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30/06/2012

Baguette magique

Pécresse, Bernard Cazeneuve, Europe, crise de l'euro, Hollande, Merckel

 

Quand je vois la dame Pecresse s’en prendre aux socialistes avec une morgue directement héritée des beaux quartiers, je me demande dans quel monde on vit. Crise ou pas, la droite laisse le pays dans un état peu enviable, avec une croissance presque nulle, un chômage au plus haut, et des perspectives de récession qui s’amplifient. Les beaux esprits de l’UMP ne s’embarrassent pas de si peu, ils continuent à donner des leçons à la gauche qu’ils traitent de haut. Il suffit de voir la condescendance de l’ancienne ministre du budget quand elle s’adresse à la porte parole du gouvernement Najat Belkacem !

 

Au même moment les Ecolos refusent de manière toute symbolique de voter pour Bartolone à la  présidence de l’Assemblée nationale. Les journalistes s’affolent, il faut faire du buzz, Pascale Clark qui s’y connaît sur France Inter montre son indépendance d’esprit en s’attaquant à J.V. Placé, mais cet homme est une forte tête politique qui a les pieds sur terre. Intéressez vous aux bisbilles si vous voulez dit-il, mais nous on fera le bilan dans un an. Enfin ! Juste après,  Barouin fonce sur la mésentente Merkel - Hollande, il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent !  Pas de chance l’entrevue d’hier soir n’a pas si mal tourné, comme le montre la photo.

 

L’Allemagne et la France sont de fait condamnées à s’entendre. Hollande est encore une fois bien chanceux : ses propositions modérées, ouvertes,  trouvent du renfort auprès des Italiens et des Espagnols et de plusieurs autres pays parmi les 29. La même compréhension et la même sympathie s’observe chez les responsables des Institutions de Bruxelles. Mme Bismarck semble de plus en plus isolée, même si sur ce plan elle est très soutenue par son peuple. Le bilan Merkozy n’est pas bon, avec de la récession et du chômage, et il donne à réfléchir. Les responsables européens pensent à rechercher une politique plus efficace. On sent trop bien que rien n’a progressé dans la lutte contre la crise. Il faut trouver autre chose,  et surtout  un chemin plus rapide vers la reprise et le retournement de la conjoncture. Il va bien falloir prendre des risques. Apparemment  c’est chose faite ce matin à la satisfaction des places de Bourses .

 

Les gens de l’UMP peinent à  s’expliquer entre eux sur les raisons de leurs échecs électoraux successifs. Ils demeurent bizarrement très solidaires de Sarkozy qui n’est pourtant pas pour rien dans le désamour qu’ils rencontrent dans l’opinion. Sans doute faut-il croire que l’ancien Président n’a  pas lâché les manettes et qu’il pèse sur les rapports de force internes de la droite actuelle. Cette solidarité affichée avec le Président battu et mal aimé n’est pas propre à renforcer le poids de la Droite, qui se retrouve ainsi avec beaucoup de chats à fouetter et quelques cadavres dans les placards. Dans ces conditions François Hollande a peu à craindre pour l’instant d’un retournement d’opinion.

 

Les éditorialistes et les experts de tous bords, à l’unisson avec les chiens de garde de la droite la plus acerbe, avaient d’abord dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce, puis ils ont expliqué que si celui-ci se manifestait contre toute attente, il ne pourrait être que de courte durée. De fait,  le premier sondage publié il y a quelques jours en annonçait le début de la fin. Nous en verrons encore plusieurs de cet acabit. Fort heureusement les gens sensés qui ont voté pour Hollande savent qu’aucun gouvernement,  fusse-t-il de gauche ne saurait transformer le plomb en or ou multiplier les petits pains,  comme Jésus lui-même. A défaut de baguette magique, Hollande est suffisamment calme, averti,  et soutenu par un consensus populaire assez fort pour donner du temps à son projet de redressement du pays. Il va devoir ferrailler avec le Front de Gauche qui a tout à gagner de la politique du pire.

 

Comme depuis le début de son parcours, le nouveau Président veut garder la chance de son côté. On vient de voir qu’à Bruxelles, il a bel et bien conduit les Allemands à lâcher du lest du côté de la croissance et de la solidarité, avec la coopération  active des Italiens et des Espagnols, qui ne sont pourtant pas de son bord politique. Ce matin j’ai écouté Bernard Cazeneuve sur France Inter, il a expliqué fort civilement que dans ces pourparlers, il n’y a eu ni gagnants ni perdants, mais une seule bénéficiaire : la solidarité entre les peuples européens. Quand on écoute notre Ministre cherbourgeois, qui a voté non au nouveau Traité en 2005, on se dit que les choses ont bien changé. Je me demande si on doit continuer de parler de chance à propos de notre Président, ou bien ajouter qu’il y a aussi là, du génie politique.

23/06/2012

Rose Cotentin

 

Rocher du castel_WEB.jpg

 

 Le rocher du Castel de François Millet

 

L’élection de Stéphane Travert dans la 3° circonscription de la Manche change en profondeur la donne politique de notre petit territoire. Depuis toujours on opposait le rose rouge cherbourgeois  au bleu agricole du bocage.  Les syndicalistes de l’Arsenal n’avaient que mépris pour les bedas menés par les  Vétérinaires qui avaient la main sur le cul des vaches et donc barre sur  les petits paysans.  Les citadins laïcs se riaient des  ruraux cléricaux. Cet ordre ancien s’est délité sans faire de bruit pendant que les salariés d’Areva, de Flamanville et des Maîtres Laitiers s’installaient à la campagne en rachetant à peu de frais les lopins des petits agriculteurs mis sur la touche par la concentration imparable des entreprises agricoles. Les environs de Cherbourg, dans la Hague, dans  le  clos Valognais ont été gagnés par la « rurbanisation », accélérée encore par les supermarchés qui ont fait le vide dans les boutiques de village et disqualifié beaucoup de petites bourgades, maintenant traversées par des voies à grande circulation. Dans cette situation  les notables et les propriétaires fonciers ont perdu leur influence. Comme partout en France la ville est victorieuse et notre campagne est marginalisée.

 

De ce point de vue le Cotentin est un véritable laboratoire qui doit trouver des solutions pour éviter « le grand vuidement » des villages qui n’abritent plus que des vieux et des inactifs à faibles revenus pendant  que les emplois et les services, en particulier de santé, se concentrent dans les agglomérations et surtout  dans la CUC.

Il y a trois types d’activité qui peuvent restaurer un certain équilibre :

- L’agriculture et la pêche

- le balnéaire et la plaisance

- le tourisme rural et culturel

Ces trois secteurs peuvent être renforcés  par l’axe fort de l’aménagement du territoire et surtout par une défense sans faiblesse de l’environnement et de l’écologie. Les activités rurales de notre Cotentin ne trouveront leur expansion qu’avec la bonne note écolo ! Je ne parle pas de la politique imbécile des Verts en peau de lapin qui n’ont que les OGM, le nucléaire et le réchauffement climatique à la bouche et qui nous mènent à une absence totale de prise en compte du quotidien. Pendant qu’ils bavassent, nos côtes ne sont pas protégées,  la loi littorale est bafouée, les ressources halieutiques sont mises en danger,  le bocage est détruit, l’urbanisation est à la fois débile et sauvage.

 

Le propre des gens de gauche est d’être tournés vers le progrès, l’action collective,  la modernisation et la critique des conservatismes.

 

Aujourd’hui on voit comment grâce à une entreprise dynamique,  les Maîtres Laitiers du Cotentin ont franchi un seuil dans la valorisation de leurs produits. Le sort de l’activité agricole tient à cette démarche fondamentale : Pour qui voulons nous produire ? Comment gagner des parts de marché ? Comment s’y maintenir ? Les subventions de l’Etat et toutes les autres manœuvres européennes ne sont que des idées fumeuses, surtout dans le secteur du produit frais. La chance du Cotentin agricole c’est sa diversité bioclimatique et sa richesse en agro-systèmes qui autorisent une grande variété de productions. C’est cet atout qui doit être mis à profit. C’est vrai pour l’élevage, le maraîchage mais aussi des productions de niche, de la fraise au cheval de course. Et la couleur essentielle doit être celle de la qualité bio, je ne dis pas du biologique étiqueté mais de celui résultant d’une technique propre et maîtrisée. Le bio façon hippie à la Bové doit être dépassé pour laisser la place à des produits agro-alimentaires modernes et de qualité, exempts de pesticides avant tout, de bonne présentation   avec des qualités gustatives à l’ancienne. Ce n’est pas moins de science mais plus de science qu’il faut. L’agriculture est devenue un métier de haute technicité.

 

La conchyliculture, la pêche sont dans les mêmes draps. Les cahiers des charges doivent venir partout au secours des produits pour épargner la ressource et privilégier la qualité. L’action collective des professionnels est nécessaire avec le respect des chartes et des règlements. Le comité régional des pêches est beaucoup trop indulgent avec les pratiques destructrices et les abus. Il fonctionne davantage comme un syndicat que comme un moteur du progrès et de l’action associative.

 

Le tourisme idem,  a tout à gagner des bonnes règles de la protection du milieu naturel et d’un aménagement respectueux des paysages et de la qualité de vie. Il s’agit d’un écotourisme et non pas d’une activité balnéaire façon  Côte d’Azur. Il  doit faire appel aux randonnées, aux pistes cyclables, à la thalassothérapie et autres activités, de la piscine au hammam, à la plaisance, aux musées, à la vie culturelle, artistique  et ludique des cantons. Cela suppose que notre pays soit avenant et mette en valeur son histoire et  son bâti ancien encore bien conservé dans les campagnes. Il faut  qu’on arrête d’émailler le bocage ou le bord de mer avec des pavillons hideux, peints en jaune avec des clôtures héritées des banlieues des années trente.

 

Pour tout dire, le rose Cotentin doit être imaginatif et créatif afin d’ échapper à son destin de région excentrée qui laisse faire n’importe quoi, faute d’une représentation politique forte. Avec un ministre PS et deux députés, la  presqu’île n’a jamais été autant maîtresse d’elle même. Ici comme ailleurs on attend beaucoup du changement politique, il s’agit d’initier  une nouvelle histoire socio-économique. Pas moins.

 

 

14/06/2012

Retrousser nos manches

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 Les raboteurs de parquets de Gustave Caillebotte (1875)

 

 

L’élection haut la main de Bernard Cazeneuve et de Geneviève Gosselin est un événement heureux pour le Cotentin. Grâce à leur travail patient au service de Cherbourg et de sa région le Ministre et la Députée ont obtenu l’assentiment très large de nos concitoyens. Bernard Cazeneuve est un homme de rassemblement, de consensus et de conviction qui donne du temps au temps et qui respecte ses concitoyens. Je l’ai déjà expliqué lors de la parution de son livre sur l’affaire de Karachi. De son côté, en se consacrant à l’examen du Scot avec tous les élus du Cotentin, quels que soient leurs bords politiques, Geneviève Gosselin a prouvé qu’elle savait distinguer l’essentiel de l’accessoire, et écarter la polémique pour faire avancer notre petit territoire.

 

Une période nouvelle s’annonce qui semble sceller le déclin de la vieille droite rurale qui perd peu à peu ses positions dominantes. Une étape supplémentaire pourrait être franchie en cas de succès de Stéphane Travers dans la 3° circonscription, voire de Le Coz dans la 2° ! En tout état de cause, il me semble que l’influence des notables, indépendants et paysans, des vétérinaires et des propriétaires fonciers , des notaires et des avocats,  reflue face à la montée des salariés du tertiaire, du bâtiment, des services publics, et du tourisme qui viennent renforcer les bastions traditionnels de l’arsenal, d’Areva et des  personnels enseignants.  La prise de conscience est facilitée par les excès du sarkozysme qui a droitisé l’UMP au point de la rendre bien poreuse aux idées xénophobes et identitaires du Front National. Par bonne fortune, notre Cotentin n’est pas une terre des extrêmes, elle cultive la modération en tout, la diversité et la tolérance. Le FN n’y fera jamais les scores qu’on peut trouver en Lorraine ou en Paca-Côte d’Azur.

 

La gauche maintenant fortement implantée dans notre territoire doit montrer qu’elle est capable de relever les défis du développement et de l’emploi dans les secteurs porteurs. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les projets industriels dans l’éolien et l’hydrolien , dont certains semblent bien avancés, peuvent en cas de succès être un tremplin pour la modernisation de notre économie. D’autres progrès peuvent être obtenus dans les activités maritimes, dans la plaisance, dans la pêche et la conchyliculture, et encore davantage dans le tourisme dont le potentiel est encore intact. Il me semble aussi que nous n’avons pas suffisamment théorisé sur la réussite tranquille des Maïtres Laitiers et sur le modèle économique que cette entreprise représente pour l’agro-alimentaire dans la presqu’île.  Que ce soit pour les légumes, la viande ou les produits de la mer, on pourrait imaginer des synergies commerciales reposant sur la diversité de l’offre, la qualité des produits et la garantie d’approvisionnement propre à satisfaire les gros maillons de la distribution, tout en résistant mieux à leurs féroces exigences. La démarche de qualité, de diversité, de proximité et de maîtrise des marchés est un processus gagnant dans l’agro-alimentaire, en particulier pour les produits frais.

 

Avec une économie en croissance offrant des emplois, nos services trouveront un meilleur terreau pour leur développement et leur modernisation.  Nous devons améliorer nos écoles et nos hôpitaux, nos infrastructures de communication et de transports… On se retrouve en plein dans les thèmes d’élaboration du Scot (Schéma de cohérence territoriale), dans la problématique du lien ville-campagne, dans l’exercice du désenclavement routier et ferroviaire, voire maritime, dans l’ambition de s’assurer  des concours extérieurs, dans la nécessité d’ouvrir des relations avec les autres régions et les autres pays.

 

On peut rêver. Le développement aujourd’hui ne peut être que celui de l’intelligence et de l’ouverture aux autres. Les cités-nations, les villes bataves ou italiennes comme Gênes ou Venise, sont devenues un temps les centres du monde parce qu’elles avaient un réseau commercial et financier qui dépassait de loin leur minuscule territoire. Le Cotentin peut devenir une île de prospérité en exerçant son potentiel stratégique européen et atlantique grâce aux talents créatifs de ses habitants. Voilà de beaux enjeux en perspective qui sont propres à donner confiance dans l’avenir.

09/06/2012

La fête est finie

 

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 Pierre Bruegel l'Ancien, Le combat de Carnaval et Carême (1559)

 

 

Comme au lendemain du carnaval, il n’y a plus que quelques saoulards de la politique qui traînent dans les rues comme  Copé et Fillon qui ont du mal à se désintoxiquer. Ces deux là ne peuvent se débarrasser de leur air fourbe, en  jouant les faux prophètes de circonstance. Sarkozy de son côté, a eu l’ idée saugrenue d’aller  soigner sa gueule de bois sur les terres dorées du Roi du Maroc,  qui est aussi Prince des Croyants et exploiteur féodal de son peuple. Dis moi quels sont tes amis je te dirai qui tu es. Je ne comprends toujours pas pourquoi un Président de la République Française même battu, ne peut pas se payer des vacances sur son propre budget. Il faudrait demander à MAM et à Fillon ce qu’ils en pensent.

 

Les éditorialistes qui ont le culot de trancher de tout, donner des leçons sur tout et de jouer les Cassandre à tort et à travers sont en train de couver une jaunisse à force de voir leurs prédictions démenties. Apathie, l’hurluberlu de RTL et de Canal + est devenu un grand malade. Il clame tout haut qu’on va voir ce qu’on va voir et que les socialistes n’ont qu’une alternative, ruiner le pays ou renier leurs promesses. Il est capable en mélangeant tout,  le passé et le présent, le programme du PS et le projet présidentiel,  de parler un quart d’heure sur les soi-disant contradictions de FH. Ce donneur de leçons bénéficie d’une audience hors de proportion avec son talent. Mais il n’est pas le seul, le Figaro est devenu une pépinière d’experts éditorialistes qui vont en service commandé, débattre sur tous nos écrans. L’émission C dans l’air de Yves Calvi ne se cache plus pour claironner le rappel du conservatisme et du libéralisme.

 

C’est bien cette même  droite de politiciens rancuniers et d’experts mercenaires qui  avait prévu la catastrophe dès le 7 mai. Il fallait s’attendre à une flambée des taux d’intérêt sur la dette publique, à une chute abyssale de la bourse et à la fuite précipitée des investisseurs. On ne voit rien de tel, même si France 2 nous fait un reportage sur de soi-disant hommes d’affaires qui placent leur argent dans de l’immobilier londonien par méfiance de l’euro. Je voudrais bien qu’on m’explique en quoi la livre mérite mieux, et comment un appartement à Trafalgar Square est une affaire plus juteuse que Boulevard Haussmann, sauf pour la dissimuler au fisc.

 

Le Président battu va se reposer chez le Roi du Maroc. Les affairistes peu regardants partent en Suisse, au Luxembourg ou à Londres. On pense que depuis les émigrés de l’Ancien Régime, ces personnes là sont  toujours prêtes à se vendre aux plus offrants et qu'elles n'aiment la France que pour faire suer le burnous. Après que leurs caisses soient bien remplies elles ont le patriotisme de leur coffre-fort. Elles ignorent ce que veut dire  la solidarité nationale jusqu’à ce qu’elles en aient besoin. Elles la réclament alors à cor et à cri. D’ailleurs dès qu’elles le peuvent elles s’introduisent dans les couloirs de la République par les petites portes de derrière comme des cafards dans une vieille maison. La vraie  définition des riches, discriminante et vexatoire,  désigne tous ceux   qui préfèrent leur compte en banque à leur nation. Tous ceux là devraient avoir la fierté de jeter leur passeport français et de réclamer un statut d’apatride. On verrait bien où se trouve le vrai bénéfice. Heureusement, je suis convaincu qu’il n’y a qu’un petit nombre de citoyens qui sont ainsi faits, mais leur cynisme et leur égoïsme (qui sont d’ ailleurs des qualités premières pour leur industrie), les autorise à se dire importants et prioritaires. Leur premier chantage,  proclamé très fort , va au  chômage des salariés. J’espère que Bercy va relever les noms.

 

On est à deux jours des législatives et nous sommes effectivement allés de catastrophe en catastrophe : FH a pris le train pour aller à Bruxelles et il a roulé à 160 à l’heure avec son automobile entre Caen et Paris. Cécile,  la Boulangère Ecolo a pétri des petits pains au cannabis et le retour à l’âge de soixante ans pour la retraite des gens qui ont cotisé leurs annuités ne va coûter que 3 milliards ! Ce qui est un vrai scandale ! Où va-t-on si les socialistes se mettent à faire des économies ? La droite peut toujours dauber sur le Président normal, la réalité c’est qu’avec simplicité et familiarité il a pris tout le monde à revers. Sarkozy était sans doute un fameux canasson électoral , mais François Hollande lui sera un grand Président.

03/06/2012

Eloge du colleur d'affiches

 

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 Portrait de François Mitterrand par jacques de la Villéglé

 

L’œuvre de Jacques Villeglé, artiste vivant à la renommée internationale, se trouve actuellement conservée dans les lieux les plus prestigieux consacrés à l’art contemporain, le Centre Georges Pompidou à Paris, la Tate Modern à Londres et le Museum of modern art à New York. Particulièrement connu pour la collecte d’affiches lacérées, pratique qu’il débute en 1949 avec Raymond Hains, l’artiste récupère dans la rue des placards publicitaires déchirés et tagués pour les proposer comme œuvre d’art, laissant une large place à la thématique politique qui comporte des affiches syndicales, partisanes et électorales. (Extrait de la Lettre n°28 de l'Institut François Mitterrand)

On  dit souvent que les colleurs d’affiches sont les derniers des fantassins des batailles électorales. Ce rôle est souvent réservé aux esprits simples qui marchent sans penser et qui agissent sans rien demander. J’entends souvent les militants protester et qui disent « On n’est pas seulement des colleurs d’affiches », c’est à dire les humbles godillots d’une bande de petits malins qui eux savent tirer les marrons du feu, faire des plannings, proposer et répartir les tâches, et se mettre ainsi dans les pas des chefs pour se rendre indispensables. Ainsi fonctionnent les hiérarchies sociales et donc politiques, même à gauche.

 

Je dis moi qu’il ne faut pas caricaturer. Il y a des grandes chefs qui vont tracter et qui sont encore capables de préparer un seau de colle. Je pourrais, eu égard à mon âge certain m’épargner moi aussi les tournées cantonales de panneaux d’affichage. Tout au contraire  j’y prends un grand plaisir et pas pour tuer le temps croyez moi. Bien organisé il faut environ trois heures assidues pour passer en revue les seize communes concernées de notre canton. Cela suppose qu’on a une connaissance approfondie de l’emplacement des panneaux et une vision spatiale de leur répartition pour éviter de tourner en rond et s’épargner les kilomètres inutiles.  Il faut également avoir une colle juste assez épaisse et une vraie brosse professionnelle. N’est pas qui veut  un colleur d’affiches à haut rendement.

 

Les qualités techniques,  toujours nécessaires seraient insuffisantes si elles n’étaient pas accompagnées d’une conscience civique aigue. Il faut exclure les placardages hors panneaux libres ou officiels et proscrire les étalages invasifs et tonitruants qui manquent de respect au commun des mortels et s’apparentent à de la publicité forcée. Le paysage, rural ou urbain, ne doit pas être affecté outre mesure. Les publicités commerciales sont là pour nous rappeler que tout excès en la matière est gravement nuisible à l’état d’esprit de nos concitoyens. Ce qui me rappelle que sur la place de La Pernelle, face à la petite église, là où on peut jouir d’un spectacle somptueux sur les côtes du Val de Saire, du feu de Gatteville à la Pointe du Hoc,  un restaurateur indélicat a tracé sur les toits de son établissement des lettres blanches  d’un mètre de hauteur qui donnent à l’endroit des airs de centre commercial texan, absolument hors de propos avec l’ambiance qu’on vient rechercher ici. L’affichage électoral des campagnes politiques ne doit pas s’apparenter à celui des cirques de passage ou à celui des vide grenier et autres kermesses qui envahissent nos ronds points et nos croisements dès les beaux jours. L’affichage politique est subventionné par l’Etat et strictement encadré par les règlements municipaux.

 

C’est la raison pour laquelle avec mon rouleau d’affiches d’une main et mon seau de colle de l’autre, je redresse au mieux ma vieille silhouette pour montrer ma fierté et ma détermination. Il n’y a rien de plus stimulant que de porter haut ses idées face à des concitoyens habitués, en tout cas chez nous, dans nos campagnes, à les dissimuler. Comme le dit fort bien notre candidat B. Cazeneuve, un engagement solide n’a pas besoin d’outrance pour se faire reconnaître. La fermeté des convictions doit s’installer entre l’esprit de liberté et le respect de nos adversaires. Coller une affiche sur le panneau municipal réservé à son candidat, est un acte public de foi et de transparence dans l’action politique qui mérite le respect de tous, quand il est effectué dans la dignité et la responsabilité.

 

Pour parler de moi, au moment ou je passe le pinceau sur les visages grand format des candidats, je leur parle en leur confiant mes encouragements et mes espérances. Vas-y Bernard on compte sur toi. Redresse-toi Geneviève le Cotentin t’est tout acquis ! Vous êtes nettement plus beaux que tous vos adversaires. Regardez les ces UMP, ces FN, la tête qu’ils ont. Ils ont l’air de faux témoins, de Judas, de bons à rien, leur programme ne vaut pas un clou, ils ont perdu d’avance. Ils voudraient nous renvoyer dans la préhistoire du sarkozysme ou pire encore. Ils n’ont rien compris à la modernité, au pari de l’intelligence et de  l’opiniâtreté humaine dans la marche vers le progrès et  la libération des esprits. Ils sont accrochés à leur conservatisme mesquin, à la protection de leurs petits biens ridicules et à leur soi-disant identité nationale,.. !  régionale… ! et locale… !!!  (pour faire bonne mesure).

 

Chaque collage devant chaque panneau est une réunion contradictoire et itérative des idées. Sur chaque place publique on sent aussi l’ambiance et le caractère du conseil municipal qui a décidé de l’emplacement des panneaux, aujourd’hui presque tous standardisés et normalisés. On voit bien que le niveau de débat public souhaité n’est pas partout identique. Parfois on se demande si tout en installant le dispositif réglementaire les municipalités n’ont pas souhaité leur donner un emplacement subalterne. Vous connaissez ? tous ces maires qui vous affirment « Moi je ne fais pas de politique ! » sont finalement de la droite bien assise.  On a envie de leur répondre « Alors, passez votre chemin monsieur le Maire… »

 

Dans le Cotentin, chaque village est bâti sur une trilogie, un triangle des pouvoirs : l’église toujours belle qui a traversé dix siècles, le château souvent imposant qui nous vient de l'ancien Régime et depuis la Révolution,  la mairie, siège de l’autorité municipale. Dans les petites communes ce triumvir est en voie de déshérence, l’église n’a plus de curé, le château est en ruines et la mairie est happée par la « COMCOM ». C’est un crève cœur de coller des affiches au cœur d’une agora que plus personne ne fréquente.


 Pendant ce temps, nos nouvelles cathédrales, les supermarchés,  confisquent des hectares de bitume à des fins privées d’où les manifestations publiques et collectives sont proscrites ! On pourrait tout à loisir transformer ces lugubres parkings en lieux de rencontres, avec des tilleuls ou des marroniers et des bancs publics accueillants. Il suffirait d'assortir les cahiers des charges de clauses initiant un nouvel ordre urbain imaginatif qui décide que les consommateurs ne sont pas seulement des détenteurs de cartes bancaires et de jetons de caddies ! Tout ça me fait dire que les choses finiront  par changer, y compris dans nos campagnes bien trop méprisées. Un bon colleur d’affiches a  le droit d’observer et de penser. L’affichage des hommes et des idées est aussi un dialogue avec les rouages intimes de nos petites sociétés villageoises ! Loin de  vouer le colleur d'affiches aux quolibets et au mépris, il serait bien plus intelligent  de lui reconnaître un rôle  positif dans le lien social en le plaçant au centre de la vie urbaine.

Du caddie au programme électoral le pas est vite franchi ! Affichons les ! affichons nous ! Il faut redonner de l'appétit aux gens pour la vie politique. En toute simplicité mon voisin, le brillant et sémillant responsable des jeunes UMP me confiait exactement la même envie. Jusque dans mon hameau,  on sait  se rassembler sur les grands enjeux du vivre ensemble.