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02/11/2013

Parlons-en entre nous...

 

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Peinture de Jérôme Bosch



J’adore Nicolas Le Floch, Monsieur de Sartine et ses perruques, Louis XV, madame de Pompadour, les chevaux au galop dans la forêt, les carrosses, le château de Versailles. Je ne sais qui a inventé cette série télévisée. Le jeune  Nicolas sourit si bonnement, ses aides sont si compétents et si amicaux, qu’ils vous font oublier pour une heure ou deux les pires affres. Les pires affres c’est  de se sentir tout doucement un vieillard, un vieux douloureux et fragile, à moitié aveugle et englué dans ses vieux démons…

Il n’empêche que pour un demi-weekend, Quimper est devenu le centre du monde. Jusqu’à ce que tombe une nouvelle affreuse, celle de l’assassinat des deux journalistes de RFI qui ont payé de leur vie leur témérité et leur courage. Je pleure pour eux et leur famille. Ce sont des combattants, des soldats de l’info qui ignorent le principe de précaution. Que tous les ramollis du cerveau, de Notre Dame des Landes et d’ailleurs sachent où gîtent le vrai courage et la vraie dignité de la condition humaine.

Il n’empêche qu’à Quimper les cassures de tous bords se donnent rendez-vous. Une conjonction des victimes et des imbéciles qui préfèrent pointer des boucs émissaires plutôt que de rechercher leur propre faille. Le bonnet rouge est une trouvaille formidable, il suffit de s’en coiffer pour s’exprimer : pas besoin de manier les mots ni exprimer sa pensée. On cogne et puis c’est tout. Allez savoir comment répondre à une manifestation qui régurgite une bouillie de gaz lacrymogènes et de jets de pierre ou de feux de palette ? Admettons qu’on pende haut et court François Hollande et les membres de son gouvernement, vous croyez que la femme Le Pen, Monsieur Copé, madame Duflot, Mélanchon et l’illustrissime Poutou, puissent faire mieux ? Tous des Guillotins.

 L’agro-alimentaire français des années 70, fleuron de notre agriculture et particulièrement de la Bretagne est en train de sombrer, comme en leur temps les charbonnages du Nord ou plus près de nous la sidérurgie lorraine. On voit bien que nos agriculteurs et leurs plateformes de transformation des produits ne peuvent résister à la concurrence des productions de masse à faible valeur ajoutée. Que le danger nous soit venu d’Allemagne est un pied de nez. Après avoir été client vorace,  ce pays mangeur de cochon, est devenu producteur avec une puissance capitalistique extraordinaire. Echelle de production multipliée par dix, salaires hors des contraintes sociales, agriculture étrangère aux paysans et aux terroirs… Pour tout dire,  en catimini, l’Allemagne a procédé à l’installation d’un secteur industriel, répondant aux normes environnementales et sanitaires mais bien éloigné des rêveries écologiques à la Bové et plus encore des illuminations à la  Pierre Rabi.

Une fois de plus, les écolos nous ont traînés dans une impasse qui  a désarmé notre agriculture si brillante il y a vingt ans, devant la concurrence,  le changement, le progrès et la créativité. Nous ne sortirons rien de nouveau des moustaches de Mamère ou de Bové. La créativité s’exprime  dans la technologie, les laboratoires, la recherche et la science. La  critique tous azimuths de l’agriculture intensive des années 70, qui s’est  bornée  aux oukases anti-chimiques, a tout simplement chassé les chercheurs de leurs laboratoires et ruiné les tentatives d’innovation. L’arrêt des OGM, l’interdiction des gaz de schistes,  le freinage des camions, l’écotaxe aux effets incertains, mènent la France à la ruine. L’économie de marché est remise en question par pans entiers, par idéologie, par ignorance.. Voilà les résultats. Le pauvre F. Hollande qui n’y est pour rien est pris à partie par tous. Comment nos citoyens ont-ils bien pu apprendre que dès que quelque chose se déréglait c’était de la faute du gouvernement ? Ce n’est pas compliqué : la démagogie est permanente et la fuite devant les responsabilités est  quotidienne. N’est-ce pas NKM, Borloo, Pécresse ? Même les patrons qui, par définition, sont détenteurs du pouvoir et de l’initiative, coiffent des bérets rouges de la protestation !

En introduisant dans notre société la défiance de la science et de la technologie, nos écolos ont littéralement « infecté » 75% des esprits. Le résultat  dans les cas les plus caricaturaux produit les agités de Notre Dame des Landes, mais aussi le catastrophisme du changement climatique, de la fonte des glaciers, de la hausse du niveau de la mer, de la disparition de la biodiversité. Pendant ce temps-là on laisse péricliter nos industries, on déstabilise notre production énergétique et on joue aux apprentis sorciers avec le solaire et l’éolien. La décroissance envahit partout les esprits, le goût du risque déserte notre jeunesse qui n’a plus qu’une ambition : voyager pour le farniente et le plaisir, si possible aux frais du contribuable.

Pendant ce temps, on abreuve d’injures les émigrés qui font les sales boulots dans la ferraille et le béton,  ou bien dans  les arrière-cuisines des restaus de luxe. Si toutefois ces malheureux ne sont pas morts de soif dans les sables sahariens ou péris en mer sur les côtes de Malte ou de Lampedusa. On promet le goudron et les plumes aux patrons toujours coupables d’avoir trop d’argent. Alors Mélanchon ? tu crois qu’on fait des emplois sans entreprises et des entreprises sans patrons ? De l’extrême-gauche à l’extrême droite on promet de raser gratis, d’augmenter les petites retraites, d’avoir de l’embauche au prix qu’on veut et à sa porte, de vendre des voitures au monde entier et du jambon de Paris à Munich. En attendant on boit de l’excellente bière belge, mais nous n’en avons pas pour autant plus d’humour. La Toussaint est une bien triste période. Il n’y a pas plus muet que les morts, si sagement alignés sous leurs sinistres pierres tombales. Espérons que pour Noël, nous apprendrons avec nos enfants et nos petits enfants à rire aux éclats.  Le rire de mes petites filles me console de toutes les colères du monde.

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