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23/02/2013

La cour des miracles

 

 

 

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 Homme nu à la jambe levée de Lucien Freud

Cette semaine a été exécrable, zéro de croissance, licenciements, prévisions pessimistes sur la courbe d’activité économique et donc sur celle du chômage. C’est au milieu de ces difficultés, que le Titan américain se livre à une provocation insolente et cynique et oblige Montebourg à une réponse. Un ministre doit-il s’abaisser à dialoguer avec une espèce de butor sous prétexte qu’il est patron et friqué ?  La lettre du marchand de pneus en dit long sur ces analphabètes qui se prennent pour les maîtres du monde. Ce qui ne veut pas dire que la CGT a raison sur tout, loin de là. Pour faire une entreprise il faut des salariés certes, mais aussi un projet industriel, un patron et de l’argent. Dans cette période de sous-emploi et de mondialisation, les prolos doivent utiliser des méthodes plus évoluées que celles des rapports de force, de l’intimidation et de la menace.

Pour assombrir encore la situation la nouvelle du rapt d’une famille au Nord-Cameroun nous tombe dessus. Depuis les Twin-Towers, la pègre, djihadiste ou pas, n’a plus de limites. La prise en otages de quatre jeunes enfants est une escalade dans l’horreur et l’inhumain.

 

C’est dans ce tableau de noirceur que les divins amis de Sarkozy célèbrent leur héros. On aurait pu croire qu’ils avaient mieux à faire que de l’autoglorification. Avec Hortefeux et Estrosi  à la manœuvre, on ne peut pas douter que cette initiative a reçu l’accord et les encouragements de l’impétrant. Il faut vraiment être saisi de l’ivresse du pouvoir et du narcissisme pour se livrer à ce genre de manifestation. On peut rapprocher  cette cérémonie de l’analyse, bienvenue, d’une ancienne à DSK,  (Marcela Iacub) qui nous raconte que pour vivre comme un cochon, il faut vraiment se croire au-dessus de tous les autres, se prendre pour un dominant et ouvrir sa braguette à tous les vents. Les aveux d’Anne Sinclair correspondent exactement à l’idée  que je me faisais d’elle. Elle ne voit aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage. C’est une affaire subalterne. Chacun à sa place. Les cochons n’ont aucun sens de la démocratie, ils se croient supérieurs à tous les autres gens. Quand plus rien ne va, on peut éventuellement assister à une curée dans notre porcherie sociale  et justifier l’ordre, la répression et l’autoritarisme, voire le racisme, et beaucoup plus si affinités. La bête immonde est toujours féconde….

 

La braguette de Sarkozy est plus discrète que celle de DSK, mais nous avons quelques échos vite étouffés qui nous font croire qu’elle n’est pas aussi hermétique que ses fan(e)s veulent le laisser penser. Le raout auquel nous ont conviés les dignitaires du sarkozysme, nous montre que ces thuriféraires espèrent bien, en pleine déconfiture politique de la droite, récupérer quelques parcelles de légitimité auprès des militants UMP. La populaire Bétancourt fut la preuve vivante des pouvoirs surnaturels de l’ex-Président seul capable de sortir la malheureuse des griffes des horribles FARCS. Les cireurs de bottes auraient pu aussi inviter la vieille Bettancourt avec son Alzheimer, Servier avec sa Légion d’Honneur, François Léotard et Edouard Balladur avec leurs belles villas fleuries, sans compter Takiedine et d’autres demi-sel qui sentent la fraude, comme moi la friture quand je suis aux fourneaux. Nous aurions pu avec tout autant de vérité passer d’une sauterie de courtisans à une cour des miracles.

 

L’actualité aussi sombre qu’elle soit, ne nous empêche pas de réfléchir. Je le demande : Sarkozy le Narcisse agité avec son goût pour l’argent et son  sentiment de supériorité absolue est-il normal ? DSK avec sa libido débridée et son sentiment absolu d’impunité est-il normal ? Vous allez sans doute juger excessif  de rapprocher les deux hommes par une même focale. Ces deux-là on le sait sont adversaires politiques mais complices dans la vie. Dans leur soif de pouvoir ils auraient pu dans d’autres temps, tirer les ficelles de quelques régimes dictatoriaux, du genre de ceux de Mussolini ou de l’homme innommable à la mèche. Peut-être pas au premier rang, mais nous les aurions vu apparaître comme Goering ou Goebbels, sûrs d’eux, de leur supériorité et de leur écrasant cynisme. Je ne serais pas le premier à considérer le sadisme et le fascisme comme les deux grands avatars de la démocratie.

 

On aura compris que les élites auto-désignées, qui se prennent vraiment pour des personnes élues et destinées à dominer les autres m’ont toujours hérissé le poil quelles que soient leurs qualités par ailleurs. Avec des « monstres », nous nous devons d’être circonspects, d’autant plus qu’ils confinent au génie et sont capables de plier le monde à leur démesure. Ainsi s’expliquent Staline, Mao, Franco et tous les roitelets du cirque mondial. Nous devons nous interroger sur le fait que les systèmes politiques, plutôt que de sélectionner les plus dignes et les plus respectueux des autres, choisissent au contraire des Satrapes, avides, violents et prèvaricateurs . La testostérone est–elle la poudre à canon des dérives politiques ? Plus que jamais nous devons chanter avec Aragon : « La femme est l’avenir de l’homme… »

16/02/2013

Les instits à la lanterne !

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Individuellement nos profs d’école sont plutôt doux, patients et bien élevés. Pour être simple, je les trouve plus Labradors que Dobermans. Je sais aussi combien les instits doivent payer de leur personne pour sortir nos chers petits de l’ignorance enfantine. Ils n’en sont pas toujours remerciés, on en voit  même ramasser des marrons distribués par des parents irascibles. Pire,  les familles  prétendent presque toujours en savoir plus sur l’éducation de nos enfants que les profs eux-mêmes. On peut dire de ce point de vue que le métier est un véritable sacerdoce, assez mal rétribué qui plus est.

 

Nous connaissons tout cela, mais dans cette période de crise où le chômage menace, avec son cortège d’expédients, d’instabilité et de précarité, la  profession offre en revanche à ses titulaires une tranquillité d’esprit, un confort social qu’on ne trouve pas dans tous les secteurs d’activité. Cerise sur le gâteau, les enseignants qui sont en majorité des gens de gauche,  ont en prime  la satisfaction d’avoir un gouvernement de leur choix. On pourrait penser dans ces conditions que les instits allaient faire preuve, après dix mois seulement de Présidence Hollande, d’une certaine patience revendicative. Ce n’est pas malheureusement ce qu’on observe.

 

Plutôt intrigué par les grèves successives de ces dernières semaines, j’ai essayé d’écouter les uns et les autres pour comprendre ce qui se passait. La position syndicale la plus courante est d’émettre un doute sur la nécessité de retourner en classe le mercredi matin, comme avant. Avec un argument massue, il faut en discuter et ne pas imposer une réforme sans concertation. Le deuxième argument c’est que beaucoup de communes n’auront pas les moyens de mettre en place les activités sportives et culturelles prévues et qu’on aura des disparités supplémentaires tenant aux ressources très inégales  des communes. Personne ne conteste en revanche la nécessité de revoir les rythmes scolaires, ni le diagnostic établi tant à droite qu’à gauche depuis déjà de longs mois et qui sont l’objet de la réforme Peillon. Tout le monde est d'accord avec la réforme, mais personne n'en veut parce qu'on redoute qu'elle soit bâclée. Un procès d'intention en somme. Il faut pourtant alléger les classes de l’après-midi qui sont si indigestes à nos enfants. On ne parle pas des salaires, on parle seulement de l'intérêt des enfants. Il en reste des motivations confuses et contradictoires.

 

Malgré toute la bonne volonté qu’on peut y mettre et la sympathie que nous portons à la profession, on a bien du mal à trouver une vraie cohérence aux revendications et à trouver justifié le recours à la grève. Nous y voyons surtout une conjonction des mécontentements alliant le corporatisme de droite, à l’inquiétude métaphysique des écolos et à l’intransigeance idéologique des Front de Gauche. En réalité, la raison de fond est politique et certains d’ultra-gauche utilisent à tout va chaque occasion d’affaiblir le gouvernement Ayrault, en espérant bien ramasser les miettes et caracoler sur fond d’insatisfaction sociale. Les périodes de crise et de tarissement des fonds publics sont particulièrement propices à ce genre de surenchère.

 

A écouter Mélanchon qui a dû manger des grandes quantités de lasagnes à la viande de cheval, cette démarche est légitime. L’échec des socio-démocrates n’aura qu’une seule explication : une politique qui ne serait pas assez radicalement à gauche, sans d’ailleurs trop préciser.  Les votes avec la droite, au Sénat, sont éclairants, la gauche de la gauche est en pleine ambigüité. Honnêtement je préférais Arlette Laguiller qui ne mélangeait pas les genres et tranchait nettement pour la Révolution sans vouloir jouer sur tous les tableaux. Le discours populiste du PC et de ses alliés est traître à la cause parce qu’il est irréaliste et démagogue. Il n’y a pas nécessité pour autant d’en vouloir aux tribuns activistes. Ils représentent une fraction traditionnelle et contestataire qui a toujours existé. En retour, il me paraît tout aussi légitime que le PS se batte contre cette dérive de la manière la plus démocratique qui soit. Il faut expliquer, expliquer, que quoiqu’il en soit, l’Etat devra payer ses dettes, que le secteur public ne peut pas tout et qu’on ne peut obliger personne à acheter des voitures contre son gré. J’appelle ça l’économie de marché. Les socio-démocrates ne veulent pas la révolution, ils veulent seulement plus d’équité dans les rapports sociaux.

 

Ces coups de pied de l’âne de la gauche de la gauche vont laisser des traces, à mesure qu’on s’éloigne des accords antérieurs de respect plus ou moins tacite. Dans cette guerre interne du camp progressiste on se demande qui va y laisser des plumes. Tout le monde probablement.  Le Parti Socialiste doit arrêter de baisser la tête comme s’il se sentait coupable et doit assumer pleinement ses options réformistes sans laisser croire que c’est par défaut,  Si nous croyons à notre politique, nous devons l’expliquer et la défendre avec fierté et conviction.  Il faut  cesser de penser que les élections se gagnent à gauche pour gouverner ensuite à droite. Ce qui est majoritaire aujourd’hui à gauche est incontestablement la social-démocratie et rien d’autre, comme l’a montré l’élection présidentielle. La seule chose qu’on attend vraiment d’elle c’est un retournement de la conjoncture qui fasse diminuer l’injustice des injustices, le chômage, cet objectif mérite tous nos efforts et nos sacrifices.

09/02/2013

Coco au Hoggar

 

 

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Au moment où les troupes françaises pénètrent dans l’Adrar des Ifoghas, les marches montagneuses du pays touareg, il me paraît piquant de rappeler le livre «Le  Hoggar » de Claude Blanguernon. Né en 1913 à Cherbourg et élève de l’Ecole Normale d’Instituteurs à Saint Lô, ce compatriote a passé plusieurs années de sa vie professionnelle à Tamanrasset, la capitale algérienne du pays targui, pendant lesquelles il s’est efforcé de créer une école adaptée à une population nomade, qui vivait encore à cette époque sous la tente, du pastoralisme et du commerce des caravanes chamelières. « Puisque les petits touaregs ne veulent pas venir à nous, c’est notre école qui  va se déplacer avec eux » avait-il décidé.

 

Sa longue fréquentation des gens et des lieux lui a permis de publier le seul  ouvrage grand public sur le Hoggar que je connaisse, édité chez Arthaud en 1955 et réédité jusqu’en 1973. C’est le livre d’un homme de terrain qui a patiemment recueilli les données sur les bêtes et les gens. La peuplade touarègue est d’origine berbère comme les Kabyles, les Mozabites et les Chaouis d’Algérie ou les Chleus du Maroc. Ils se désignent  souvent comme des Imaghzighen (Amazigh au singulier) et ils sont les descendants des premiers habitants de l’Afrique du Nord , qui ont connu après le Néolithique, la grande civilisation Gétule, et les influences  phéniciennes, romaines et chrétiennes puis islamiques et arabes. Rappelons que Saint Augustin était un Berbère.

 

Les tribus touarègues furent  toujours remuantes, fières de leur culture avec des chefs aristocratiques souvent enclins à la guerre. Les hommes sont connus pour se voiler avec des beaux chèches bleus, leurs femmes jouent de la musique et chantent, leurs dromadaires sont élancés et fins coursiers, leurs chiens sont très rapides et ont servi de souche pour les races de compétition (les lévriers sloughis) et leurs vaches à bosse, les zébus, sont spécialement résistantes aux conditions désertiques. Depuis tous temps les Touaregs exercent une sorte de fascination sur les Européens et surtout sur les militaires français qui ont éprouvé leur valeur guerrière, lors de la conquête du Sahara. Le Hoggar, dont l’image fut renforcée par des gens comme le Père de Foucault ou l’écrivain Frison-Roche, est resté à nos yeux nostalgiques un pays légendaire aux paysages grandioses, parcouru  par un peuple mystérieux et de fière allure.

 

Cette image conventionnelle cache bien d’autres réalités moins romantiques. Les Touaregs n’ont pas de pays propre et on les retrouve au Mali, au Niger, en Libye et en Algérie. Ils sont divisés en grandes familles qui s’entendent difficilement entre elles, au gré des intérêts des uns et des autres. Chaque groupe était dans le passé représenté par un Amenokal, chef désigné après discussions entre les groupes les plus puissants. Le fonds de l’organisation est féodal teinté d’un matriarcat original, dans lequel les femmes bénéficient d’une liberté surprenante en milieu musulman. On y connaît encore les survivances d’un esclavage ancien avec des esclaves de tente (noirs iklane) et peut être aussi des paysans assujettis dans les jardins (harattins). Le déclin du nomadisme et la toute-puissance du pickup 4x4 de l’époque moderne, ont conduit  ces  commerçants aventuriers à s’employer dans le trafic transfrontière du tabac, des armes et sans doute aussi, de la cocaïne. Il eût mieux valu les encourager au tourisme et à l’artisanat traditionnel, mais ce ne sont pas Khadafi ou Bouteflika qui étaient susceptibles de les pousser vers une pareille évolution. Le djihadisme s’est rajouté en profitant du désert administratif et de la dispersion des familles.

 

Ces dernières considérations nous ramènent à « Coco » notre spécialiste saint-vaastais, reconverti à sa retraite dans le club de tennis (où il fut le parangon de la tenue blanche, chaussettes comprises) et l’histoire locale (il a publié un Gilles de Gouberville intéressant et une histoire de Saint-Vaast-La-Hougue). J’ai pu retrouver sur le web un vieux texte dans lequel notre instituteur plaidait pour  la création de ses écoles itinérantes tout en soulignant la nécessité de respecter la culture et le mode de vie des « hommes bleus » en soulignant que peu de gens seraient capables de survivre dans des conditions de sobriété aussi effroyables. Ce genre de paternalisme avait cours dans les années cinquante du siècle dernier. La réponse aujourd’hui est évidente : nulle civilisation, si brillante soit-elle, ne peut résister à la misère et à l’obscurantisme. La seule façon de la sauver c’est de lui donner les outils de la modernité. Ce que les écoles nomades de Claude Blanguernon n’ont pas eu le temps ni la volonté de faire. L’école française là aussi,  a échoué à former des cadres indépendants, créatifs et responsables. Ce que nous vivons aujourd’hui en est quelque part une conséquence assez logique.

 

01/02/2013

Le bedeau de saint François

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 Le bedeau (custo) de Saint-Pierre-Eglise porte l'eau bénite (photo Legoubey)

Dédé a eu bien raison de me désigner comme le sacristain du bon Corrézien à propos de ma dernière chronique. C’est d’ailleurs un poste que j’ai mis un certain temps à mériter. Dès que sa candidature a été citée dans les média, j’ai tout de suite vu que je devais m’inscrire dans le sillage de cet homme de mérite, dont je n’ai pas douté un seul instant, qu’avec de la chance, il atteindrait la béatification, et plus tard la canonisation. Nous vivons aujourd’hui l’émergence publique d’un saint homme et j’éprouve beaucoup de satisfaction intime, de sérénité et d’optimisme à penser que l’avenir de notre pays est dans de bonnes mains. Une référence de la social-démocratie qui marquera la première moitié du XXI° de la politique française et européenne, est  en cours d’élaboration. François Hollande figurera en bonne place dans la liturgie du PS pour les cinquante ans à venir. Mais j’admets que tout un chacun ne puisse pas faire preuve de la même lucidité prédictive et de la même perspicacité historique.

 

Ma dévotion peut faire sourire, elle doit faire sourire, car j’ai toujours répété, j’ai sans cesse appris et j’ai vérifié à de nombreuses reprises l’exactitude de ma maxime personnelle : « Quand je vois un Chef, je mets mon pistolet sur la table ». Je dois dire qu’il m’est arrivé parfois de m’en servir, au bénéfice de la libre pensée et bien souvent au détriment de ma gamelle. D’où viennent donc la confiance naïve et la sympathie que j’éprouve envers notre Président ? L’âge peut-être ? L’affadissement sénile ? Un manque de testostérone ?  Tout peut arriver avec les rides et les cheveux blancs.

 

Pour être sincère, j’ai appris que bien souvent, dans les hiérarchies sociales on trouve aux étages élevés de l’esprit, des bons à rien, des parasites et même des carrément nuisibles. En retour,   on y rencontre exceptionnellement et par bonheur  l’homme ou la femme irremplaçable, celui ou celle qui fait avancer les choses, le « right man at the right place » ; celui ou celle qu’il ne faut pas rater et qui peut vous sauver pour dix ou vingt ans, celui ou celle que vous ne pouvez plus oublier parce que sa contribution à votre effort de vie reste gravée ad vitam aeternam. J’en ai rencontré deux ou trois de cette pointure qui ont changé mon existence en m’offrant au bon moment le ressort intellectuel qui me manquait. Ces personnes-là m’ont fait ce que je suis. Je leur dois infiniment.

 

Je n’ai pas plus de réserves au sujet de François Hollande que je n’en ai eu en son temps pour Michel Rocard. Hollande est un démocrate bien entouré, bien élevé ; aux convictions solides. Si je le compare à Sarkozy, je vois un océan de différences qui fait que je n’ai jamais pu supporter l’un alors que j’ai toujours apprécié l’autre, et ceci indépendamment de la politique elle-même. Comme disent les DRH, le « savoir-être » est une notion essentielle pour la compréhension  entre deux personnes. Pour ma part je ne crois pas aux « sauveurs de la nation » ni aux hommes providentiels. Nul n’est irremplaçable, mais dans le puzzle de la vie, il se trouve que la bonne pièce doit s’installer au bon moment.

 

La qualité primordiale d’un homme de bien qui est aux commandes est de manifester un solide humour en toutes circonstances. L’ironie et la distance s’exercent non pas sur autrui mais sur soi-même. La deuxième qualité est la modestie, le petit dur de cour d’école qui menace et qui se vante en proclamant ses victoires avant de les avoir obtenues est insupportable. La troisième qualité d’un Chef est de se donner du temps, celui de la réflexion, de la concertation et éventuellement de la négociation. Un Chef d’Etat est plutôt un guide qu’un sous-commandant de patrouille. Je crois à l’intelligence : celle d’un Président doit être bien supérieure à la simple ambition du pouvoir. On sollicite les suffrages parce qu’on s’est convaincu qu’on peut apporter du positif à ses concitoyens.

 

Je discerne toutes ces qualités chez notre Président actuel. On peut me soupçonner d’être un cireur de godasses et un thuriféraire, mais je n’en ai cure. Mon adhésion est intellectuelle et raisonnable même si je m’avance au gré de mes intuitions et de mes songeries. Nous pouvons dès maintenant mesurer le chemin parcouru en moins d’un an et je n’arrive pas à me donner tort. Il se peut qu’un jour je sois obligé de réviser mon jugement et je ne manquerai pas d’en faire état, du moins je le souhaite. Malgré tout je ne crois pas à un éventuel retournement. Il n’y a aucune raison pour que les qualités du Corrézien fondent au soleil comme une petite neige de printemps.