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25/01/2013

La droite KO debout


 

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Pablo Picasso. L'homme à la sucette


Au troisième round l’opposition de droite est sonnée pour le compte. Le match avait pourtant commencé fort, dès l’élection du Corrézien devant un public impatient. Au dire des connaisseurs, cet homme indécis, élu par défaut, allait nous mener dans le flou et le mou. La presse et les éditorialistes ont savonné pendant tout l’été la planche de départ du nouveau gouvernement. A droite on alimentait avec gourmandise le procès en inexpérience et en amateurisme, Pécresse, Lemaire, Bertrand prenaient des airs suffisants. Fillon et Copé avaient très peur pour la France, le gouvernement allait s’écrouler, la dette proliférer, les capitaux s’évaporer et je ne sais quoi encore. On allait assister à une explosion en plein vol, au chômage, à la misère…On se gaussait de couac en couac, le changement de premier ministre était pour demain. Les militants de l’UMP se moquaient et riaient, riaient…Le Président lui-même n’irait pas au bout du combat, c’est-à-dire de son mandat et irait rejoindre sa Trierweiler, rejetée dans la même opprobre. On s’étonnait même du calme olympien du nouveau Président qu’on finissait par qualifier d’optimiste béat.

 

 

Au lieu de s’inquiéter pour le pays, Copé et Fillon auraient mieux fait de s’inquiéter pour eux-mêmes. Contre toute attente, la spéculation sur les dettes souveraines  a été surmontée et nous avons pu dès lors emprunter sur les marchés à des taux historiquement bas. Cette nouvelle donne était un contre massif à l’estomac de tous les augures de droite et des économistes libéraux qui prévoyaient pour nous un destin à l’espagnole ou même pire, à la grecque. C’est pendant ce deuxième round de novembre et décembre que l’accident industriel de l’UMP est survenu. Nos forts en thème qui donnaient des leçons de gouvernance à tout va, nous ont joué impromptu, un remake du Bon, de la Brute et du Truand, jusqu’au classique duel final au pistolet à  36 coups. Il n'y’a pas eu de corps à corps avec la gauche, l’UMP s’est prise seule, librement, volontairement, les pieds dans le tapis.  Tous les leaders de droite ont reçu des coups, des horions aux effets durables qui ont affecté même Juppé et Sarkozy, tentés par l’arbitrage. Ces deux-là n’ont pas tiré un seul marron du feu, et ils se sont brûlé les doigts en prime.

 

Le troisième round a débuté après les fêtes de Nouvel An. Il a commencé par un direct du droit à la figure de l’UMP qui tentait de reprendre son souffle. La patronne du Medef, son alliée traditionnelle, va jusqu’à s’entendre avec trois syndicats pour débloquer un certain nombre de contraintes cruciales concernant la compétitivité des entreprises. La méthode Hollande a porté ses fruits. Les partenaires sociaux ont pris le temps de la discussion, de la concertation et de la négociation. On peut dire merci à Jacques Chérèque. Cet accord est porté au bénéfice du gouvernement et du Président. Dans les média on commence à s’interroger sur le bienfondé des critiques incessantes, dont peut-être, l’opinion se fatigue. On ne parle plus de dégringolade ou de chute abyssale dans les sondages. Malgré une succession de dévissages proclamés  les opinions favorables restent peu ou prou aux alentours de 40%.

 

C’est à ce stade que le mariage pour tous semblait à l’UMP une occasion en or pour se refaire. Chacun de ses porte-parole s’est mis à faire des contorsions pour emboiter la démarche de protestation des catholiques. Malheureusement les figures de proue du mouvement ont donné une image bien rance d’eux-mêmes, componction des soutanes, conformisme des cathos bcbg et par-dessus tout, une Frigide Barjot qui est à elle seule une vraie caricature. Cette artiste a transformé les cortèges des manifestations en parades de carnaval. Dans cette opinion, gouvernée par les images, le mouvement « anti » a perdu ainsi beaucoup de sa respectabilité, qualité cardinale dans les confessionnaux, les églises et les cathédrales.

 

Mais cette passe d’armes aurait pu prendre un véritable élan,  sans l’épopée du Mali. L’armée française se voit du jour au lendemain contrainte de voler au secours de son ancienne colonie  et de bloquer les pick-ups djihadistes sur la piste de Mopti. L’opération bénéficie du consensus international et des vivats des Maliens eux-mêmes. On admire la rapidité d’exécution et la tournure martiale du bonhomme François. Coincée, l’opposition de droite, de Borloo à Le Pen, donne satisfecit au gouvernement et ne peut qu’approuver. Opportunément, l’attaque d’In Aménas vient rappeler à tout le monde l’urgence de mener une guerre radicale aux terroristes et preneurs d’otages, et elle contribue à conforter la France dans sa propre intervention au Sahel. Pour la première fois l’Algérie prête main-forte et ne peut que se féliciter d’une opération qui un mois plus tôt lui apparaissait prématurée et suspecte.

 

Après son bras d’honneur télévisé adressé à Alger, Gérard Longuet peut toujours essayer de donner des leçons à notre diplomatie. Pour violente qu’ait été la réaction de l’armée algérienne à In Amenas, la communauté internationale lui est quelque part reconnaissante d’avoir refusé d’entrer dans le jeu tragique des preneurs d’otages. On sait finalement que le rachat des captifs ne fait que préparer des rapts ultérieurs et alimenter les caisses du djihad. Bouteflika a accepté de prendre sur lui le poids de la cruauté et de la violence, mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’aucune solution acceptable n’était à portée. Morts pour morts, les sacrifiés d’In Amenas auront participé à la lutte radicale contre cette terrible dérive dont la référence définitive est celle des milliers de victimes des tours de Manhattan.

 

Le combat droite-gauche, sur le ring de la politique intérieure est en train de tourner à l’avantage de notre Président. Le calme, la modération des propos, le respect de toutes les opinions, y compris celles de l’opposition la plus virulente, sont des ingrédients qui font merveille à moyen terme. Claude Sérillon qui vient d’accepter de travailler à l’amélioration de la communication me semble jouer un rôle utile. Je l’ai dit, Saint François est entré aux responsabilités sous le signe de la chance. Il semblerait que celle-ci ne soit pas encore prête à le lâcher.

 

PS/ et pour finir, voilà-t-il pas que F. Cassez sort de sa geôle et que les premières offres de négociation viennent de l’Azawad…

 

19/01/2013

Saint François secourez les Dogons !

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Les gens de droite sont verts de rage. Tout sourit à cet imbécile de gauche, le bon à rien indécis et amateur qui se fait rouler par le premier venu, y compris dans son ménage, un velléitaire sans ambition qui n’est arrivé au pouvoir que sur un malentendu. La Pécresse s’en trouve toute alourdie de ses poches sous les yeux, qu’elle porte douloureusement  et Copé ressemble de plus en plus à un truand repenti, sorti de prison il y a peu, et qui s’attend à se faire flinguer à chaque coin de rue.

 

C’est que Saint François de Tulle bénéficie plus que jamais de la baraka et est en train de donner une bonne leçon de gouvernance à tous ces petits prétentieux qui rivalisaient hier d’arrogance et de suffisance. La tentative de libération de notre otage des Chebbabs est bien sûr un échec mais les risques étaient tels qu’on crédite finalement le Président d’intrépidité, qualité pour le moins inattendue  du bonhomme François. Pour le Mali on lui sait gré de s’être décidé vite et au bon moment, celui  du rassemblement des pick-ups sur la piste de Mopti. L’effet de surprise escompté par les djihadistes a joué en notre faveur et on peut en féliciter notre dispositif de veille dans la région. On ne sait pas ce qui reste de l’armement de ses allumés de la charia mais ils ont dû laisser des plumes dans cette expédition ratée.

 

Je ne pense d’ailleurs pas que ces gens représentent  grand-chose sur le plan militaire. Même en se laissant impressionner par le vide administratif qui règne dans ce cœur de désert qu’est l’Azawad, il ne faut pas négliger les difficultés d’acheminer dans cet espace réputé pour sa vacuité hostile (on est sur la lune !) du matériel, des munitions, du carburant et des vivres en quantité. Les points d’eau sont eux même des contraintes qui obligent la géographie des parcours et des refuges. Le Sahara restreint à ses lieux habitables pour une certaine durée devient tout  petit et facilite de beaucoup les traques. Il n’y a rien de plus visible que des traces de pneus dans les regs sableux et les passages d’oued.

 

Ce qui est le plus à craindre c’est que cette troupe hétéroclite et obscurantiste se débarrasse au plus vite de ses barbes et de ses turbans après avoir caché les armes et se fonde à nouveau dans la population ordinaire. Il y a un temps pour l’action quand on est fort et un temps pour la dissimulation  quand on est vulnérable...  encore faut-il bénéficier de complicités dans les tribus et les villages petits ou grands... Dans ces familles élargies tout le monde se connaît et les solidarités sont puissantes et  négociées. Les « étrangers » sont faciles à repérer et il paraît difficile pour eux de se retrouver dans les sociétés locales comme des poissons dans l’eau.

 

Je ne crois donc pas que la reconquête des villes grandes ou moyennes demande beaucoup de temps, pas au de­-là de quelques semaines en tout cas. Je n’en dirais pas autant de la restauration du Mali comme état souverain, avec une administration et des institutions qui fonctionnent. Le malade aura besoin d’un certain temps de réanimation. C’est sans doute à ce moment que l’Europe pourra jouer son rôle de médecin en finançant les ONG pour nourrir, éduquer et remettre en activité les vieilles sociétés percluses de ce bout du monde, assurer le retour des exilés et des réfugiés, et maintenir partout les libertés et les sécurités indispensables. Il faudra aussi trouver un statut acceptable pour les Touarègues ces grands nomades qui sont depuis toujours tenaillés par les démons de leur fierté et de leur  liberté, qui ont toujours fait l’admiration de leurs amis et de leurs ennemis par leur élégance, leur culture, leur noblesse et leur poésie. Comment admettre qu’une ethnie qui est depuis toujours remarquée pour l’organisation matriarcale de sa société puisse aujourd’hui  se soumettre à une bande de soudards incultes et frustres comme ceux d’Aqmi ?

 

D’ailleurs c’est  tout le Mali qui doit être protégé pour la richesse de son patrimoine culturel et naturel, les gens de cette région sont modérés, ce sont des artistes, des musiciens et des poètes et ils sont d’une grande beauté. Alors je supplie encore une fois à genoux Saint François de Tulle, s’il vous plaît Monsieur le Président  sauvez les Touaregues ! sauvez les Songaï !  sauvez les Dogons ! sauvez   l’Azawad !    sauvez Tombouctou !   sauvez   Bamako ! et vous rentrerez dans l’histoire comme bienfaiteur de l’humanité .

11/01/2013

Vieil homme assis face à la mer

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 Edouard Manet, Le vieux musicien

 

Le vieil homme assis sur le sable comme un rocher battu par les vagues, scrute l’horizon marin sans rien y voir que la brume grise de l’hiver. A ses pieds respire la mer comme un dragon repu, Barbe Bleue cosmique qui défie la nuit des temps.

 

Les yeux du vieil homme sont comme ceux d’un aveugle. On dirait deux porcelaines délavées retournées vers l’intérieur. Il a le regard absent du possédé chamanique qui contemple les siècles et les Dieux. Mais au-dedans, des tiroirs magiques et des malles à secrets sont ouverts, laissant couler les perles, disperser les papiers et dérouler les étoffes.

 

De ses doigts malhabiles et translucides l’homme qui va mourir égraine les objets étouffés de ses lointains souvenirs. Il cherche depuis toujours sous les piles de livres et dans les cortèges de nymphes animées et colorées le secret déclic qui a transformé la matière herbue sous la pluie, le bond du garenne dans la rosée, le chant de la grive dans les lauriers, en étoile vivante, la sienne.

 

Il est incapable d’identifier le choc lumineux initial, le secret d’Olympe qui l’a propulsé sur les marches de la vie, poussé dans les tours à mystères, guidé dans les sentiers boisés, perdu dans les allées des jardinets. Toutes ces marches initiatiques ont donné des ailes à son impatiente existence, à ce très long voyage qui n’a cessé de remplir ses poches et ses coffres. Pour l’heure sa maison natale en est tout encombrée et il a le cœur gros de devoir la quitter bientôt.

 

Dans ce château intérieur bien trop rempli, aussi loin qu’il retourne les objets les plus précieux, les examine et les jauge, il se persuade qu’on peut tout oublier,  la danse des planètes et la course des horloges, mais que jamais on ne peut éteindre la flamme du cœur. L’incendie sans fin  de l’amour et du désir, de la passion et de la tendresse, de l’espérance et du pardon, embrase la vie et repousse toujours plus loin les horizons.

 

Par de-là, les goélands braillent et les bernaches se disputent dans les mares. Les plumets secs des graminées se couchent sous la bise aigre et par moments un bateau sombre perce l’horizon.  « Peu importent la violence marine ou le froid scandinave murmure alors le vieil homme de pierre, puisque je peux encore, comme la mer à mes pieds, enlacer d’amour ma belle et secrète amante dessinée sur le sable alentour»

04/01/2013

Bonne année François !

 

 

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Manet, Moine en prière

J’espère que ma lettre va te trouver en bonne santé, toi et ta famille. J’ai une petite pensée pour ta femme Valérie et je lui recommande de bien surveiller ton régime pour que tu gardes la forme et la ligne. Surtout, surtout, n’oublie pas de toujours mettre ta cravate de travers car j’ai horreur de la symétrie. En ce début d’année, je te souhaite de garder à tout moment ton calme, ton sourire et ton humour. N’écoute pas les gens qui te critiquent, ce sont des mauvais et des jaloux qui ne voudraient qu’une chose, être califes à la place du calife. Si nous avons voté pour toi et si tu as eu la majorité des électeurs avec toi, ce n’est pas par hasard, c’est parce que le peuple l’a voulu et ça personne ne peut l'empêcher. Nous autres, tes cousins de province, nous avons bien reconnu en toi le Président normal, juste et simple qu’il nous fallait. Nous en avions vraiment assez de voir ce Sarko faire son intéressant à tout bout de champ.

 

Cher François, il faut que tu restes persuadé que les bonnes fées se sont penchées sur ton berceau et que tu as bien choisi ton créneau, ta fenêtre de tir comme on dit. DSK descendu en plein vol, Sarko désarmé par ses options hasardeuses, l’UMP plongée dans un accident industriel, et pour couronner le tout, la fin de la sécheresse et la recharge abondante de nos nappes d’eau, tous ces évènements sont des signes qui ne trompent pas sur une conjonction des planètes qui t’est exceptionnellement favorable. Encore tout récemment l’épisode du gros Obélix sarkozien qui refuse de payer ses impôts tourne à ton avantage après avoir bien fait ricaner l’opposition. Depardieu devenu un  Raspoutine de Grand Guignol, c’est presque inespéré. Je ne peux pas croire qu’il puisse jamais servir de caution aux candidats à l’exil fiscal qui sont des gens autrement sérieux !

 

Malgré tout cher cousin, il reste beaucoup à faire. Nous ne doutons pas dans la famille, que tu vas réussir à inverser la courbe du chômage, malgré les pisse-vinaigre qui jurent leurs grands Dieux que c’est impossible ! Les observateurs attentifs que nous sommes voient chaque jour les signes avant-coureurs que la conjoncture se retourne. Arrêtée la spéculation sur les dettes souveraines et l’euro, dont on disait il y a six mois qu’il serait foutu au printemps de la nouvelle année ! maîtrisées les difficultés de la BCE ! stoppé le chômage en Espagne ! remise sur les rails, l’économie grecque ! arrangé le mur budgétaire ou le précipice,  je ne sais pas trop, d’Obama ! et maintenant les bourses remontent ! Six mois de Présidence et nous sommes sortis du psychodrame, de la réunion de la dernière chance et du bluff de la droite.

 

Malgré tout mon bon François, veille bien sur le triangle des Bermudes qui rejoint Paris à Londres et à New-York. Ces gens qui sautent d’un avion dans l’autre, qui ont des affaires partout et qui planquent leur fric aux ïles Caïman sont des gens redoutables. Je peux le dire parce que je suis un pauvre ver de terre qu’ils ne voient même pas quand ils l’écrasent de leurs hauts talons vernis. Ces gens-là n’ont pas de patrie, sauf celle de leur compte en banque, leurs enfants sont dans des écoles à Londres et à New-York, leurs biens sont tous négociables à la vitesse de l’éclair, ils sont intouchables, ou en tout cas ils crient très fort dès qu'ils se sentent visés, et ils commandent nos journaux, nos radios et nos télévisions. Tu vois nos vrais ennemis ce ne sont pas le Crédit Agricole ou la Société Générale, ce sont ces gens sans foi ni loi qui se croient partout et toujours au-dessus des règles, qui roulent des épaules en Porsche et en yacht de soixante mètres. Mille cinq cents personnes qui gagnent plus d’un million d’euros par an font plus de bruit que dix millions de smicards. Cher François nous comptons sur toi, dans notre lointain Cotentin,  pour rouler ces gens- là dans leur propre farine et rendre un peu d’équité et de respect aux gens comme il faut  que nous sommes.

 

Avant d’en terminer Monsieur mon cousin et Cher Président je te prie de faire le nécessaire pour distribuer des petits pains au chocolat à tous nos enfants, leur apprendre à compter et à lire, mais aussi leur montrer le chemin de la liberté, de la responsabilité et du respect. Si vous faites tout cela cher François, je voterai encore pour vous en 2017.