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29/05/2011

Faire un rêve pour le Val de Saire !

 

 

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1 - Le constat du géographe

Le géographe que je suis s’émerveille, et l’enfant du pays (que je suis aussi) encore davantage. La Saire qui descend doucement à travers bois et bocages depuis le Mesnil au Val, pousse son eau claire dans les prairies herbeuses du Vast et de Valcanville pour  se lover en paresseuse dans les terres grasses du pied de la Pernelle. Le pont de Saire qui est à la limite de Saint-Vaast et Réville marque  un des plus beaux  estuaires du Cotentin. L’ouverture de la rivière sur la baie de Jonville entre la Pointe de Saire et l’île Tatihou en fait rêver plus d’un, accoudé au parapet, l’appareil photo en bandoulière. Barfleur est une autre perle qui inspire le rêve marin.  Ce qui fait la joie du géographe, c’est la diversité et plus encore la complémentarité des paysages…

 

Je ne connais pas de région qui marie aussi bien la plaine littorale et le bocage, le ruban doré des plages de Quinéville à Fermanville et les profondeurs mystérieuses des bois du Rabey , de Boutron et de Barnavast. Voilà un pays qui a échappé aux guerres modernes de destruction, avec quasiment tout son passé architectural  intact, du vieux donjon de l’église de Quettehou, aux tours de Vauban et à la demeure seigneuriale de l’intraitable Jambe de Bois de la Crasvillerie. Le granite de Barfleur règne en maître et ses blocages donne une noblesse inimitable aux églises et aux châteaux ainsi qu’aux magnifiques corps de fermes-manoirs à escaliers en tourelles. Même les plus modestes chaumières des journaliers ou des péqueux  conservent une allure qui défie humblement mais avec force, notre temps de pavillons à enduits colorés.

 

Ce pays fut aussi à plusieurs reprises le lieu de miracles agricoles allant de la sélection de la race bovine normande et du trotteur anglo-normand, à l’invention de la pomme de terre bonotte encore cultivée en l’île de  Noirmoutier, et à la sélection du persil de Montfarville. Pour s’en tenir au dernier demi-siècle, les limons souples et profonds de la plaine côtière ont donné année après année,  les plus belles récoltes de carottes, de choux et de pommes de terre qui soient. A quelques milles les pêcheurs ont tendu au homard et  au bouquet, ligné au maquereau et à la dorade, au bar et à la morue. La douceur du climat pour ne pas dire sa fraîcheur nous a épargné les hordes plagistes et les horribles urbanisations balnéaires de  Bretagne ou des Charentes.

 

Alors notre Val de Saire serait-il un pays de cocagne qui s'ignore ? Hélas non ! Les tracteurs de cent chevaux ont percé les haies, aplati les talus, soulevé la glaise et nivelé les « caches ». Chaque année,  mes amis agriculteurs ramènent de Belgique ou de Beauce des instruments gigantesques qui tiennent plus des scrapers et des bulls de Travaux Publics que du matériel agricole. C’est que chaque année il faut cultiver plus grand, plus vite, plus mécanique. A trois lieues au large, nos pêcheurs y vont tout pareil, avec des moteurs toujours plus puissants qui draguent, labourent, et râtèlent sans relâche les moules, les coquilles, les soles et les turbots s’il en reste, traînant derrière eux d’épouvantables perches métalliques qui martyrisent le fond de la mer. Entre deux, les ostréiculteurs agrandissent les parcs, veulent produire plus, plus vite et se retrouvent en butte à la fragilité sanitaire de ces élevages intensifs monovariétaux…Plus haut  dans l'intérieur des terres, les éleveurs augmentent le cheptel, défoncent aussi le bocage pour le maïs et deviennent des techniciens victimes de leur propre savoir face à la concurrence des systèmes géants des grandes plaines d'Europe de l'Est ou d'ailleurs.

 

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2 - L'utopie plus forte que le réel

C’est le progrès me direz vous, il faut payer les traites et les études des enfants. Bien évidemment et personne ne songerait à reprocher à ces agriculteurs et à ces pêcheurs de faire ce qu’il faut pour survivre. Oui mais ? le Val de Saire prétend-il rivaliser avec les plaines céréalières et les  bateaux usines océaniques ? A ce jeu, on peut dire honnêtement, que c’est perdu d’avance comme on dit chez nous, pour tout le monde. C’est perdant, perdant. Aux tenants de ce « modernisme » je voudrais opposer mon rêve, celui de la diversité, de la proximité, de la qualité et de la complémentarité. Le rêve d’une activité agro-marine destinée au marché de frais, à Caen, à Rouen ou à Paris et à nos touristes. On dit bien volontiers que nos touristes ne viennent pas pour bronzer idiots, mais qu’ils nous aiment pour le bon air, l'authenticité, et la bonne bouffe goûteuse, donc fraîche de récolte, ignorée jusqu’à l’oubli dans les villes pressées,  gorgées de  snacks insipides et industriels.

 

D’évidence la commercialisation directe, qu’on voit se développer aujourd’hui avec un certain succès,  ne peut suffire à écouler les productions. Il faut nécessairement un accès efficace aux zones de grande consommation urbaine,  de France et de Navarre. Alors je conseille à nos maraîchers et nos pêcheurs de regarder Les Maîtres Laitiers du Cotentin, qui payent à leurs coopérateurs 20% de plus que les autres industriels. Les MLC, grâce au coup de génie de leur Président Fortin,  sont devenus de puissants opérateurs de distribution des produits frais aux collectivités, chaînes d’hôtellerie, hôpitaux, casernes, entreprises, compagnies d’aviation. Je fais un rêve ! nos forces économiques sont intactes et les chambres consulaires de l’agriculture et du commerce déclarent évidentes les synergies entre nos terroirs. Le Cotentin peut devenir dans les vingt ans qui viennent,  un modèle économique de l’agro-alimentaire artisanal de terroir comme on dit, et répondre aux besoins des nouvelles clientèles qui s’annoncent.

 

Ainsi se dessine un paysage agricole fait d’exploitations variées alliant les jeunes pousses, le bio, la production lourde (patates,  poireaux, carottes, choux) les asperges, la  mâche, les Florette  et bien d’autres possibles plus craquants les uns que les autres, associé aux artisans pêcheurs et à la conchyliculture, et aux producteurs de viande et de lait . Ainsi armé, l’agroalimentaire manchot peut faire prospérer d’importants réseaux de commercialisation visant à satisfaire les centrales d’achat,  trouver des partenaires pour la transformation et le transport international pas seulement pour Paris, Berlin, Madrid et Rabat mais par Cherbourg, pour l’Angleterre, l’Amérique et la Russie…

 

Je rêve, mais j’ai pris l’habitude immodeste de voir à mesure que les années passent,  mes rêves se réaliser. Pour mes talents de voyance je demande à mes copains lecteurs d’apprécier par eux mêmes. A bas la guerre, vive la justice sociale et la liberté de chacun, vive l’éducation et la dignité de nos concitoyens. On y va ! Chaque jour un peu mieux et un peu plus, le Cotentin  va se couler dans les méandres imprévus du progrès. En prendre conscience aide parfois à accélérer le processus.

 

23/05/2011

Sortie de prison

 

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J'ai été enfermé dans la prison de ma douleur hépatique pendant plus de dix jours.  Impossible de rien écrire, rien lire, rien entendre. Le docteur Arsène du CHU de Caen est venu me délivrer avec le magnifique trousseau de clés de la médecine moderne. Aujourd'hui je revis, même  si, cette semaine,  les fleurs des aubépines ont un peu jauni, le Val de Saire me paraît plus riant que jamais.


Malgré tout j'ai appris plein de choses pendant mon séjour dans ces chambres d'hôpital et j'ai vu  autour de moi des personnes encore plus souffrantes et bien plus malheureuses que moi. Je vous parlerai très prochainement d'un certain Clément, ouvrier agricole de mon âge qui m'a fait bidonner et qui m'a rappelé mon enfance. Il aurait fallu peu de choses à cette époque pour que le destin se trompe et que moi aussi je me sois démoli le dos en portant des sacs de blé d'un quintal.


Pour l'heure, beaucoup de choses se sont passées. Vous savez tous que Strauss-Kahn n'était pas ma tasse de thé. Quand j'ai vu les images, en rentrant chez moi,  de cet homme à l'esprit puissant crispé sur sa honte et sur sa douleur,  répétant à l'infini le masque tragique de l'homme déchu, des larmes d'émotion m'ont submergé.

 

Mais de nouveaux combats nous attendent. La gauche doit prendre le pouvoir .  L'humiliation du bling-bling exposé au peuple ordinaire, le mépris, la stigmatisation des uns ou des autres, étrangers ou fonctionnaires doivent cesser. Nous allons tout faire pour que nos petits enfants aient une vie meilleure.

 

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10/05/2011

Eloge de notre député-maire Bernard Cazeneuve

 

ps,cherbourg,karachi,manche,cotentin,cazeneuve,députéChacun sait que je ne suis pas un adepte de la brosse à reluire et que je suis plutôt, l’âge aidant,  un ratiocineur qui adore débusquer les arrivistes et les profiteurs présumés. C’est la raison pour laquelle je me sens à l’aise dans cet éloge, qui n’a rien à voir avec une oraison convenue mais qui se veut tout au contraire un appel à l’encouragement et à la louange d' un de nos principaux leaders politiques de notre région. Les anciens, réputés pleins de sagesse et de discernement,  peuvent aussi servir à ça.

 

Depuis plusieurs années déjà,  je sentais que nos notables manchots de l'UMP empruntaient le chemin du déclin. Le Président Legrand malgré quelques bonnes intuitions sur l’environnement ou le tourisme s’est englué avec l’âge dans des jeux tacticiens périmés qui traduisent une vraie déliquescence de l’action politique dans le département, accélérée par le sarkozysme ambiant. Il faut maintenant une relève appelant une nouvelle génération de gens modernes, compétents, intègres,  dont les conceptions civiques ne peuvent être mises en doute.

 

Chaque fois que je réfléchissais à la question, mon regard se tournait vers Cherbourg dont le Député-Maire me paraissait porteur de nos meilleures espérances. Comme militant PS,  c’est d’abord dans mon Parti que je m'attendais à trouver les arguments  confortant  cette intuition. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu : le malin plaisir à gauche est de dévorer nos propres enfants. Bernard Cazeneuve est une personnalité discrète et pudique. Ce sont des qualités que j’apprécie sincèrement mais qui ne facilitent pas pour autant les contacts et qui expliquent peut-être le peu d'enthousiasme des cadres du PS à se ranger derrière tel ou tel. Autant dire que lorsque la publication de son livre sur Karachi a été annoncée, je me suis précipité, pour en savoir plus sur notre député.

 

Cet ouvrage aurait être, comme je le redoutais,  une compilation de rapports et de documents « gris » plus ou moins officiels, à vocation informative. Pas du tout. C’est un vrai livre dans lequel notre député décrit ses états d’âme et sa méthodologie, son sens civique et sa conception de la politique. Sa lecture a répondu à mes attentes et a suscité chez moi beaucoup d’enthousiasme. La preuve en est que j’écris ces lignes alors que j’ai à peine terminé ma lecture. J’ai maintenant la conviction que Bernard C. est le leader politique qui nous manque dans la presqu’île.

 

L’ouvrage nous donne les clés de sa personnalité. Contrairement aux grandes gueules dont on nous rebat les oreilles, notre député n’est pas secret, il est seulement pudique. Ce qu’on prend pour de l’indifférence est en réalité du respect pour autrui. Il fuit la gloriole et il a trop d’humour pour se laisser prendre au piège de la notoriété. En revanche c’est un inquiet et un bosseur.

 

 Pour leur venir en aide il a prévenu les victimes de Karachi et leurs familles, qu’il ne ferait aucune exploitation politique de leur combat et que seule la connaissance aussi exacte que possible des faits pouvait  être utile. La vérité ne pouvait sortir des jeux de rôles conventionnels qui bloqueraient la machine institutionnelle. Notre député a donc entrepris un travail de notaire, modeste et patient, sans concession mais plein d’un  humour  ciselé  qui a désarmé beaucoup de réticences  et a vaincu une partie des  obstacles que lui a opposés la majorité gouvernementale. Chapeau l’artiste !

 

Je pourrais donner des exemples, des détails, mais chacun d’entre nous doit lire ce livre qui décrit la noblesse du combat politique quand il prend les contours d’un travail d’orfèvre. A une époque où l’esprit de responsabilité de nos élites est souvent controversé, l’analyse de Bernard C. nous fait comprendre que l'esprit de méthode et la hauteur de vue sont des qualités infiniment précieuses quand elles sont mises au service de la collectivité. En quelques pages nous pouvons apprécier tout le courage et toute la finesse de notre Député qui a du affronter des grands méchants loups de la politique tels que Léotard ou Balladur. Nous avons la chance d’avoir parmi nous un homme au caractère bien trempé.

 

Je suis sûr que dans ce livre, Bernard Cazeneuve fait preuve de qualités hors du commun et qu’elles lui seront reconnues.  Je supplie mes camarades des sections de la Fédé50 et du Conseil Fédéral d’être les premiers à le dire et le redire. Nous devons en conséquence pousser ensemble pour mettre en avant celui qui mérite le mieux d’arbitrer, d’innover, et d’entraîner notre action socialiste . Nous devons faire de notre Député-Maire un grand leader et lui donner les moyens psychologiques et politiques d’entraîner notre département dans la voie de la modernisation et du progrès.

 

Je crois à la démocratie, à la transparence, à la participation des citoyens et à leur esprit critique mais je crois aussi  à la puissance de l’esprit (pour parler comme notre regretté F.M.) , à l’intelligence et au courage de chacun. Bernard Cazeneuve est celui qui va compter dans notre région pour les trente ans à venir. Je prie mes dieux préférés pour qu’il garde en toutes circonstances la modestie et l’énergie qui lui seront nécessaires.

06/05/2011

Drôles de calculs...

 

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Sur la route de la santé (la RN13) qui mène à Caen, en face du Mémorial, je fus pris de violentes douleurs abdominales que j’attribuai à un croque-monsieur immonde,  ingurgité par commodité dans un snack d’autoroute. Je partais pour un œil,  j’arrivais pour une crise de foie. L’œil soigné, en arrière toute, retour à Pasteur, plié sur ma douleur. Merci à mon chauffeur, diligent et attentif.

 

La douleur si vous notez de 1 à 10, c’est quoi ? J’ai réfléchi deux secondes.

1 : je n’en parle pas

2 : ah oui, j’ai quelque chose là…

3 : tiens ça ne passe pas si vite que ça

4 : ça insiste, est-ce qu’il me reste du paracétamol ?

5 : j’ai du manger quelque chose de mauvais, j’ai envie de vomir…

6 : je n’arrive pas à vomir et je n’arrête pas d’y penser

7 : il me faut un médecin pour me soulager, au plus vite

8 : j’en ai marre de vos questions , j’ai mal

9 : je suis plié en deux, je geins, je m’insulte et ma mère aussi la pauvre…

10 : je pense aux tortures nazies, je hurle, j’avoue ma religion et tout le reste, je transpire, je perds connaissance

 

Bien sûr,  j’étais à 7 en arrivant devant un médecin compatissant. Il se reconnaîtra. Il m’a ouvert les portes d’une médecine dans laquelle souffrir n’est rien, quand souffle une petite brise d’empathie. Relisons histoires d’Ho à Pasteur (O2/11/2009) billet dans lequel je disais tout le mal que je pensais d’un séjour dans un service voisin et qui n’est pas sans rapport,  puisque c’est à cette occasion là qu’un chirurgien, peut-être un peu trop pressé,  a du oublier un mauvais calcul dans mon « colédoc ». L’objet s’est bloqué juste avant le Duo Denum.  Sacrée musique qui a duré avec ses pleins et ses déliés depuis deux ans ou presque. Cette fois-ci on était dans le final emphatique du concert.

 

La nuit, à la diète sur mon lit d’hôpital, j’ai rêvé de mon plateau de fruits de mer idéal :

  • 12 praires de belle taille, pêchées la veille à Chausey, nature.
  • 6 huîtres n°2 (de grande taille)  triploïdes de Saint Vaast, charnues, gratinées au beurre d’escargot
  • Une poignée de petits bulots de Carteret dégorgés, dessablés, cuits avec noblesse, accompagnés d’une once de mayonnaise maison.
  • Les deux grosses pinces d’un maître « clopoint » de Barfleur bouillis juste à point dans un court-bouillon parfumé de romarin.

 

Le tout accompagné d’un Bandol 2009 rosé, bien frappé, d’un Château de ma connaissance.

 

C’est vous dire !

 

PS/ merci à tous ceux qui m’ont si bien accueilli

03/05/2011

DSK et les antisémites

 

dsk,présidentielle,antisémitisme,sionismeNe pas aimer un juif sous prétexte qu’il est juif est une totale ineptie. Nul ne saurait juger une femme ou un homme en fonction de sa religion, de son origine ou de sa couleur de peau. Pris comme des individus, les êtres humains sont tous des frères, sans discussion possible, et ils méritent tous  considération et respect,  d’autant plus  qu’ils sont fragiles et sans défense. La génétique humaine, complexe,  est partout à l’œuvre et peut éclore à tout instant de miracles imprévus.  L’intelligence n’a pas de race, le génie non plus. Bien sûr des monstres peuvent aussi se cacher sous toutes les latitudes.

 

 

Dans ces conditions,  on se demande pourquoi certains quartiers réunissent des Indiens ou des Antillais, des Juifs ou des Chinois, des Pakistanais ou des Arabes. Car la réalité nous oblige à constater que les gens se rassemblent par affinités linguistiques, sociales et culturelles.  Si ces gens,  un peu différents du Français lambda se trouvent plus ou moins regroupés, c’est sans doute parce qu’ils se trouvent en commun des défauts ou des qualités que les autres n’ont pas. Ils affirment ainsi leur différenciation et donnent  à notre concitoyen moyen, matriciel et indistinct, mais quand même souvent blanc et baptisé,  des arguments généralisateurs, totalisants, et pour tout dire « racistes ». On ferait mieux de dire « ethnicistes » car ils tiennent souvent du folklore et des habitudes de vie singulières, plutôt que de la race.

 

 

Autrement dit la première connotation raciste est écrite par les communautés elles mêmes qui se regroupent et se singularisent. Une des tentations les plus fortes dans notre société est celle de l’antisémitisme. Cette forme « d’ostracisme » a des origines historiques et se perpétue de nos jours plus que jamais.

 

Les membres de la communauté juive sont les premiers à se reconnaître entre eux et à s’affirmer comme juifs. Ils reconnaissent leur appartenance à leur grande communauté internationale, une diaspora qui va des USA aux lointains bleds du Sahara et de la Sibérie, et de Moscou à d’Istanbul. On ne saurait reprocher à ces gens leur attachement culturel à Israël, qui vaut celui des Arabes à Bagdad ou des Catholiques à Rome. La diversité et la puissante civilisation de ces peuples  ne peuvent (et ils le prouvent tous les jours) qu’apporter des bienfaits à notre commune humanité. Sans compter qu’avec la Shoah,  il est clair que rien qui pourrait banaliser cette horreur humaine ne peut être prononcé, ni entendu, ni admis. Il reste cependant une communauté avec ses organisations, ses systèmes de défense et de conservation, voire ses politiques d’occupation du pouvoir.

 

Parmi ces politiques, celle du sionisme  a établi un  Etat  juif en Palestine  qui aujourd’hui encore, est au centre  de nombreux troubles à la paix mondiale. Cette politique est généralement soutenue par la communauté juive. Pour mon propos et sans lui faire injure, je reprends une déclaration de DSK au Nouvel Observateur : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l'ensemble de mes actions, j'essaie d'apporter ma modeste pierre à la construction d'Israël. » (Nouvel Obs, n°2405, 2010). C’est à ce propos qu’on ne peut taire l’origine juive de DSK dont il craint lui même qu’elle ne le desserve dans son projet d’élection au Poste de Président de la République française.

 

Le plus incroyable dans tout cela c’est qu’aucun commentateur ou homme politique n’ose aborder la question. J’en connais pourtant qui font les malins à tout instant sur nos ondes. Sans doute ont-ils peur d’être taxés d’antisémitisme,  accusation tranchante qui vous exécute un journaliste en un clin d’œil. Et pourtant on ne peut interdire d’appeler un chat un chat. Dire que DSK est d’origine juive et Anne Sinclair-Rosenberg qui participe à sa campagne, également,  ne peut être une insulte. La France a prouvé avec Blum et Mendès-France qu’elle ne se souciait pas de cela quand l’homme avait le mérite de la fonction. A l’instant même,  j’ai malgré tout la désagréable impression de transgresser un tabou. Il me semble que DSK et ses soutiens vont devoir prendre ce problème à bras le corps. Préfèrent-ils que ce soit la femme Le Pen  et d’autres de la droite bien rance ou de la gauche stalinienne utilisent l’argument en douce, comme un péché inavoué ?

 

Je préfèrerais clamer haut et fort l’attachement ou non à ma communauté plutôt que de laisser les autres en décider. Je ne peux pas envisager un instant que DSK , le leader socialiste et le patron du FMI ne nourrisse pour Israël des sentiments et des projets politiques qui nous mènent à la paix avec les pays arabes et surtout redonnent aux Palestiniens dignité et prospérité. J’attends qu’au cours de la campagne qui s’annonce, la question soit clairement tranchée de la manière la plus explicite qui soit, et que DSK se désolidarise du gouvernement israélien actuel et dise son opposition  au mythe du Grand Israël.

 

Nos concitoyens sont devenus des adultes, ils ont le droit de savoir pour qui et pour quoi ils votent . Ils ont aussi le devoir de bien soulever les tapis pour s’assurer qu’il ne traîne pas quelque part des balayures maudites qui pourriront  l’histoire à venir de notre pays.

 

P/S : J'apprends que DSK nous a fait le coup "de la Porsche tranquille" la semaine dernière. Est-il inconscient ? si il y a quelque chose dont les Français ne veulent plus c'est bien du bling-bling à la Sarkozy. La Mégane décapotable de Jospin était déjà limite. Un président normal dit François H. , voilà ce que les Français souhaitent. Il a raison.