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06/05/2013

Diffamation du Professeur SERALINI

 

 

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La leçon d'anatomie de Rembrandt


« Agissant en vertu des dispositions des articles 81, 151 et suivants du Code de Procédure Pénale [……..] contre inconnu du chef de diffamation publique envers un fonctionnaire public suite à la plainte avec constitution de partie civile de monsieur Gilles-Eric SERALINI … »

 

Qualifier le Prof. G-E SERALINI de bouffon ou de gredin scientifique est-il de la diffamation?  Je n’entends rien aux subtilités de la langue française, surtout juridiques. Pour m’éclairer j’ai fait appel au dictionnaire électronique des synonymes du CRISCO, de l’Université de Caen (bien-entendu).

 

Pour bouffon, j’ai trouvé 54 synonymes  :

acteur, amusant, amuseur, arlequin, baladin, bateleur, blaireau, bobèche, bouffe, burlesque, cabot, cabotin, caricatural, clown, cocasse, comique, drôle, extravagant, fagotin, fantaisiste, farceur, folâtre, fou, gracioso, grimacier, grotesque, gugusse, héroï-comique, histrion, loustic, luron, m'as-tu-vu, matassin, nain*, paillasse, pantalon, pantin, pasquin, personnage, pitre, plaisant, plaisantin, polichinelle, queue-rouge, ridicule, rigolo, risible, saltimbanque, scurrile, singe, tordant, trivelin, turlupin, zinni

 

Pour gredin, 25 synonymes : brigand, brigandeau, canaille, chenapan, coquin, criminel, forban, fripon, fripouille, galapiat, garnement, malfaiteur, mendiant, pendard, racaille, rosse, sacripant, sagouin, scélérat, truand, vaurien, vermine, vil, voyou.

 

Je suis bien obligé de constater que j’aurais pu utiliser une pléiade de termes qui auraient également convenu pour exprimer ma pensée. Je suis en effet outré par le côté bateleur du personnage qui se pare des vertus et attributs scientifiques pour tromper l’opinion. Nous avons bien affaire à un amuseur qui se comporte comme un galapiat et emploie consciemment la supercherie et la tricherie. Le seul fait d’exhiber des rats affectés de tumeurs dont on laisse supposer que la cause en est le glyphosate ou le maïs OGM est une ahurissante tromperie, et non pas une erreur scientifique à laquelle tout le monde a droit, à condition de ne pas persévérer !  Il ne faut pas croire que ce tour de pendard est sans conséquences ! Il en a de graves pour l’état de l’opinion et les décisions que peuvent prendre les politiques. Elles ont in fine pour effet d’éloigner  nos laboratoires du front des recherches appliquées agronomiques (mais pas seulement,)  qui est des plus prometteurs pour les progrès de la production agricole, laquelle est justement un point fort de l’économie de notre pays.

 

N’oublions pas la fameuse affaire du célèbre Lyssenko (Trofim Denissovitch) né le 29 septembre 1898 à Karlivka , aujourd'hui en Ukraine et mort le 20 novembre 1976 à Kiev, un ingénieur agronome soviétique. Il fut à l'origine d'une théorie génétique pseudo-scientifique qu'il parvint à imposer en Union soviétique pendant la période stalinienne. Ses thèses sur l'agriculture lui valurent le titre de héros de l'Union soviétique et lui permirent de dominer la recherche biologique en URSS, jusqu'à son discrédit dans les années 1960 (voir wickipédia).

 

Lyssenko avait décidé que le milieu pouvait transformer les plantes et que les fondateurs de la génétique mendélienne n’étaient que des usurpateurs au service du capitalisme. Il décida en pleine dictature stalinienne qu’il y avait une science bourgeoise et une science prolétarienne. Il réussit à faire embastiller, condamner et exécuter les malheureux scientifiques qui avaient tenté de le contester. Cette affaire dura jusqu’à Kroutchev et réussit à franchir les frontières. Pour être communiste dans les années 50 en France il fallait donner raison à Lyssenko. Jacques Monod, futur Prix Nobel dut s’exécuter ou se démettre.

 

Nous vivons avec les OGM, le réchauffement climatique et le nucléaire, le même genre de confusionnisme  qui prend sa source dans les angoisses écologiques et justifie les principes de précaution les plus ahurissants. Pour convaincre on porte  des masques ‘d’Act Up en haut des grues, on exhibe des photos de monstres irradiés ou on expose à la télé des tumeurs mammaires d’innocentes petites bêtes soi-disant causées par des OGM. L’imposture est totale et une très large fraction de l’opinion l’approuve en enfourchant les théories du complot et les supposées visées meurtrières des firmes technologiques. Manque de chance ce n’est pas Monsanto qui tue mais Servier ou consorts. On se trompe d’adversaire et on en redemande !

 

 

Ce qui est consternant c’est que peu de scientifiques ou agronomes, organisations de producteurs ou syndicats, firmes ou administrations agricoles n’aient pas pris la responsabilité, n’aient pas eu le courage ou le goût du risque suffisants,  pour dénoncer cette pantalonnade universitaire, cet abaissement déontologique et cette corruption intellectuelle de gens qui devraient être au service de l’exactitude et de la rigueur. Ce sont des choix politiques disent-ils !

 

Quitte à demeurer une sorte de vieux  mouton noir exalté, je confirme et j’’accuse le Professeur de jouer contre nos laboratoires et notre technologie avec des arguments non avérés et non vérifiés par les voies scientifiques normales. Mon sens civique m’y oblige. Si les mots ont un sens, je ne fais que d’entendre les Institutions scientifiques officielles, les Académies. Mais je ne fais également que de dire tout haut ce que de nombreux spécialistes pensent en France et à l’étranger. Je ne fais que répéter également ce que murmurent les collègues et les étudiants du fonctionnaire en question.

 

L’écologie, le respect de la planète, le maintien des grands équilibres naturels, la veille attentive à  la biodiversité, la protection contre les toxiques de toute nature sont des tâches nobles et nécessaires, Quand ces combats sont menés en dépit du bon sens, on ne fait pas avancer les choses, on retarde au contraire la prise de conscience au  sein de nos sociétés.  Il ne s’agit pas d’agiter les  peurs  mais d’user de toute la pédagogie nécessaire, à commencer par dire la vérité, qui est la première condition du respect de nos contemporains..

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