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26/11/2011

Notre industrie nucléaire est mise à l'encan !

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Il faut reconnaître que le choix de l’énergie nucléaire n’a pas été  fait dans la transparence. Mais il serait vain de revenir en arrière quand les conditions étaient bien différentes d’aujourd’hui. D’année en année , grâce à ses succès industriels indéniables,  la filière a mis la France à l’abri des pénuries d’électricité et a permis de relativiser notre dépendance au pétrole.

 

Le parti des Ecolos de  tous bords s’est largement nourri des dangers que représente la mise en œuvre de l’énergie de la fission atomique. Les accidents de Tchernobyl et de Fukushima ont illustré les risques liés à toute défaillance des systèmes. Par bonne fortune, rien de grave n’est survenu en France, bien que nous soyons le premier utilisateur au monde de la technologie.


Aujourd’hui nous bénéficions d’un complexe industriel dont il convient d’apprécier les atouts  sereinement. Malheureusement les écolos préfèrent agiter des peurs plutôt que des mesures.   Chacun peut comprendre que l’énergie nucléaire est transitoire, à cause de la contrainte de  gestion des déchets et du caractère non renouvelable des ressources en uranium. On devrait  avoir un débat serein technique, scientifique. On préfère le happening et la polémique où chaque groupuscule s’adonne à la surenchère.  

 

 

Eva Joly est le porte étendard de cette armée mexicaine aux Présidentielles. Elle a choisi d’être la plus antinucléaire qui soit, persuadée de réunir sur son nom un grand nombre d’électeurs dits « anti ». Au moment même où se décidaient les accords PS/EELV, elle s’en va réclamer tout de go,  la sortie du nucléaire (qui au passage a été soutenue par Martine),  l’arrêt de l’EPR et la disparition de la filière mox, c’est à dire l’arrêt du retraitement,  objet même de notre Areva de la Hague !

 

Les socialistes du Cotentin ont l’épiderme particulièrement sensible à toute menace concernant l’EPR et Areva. Les salariés des entreprises, à qui nous devons tout notre respect,  encore bien davantage. Je l’ai compris à la réunion publique de jeudi soir (24/11). Il faut dire que, exceptés les retraités bobos, tous les gens du coin sont plus ou moins tributaires de ce concentré de technologie industrielle, qui procure des emplois aux jeunes et des royalties aux collectivités territoriales. Le député-maire de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, dont j’ai dit par ailleurs tout le bien que j’en pensais, en est depuis longtemps conscient et s’est toujours porté en garant de notre industrie. Il nous a raconté publiquement et avec précision le psychodrame malencontreux qui a failli piéger François Hollande.

 

Dès que notre député a appris que subsistait dans le texte de l’accord un paragraphe qui menaçait la filière mox, il a alerté FH, qui, tombant des nues,  est entré dans une colère noire. La ligne « nucléaire » de FH est claire : sortie du « tout » nucléaire en passant de 75% à 50% d’électricité dans la filière,  achèvement de l’EPR de Flamanville et maintien de la filière « mox » en tant que besoin. Le paragraphe qui remettait insidieusement cette ligne en cause, mal compris par Michel Sapin  qui participait à la négociation,  fut donc retiré par notre candidat.

 

Les interventions du staff d’Areva, sont venues après coup, dans les heures suivantes. Elles n’étaient en réalité qu’un piège  politique largement intentionnel, dans lequel Eva Joly s’est empressée de tomber. Car Il faut que chacun sache aujourd’hui,  qu’Areva est instrumentalisé par l’UMP pour en faire un outil de chantage politique. Après avoir fragilisé et  viré la pédégère Anne Lauvergeon trop peu docile, la droite libérale qui n’a renoncé a aucune de ses conquêtes économiques et ni aucune de ses atteintes aux services publics, a maintenant les coudées franches pour satisfaire les appétits du secteur privé qui compte bien  en tirer de juteux bénéfices.

 

Il faut voir comment le beau Baroin, en moins de trois mois s’est dit et dédit dans ses instructions au Directoire d’Areva. Il était urgent de serrer les boulons pour avoir du cash en temps de crise et tout d’un coup il demande de surseoir aux licenciements.  Politique d’abord, bénéfices plus tard. La manœuvre est politique ! comme politiques également les invitations du  petit apparatchik  local UMP a la table du nouveau pdg.  Aréva, un de nos fleurons industriels est ainsi ramené au rang  d’instrument politicien, alors qu’il concerne l’intérêt national et la sécurité publique . On entend depuis deux jours ce que Sarkozy tire comme marrons du feu !

 

De son côté,  si Eva Joly n’était pas seulement une petite elfe venue du cercle polaire, elle se serait donné le mal de se renseigner et de vérifier auprès de ses alliés « naturels » la réalité de ses accusations. Elle aurait évité de traîner injustement les socialistes dans la boue des compromissions. Mais l’occasion était trop belle de se montrer la plus pure et la plus intransigeante. Et de prouver à ses camarades de Parti qu’elle n’allait pas, elle, la juge sans peur et sans reproche, brader ses principes contre quelques circonscriptions.

 

Finalement, ceux qui pensent benoîtement que le débat national sur l’option énergétique nucléaire se trouve enfin ouvert, se trompent lourdement. Nous sommes loin des faits et des chiffres qui devraient aider à discerner le souhaitable du possible. Le « Monde » titrait hier sur les évaluations « au doigt mouillé » qu’on se lance à la tête, à droite comme à gauche, socialistes et écologistes rassemblés. Duflot et Aubry ont largement contribué à maintenir la confusion, comme le prouve l’épisode du mox. Nous sommes malheureusement non pas au cœur d’un débat passionnant, mais au sein d’une polémique utilisant amalgames et caricatures, dont le champion est le Président sortant.

 

 

Manifestement les dossiers ne sont pas assez avancés pour faire l’objet d’une véritable réflexion et encore moins de réelles projections . En limitant les implications de l’accord Verts/PS, François Hollande a sauvé l’essentiel, c’est à dire conservé les voies possibles d’un réexamen serein des différentes options. Nous sommes malgré tout nombreux à penser que cet accord signé avec les Verts avec autant de sous-entendus et de faux-fuyants,  n’était pas utile et qu’il aurait suffi d’attendre l’entre deux tours de la Présidentielle.

 

Quoiqu’il en soit Mélanchon  avec son pédalo,  et la petite juge aux lunettes, avec ses marionnettes, jouent contre la gauche. Ils ne font en rien avancer la maturité politique de nos concitoyens. Jusqu’à présent F. Hollande a refusé avec humour de participer à cette triviale facilité. J’espère qu’il n’y cèdera pas plus à l’avenir. Les gens lui en sauront gré in fine et reconnaîtront son calme et sa hauteur de vue. On peut perdre des élections, c’est mieux que de perdre son âme. Malgré tout, en secret,  je me demande si il n’est pas temps de sortir la boite à gifles du placard….

19/11/2011

Que le nucléaire explose...

 

 

Essais nucléaires français en algerie.JPG

A la figure des Verts. On approche du moment de vérité. Après avoir escaladé les grues, grimacé derrière leurs masques de carnaval  et  distribué partout des à-peu-près et des contre vérités, les écolos sont confrontés à la réalité tranchante. Il n’y a rien de plus simple que la dureté des rapports de force et  que la toute puissance des faits. Après avoir chanté partout l’urgence de la sortie du nucléaire, sans vouloir en dire ni les coûts ni les échéances, les Gourous, ces chevaliers de l’Apocalypse,  promise par le Réchauffement climatique, les OGM et les Centrales nucléaires,  doivent se rendre à l’évidence. Il n’y a plus de niaqua ni de faucon, il  faut aussi maintenant écouter leurs alliés et comprendre leurs  ennemis. Ils doivent à présent réfléchir, argumenter et composer. Ils sont enfin contraints de revenir sur terre.

 

Les Verts ont fait leur fortune sur un argument : le nucléaire est dangereux, mais dangereux au point qu’on ne saurait vous dire, à vous poursuivre dans votre tombe. Voyez Iroschima et Nagazaki, et Tchernobyl, et maintenant Fukoshima et en plus tout ce qu’on ne vous dit pas, caché dans les sacoches profondes du lobby nucléaire. D’accord, il faudrait être un imbécile pour nier les dégâts à court et à long terme des irradiations. Un bémol malgré tout : combien de morts jusqu’à présent dans le nucléaire civil? Allez donc faire un tour dans les mines de charbon passées présentes et à venir, et  aujourd’hui en Chine ou ailleurs. Faites le compte.  Honnêtement, l’argument principal des anti- nucléaires est la peur, la peur sans cesse entretenue par des singeries, des photos de monstres,  des sous entendus lourds de sens, de la comedia del arte. L’antiatomic-pride. Le Parti des Verts, c’est le Parti des Couards.

 

Malgré tout,  le Parti des Couards voudrait bien goûter aux délices du pouvoir. Après s’être donné tant de mal pour affoler les populations,  au point qu’aujourd’hui une forte majorité de Français sont contre les OGM en se demandant ce que ça peut bien être et qu’une bonne quantité des mêmes sont prèts à fermer les centrales sans savoir ce que ça pourrait coûter, les maîtres chanteurs veulent prendre leurs bénéfices. Nos Gourous se disent que si il y a une limite dans la galéjade, c’est bien celle des places à saisir.  Bové et Bendix au Parlement Européen, Voynet et Placé,  Sénateurs, et tous les autres Cochet, Mamère, qui prospèrent, il ne manque que Duflot députée de Paris, que dis-je députée ! maire de la capitale. Il n’y a pas de meilleur endroit pour un écolo qu’un centre ville. Dans ces conditions, ça vaut le coup d’arrêter le chantage et de troquer des hallucinations contre des sièges. Soit. C’est le début de la sagesse et de la réflexion

 

Il y en a une qui digère mal cette braderie idéologique, c’est notre petit clown triste venu des forêts de sapins de Scandinavie. Qu’est-ce qu’elle va gagner elle,  à se vautrer devant les caméras pour soutenir l’insoutenable et se répandre en affirmations débiles et allumées ? se décrédibiliser, se ridiculiser, transformer son image respectable de petite juge courageuse en marionnette incontrôlable ? Tout ça pour des cacahuètes puisqu’elle n’a rien à espérer. Elle est la dinde de la farce, laquelle prend un  goût amer. On a mis la juge en situation de desperada. Je comprends que ça la fasse renâcler, peut-être même reculer. L’abandon de la petite juge sera la cerise sur le gâteau épais de l’incohérence et de l’inconsistance,  préparé par cette bande qui se cache derrière des bonnes idées pour en tirer des catastrophes. Moi je vous le dis, qui suis un vieux gâteux amoureux de la nature, de la sauvegarde de notre planète et du progrès humain, les Verts m'apparaissent  aujourd’hui, avec leurs affabulations sans suite et démodées, les plus virulents ennemis de la protection de l’environnement et de l’écologie en général.

 

15/11/2011

Les forts en gueule

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A défaut d’avoir la cote dans les sondages, les Verts font un tabac dans les médias et ça paye. La stratégie de communication des Verts n’a rien à envier à celle de la femme Le Pen ou à celle du camelot du Front de Gauche . Pour la plus grande joie des éditorialistes,  ainsi   assurés de trouver du souffle pour les clairons de la polémique et de la controverse, les extrêmistes pallient à leur marginalité par l'outrance. D’ailleurs la droite gouvernementale se laisse aller avec délices aux mêmes absurdités. Rejetée par le pays, la « majorité » essaie de se refaire une santé sur le dos du candidat de la gauche aux Présidentielles.

 

On a vu avec quel succès populaire François Hollande a été désigné par le suffrage pour défendre nos couleurs et battre Sarkozy. Ses adversaires, jaloux d’une telle aura en profitent pour tenter de tirer quelques marrons médiatiques en pratiquant l’amalgame et la caricature. Que la droite utilise ces méthodes, on pouvait le prévoir et s’y être préparé. Quand ce sont nos futurs alliés de la gauche, on peut s’étonner de les voir s’évertuer à couler l’embarcation qui doit nous mener au pouvoir. Mélanchon pourrait bien construire son propre naufrage avec son pédalo imbécile et Green Peace en sera peut-être réduit à  attaquer au Zodiac les pétroliers qu'il  aura contribué à réarmer en sabotant bien trop tôt  notre industrie nucléaire.

 

J’ai écouté Eva, le clown triste des Verts, ce matin sur France Inter. Elle manie la casuistique, la litote et le mensonge avec un aplomb incroyable. Dans sa bouche,  les centrales à charbon deviennent des  sources d’énergie modèles, pourvu qu’elles soient allemandes. Il n’est pas question de comparer les rejets de CO2 allemands à ceux des français ! ni des risques énergétiques que la précipitation des Grunen font courir outre-rhin. Le seul viatique de la critique des Socialistes et  de leur candidat,  doit suffire à la faire remonter dans les sondages pense-t-elle.  Haro sur le Hollande ! Allons-y ! La Duflot en rajoute et Bendix y va de son coup de pied de l’âne. Hollande se Ségolénise ! autant dire que le Rouquin lui prédit la défaite.

 

Je vois dans cette confluence des critiques, des mots d’oiseau et des insultes un aveu de faiblesse politique et une  preuve du mépris envers les citoyens ordinaires, en particulier envers les millions de gens qui soutiennent François Hollande. Si j’enrage et si je m’irrite de ces outrances qui abaissent le niveau de la réflexion,  il me suffit de quelques instants pour retrouver mon calme. Les gens ordinaires ne sont pas dupes des tours de passe-passe de ces coupe-jarret politiciens. FH se doit de garder son sang-froid et de respecter son calendrier. Il n’a aucun intérêt à se mêler à la compétition ridicule dans  laquelle s'abîment ses adversaires.


Il n’y a aucune urgence à faire un accord avec les écolos qui se déconsidèrent chaque jour un peu plus avec l'EPR, un soi-disant  accident industriel  qui est en passe de devenir leur tombeau politique. Il n’y a pas non plus à se précipiter pour expliquer à l’UMP les plans économiques qui mûrissent actuellement dans nos cartons. Chaque semaine qui passe change la donne et rend caducs les projets de la veille. La droite ferait bien mieux de réfléchir à ses propres priorités et à ses responsabilités d’aujourd’hui,  qui sont immenses. Comment va-t-elle justifier face au pays les 500 milliards de dettes qu’elle a accumulés pendant la législature Sarkozy ?

 

Notre candidat n’a donc pas à rentrer dans le jeu brouillon de ses adversaires de tous bords. Il doit garder son calme et donner l’impression de la force tranquille dont on a connu le succès avec Miterrand. Il se doit de rassurer et de sécuriser nos concitoyens et surtout nos acteurs économiques, ouvriers et patrons. Le vainqueur de cette histoire  sera celui qui rétablira la confiance dans le pays au mlieu de cette tempête économique et financière. Ce ne sera sûrement pas une affaire de bande dessinée ou de petites phrases, mais de travail,  d'études et de concertation.  François Hollande l'a déclaré dès l'annonce de sa candidature il sera  le Président qui  redonnera  la confiance et l'espoir aux Françaises et aux Français qui ne demandent qu'à travailler et vivre en paix.

11/11/2011

11 novembre : la bataille de mon grand-père

 

 

 Mon grand-père maternel Octave Postel a fait son service militaire de 1910 à 1912. Le premier août 1914, il apprend la mobilisation, sur les lieux de son travail à la laiterie de Sottevast. Ma mère vient de naître.  Il se rend à Cherbourg en vélo et se place à la disposition des autorités le lendemain.

octave blog.jpgParti de Cherbourg le 7 août, 6 jours après la mobilisation générale,  mon grand père et ses copains du 25° RI arrivent par le train aux environs de Bar le Duc et poursuivent à pied, vers la frontière belge qu’ils atteignent deux semaines plus tard. Le 22 août ils sont en contact avec les troupes allemandes, à proximité d’un village au nom charmant , Rossignol. Il écrit dans son carnet :

 
 

Les compagnies s’engagèrent les unes après les autres et ma compagnie partit une des premières obliquant sur la droite où ma section se déploya, le lieutenant en tête et moi derrière lui. Nous nous engageâmes dans un petit sentier, baïonnette au canon. Non loin de là, en plein dans le bois à trois cents mètres de la route, nous arrivâmes dans un cul de sac,  en terrain couvert. En contre bas nous aperçûmes,  le lieutenant et moi, les casques à pointe couchés en tas et en réserve sans doute. Aussi tôt il se retourna vers nous et nous montra la direction de l’ennemi qui se trouvait à 15 mètres de nous.

 

Aussi tôt nous mîmes à tirer dessus, mais les premières balles ennemies furent pour le lieutenant, touché en pleine tête et il s’en vint tomber sur moi. Je me débarrassai de lui et remontai quelques mètres à quatre pattes.

Déjà les camarades avaient reçu des balles et nous étions foutus, car une mitrailleuse était braquée sur le sentier qui dessinait une  claire-voie sous les arbres. Là fut la mort de presque toute la section et je dus avec courage tenir tête à l’ennemi qui était devant moi.

 

Je me dissimulai au plus vite derrière un arbre mais je ne tardai pas à être la cible de l’ennemi  et je reçus une balle dans le pied, pénétrant par le talon. A ce moment, j’eus un instant d’effroi mais vite je me rétablis et je me mis à tirer de plus belle, car il fallait vaincre ou mourir.

 

Je restai à peu près une heure à cet endroit et je brûlai plus de cent cartouches que mes camarades blessés m’avaient passées et je dus tenir tête surtout à deux casques à pointes qui me visaient avec attention. Mais c’était au meilleur tireur la force. C’est après avoir essuyé plusieurs balles que je déplante le plus à craindre, il était temps car il était à cinq mètres de moi.

 

Mais ce ne fut pas tout, le petit sentier que j’avais remonté leur servait de passage et là j’en démolis sept, tombant l’un sur l’autre, au fur et à mesure qu’ils venaient, mais ce n’est pas sans avoir essuyé des balles ennemies. Heureusement pour moi j’étais derrière un bon abri  et dissimulé par  les camarades morts tout autour de moi. Mais je dois me souvenir que mon meilleur  abri était mon sac. Je le mis devant moi et il fut déchiqueté par les balles.

 

Mais il vint un moment où les balles n’étaient plus dans ma direction et j’en profitai pour faire un bond en arrière sous une grêlée de balles mais pas une ne m’atteignit heureusement, c’était un vrai miracle pour moi. Après le premier bond que je fis,  sans m’apercevoir que j’étais blessé, je marchai d’un pas de fou quand je rencontrai une ligne de tireurs qui venaient à notre secours. Mais ces braves n’avaient plus le sang froid de marcher carrément. Il est vrai que c’était une terreur de voir presque toute la compagnie couchée morte sur le sol, sans avoir pu tirer pour ainsi dire de balles. Je fais remarquer que nous avions avancé trop loin en masse, sans réserve, nous fûmes pris dans un guet-apens.

 

C’est ainsi que je montrai la direction de l’ennemi au chef qui venait à notre secours, mais ne pouvant maîtriser ses hommes ce fut une débandade . Ils se tiraient les uns sur les autres, car ils tiraient sans commandement et sans voir l’ennemi. Au contraire, ils ne faisaient que de cribler les malheureux camarades restés sans pouvoir bouger. C’est ainsi que je traitai le groupe d’imbéciles de tirer sur les camarades. Je fis quelques pas en avant avec le chef et je lui montrai le résultat du sentier. C’est de là que je le vis changer de couleur et ne plus savoir quoi faire. Je lui donnai  courage et moi je me retirai un peu plus loin car ma blessure me faisait mal et je ne pouvais plus mettre le pied à terre. Je me servais de mon fusil comme appui  et il devinait que je ne pouvais rester là.

 

Je me retirai jusque sur la route où je vis tout le monde dans la débandade, plus d’ordres, hommes, chevaux, voitures, tout tombait sur la route sous une grêlée de balles et d’obus. Tout le monde criait sauve qui peut. Je continuai ma route en retardataire comme beaucoup d’autres, quand j’atteignis une compagnie qui se mettait à faire face à l’ennemi pour protéger la retraite du premier et du deuxième Colonial, venus à notre secours mais aussi bien abîmés car c’était une vraie boucherie d’hommes. Partout le sang ruisselait, cela faisait frayeur mais je ne m’arrêtai point. Je pris la direction de la Croix Rouge à un kilomètre de là en arrière. C’est ainsi que je vis les allemands qui entouraient tout le village sur les hauteurs et l’artillerie ennemie donnait dans son plein.

 

Les  paysans avec tout leur sang froid portaient secours du mieux qu’ils pouvaient à tous les blessés. Les uns donnaient du sucre-menthe, les autres du confortant, mais ce fut pour eux une grande misère car les allemands envahissaient le village et brûlaient et pillaient tout, et les obus et les balles pleuvaient partout. Et pour comble nos soldats eurent la retraite coupée par un pont que les allemands firent sauter.

C’était là au dire des compétents le plus tragique moment car chevaux, voitures et hommes venaient s’abattre les uns et sur les autres par un affolement invraisemblable, ce qui empêcha notre artillerie d’effectuer un bon travail de défense. Ils durent prendre position sur la route sans couvert, mais ils tinrent toute la journée jusqu’au dernier obus. Mais à la fin de la journée ils durent se rendre, car ne pouvant se sauver, il fallut être prisonnier. Ce fut pour notre colonne une vraie défaite.

 

Le vaillant fantassin réussit à atteindre le poste de la Croix Rouge qui fut pris le soir par les Allemands. Il fut fait prisonnier, expédié en Prusse et ne revint que quatre ans plus tard après bien des aventures, dont un séjour dans les mines de sel. Au cours de sa captivité, il a raconté "sa guerre" dans un petit carnet , jusqu'au 15 mars 1915. L'extrait que vous venez de lire vient de là. Pour ceux que ça intéresse , je peux leur communiquer la totalité du récit transcrit sur Word.

 

 

12:07 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer

08/11/2011

Que sont nos révolutions devenues ?

revolutions.jpgQue nous avons de si près tenues...

 

La crise de la dette tourne au psychodrame planétaire. Je ne sais comment,  par quel miracle, par quel ultime tour de bonneteau (qui faisait autrefois la joie des gogos), une bande restreinte d’avocats ou d’experts, je ne sais trop, s’est mise en position de multiplier les pains comme Jésus-Christ lui-même. Sauf qu’en fait de petits pains, il s’agit de dettes. Un tour de magie facile, une saynète à l’antique qu’on peut ainsi résumer :  « Nous les Agents des Agences considérons que vous aurez le plus grand mal à rembourser vos dettes et Déclarons  en conséquence que  Nous dégradons votre note. L’argent que vous allez emprunter pour rembourser va vous coûter plus cher. Il vous faudra donc emprunter plus pour payer. Votre dette va malheureusement grimper  et votre note va vous ranger parmi les cancres. Vous êtes faits. La bourse ou la vie ?"

 

Le peuple qui n’en peut mais,  n'a plus qu'à répondre  ce qu’on répond aux usuriers habituellement. Prenez ma vie. Je n’ai plus un sou. Ma maison est vide. Je suis au chômage, ma femme fait le tapin, mes enfants sont sans travail, ma mère est Alzheimer, mon frère a le cancer, mon cousin est en prison . Je ne peux rien payer de vos taxes et de vos impôts. Envoyez les huissiers, les hallebardiers, les garde-chiourme. Le savetier vient de comprendre que le financier n’est qu’un bandit armé jusqu’aux dents  et que rien ne sert de résister. Il vaut mieux prendre le maquis. Voilà le tour pendable qu’ont joué ces messieurs aux Grecs et qu’ils s’apprêtent à répéter avec d’autres. Obama devant et les petits bonshommes qui s’abritent derrière, ne font qu’anoner ce qu’énoncent les as du triple A. Les partisans du libéralisme thatchérien sont tous d’accord. Ils laissent au peuple le choix de la couleur de la corde pour se pendre et ils ont un dogme inébranlable : le seul équilibre qui vaille est celui des marchés financiers.

 

Le premier béotien venu comprend pourtant que cette voie est sans issue. A toujours siphonner les richesses dans les mêmes poches on finit par stériliser les capitaux qui disparaissent dans le puits sans fond des dépenses somptuaires et improductives. Le résultat est l’installation du chômage, le véritable cancer de nos sociétés. Les nantis considèrent que tous ces sans-emploi sont des fainéants et des  parasites qui vivent à leurs dépens. Pas question de supporter ces assistés.  Si nous souffrons du chômage disent-ils, c’est qu’on paye trop d’impôts. Supprimons les taxes et les droits et nous allons investir pour vous sortir de là. Et qui va payer l’Armée ? la Justice ? l’Ecole et les Hôpitaux ? La dette ! A la fin du parcours on emprunte sur les marchés spéculatifs. Et le noeud de la corde se resserre.  Toujours le bonneteau.

 

J’ai bien compris que les riches s’inquiètent du remue-ménage que cela provoque. On voit des indignés s’installer un peu partout. Il faut stopper cette gangrène. Les Messieurs  rêvent donc de limiter l’abcès aux rives du Parthénon, pour conserver leurs comptes en banque intacts,  aux Caïman, à Jersey, en Suisse et dans plein de petits endroits à l’abri de la vindicte populaire. Mais voilà que déjà des relents infectieux  s’échappent de la botte italienne et qu’on ne sait pas très bien jusqu’à quel point les Espagnols et les Français vont avaler la pilule censée les sauver. Berlusconi sent le vent du boulet. Il se pourrait que la septicémie  ou le scepticisme comme vous voulez, s’installent pour de bon. Les cochons payeurs risquent de renâcler, de grogner, de dissimuler, de faire du noir, de se détourner de la morale civique.

 

 

Malgré leurs diplômes et leurs prestigieux CV, tous ces champions du triple A sont des ânes. Il y a bien longtemps déjà qu’un ami, qui sortait lui-même de là, me répétait : si tu veux couler une boite donne là à un polytechnicien. Nous y sommes et  les financiers n’y voient pas plus loin que leur nez. Leurs plans sont toujours à courte vue, mono clonaux, mono factoriels, transposés sans nuances aux intérêts immédiats d’une seule catégorie de population, celle des possédants et des rentiers. Ils oublient que pour rembourser les dettes, il faut d’abord du travail et du travail partagé, utile, solvable, bénéfique.

 

Nos dettes sont sociales et seules la société peut les rembourser. Il faut d’abord que les jeux financiers soient revus et corrigés par nos démocraties politiques. Pour avoir trop longtemps laissé la bride sur le cou aux prédateurs de l’économie dérégulée, nous en sommes arrivés à un point d’éclatement, de rupture. Une vraie celle-là. Tôt ou tard les indignés vont finir par comprendre que le remède est entre leurs mains, que c’est à eux d’inventer les solutions, de choisir les voies et les moyens d’y parvenir. Il faut un vrai pouvoir politique indépendant de la Haute Finance et des hordes de prédateurs. Un pouvoir qui fasse peur aux profiteurs de la dérégulation.

 

Il n’y a pas d’hommes ni de partis providentiels. Rien de tout cuit ne peut nous sortir de là. François Hollande lui-même, mon héros, mon préféré, ne pourra rien du tout,  si le peuple ne prend pas lui-même la cause, Notre Cause en main. Je le dis tout net aux adeptes du camping sur les  places publiques qu’ils vont devoir faire autre chose que de la com. A eux de bosser, de réfléchir, de proposer des pistes.

 

Les jeunes d’aujourd’hui, la génération Internet,  ne peuvent se satisfaire  du Faceboock et du Twitter. Ils doivent  d’urgence se lancer dans l’action démocratique pour la justice et l’équité. Les lieux et les moyens existent pour se faire comprendre et entendre, ce sont nos vieux partis politiques, qui sont devenus vieux parce que les jeunes les boudent depuis trop longtemps. Tout décriés qu’ils soient les Partis politiques  sont la seule issue honorable à l’action civique. La nouvelle génération doit en venir aux vrais combats. A moins qu’elle ne préfère en toute naïveté redécouvrir le fil à couper le beurre, refaire mai 68, le Front Populaire, La Commune, 1789 ? Des fois,  je vous jure,  on aimerait voir ça, pour qu’enfin ça change.