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29/12/2011

Un peu de patience camarades...

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J’entends ici ou là que FH n’est pas assez sur le front, qu’il ne tient pas suffisamment la dragée haute au camp d’en face, qu’il donne l’impression qu’il est indécis et que son programme n’est pas prêt. Ces impatients sont des sympathisants plutôt que des militants aguerris. Ils réclament un chef  qui donne des ordres et fasse marcher les troupes au pas cadencé des solutions et des recettes bien balancées. Ils veulent également qu’on  fasse taire les ministres en exercice qui font preuve d’une arrogance hallucinante, au vu de leur situation réelle très incertaine. Ces sympathisants en ont assez du mépris et des provocations qu’on leur sert à longueur d’antennes. Ils ont tellement envie que ça change qu’ils redoutent que notre candidat rate son coup comme en 2002 ! comme en 2007 ! Et pourquoi pas ?  les miracles ne sont pas de ce monde, c’est à nous de faire des efforts de lucidité et de participation !

 

A tous ces amis là, bien que je n’aie rien à voir avec le Souverain Pontife,  je réponds : ayez confiance… mais commencez par faire  votre examen de conscience !  Considérez que vous êtes les premières victimes de la propagande UMP et des coups portés par nos concurrents de gauche (Mélenchon et Joly) et qu’il faut vous débarrasser  des mystifications entretenues par les  amalgames et les mensonges. Ne vous comportez pas comme des clients mais comme des acteurs de votre propre destin. Soyez participants de la victoire finale. Sortez du dialogue entre madame Niaqua et monsieur Faucon. Si vous n’êtes que des badauds politiques vous n’aurez que des camelots pour vous répondre.  La vraie gauche est celle qui respecte les citoyens et qui leur confie le soin de l’analyse et de la réflexion. Avant de dire que la gauche n’a pas de projet commencez par lire la Déclaration de Principes du PS et le texte de son projet pour 2012. Je vous accorde que c’est barbant et que c’est écrit petit,  mais votre dignité d’homme est à ce prix. Et puis, si comme moi le charabia socialiste vous assomme, dites vous bien qu’on y trouve des titres, des résumés et même des slogans !

 

Bien entendu,  il est plus facile d’aller au bistrot, pour lire Libé ou Le Monde, en tout cas ce qui est écrit en gros caractères, que de faire cet effort de construction intellectuelle. D’autant plus qu’on répète partout que si ces textes (essentiels) existent, ils sont inconsistants, et dépassés, et qu’à coup sûr s’ils étaient appliqués, ils nous mèneraient dans le mur. Demandez à ce faux  témoin de Copé, si je mens. Et si vous n’êtes pas convaincu,  Bayrou, la grenouille du Pays Basque vous confirmera.

 

L’honneur de la vraie gauche est de s’adresser à l’intelligence et au bon sens du peuple. Pas question de flatter la xénophobie, le corporatisme, et les égoïsmes de tout poil. L’homme du futur est un animal social et son destin est lié à celui de tous les autres hommes de la planète. L’humanité n’est pas faite d’une meute de concurrents mais tout au contraire d’une grande tribu solidaire. Cette vision est à coup sûr fondamentale pour un socialiste. Il ne faut pas sortir de là ! Voilà un premier principe qui suffit à dynamiter l’ogresse du FN et son servile serviteur Guéant !

 

L’honneur de la gauche (et de la politique) c’est de rafistoler sans cesse notre société et de continuer l’œuvre entreprise par les grands hommes clairvoyants du passé, les Jules Ferry, les Jaurès, les Blum, les de Gaulle, les Mendés, les Mitterrand même et les Jospin ! depuis l’enseignement public, jusqu’à la sécu, la santé et la justice et la culture. La culture Bon Dieu ! Il reste et il restera bien sûr toujours à faire. Mais aujourd’hui nous avons un sentiment d’urgence.

 

Les capitalistes libéraux depuis Thatcher et Reagan n’ont eu de cesse de démolir l’organisation sociale en délabrant l’Etat et même pis encore, l’idée de l’Etat, et ses régulations. Sarkozy et ses petits ministres fantoches, Fillon de la Sarthe en tête, nous en ont donné un récital désespérant. Par quel bout commencer maintenant dans ce champ de ruines où tout est en souffrance et en manque? La dérégulation a été telle que le mal est devenu systémique, les citoyens sentent le souffle de la désolation. Comme des médecins de Molière les ministres nous répètent sans cesse que tout va aller mieux…demain. Alors oui, le nouveau Président devra bien choisir ses priorités et appliquer la bonne méthode, celle du travail d’équipe, de la concertation, de l’information, de l’adhésion populaire. Son premier souci sera de rétablir la confiance.

 

Avez vous remarqué cette dernière information ? En 2011 les capitaux français ont plus que jamais quitté la France pour la Suisse. Les détenteurs de fonds ont  peur de la gauche et peur de nouveaux  impôts certes,  mais ils ont ce faisant retiré leur confiance au gouvernement actuel et ils redoutent maintenant un crash de l’euro. Les possédants sont apatrides et n’éprouvent aucune solidarité avec leur nation ni avec leurs compatriotes, même s’ils leur doivent leur fortune. Ils votent avec leurs pieds et nul ni personne ne peut les retenir de force.  Il faudra bien s’adresser aussi dans la mesure du possible, à ces rentiers, même ceux là, et les convaincre de revenir dans notre économie,  en confiance. Pensez-vous que c’est en braillant qu’on peut y parvenir ? Le chômage est la plaie mortelle de notre société ! Nous avons besoin aussi pour y remédier des picaillons des riches et encore plus de leurs idées quand ils en ont !

 

La lutte contre le chômage est la grande obligation nationale. La création d’emplois peut résoudre la crise financière en augmentant les ressources de l’Etat et  panser les plaies sociales qui s’enveniment chaque jour,  en redonnant force et dignité à notre jeunesse. La vraie réussite tiendra à un effort complexe dont les effets peuvent se faire  attendre plusieurs mois ou même plusieurs années. Mieux vaudrait commencer à donner des explications dès maintenant  si on veut une adhésion durable des Français. Nos gouvernants quels qu'ils soient ne sont pas des pharaons et nous ne serons jamais des esclaves ! Cela nous envoie très loin de la polémique et des petites phrases.

23/12/2011

Les fleurs bleues (d'une mémoire à ressorts)

 

 

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Brutalement saisi dans un orage imprévu, je me suis d’un coup penché sur des années antérieures. J’ai vu l’étincelle craquante du passé  incendier les nuages violacés de l’aube, une étincelle surgie par effraction dans l’épaisseur grise de ma mémoire. Je me suis senti livré, happé, suspendu aux étendues caillouteuses surchauffées, poursuivi par un nuage de mouches bourdonnantes. Dans la lumière nerveuse et précise, comme soulignée au trait, je me suis incliné sur la végétation tapie et tout s’est déroulé en éclairante vidéo, avec le son et l’image.

 

J’ai appelé les fleurs bleues du désert trop longtemps silencieuses, à frapper mes vitres embuées, à tirer les cordes de mes carillons tintinnabulants, à entrer dans le hall de mes imaginations cavalières, à secouer les longs silences du souvenir  et à me restituer,  en cristaux sonores,  des morceaux entiers de ma vie. Les fleurs oubliées ont alors  percé mon regard opaque et l'ont empêché de se perdre dans les mystérieux escaliers qui sombrent dans des mornes sous-sols. Les fleurs bleues m'ont rappelé à la vie, elles m'ont fait sortir de mon caveau  trop étroit et elles ont rompu la tunique opaque des années lointaines.

 

Oh ! mes fleurs bleues plus bleues que la mer à midi, plus douces que la brume des plages, plus chaudes que les ergs au soleil du zénith, venez tirer le cordon de ma sonnette ! venez carillonner au campanile de mes rêves ! Je vous convoque, je vous supplie d’être ma  résurrection, mon retour de moribond chez les magiciens des songes. Vous êtes les miraculeux bonheurs qui m’avez si bien enflammé le cœur. Venez ! que vos ailes de soie vous déposent sur ma vie alourdie pour que se reproduisent , avec acuité, avec vivacité, les sortilèges  du ciel et de la terre. Redevenez pour un moment mes nuées de notes cristallines et marines,  jaillies d’une charnelle fanfare (bis).

 

J’ai besoin de vous. Il faut redresser la grinçante machine qui ne tourne plus rondement. Il faut mouvoir mes bras bloqués, percuter mes omoplates rongées, retendre les ressorts du métal ramolli, redresser ici, marteler là, et infliger à la vieille mécanique le traitement qu’on réserve aux impotents, à tous ces vieux oiseaux qui ont désappris à voler. Agitez vous mes fleurs bleues ! tirez fort, hissez moi hors, remontez les manivelles, resserrez les boulons, avec un coup de peinture par-ci par-là,  ça ira !  Penchez vous sur moi, chères fleurs bleues de ma vie percluse, essayez encore une fois de faire tourner mon cœur dévoyé. La vie était si belle dans le champ minéral des grands espaces,  aujourd’hui consumés au sein des poussières de ma mémoire vagabonde.

19/12/2011

Caramba ! Encore raté Mr Sarko !

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Nous y sommes :  annoncée par tous les économistes en marge des gesticulations de notre petit Président, la récession est là, pour un trimestre, voire deux, en réalité pour plus longtemps. Encore une promesse de Gascon d'un Sarkozy en pleine déconfiture, qui est allé chercher "la décroissance" avec les dents. Les amours de Mme Merkel et de Herr Sarkozy portent des fruits amers. Pour satisfaire leurs électeurs et supporteurs conservateurs, rentiers, possédants et maîtres du monde, le couple infernal s’est battu pour  plus d’austérité et moins de solidarité,  plus de chômage et moins de création monétaire. Les boutiquiers ont préféré quelques millions de chômeurs en plus au risque de voir émerger un peu d’inflation. L'inflation est la bête noire des rentiers d'Outre Rhin.  En France notre talon d'Achille est le sous emploi. L'abaissement de Sarkozy va conduire des centaines de milliers de gens, parmi les plus fragiles,  nos jeunes les premiers, dans la zone grise de la  précarité et des petits boulots.

 

 

On a accusé un temps la droite d’être la plus bête du monde. Avec son style flamboyant,  le candidat Sarkozy a fait de l’UMP un parti unique à la façade rénovée, sûr de lui et suffisant. Mais les choses ont-elles vraiment changé ? Car enfin, nous avons un Premier Ministre qui nous avertit dès le début de son exercice que la France ou du moins son Etat est en faillite. On aurait pu croire qu’il allait faire le nécessaire pour y remédier ! Pas du tout ! Il s’est empressé de faire voter la loi TEPA et son bouclier fiscal qui  ont allégé les impôts des plus aisés sans rétablir la confiance et l'investissement.  Cinq cents milliards de dettes plus tard, et pas mal de spéculations financières à la clé, assortis d'un zéro de croissance, la France se trouve menacée de perdre son fameux AAA,  considéré il y a moins d’un mois comme un Trésor National.

 

L’échec est absolu ! ce flop pourrait-il rendre notre bellâtre twittiste de la Sarthe un peu plus modeste ? Pas du tout ! Du haut de son arrogance  il accuse François Hollande (qui n’y est pour absolument rien) d’irresponsabilité et de forfaiture. Tout ce qui arrive est de la faute des trente cinq heures,  du PS et des Ecolos. Cynisme d’un commis de l’Etat réduit à son rôle d’homme de paille, de faire-valoir, de fusible et de prête-nom. On ne saurait faire davantage preuve d’insignifiance et de platitude intellectuelle.  Non content de laisser des finances en ruine, il accuse les autres de ses propres turpitudes ! Fillon devra bien un jour présenter ses excuses au peuple, comme l’a déjà  expliqué Laurent Fabius, avant-hier dans Le Monde.

 

Nous vivons en ce moment en plein spectacle d'Opéra Bouffe,  un morceau de choix qui nous donne à voir le naufrage d'une République de quat'sous. Je rêve qu'après deux jours de manifestations de rue, le peuple en colère s’empare de son gouvernement et l’embastille. Le lendemain  un tribunal révolutionnaire se réunit  et condamne tous les ministres au peloton. Le jour suivant les Excellences en grand uniforme, sont fusillées en fanfare. La femme Le Pen, cette sauvagesse barbare réclame la peine de mort !  Moi je réclame la mort politique pour ces ministres  guignols, les Baroin, les Pécresse, les Guéant, les Juppé et tous ces perroquets qui répètent à l’envi les éléments de langage dont on abreuve l’opinion avec un cynisme incroyable dans un constant déni du bon sens populaire. En tête, je ferais défiler ce premier de la classe avec son projet de société à zéro euros, qui ne sait même pas qu’il y a dix mille mètres carrés dans un hectare ! La plus-value intellectuelle de ce gouvernement de valets est tout à fait voisine du non détectable.

 

Mais le Roi de la Comédie, la « marionnette qui s’apprête à s’effondrer dans le trou du souffleur » c’est bien entendu notre Sarko ! Cet homme a grandi dans le mépris du peuple. Il n’a de considération que pour plus fort que lui. Il n’a aucune notion de la culture humaniste et sociale. Cet homme nous a prouvé depuis son élection qu’il n'éprouvait aucun respect pour le peuple français. Pour lui,  Jaurès ou De Gaulle ne sont  que des objets politiques peu différenciés  dont l'intérêt est avant tout publicitaire. La démocratie n'est qu'une gesticulation pour parvenir au pouvoir ! On l’a su dès sa sortie du Fouquet’s, mais on aurait du le deviner avant,  par ses amis si bien cachés,  Copé, Takiedine, Hortefeux, Gaubert, Bazire,  les marchands d’armes et les porteurs de mallette, les patrons des bars Nibar et Nichon !

 

La seule bonne nouvelle est que les élections présidentielles approchent. Dans quatre mois nous serons fixés. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant même de l’avoir capturé, mais je sens que la piste est fraîche, on entend la bête qui s’énerve et qui perd son sang froid. Elle se fait peur !  enfin !  de ses propres mensonges. Il y a du chantage, du sauve-qui-peut. Il y a des rêves qui virent au cauchemar. La mère MAM toujours aussi vive d'esprit, crie à l'erreur de communication ! J’espère pour ma part que bientôt les parquets de la République vont être lavés à grande eau javellisée. Je ne doute pas un instant que François Hollande va faire  le job, qu’il va s’entourer des meilleurs, qu’il va rassembler les forces vives des intellectuels et des entrepreneurs, des créateurs et des imaginatifs et qu’il va jeter hors tous ces freluquets sans consistance, sans foi et sans loi. Nous vivrons à nouveau le respect de l'Etat, de la Démocratie et de tous les citoyens rassemblés, quels que soient leurs rangs et leurs origines. Et aujourd'hui, par dessus tout, rendons grâce à Vaclav Havel...cet intellectuel qui a rendu sa noblesse à la politique et qui vient de nous quitter.

 

14/12/2011

L'article de la mort

la mort de Socrate

La mort de Socrate de David


C’est un bel article ! non pas de ces articles de boutiquier, funéraires en l’occurrence,  du genre bouquin de marbre avec photo du défunt, ou bien couronne en cuivre ornée  de fleurs en porcelaine, non pas  non plus, comme on pourrait aussi le penser un article de journal façon épitaphe nécrologique pour disparu célèbre, mais bien celui qui désigne ce moment court et délicat  qui vous conduit de vie à trépas. Je me souviens d’avoir prévenu un chirurgien, « votre patient est en train de passer… », je m’étais heureusement trompé, mais j’ai gâché sa croisière au praticien.


On dit  parfois de notre voisin ou de notre arrière grand mère qu’ils ont passé l’arme à gauche, c’est une façon militaire d’envisager les choses. J’ai relevé aussi dans Gilles de Gouberville, qu’il écrivait de son meunier écrasé par sa meule « qu’il labourait aux dernières extrémités », jouant sur le mode agricole et agité qui convenait bien à cette époque. Ces expressions qui désignent le passage terminal, le temps fugace de l’agonie,  ont un charme fou, et réjouissent les poètes.

 

Je n’éprouve aucune hâte ni empressement pour l‘issue fatale et si je souhaite qu’elle advienne (car je ne saurais m’y opposer) c’est bien le plus tard possible, après avoir épuisé tous les recours raisonnables. Ce n’est pas une raison pour laisser aller les choses à vau-l’eau et pour se laisser embarquer sans préparation.  Il s’agit d’ une expérience unique, sans itération possible. Le ressenti est sur l’instant définitif et indiscutable. Il faut donc convenir que si on veut rendre son dernier souffle avec un minimum de confort, il faut y penser avant,  comme disent les motards de la police aux chauffards qui refusent de payer leurs contraventions.

 

Le temps paraît révolu ou l’article de la mort s’accompagnait pour le moribond d’insupportables souffrances. On ne laboure plus aux dernières extrémités. Aujourd’hui il faut compter avec la morphine et diverses substances. Le mourant s’endort. J’essaie d’imaginer cet instant précis où on emprunte un long corridor, que je verrais bien comme un couloir d’hôpital, celui qu’on parcourt dans certains sous-sols pour se rendre  au bloc. Il y a des avantages :  vous n’avez ni le bruit du chariot ni la face hilare du brancardier qui drague les infirmières au passage. Croyez moi les brancardiers sont des bellâtres musclés qui plaisent aux dames. Il n’y a pas de portes latérales dans ces sombres coulisses, pas d’échappatoires, seulement une porte définitive, qui barre le bout de la coursive et que vous voyez se rapprocher avec une certaine curiosité, peut-être aussi avec un mélange de terreur et de fatalisme.

 

Je suppose que ce sont dans ces derniers instants que vous lâchez la rampe, engourdi par le silence ouaté à travers lequel vous parviennent  quelques notes de musique séraphique et des mots d’amour glamours, arrivant de très loin, murmurés par quelqu’un qui vous aime. Pour le coup, vous n’avez plus rien à faire, le couloir est en pente, vous vous laissez glisser par consentement à la pesanteur et à l’irrémédiable. Il vous est impossible de vous retourner et de remonter au point de départ. Vous vivez vos derniers instants d’homme entier. Car de toute évidence, dès que vous passez  la porte du fond, vous rendez l’âme. Par quel déchirement ou quel décollement ? nul ne le sait. Ce qui se passe derrière cette porte blindée est un irritant miracle, aussi funeste soit-il.  

 

Quelques instants plus tôt, on vous a changé de chambre car les personnels de santé ont vu sur vous les griffures de néant. Il n’est pas nécessaire de faire peur à votre voisin de lit. La mort des autres est déprimante, beaucoup plus que votre propre mort qui est la solution, longtemps interrogée,  d’une énigme qui dure depuis votre naissance. Rien ne doit devoir entraver le déroulement du mystère, qui est une affaire toute personnelle, à vrai dire. Quelques minutes, quelques heures plus tard, vous aurez rendu votre dernier souffle. Dans cet ultime moment,  il y a donc bien deux notions, celle du passage d’un état à l’autre et celle du dernier soupir expiré.

 

J’imagine que le changement d’état est une sublimation  identique au passage de la glace à la vapeur,  vous passez de vif à mort, directement, sans phrases. Vous êtes encore chaud et subrepticement vous sentez une sorte d’ankylose, qui annonçe la raideur cadavérique, l’immobilité, la froideur, l’absence de sentiments. Vous vous retrouvez finalement,  sans y avoir vraiment consenti, entre les mains d’improbables thanatopracteurs qui vous donnent bonne figure en adoucissant votre sourire et en ajoutant un peu de couleur à vos joues, que le sang a désertées. Vous êtes là sans y être,  puisque vous ne comprenez rien à la situation, même si vos proches ou vos voisins viennent jeter un œil et font comme si. Ils parlent bas. On vous respecte infiniment plus mort,  que vivant.

 

Ainsi confortablement installé dans votre alvéole funéraire, sagement enveloppé dans votre linceul et les mains jointes, il faut bien avouer qu’il vous manque quelque chose, puisque vous avez rendu l’âme. Et ça c’est quand même le coeur du problême !  le crash s’est déroulé au moment ou la porte blindée du fond s’est ouverte devant vous  et s’est refermée dans votre dos. Bon ! soyons francs,  personne n’a vu s’envoler un dernier souffle : si il existe,  il est incolore et inodore, absolument silencieux et se déplace comme un esprit. Justement ! Nous y sommes ! ce qui s’est envolé derrière la grande porte c’est votre incoercible esprit, brutalement libéré, envolé,  qui a choisi ce moment difficile pour vous abandonner sans retour possible. Vous l'aviez cultivé rebelle et il vous le rend bien en s'éclipsant sans aucun regret.

 

Vous ne pouvez plus ni sourire, ni pleurer, ni vous poser des questions, ni taquiner vos petits enfants. C’est tout à fait ça,  le vrai malheur. François Mitterrand a mystifié son monde en disant qu’il croyait aux forces de l’esprit qui  s’éternisaient après le grand saut. Je suis comme lui,  je crois très fort à ces  forces là. Je  suis même convaincu que ce sont les seules qui vaillent et que ce sont elles  qui nous mènent au plus loin dans les manufactures de l’humanité. Mais que diable, évitons les conte-sens, il s'agit des forces de la vie, pas de celles de la mort.  Les forces de l’esprit sont  malheureusement celles qui vous abandonnent quand vous cassez votre pipe. L’esprit des morts lui, n'existe que dans le souvenir des vivants. On le voit planer dans les cimetières silencieux par les beaux matins de décembre, comme ces  nappes  de brume légère et impalpable qui survivent aux nuits glaciales des longs hivers qui s'annoncent.

08/12/2011

Atmosphère de fin de règne

 

 

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Nous entrons dans le vif du sujet, droite contre gauche. Toute l’astuce de Sarkozy candidat en 2007 a été de se déguiser en Président au service du peuple, en rupture avec la vieille droite, sa propre famille. Il en appelait à Jaurès et il embauchait Kouchner, Besson, Jouyet. Tous ces oripeaux  ont été très efficaces pour dissimuler sa nature véritable et emporter des votes. Le dîner du Fouquet’s fut une belle idiotie de sa part, à laquelle il n’a pas su résister, tant il est vaniteux. Desseigne le propriétaire du boui-boui, Bolloré, Dassault, Arnault, Bernheim, et combien d’autres étaient là, magnats, héritiers et hallebardiers, barons et truands, tous serviteurs, profiteurs et adorateurs de la Finance. Les Juppé ou les Fillon ont appris plus tard (trop tard ?) à Sarkozy la discrétion et la modestie, ce qui sans doute nous en a épargné de belles. Pour un peu on aurait vu  notre Président en vacances chez son ami Gaubert en Bolivie…dans la finca Cactus, attablé dans les bars Nibar et Nichon !

 

Aujourd’hui, avec Madame Bismarck, changement total de rôle, bon sang de capitaliste conservateur ne peut mentir. Outre-Rhin,  on ne batifole pas avec ces choses là, on ne dépense pas son argent dans des cafés de luxe et quand on parle de sous c’est du sérieux. Le bas de laine germanique est sacré. L’euro doit protéger la richesse allemande. La monnaie doit rester un rempart,  comme du temps du mark. L’Allemagne est un vieux pays qui se dépeuple et qui anticipe sur ses vieux jours. Pas question de laisser filer  une éventuelle inflation qui diminuerait le pouvoir d’achat de ce pays de rentiers.

 

Sarkozy n’a pas les moyens de résister à cette politique. Homme de droite aventurier, sans passé ni principes,  il doit se ranger bon gré mal gré du côté des banques et des taux d’intérêt qui offrent une vraie rémunération aux investissements et aux spéculations, Il lui est interdit de s’écarter de l’orthodoxie financière la plus stricte. Pas question de nourrir les bouches inutiles et les fainéants. Il faut s’en tenir à la sobriété, aux privations, aux sacrifices, à la rigoureuse austérité. Peu importe que la récession menace ou que le chômage guette ! Peu importe que nos jeunes ne trouvent pas de travail, que nos écoles se délabrent et que nos hôpitaux ferment. Il faut rationaliser, économiser, raboter !  L’Etat doit rétrécir, s’étioler, s’anémier, se faire vraiment petit et coûter moins de sous.

 

Manque de chance,  le petit Nicolas est en campagne électorale et l’opinion publique française ne semble pas mûre pour endosser l’égoïsme austère de la droite allemande. Il faut donc trouver des prétextes, des leurres électoraux, il faut accuser les arabes immigrés de nous ruiner par exemple, rechercher les voleurs de la sécu, les truqueurs de l’indemnité, accuser les socialos d’avoir mis la France en faillite avec leurs 35 heures,  proclamer que la gauche est irresponsable en  refusant de signer la Règle d’Or ! déguisée pour la circonstance en une sorte de Graal, de Toison d’Or, de Trésor caché ! La gauche est illégitime. Elle ne peut venir au pouvoir que par effraction.  Pour finir on en appelle à un gouvernement d’Union Nationale ! Malheureusement tout cela ne marche pas très bien et les sondages ne bougent que bien peu.

 

L’UMP et consorts  s’aperçoivent chaque jour un peu plus, qu’ils risquent de perdre les élections présidentielles. Alors ils font  feu de tout bois, gesticulent des quatre fers, accusent à tout va, insultent, menacent.  Même le petit Président se laisse aller à l’âcreté en compagnie de Madame Merkel. La tradition est pourtant de laver le linge sale français en famille. Impudence et imprudence. Nous sommes loin du débat politique, nous sommes dans le domaine de l’invective et à ce petit jeu l’UMP n’a rien à gagner, sauf le déshonneur de la démagogie et du mensonge. Montebourg aurait tort de se gêner, les cris d’orfraie de la droite française s’offusquant de la germanophobie, Sarkozy en tête, sont surjoués pour effrayer le bon peuple de l’Hexagone. Les Allemands quand à eux ,  n’ont pas du tout honte de leur Bismarck, fondateur de leur nation.

 

 

Le peuple est plus intelligent que le sieur Copé Jean François. Avec ses 10% de chômeurs, dont 25% des jeunes de moins de 25 ans, la situation est économiquement critique et socialement instable, profondément injuste. La politique conservatrice allemande ne répond en aucun cas à notre situation. Notre dette est détenue dans des paradis fiscaux et la spéculation s’en est emparée. Nous avons nourri la spéculation au lieu d’alimenter l’investissement productif. Il faut renverser la vapeur, il nous faut un Etat stratège, investisseur, animateur économique. L’épargne française doit être mobilisée pour produire et créer des emplois. Il nous faut un vrai gouvernement au service du peuple et pas une bande de jean-foutre ! C’est ce que vient de rappeler François Hollande entouré de prolos,  qui n’ont rien d’autre que leur travail pour vivre !

 

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Ce n’est pas si facile à faire direz-vous ? Croyez vous que le jeune Baroin qui s’est roulé par terre pour avoir son maroquin ou que la triste Pécresse dressée en chienne de garde sarkozyste, ou que l’élégante Kosiusko-Morizet dont les dents rayent profond les parquets de la République, sont capables de nous sortir de là ? Nous ne sommes plus dans la communication !  Nous avons besoin d’une vraie politique économique qui rétablisse la confiance, celle des patrons et celle des salariés. Il faut des gens sérieux qui réfléchissent, qui sont soucieux de l’intérêt public et qui cessent leurs plaidoyers pro domo. Il faut faire place nette ! Croyez moi, nous ferons des  découvertes, voyez du côté de Guéant et de ses sbires dont les basses œuvres seront nombreuses et à peine dissimulées.

 

 

Nous avons maintenant sous les yeux une lamentable fin de règne, une déconfiture qui fermente un peu plus chaque semaine et qui nous plonge toujours plus profond dans le doute et dans la récession. Les riches ne veulent plus payer d’impôts et les travailleurs y vont au noir. Dans les troupes de la droite, les solidarités se disloquent et les ambitions se dissolvent. Il n’y a plus de réserves de votes. Bayrou marchande ses futurs électeurs. Hollande se tient à 60% au deuxième tour ! On commence à chercher des solutions de repli pour les capitaux volants et même des recours contre la zonzon dans les cas les plus graves.  

 

La seule perspective positive pour la France c’est celle des élections et du changement de Président et de Régime. A la place des agences de notation je mettrais cela dans la colonne du crédit plutôt que dans celle du débit.