladie et à l'assurance chômage. Employeurs et salariés y cotisent à part plus ou moins égales (que les spécialistes me corrigent s'il le faut)  L'évolution de la démographie et de l'économie rendent une réforme de ces régimes inévitable pour garantir leur équilibre budgétaire à long terme en augmentant le volume des cotisations.

Le jeu du MEDEF dans cette affaire est simple et génial : Dans son vocabulaire, les cotisations de l'employeur entrent au passif dans la rubrique des intouchables « charges sociales ».N'en parlons pas, il serait  dangereux d'en faire état dans le débat en tant que « cotisations patronales ».

Cotisant comme le salarié une assurance pour couvrir les mêmes risques, l'employeur est cependant celui dont le comportement à risque n'est jamais sanctionné par un malus. Par exemple, l'employeur qui impose un travail pénible à ses salariés ne cotise pas plus qu'un autre à l'assurance maladie.

De même le recours systématique à l'intérim ou aux CDD est source de précarité, donc de déficit pour l’assurance-chômage. Le verra-t-on un jour sanctionné par un malus sur la cotisation patronale?