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23/06/2012

Rose Cotentin

 

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 Le rocher du Castel de François Millet

 

L’élection de Stéphane Travert dans la 3° circonscription de la Manche change en profondeur la donne politique de notre petit territoire. Depuis toujours on opposait le rose rouge cherbourgeois  au bleu agricole du bocage.  Les syndicalistes de l’Arsenal n’avaient que mépris pour les bedas menés par les  Vétérinaires qui avaient la main sur le cul des vaches et donc barre sur  les petits paysans.  Les citadins laïcs se riaient des  ruraux cléricaux. Cet ordre ancien s’est délité sans faire de bruit pendant que les salariés d’Areva, de Flamanville et des Maîtres Laitiers s’installaient à la campagne en rachetant à peu de frais les lopins des petits agriculteurs mis sur la touche par la concentration imparable des entreprises agricoles. Les environs de Cherbourg, dans la Hague, dans  le  clos Valognais ont été gagnés par la « rurbanisation », accélérée encore par les supermarchés qui ont fait le vide dans les boutiques de village et disqualifié beaucoup de petites bourgades, maintenant traversées par des voies à grande circulation. Dans cette situation  les notables et les propriétaires fonciers ont perdu leur influence. Comme partout en France la ville est victorieuse et notre campagne est marginalisée.

 

De ce point de vue le Cotentin est un véritable laboratoire qui doit trouver des solutions pour éviter « le grand vuidement » des villages qui n’abritent plus que des vieux et des inactifs à faibles revenus pendant  que les emplois et les services, en particulier de santé, se concentrent dans les agglomérations et surtout  dans la CUC.

Il y a trois types d’activité qui peuvent restaurer un certain équilibre :

- L’agriculture et la pêche

- le balnéaire et la plaisance

- le tourisme rural et culturel

Ces trois secteurs peuvent être renforcés  par l’axe fort de l’aménagement du territoire et surtout par une défense sans faiblesse de l’environnement et de l’écologie. Les activités rurales de notre Cotentin ne trouveront leur expansion qu’avec la bonne note écolo ! Je ne parle pas de la politique imbécile des Verts en peau de lapin qui n’ont que les OGM, le nucléaire et le réchauffement climatique à la bouche et qui nous mènent à une absence totale de prise en compte du quotidien. Pendant qu’ils bavassent, nos côtes ne sont pas protégées,  la loi littorale est bafouée, les ressources halieutiques sont mises en danger,  le bocage est détruit, l’urbanisation est à la fois débile et sauvage.

 

Le propre des gens de gauche est d’être tournés vers le progrès, l’action collective,  la modernisation et la critique des conservatismes.

 

Aujourd’hui on voit comment grâce à une entreprise dynamique,  les Maîtres Laitiers du Cotentin ont franchi un seuil dans la valorisation de leurs produits. Le sort de l’activité agricole tient à cette démarche fondamentale : Pour qui voulons nous produire ? Comment gagner des parts de marché ? Comment s’y maintenir ? Les subventions de l’Etat et toutes les autres manœuvres européennes ne sont que des idées fumeuses, surtout dans le secteur du produit frais. La chance du Cotentin agricole c’est sa diversité bioclimatique et sa richesse en agro-systèmes qui autorisent une grande variété de productions. C’est cet atout qui doit être mis à profit. C’est vrai pour l’élevage, le maraîchage mais aussi des productions de niche, de la fraise au cheval de course. Et la couleur essentielle doit être celle de la qualité bio, je ne dis pas du biologique étiqueté mais de celui résultant d’une technique propre et maîtrisée. Le bio façon hippie à la Bové doit être dépassé pour laisser la place à des produits agro-alimentaires modernes et de qualité, exempts de pesticides avant tout, de bonne présentation   avec des qualités gustatives à l’ancienne. Ce n’est pas moins de science mais plus de science qu’il faut. L’agriculture est devenue un métier de haute technicité.

 

La conchyliculture, la pêche sont dans les mêmes draps. Les cahiers des charges doivent venir partout au secours des produits pour épargner la ressource et privilégier la qualité. L’action collective des professionnels est nécessaire avec le respect des chartes et des règlements. Le comité régional des pêches est beaucoup trop indulgent avec les pratiques destructrices et les abus. Il fonctionne davantage comme un syndicat que comme un moteur du progrès et de l’action associative.

 

Le tourisme idem,  a tout à gagner des bonnes règles de la protection du milieu naturel et d’un aménagement respectueux des paysages et de la qualité de vie. Il s’agit d’un écotourisme et non pas d’une activité balnéaire façon  Côte d’Azur. Il  doit faire appel aux randonnées, aux pistes cyclables, à la thalassothérapie et autres activités, de la piscine au hammam, à la plaisance, aux musées, à la vie culturelle, artistique  et ludique des cantons. Cela suppose que notre pays soit avenant et mette en valeur son histoire et  son bâti ancien encore bien conservé dans les campagnes. Il faut  qu’on arrête d’émailler le bocage ou le bord de mer avec des pavillons hideux, peints en jaune avec des clôtures héritées des banlieues des années trente.

 

Pour tout dire, le rose Cotentin doit être imaginatif et créatif afin d’ échapper à son destin de région excentrée qui laisse faire n’importe quoi, faute d’une représentation politique forte. Avec un ministre PS et deux députés, la  presqu’île n’a jamais été autant maîtresse d’elle même. Ici comme ailleurs on attend beaucoup du changement politique, il s’agit d’initier  une nouvelle histoire socio-économique. Pas moins.

 

 

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