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30/09/2011

Votes utiles et candidatures inutiles

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Votes utiles et candidatures inutiles

 

J’adore la controverse quand elle fait avancer la réflexion des uns et des autres. On sait bien que la trouvaille, la bonne solution, la vérité,  viennent de là. Une bonne idée ne devient vraiment bonne que lorsqu’elle est partagée. Je comprends très bien que les supporters de Martine A. soient consternés par sa défaite annoncée. Il faut rassurer chacun d’entre nous,  il n’y aura qu’un vainqueur : cinq groupes de militants seront frustrés et déçus. Raison de plus pour regarder la situation avec sérénité et avec un seul objectif pour la gauche : gagner les élections présidentielles en 2012.

 

Si je considère que Martine devrait se retirer ce n’est pas pour donner des coliques à ceux de mes camarades qui la défendent, c’est parce que je suis un grand stratège politique tout naïf, qui ose dire des choses, fussent-elles saugrenues. L’appel au désistement de notre ex. Première Secrétaire en est un exemple. Je suis donc un irresponsable certes,  mais qui respecte tout le monde et qui ne craint personne. J’ai des arguments pour justifier ma position que certains considèrent comme iconoclaste :

 

1) Martine est arrivée dans les valises plus ou moins consentantes de DSK. Chacun peu lire dans ce blog que je n’ai jamais fait confiance à cet homme providentiel dont les solidarités « grand style » me sont étrangères. La mauvaise image de DSK  ternit celle de Martine.Si elle est notre candidate, la droite ne se privera pas pour lui reprocher.

 

2) Martine a pris le pouvoir à Reims dans des conditions peu démocratiques faisant alliance avec la gauche de Hamon et la droite de DSK. Je lui ai toujours reproché cela comme un péché originel que je porte à son débit.

 

3) François H. s’est déclaré  candidat le premier, librement, sans marchandages et ententes préalables. Il a pris ses risques et montré du courage et de la détermination. Il a élaboré une stratégie politique moyenne permettant le rassemblement de toute la gauche indispensable à la victoire.Il est aujourd'hui en situation, c'est à dire qu'une majorité des Français souhaite son élection. Je trouve à cette candidature une visibilité et une clarté rafraichissantes.

 

4) Au vu de cela, si Martine avait été une bonne camarade, elle ne se serait pas mise sur les rangs, car elle n’offre par rapport à FH  aucune alternative politique (contrairement aux 4 autres candidats). Tous les commentateurs s'accordent pour trouver sa ligne politique très proche de celle de F.H.

 

J’en conclus que Martine Aubry se présente pour incarner et donner sa chance à une fraction (Hamon, Fabius) de nos leaders contre une autre, celle de François Hollande, qu’ils détestent depuis toujours. La raison de la candidature d’Aubry est avant tout basée sur des motifs personnels et claniques.

Ce faisant, cette candidature nuit à la clarté du scrutin des primaires et égare le débat politique en le transférant vers une querelle de personnes, ce que j’ai toujours détesté et beaucoup d'autres  militants avec moi. Pour finir je peux jurer que si François Hollande était dans la situation du deuxième attardé comme Martine aujourd’hui, j’appellerais tout pareil à son retrait. On parle souvent de vote utile, mais on devrait bien réfléchir également sur les candidatures inutiles.

29/09/2011

Aux primaires socialistes, Martine doit se retirer!

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L’hésitation n’est plus de mise !

La semaine a été faste pour les socialistes et la gauche en général. Avec le Sénat, c’est un vieux bastion de la droite qui s’effondre. On peut croire qu’il y a là-bas quelques placards qui renferment des secrets de famille. Comme lors d’une succession, l’alternance va permettre de les exhumer et de les publier. Il était question de vider les écuries. La Gauche va se trouver à pied d’œuvre. Je ne sais pas pourquoi, il me semble que J.P. Bel, ce provincial discret, répand comme un parfum d’honnêteté et de simplicité. Attendons de le voir à l’œuvre.

 

L’autre heureux évènement tient à la tenue du deuxième débat télévisé des candidats aux primaires. Tous les six ont fait preuve d’intelligence et de sérieux. Cette confrontation des idées dans la clarté et la liberté est à l’honneur du Parti. On y découvre que la relève est assurée avec des hommes comme Montebourg et Valls qui représentent utilement deux pôles, l’un plus à gauche et l’autre plus à droite qui encadrent la figure centrale de François Hollande. Celui-ci n’a pas failli à son rôle de rassembleur ouvert aux idées nouvelles. Il a délaissé tout esprit polémique en signifiant aux cinq autres qu’on avait besoin de tout le monde et qu’il était le mieux placé pour entraîner l’équipe, sans morgue ni animosité. Il s’est affirmé sans effort, devant tous les téléspectateurs, comme le leader le plus « naturel » de notre Parti. Il est déjà Président.

 

Je n’en dirais pas autant de sa concurrente la plus directe. Martine Aubry a été en permanence dans la défensive et l’acrimonie. On sent bien qu’elle en veut à ses camarades de lui disputer la place. Elle rejoint en ce sens beaucoup de dignitaires du Parti qui pensent que ces Primaires ne devraient pas exister. Elle se retranche derrière sa fonction de Première Secrétaire dont elle se vante d’avoir assumé glorieusement les fonctions. Ce qu’on peut discuter, mais qui n’est pas essentiel : depuis quand serait-il convenu qu’un bon Premier Secrétaire ferait un bon Président de la République ?

 

Je ne voudrais pas dénier à Martine Aubry d’éminentes qualités politiques. Elle remplit avec dignité et brio ses fonctions de Maire de Lille qu’elle a,  il me semble, rendue attractive et dynamique. Elle fut une glorieuse ministre sous Jospin. Elle est donc une grande serviteure de notre Parti.  C’est pour cette raison qu’elle doit se retirer de la course à la désignation. Elle a tout à perdre d’une défaite aux primaires. Elle aurait tout à gagner en rendant les armes à François Hollande : elle nous offrirait une preuve de militantisme, de désintéressement et d’ intelligence politique. On lui saurait gré dans l’histoire, d’avoir tout fait pour offrir la victoire à son camp.

 

Après cette semaine pleine d’espérance, le désistement de Martine Aubry dans ces Primaires rendrait possible une élection au premier tour de notre candidat, avec 60% des voix. Une telle désignation, sans ambiguïté aucune, laisserait nos adversaires de droite sur le carreau. François Hollande prendrait dans l’opinion une stature de héros national. Celui que le pays appelle pour nous débarrasser de l’hydre de la concussion, du mépris, de la bassesse, de l’inculture, de la ploutocratie, de l’injustice et de l’incohérence. L’équipe à Sarko devrait ravaler ses sarcasmes et ne plus penser à jouer les DRH du PS ou prendre Jaurès en otage avant d’aller se gaver de caviar au Fouquet’s.

 

Vous allez me dire que je rêve, que rien n’est jamais joué, qu’on nous a appris qu’il fallait se battre jusqu’au bout. Nous ne sommes pas au football et encore moins en guerre. Nous sommes dans une démocratie pacifique, épuisée par les frasques d’un clan sans honneur. Nous avons l’occasion unique de conquérir le pouvoir loyalement par les urnes et de l’offrir à un Président normal, modeste et sincère. Est-ce que ça ne vaut pas la peine de faire quelques sacrifices personnels, expiatoires et militants?  

 

 

Extrait du livre à paraître de Renaud Dély et Henri Vernet (Le Nouvel Obs)

 Puis, un rien condescendant, Dominique Strauss-Kahn ajoute : "François est un garçon intelligent, il a une belle carrière devant lui. Il peut espérer Bercy ou, pourquoi pas, Matignon. Il en veut beaucoup à Lionel de l’avoir laissé au parti, il juge qu’Aubry est méchante et injuste avec lui, je peux peut-être faire quelque chose pour lui, mais tout dépend de son attitude…" Puis le directeur général du FMI assène le coup de grâce : "S’il veut quelque chose, il faut qu’il se couche, et vite !" Deux semaines plus tard, c’est finalement DSK qui s’est couché. Pour de bon.

20/09/2011

Autodafé de comédie

 

 

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Avec DSK, une troisième tour s’effondre, celle de l’esprit. Nous venons d’assister à un autodafé falsifié de l’âme et du cœur. La journaliste servile nous a gratifiés du spectacle indigne d'une  vérité faussée et tordue, contrainte de se glisser dans les draps de  l’autocrate poussif du FMI. Ces deux là ont allumé un incendie brutal de nos sentiments et de nos valeurs. Finalement, par son excès d’arrogance,  l’ange déchu a explosé en plein vol dans le tourbillon amer des cendres de la confiance bafouée et des espoirs déçus et ridiculisés des socialistes. Pour lesquels pas un mot n’a été prononcé. DSK à l’évidence n’était pas un homme de gauche, il était seulement le héraut providentiel et mal embouché d’un clan. Ce personnage, fabriqué par les apprentis sorciers de la communication,  est à présent condamné à retourner dans ses quartiers d’origine. Je veux parler des coulisses du théâtre d’ombres manipulé par des élites autoproclamées.

17/09/2011

Vider les écuries !

 


takieddine,balladur,politiciens véreuxTravail d’Hercule en vérité, mais il  est temps. Le mal atteint le cœur de la République. On sait maintenant d’où viennent les beaux yachts et les villas de la Côte. Ils sont les fruits empoisonnés du trafic de drogue, du chantage, de la corruption municipale, de la concussion régionale et nationale, des malversations ordinaires et des exactions interlopes. Toutes activités illicites ou criminelles qu’on doit aux mafias napolitaines et calabraises, aux bandits corses, aux rois Nègres, à la nomenklatura russe,  aux gangs moyen-orientaux et aux affairistes cosmopolites qui  s’approvisionnent sans retenue sur le grand marché véreux des hommes de paille politiques. Du crime ordinaire de la bande à Bonnot aux mallettes de billets de nos ripoux institutionnels, il y a une continuité.  Le truand Takieddine ,  en passant par les bons soins de Sarkozy (notre Président !) conduit directement aux bureaux feutrés de Balladur ; de même l’avocat marron Bourgi dépose ses liasses aux pieds du sabreur Villepin et du malheureux vieillard amnésique Chirac. Et encore nous ne savons presque rien, peut-être même ne voulons-nous pas savoir,  à cause de la honte qui nous envahit. La porte sur les malversations est seulement entrouverte.

 

Le mal remonte à trente ou quarante ans avec les chasses au gros de  Giscard et les chasses à courre de Grossouvre. Les vannes ont définitivement lâché avec Tapie, le roi des tricheurs qu’un certain peuple  a porté aux nues en son temps. On voit le résultat : pour prix de son amoralité on lui verse des millions ! On voit le petit télégraphiste Woerth, modeste imitateur, vendre des légions d’honneur et payer pour une embauche, on voit des procureurs véreux manipuler des enquêtes, des Papa Falcone faire du trafic d’armes et des Pasqua acheter des casinos. Il semble qu’il n’y ait plus de limites aux turpitudes malhonnêtes, au commerce d’influence, au mélange des genres et à la détérioration civique de nos politiciens. Même Guérini, élu socialiste, se livre au brigandage avec son frère et ses consorts.  Le Sénat notre grande assemblée, finit par devenir le nid suspect des passe-droit et des entourloupes illégales tout en dissimulant sa pelote, repue d’avantages de toute nature. On voit même le sinistre Servier marchand de médicaments décoré en haut lieu, devenir marchand de mort et  sombrer dans le crime par insatiable cupidité !

 

Pendant ce temps, il y a des hommes en costards sombres imperturbables qui osent nous dire que nous sommes ruinés, que les citoyens se sont octroyé des avantages indus, qu’ils fraudent à la sécu, qu’ils abusent de leurs indemnités de chômage et qu’ils font tout pour échapper à l’impôt. Nous les petits profiteurs, nous avons mis L’Etat en faillite ! Les finances sont déliquescentes et les traders vont  nous dévorer tous vivants, car ils ont décidé que nos bons du Trésor ne valaient plus un rond. Il va nous falloir payer des taux usuraires pour survivre. Nous retournons  au Moyen-Age. Nous sommes repartis dix siècles en arrière. Les nouveaux serfs vont marcher cul nu et rembourser des taxes et encore des taxes, sur le pain, sur l’aspirine, sur le pinard, sur la belote, sur les courses de chevaux et sur le bois de chauffage. On va décréter le retour à la gabelle. Demain il n’y aura plus d’école pour nos petits et nous, les vieux séniles et grincheux nous allons nous ruiner pour nous faire descendre dans notre caveau , sans fleurs ni musique.

Halte ! On sait qui va là,  avec les liasses de dollars dans les poches ! on sait qui tient les combinaisons de nos coffres ! on sait qui baise les femmes de la haute, où même les femmes de ménage dans les hôtels de luxe ! on sait qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes ! Il faut tirer à vue sans sommations,  inutiles désormais. Il faut fermer ces lupanars lubriques de la haute finance et de la démocratie affairiste et putride. On sait bien que la droite aime les chefs et qu’elle préfère les riches aux pauvres. Les belles villas sont tranquilles alors que les gredins grouillent dans les banlieues affirme-t-elle !  C’est son droit, mais visiblement cela fait trop longtemps que les mêmes sont au pouvoir. Sarkozy nous avait prévenus : il serait un Président décomplexé qui puise à pleines mains dans les avantages du pouvoir. Il a appris par cœur les ruses de Machiavel et s’est imaginé  dans la peau du Prince tout puissant.

 

Il faut un coup d’arrêt. Il faut changer d’équipes maintenant, il faut virer les voyous et ceux qui leur servent de paravent. Voter Hollande n’est plus une opinion, c’est une croisade. Nous allons le porter au pouvoir avec 80% de majorité qui lui donneront des ailes pour la grande lessive. Aujourd’hui,  les jours du petit Parrain sont comptés. Il faut balayer les écuries et tout passer à l’eau de Javel, avant que la gangrène se propage et nous conduise vers plus d’indignité.

 

 

« Il ne faut pas que l’on m’impute à présomption, moi un homme de basse condition, d’oser donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent. Mais comme ceux qui ont à considérer des montagnes se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu’ils veulent considérer une plaine, de même, je pense qu’il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et être du peuple pour bien connaître les princes. »

— Nicolas Machiavel, Dédicace du Prince à Laurent II de Médicis  (notre illustration)

12/09/2011

Vieille barque

 

 

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Souvent je voudrais ressembler au fameux Joshua qui contemplait le « Spray » abandonné dans les dunes du Cap Cod (Massasuchetts)). En attendant de le reconstruire,  le vieux marin passait sa main sur les bordés défaits de son canot et  en éprouvait les membrures orphelines en maugréant. Je voudrais comme lui, porter le vieil habit des marins d’autrefois, un melon cabossé sur le crâne et un paletot noir délavé,  façon redingote, avec une belle chaîne de montre barrant mon gilet. Ma moustache aux pointes relevées dissimulerait mon sourire et un monocle sortirait de ma pochette. Après l’avoir tout refait à neuf, Slocum a mené son canot autour du monde par les Fidji et le cap des Vierges.

 

Je rêve de cette fin du XlX° d’où je pourrais contempler ma propre navigation, juger de mon embarcation délabrée, elle aussi à demi envahie par le sable, les maïeux et les chardons bleus. Le monde de cette époque était loin d’être fini comme aujourd’hui. Bien entendu, des découvertes immenses nous attendent encore, avec des îles inconnues et des détroits interdits, du moins je le suppose,  et je l’espère pour les générations à venir. Mais elles demandent des moyens sophistiqués, hors de portée de navigation pour ma barque à moitié pourrie.

 

Pour m’en consoler, je refais des itinéraires d’autrefois, je revis mes premières peurs et mes premiers désirs ;  je mesure de mes voyages, les avancées et les reculades, le temps perdu et les bravades, les désirs violents et la douceur des sentiments.  Sous mes airs de gentleman marin, commandant des voiliers à sept mâts et à quatre vingt voiles, je m’interroge sur la réalité des tempêtes et le poids des mamelles du vent qui m’ont poussé sur les mers incertaines de ma vie. Ai-je bien tracé mon cap ? Ai-je seulement tenu la barre ?

 

J’ai bien trop conscience d’avoir été le jouet des circonstances. Les chemins de mon enfance ont déboulé dans les paysages de mon existence sans même que j’y prenne garde. Tout au plus ai-je choisi entre ma droite et ma gauche, entre le haut du trottoir et le caniveau,  entre l’herbe et les pierres, entre les calmes et les tempêtes. De deux maux je prenais tantôt le meilleur, tantôt le pire. Mais dans tout cela, si confus, si imprévisible, j’étais malgré tout un marin, c’est à dire un homme libre. Et souvent j’éclatais de rire comme au théâtre…, petite pluie abat grand vent me disais-je et au Diable les ciels pommelés et les queues de jument.

 

J’ose à peine toucher à cette barque échouée que j’examine d’un air circonspect. A voir les carvelles rouillées et les poulies bloquées, les haubans détendus et les panneaux défoncés, on pourrait croire qu’il s’agit d’un vrai cadavre, dans un vrai cimetière. Mais je dois prendre garde aux liserons laineux et aux mélilots qui fleurissent dans les ruines. L’âme du vieux canot habite bien là, hantée par des poignées de rêves et des montagnes bleues imaginaires. Les chansons douces  peuplent encore son glorieux paradis et quelque part, dans les profondeurs de sa quille ensevelie, résident les derniers secrets intimes et brûlants du bonheur.