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29/06/2013

Mettre les éleveurs de rats hors d'état de nuire !

 

 

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Le joueur de flûte de Rembrandt

La légende allemande, née d'un événement étant apparemment survenu le 26 juin 1284, nous a notamment été transmise par les frères Grimm sous le titre Der Rattenfänger von Hameln (L'Attrapeur de rats de Hamelin).


Le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) est un comité français d'expertise et de conseil, indépendant des producteurs d'OGM, intervenant pour les citoyens, entreprises, associations, groupements, syndicats au niveau juridique, scientifique (santé, environnement), sociologique, technique (étiquetage), notamment pour des dosages d'OGM ainsi qu'au niveau économique. Vaste programme pour une page d’accueil d’un site web extrêmement anonyme,  discret et laconique. Les images ne sont pas plus explicites que le texte, excepté la photographie d’un malheureux rat boursouflé de flamboyantes tumeurs.

On a envie de mieux connaître les responsables de ce Comité de Recherches qui se présente surtout comme en pointe dans la mise en évidence de la toxicité des OGM et des pesticides. Le CRIIGEN, fondé le 1er juin 1991 par l'ancienne Ministre de l'Environnement Corinne Lepage, aidée les professeurs Gilles-Eric Sèralini et Jean-Marie Pelt, est une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Il est actuellement présidé par Joël Spiroux de Vendômois, médecin généraliste, homéopathe, acupuncteur et ostéopathe. Son secrétaire général est Jean-Marie Pelt et le président du conseil scientifique est Gilles-Éric Séralini.

On croit comprendre que le maître mot de l’intitulé est « indépendant » c’est-à-dire hors de contrôle des multinationales produisant des OGM. Pour le reste, cette association est tout à fait prête à mener des travaux sous la bannière (ou à la demande ?  ou sous  la protection ? ou avec les subsides ?) de Carrefour et autres sociétés commerciales pour peu qu’elles partagent ses idées.  On doit comprendre aussi que ce comité est avant tout  indépendant  des instances scientifiques  officielles,  obéissant aux règles publiques des Instituts de recherche et des Universités. On a donc affaire à un comité scientifique autoproclamé que d’aucuns, bien avisés, disent appartenir à la science parallèle, une néo-science basée sur des à priori idéologiques où se mêlent religion et paranoïa, à la manière d’une secte. Les principes de base d’une telle démarche sont « Tout le monde à tort sauf nous » et « Nous sommes victimes d’une campagne de dénigrement orchestrées par des puissances occultes, qui y puisent pouvoir et intérêt".  En l’occurrence ce comité a trouvé son ennemi avec la Monsanto, multinationale créatrice d’OGM, dont Mr le professeur Sèralini a mis au jour le « réseau mafieux » qui veut sa perte. On peut trouver beaucoup de détails concernant le CRIIGEN sur le site web imposteurs très bien informé et documenté .

Cette manière de voir est d’autant plus frappante qu’on trouve à la manœuvre une ancienne ministre de l’Environnement (1995-97,  Alain Juppé Premier Ministre) censée donner toute sa respectabilité  politique au Comité en question et qui forme avec MM Pelt et Sèralini un aéropage  associant la science et la politique,  inhabituel pour un comité scientifique. Cela nous renseigne sur les buts poursuivis  qui ne semblent pas uniquement ceux de la science universelle mais paraissent être   liés à des préoccupations idéologiques et politiques. Il suffit de parcourir la carrière de Madame Corinne Lepage pour se convaincre de la constance de son activité politique et électorale qui l’a menée de Génération Ecologie à Cap 21. En octobre 2011 elle a présenté sa candidature aux élections présidentielles de 2012 sur TF1, entourée notamment des membres éminents du bureau du CRIIGEN. Hélas pour elle C. Lepage n’a pas réussi à réunir les cinq cents signatures nécessaires à sa candidature et sa tentative a tourné court.

Cette activité qu’on peut  qualifier d’électorale prouve que  cette équipe de choc est moins attachée à démontrer une vérité scientifique, à laquelle elle ne croit peut-être pas vraiment, qu’à  agir sur l’opinion  pour la convaincre de la toxicité  des OGM, avec les mêmes méthodes qui  ont  instillé avec succès la peur du réchauffement climatique ou l'angoisse anti- nucléaire. L’affichage sur le site Web du CRIIGEN de malheureux rongeurs déformés par des tumeurs illustre cet acharnement. Il ne s’agit pas d’une bataille scientifique mais d’une bataille d’opinion. Nous étions il y a un demi-siècle une nation de gens instruits, intelligents et positivistes, confiants dans les progrès que la science n’a cessé d’apporter au genre humain. Nous sommes devenus une nation trahie par ses élites, avilie par le consumérisme individualiste et trompée par des cinquièmes colonnes d’illuminés qui organisent le dévoiement de la pensée.

Face au CRIIGEN, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) est un organisme public français indépendant chargé d'éclairer la décision publique en matière de biotechnologies, et notamment celles qui concernent les organismes génétiquement modifiés (OGM). Il a été créé par la loi du 25 juin 2008 et placé auprès des ministères chargés de l'Environnement, de l'Agriculture, de la Recherche, de la Santé et de la Consommation, il est constitué de deux comités indépendants : le comité scientifique et le comité économique, éthique et social. Ces comités sont chargés de fournir respectivement des avis et des recommandations. L'ensemble des deux peuvent prononcer des avis dits avis du HCB. Cette configuration a été choisie pour prendre en compte les risques environnementaux et sanitaires des biotechnologies, mais aussi pour évaluer leur impact socio-économique.  

 

Nous avons donc un organisme officiel créé par nos instances démocratiquement  élues et composé de plusieurs dizaines de membres de haut niveau et de différentes spécialités.  Or, dans son avis rendu le 19 octobre 2012, à propos des rats de Sèralini, faisant suite à une expertise pluridisciplinaire, le Comité scientifique (CS) du HCB note que le dispositif expérimental, les outils statistiques utilisés et les interprétations données par les auteurs de l’étude, souffrent de lacunes et faiblesses méthodologiques rédhibitoires, qui ne permettent pas de soutenir les conclusions avancées. Le CS en conclut que l’étude n’apporte aucune information scientifique étayée quant à l’identification d’un éventuel risque sanitaire lié à la consommation de maïs NK603 , traité ou non traité avec du Roundup.

Je demande aux citoyens de bonne foi, qui ont encore la tête sur les épaules, de réfléchir trois minutes. Qui a raison ? Le CRIIGEN, sorte de triumvirat auto constitué sans responsabilité légale,  ou bien le Haut Conseil des Biotechnologies responsable devant la loi et le gouvernement ? Il faut en finir avec ces farces pseudo-scientifiques installées à coups de clairon, en  disant que plus c’est gros, plus ça passe. En faisant l’autruche, nous mettons en danger notre culture et notre civilisation, qui risquent in fine d’être avalées par ces incroyables dévoiements de la pensée.

 

 

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