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30/06/2012

Baguette magique

Pécresse, Bernard Cazeneuve, Europe, crise de l'euro, Hollande, Merckel

 

Quand je vois la dame Pecresse s’en prendre aux socialistes avec une morgue directement héritée des beaux quartiers, je me demande dans quel monde on vit. Crise ou pas, la droite laisse le pays dans un état peu enviable, avec une croissance presque nulle, un chômage au plus haut, et des perspectives de récession qui s’amplifient. Les beaux esprits de l’UMP ne s’embarrassent pas de si peu, ils continuent à donner des leçons à la gauche qu’ils traitent de haut. Il suffit de voir la condescendance de l’ancienne ministre du budget quand elle s’adresse à la porte parole du gouvernement Najat Belkacem !

 

Au même moment les Ecolos refusent de manière toute symbolique de voter pour Bartolone à la  présidence de l’Assemblée nationale. Les journalistes s’affolent, il faut faire du buzz, Pascale Clark qui s’y connaît sur France Inter montre son indépendance d’esprit en s’attaquant à J.V. Placé, mais cet homme est une forte tête politique qui a les pieds sur terre. Intéressez vous aux bisbilles si vous voulez dit-il, mais nous on fera le bilan dans un an. Enfin ! Juste après,  Barouin fonce sur la mésentente Merkel - Hollande, il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent !  Pas de chance l’entrevue d’hier soir n’a pas si mal tourné, comme le montre la photo.

 

L’Allemagne et la France sont de fait condamnées à s’entendre. Hollande est encore une fois bien chanceux : ses propositions modérées, ouvertes,  trouvent du renfort auprès des Italiens et des Espagnols et de plusieurs autres pays parmi les 29. La même compréhension et la même sympathie s’observe chez les responsables des Institutions de Bruxelles. Mme Bismarck semble de plus en plus isolée, même si sur ce plan elle est très soutenue par son peuple. Le bilan Merkozy n’est pas bon, avec de la récession et du chômage, et il donne à réfléchir. Les responsables européens pensent à rechercher une politique plus efficace. On sent trop bien que rien n’a progressé dans la lutte contre la crise. Il faut trouver autre chose,  et surtout  un chemin plus rapide vers la reprise et le retournement de la conjoncture. Il va bien falloir prendre des risques. Apparemment  c’est chose faite ce matin à la satisfaction des places de Bourses .

 

Les gens de l’UMP peinent à  s’expliquer entre eux sur les raisons de leurs échecs électoraux successifs. Ils demeurent bizarrement très solidaires de Sarkozy qui n’est pourtant pas pour rien dans le désamour qu’ils rencontrent dans l’opinion. Sans doute faut-il croire que l’ancien Président n’a  pas lâché les manettes et qu’il pèse sur les rapports de force internes de la droite actuelle. Cette solidarité affichée avec le Président battu et mal aimé n’est pas propre à renforcer le poids de la Droite, qui se retrouve ainsi avec beaucoup de chats à fouetter et quelques cadavres dans les placards. Dans ces conditions François Hollande a peu à craindre pour l’instant d’un retournement d’opinion.

 

Les éditorialistes et les experts de tous bords, à l’unisson avec les chiens de garde de la droite la plus acerbe, avaient d’abord dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce, puis ils ont expliqué que si celui-ci se manifestait contre toute attente, il ne pourrait être que de courte durée. De fait,  le premier sondage publié il y a quelques jours en annonçait le début de la fin. Nous en verrons encore plusieurs de cet acabit. Fort heureusement les gens sensés qui ont voté pour Hollande savent qu’aucun gouvernement,  fusse-t-il de gauche ne saurait transformer le plomb en or ou multiplier les petits pains,  comme Jésus lui-même. A défaut de baguette magique, Hollande est suffisamment calme, averti,  et soutenu par un consensus populaire assez fort pour donner du temps à son projet de redressement du pays. Il va devoir ferrailler avec le Front de Gauche qui a tout à gagner de la politique du pire.

 

Comme depuis le début de son parcours, le nouveau Président veut garder la chance de son côté. On vient de voir qu’à Bruxelles, il a bel et bien conduit les Allemands à lâcher du lest du côté de la croissance et de la solidarité, avec la coopération  active des Italiens et des Espagnols, qui ne sont pourtant pas de son bord politique. Ce matin j’ai écouté Bernard Cazeneuve sur France Inter, il a expliqué fort civilement que dans ces pourparlers, il n’y a eu ni gagnants ni perdants, mais une seule bénéficiaire : la solidarité entre les peuples européens. Quand on écoute notre Ministre cherbourgeois, qui a voté non au nouveau Traité en 2005, on se dit que les choses ont bien changé. Je me demande si on doit continuer de parler de chance à propos de notre Président, ou bien ajouter qu’il y a aussi là, du génie politique.

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