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23/02/2014

Y-a-t-il un médecin dans l'avion ?

 

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Hélice de Robert Delaunay

 

Chacun sait que je suis un apôtre zélé de Saint François de Corrèze, élu en avril 2012 Président des Français. Des esprits peu charitables me désignent par dérision comme le sacristain de Saint François. Certes. Il n’empêche que mon héros a fait très bonne figure aux Amériques entre Michelle et Barak Obama. On a fabriqué toute une affaire en soulignant que notre Président, sans femme légitime, allait être fort démuni  au cours de cette visite d’Etat. Il n’en a rien été et à mon avis il a affiché une tout aussi bonne figure seul, que s’il avait eu Valérie à sa gauche  et Julie à sa droite, voire Ségolène en flanc-garde. Gattaz notre ennemi mortel, l’a bien compris qui,  très hostile et arrogant à l’aller tant il était convaincu  de sa supériorité dans le rapport de forces, s’en est revenu doux comme un agneau pour faire allégeance. Eût-il été ministre  qu’on aurait crié au couac et à l’amateurisme indécent ! Pour le patron des patrons on a jugé que c’était seulement une erreur d’appréciation sans conséquence.

Grand succès donc que ce  séjour aux States tout auréolé des  campagnes réussies d’Afrique, de Bamako à Bangui. Même les stars du bizness moderne, nos créateurs de start-up, ont applaudi. Il y a beaucoup de narcissisme chez ces gens-là. Ils n’entendent pas passer inaperçus. Sous Sarkozi, les petits malins ont tout appris, sauf la modestie. Rappelons-nous Séguéla et sa montre bling-bling. Pour rassurer les patrons il faut leur dire qu’ils sont beaux et qu’on les aime ! Comme des demi-mondaines !

Ces patrons-là ne ressemblent pas aux autres. Les gringalets boutonneux draguant sur facebook à la terrasse des cantines d'hypothétiques et virtuelles vamps de synthèse, peuvent se révéler du jour au lendemain comme des poules aux œufs d’or qui transforment tout ce qu’ils touchent en joncaille. Trois cents milliards pour Google, deux cents pour Facebook, ces gosses-là gagnent plus qu’au Loto.

  Notre Président qui se fout de l’argent voudrait bien que les lascars viennent lui prêter la main pour pousser notre économie encore mal à l’aise sur ses fémurs. La richesse des uns ou des autres honnêtement et intelligemment créée ne peut pas nuire aux gens qui sont pauvres. Je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur les difficultés qui entravent notre économie aujourd’hui. En interdisant les gaz de schistes, en diabolisant les OGM et en calomniant honteusement le nucléaire, les écolos mettent la France à genoux. Ils sont tout le contraire de nos nouveaux capitalistes. Peste soit de l’argent et de la croissance disent Duflot, Mamère ou Mélanchon ! Evidemment avec une paye de sénateur ou de député on peut voir venir. Quand on gagne sa vie en faisant des ménages il vaut mieux avoir des patrons qui payent bien ! Donc qui gagnent bien. Mais ça, c’est l’affaire du menu peuple, dont on se fiche !

Si on y regarde d’un peu plus près, les tenanciers véreux et autoproclamés de notre planète, qu’on désigne comme les Verts, sont justement des gens qui n’y connaissent rien, mais vraiment rien. Ils sont nuls en sciences exactes mais tout aussi nuls en économie ou en politique. Ils brillent seulement comme gourous et manipulateurs des peurs de nos concitoyens. Ils sont fabulistes, acteurs médiévaux de leurs propres comédies sur les parvis de nos nouvelles cathédrales que sont nos centres commerciaux. Sous cet angle, la matière du  sectarisme métaphysique illuminé est inépuisable ! Du haut de ces tribunes quasiment pataphysiques, on peut ainsi tourner en dérision la science disqualifiée comme officielle et comploteuse et totalement aux ordres du capitalisme. De fait les généticiens, les géologues, les agronomes n’ont plus le droit de cité. Le gouvernement, les assemblées, les commissions peuvent se passer d’eux, sous prétexte que ce sont des ringards tournant le dos à la modernité. Les vrais ignorants ignorent l’étendue de ce qu’ils ignorent !

 

Et pourtant que ce soit en Amérique, en Chine ou au Brésil, la science fait marcher le monde. Il n’y a qu’en Europe qu’on refuse le progrès technique et scientifique. Cet obscurantisme est étayé par un seul mot d’ordre : «  Eteindre partout les lumières et construire des moulins à vent ! » Et comme si ça ne suffisait pas on soutient comme hier à Nantes, les casseurs et les anarchistes internationaux. Quel droit Bové qui se dit européen, veut-il faire triompher à Strasbourg ?

Notre vieille Europe et singulièrement la France se sont bâties et ont resplendi  au  siècle des lumières. Grâce aux Verts et à leur idéologie fumeuse nous nous préparons  pour demain des décennies de déclin, de pauvreté et de dépendance.

10/02/2014

altération des couleurs

Altération des couleurs

J’aime le rouge, la couleur de la butte du même nom, celle qu’on gravit à ses dépens, en risque tout, sans un regard sur l’arrière et sans une pensée pour le lendemain, la butte de la révolte. J’ai toujours protesté contre la boue du monde, dans laquelle pataugent  en troupes les canards boiteux et les satrapes, idiots ou violents, rapaces et sanguinaires . Jeune garçon, comme un cabri fou, je me ruais sur toutes les mulétas que m’offrait mon village vu d’en bas, avec l’injustice et  la mort, avec l’insulte de la misère, de la honte et du mépris. J’ai toujours vu rouge quand je voulais la liberté des peuples, des gens et des esprits. Il faut le dire, il n’y a pas de liberté sans révolte et pas de création sans liberté. Voilà pourquoi le rouge est la plus chère de mes couleurs, avec son oriflamme toujours brandi qui est celui de l’honneur et de la dignité.

Le bleu est la couleur des grands horizons, la couleur de la mer, et de l’outremer qui ne connaissent pas les bornes. Le bleu encadre les déserts, les voyages, les bateaux. Le bleu est la couleur merveilleuse  de la Méditerranée, celle des sardines grillées sur les terrasses, celle des filles qui rient aux éclats. Le bleu est la teinte de la tendresse et de la douceur, celle de l’amour qui se joue pendant des jours et des jours. Le bleu me calme et me donne confiance et repos. Pour moi l’amour d’une femme est toujours en bleu.

 

Le jaune incendie de soleil les hamadas et les ergs . La flamme de la découverte éclaire les esprits d’un jaune aveuglant. Le jaune est la lumière forte de la vérité, celle qu’on dit contre les vents et contre les marées de l’ignorance et des croyances obtuses et confuses. Le jaune nous raconte l’opulence des moissons  avec la densité de l’or. Je crois bien que sans le jaune, la misère serait insupportable. C’est idiot de parler de la vie en rose, je préfère avec Pablo parler de la jaune existence des saltimbanques.

 

Le vert a enveloppé mon enfance, c’est la couleur des enclosures avec leurs pommiers et leurs vaches à lait, celle des noisetiers et des fougères grand aigle. Je crois bien que le cresson dans les mares et les iris des rivières ont déterminé ma vie. Je l’ai consacrée aux chlorophylles , ces pigments miraculeux de nos respirations quotidiennes, qui nous jouent  un incessant ballet d’ondes lumineuses et de bulles légères.  Du jardinet des trottoirs à la jungle de l’amazone, de la soupe aux choux à l’herbe à chameaux, le vert est la couleur de la vie. Dommage que les écolos en aient fait un instrument d’idéologie et de pouvoir. Instrumentalisation sacrilège devrais-je hurler mais qu’un juste retour des choses devrait renvoyer cul par-dessus tête. L’humanité se trompe parfois mais jamais pour la fin des temps.

 

Le blanc ! J’ai horreur du blanc. Le blanc est le mélange de tout et la couleur de rien. Le blanc est la couleur de l’étole du prêtre au confessionnal, sur fond noir de soutane. La vertu ou la mort ! Impossible alternative ! Le blanc de la couronne de fleurs d’oranger distingue la vierge mariée, vertueuse victime des mâles épigones, qui va répandre son sang sur la blancheur du lin. Le blanc est aussi celui de la page vide, du cerveau en panne, des yeux aveugles, des esprits impuissants. Le blanc c’est le mélange de toutes les couleurs, du sans opinion du sans relief, celui qui fait passer l’inutile pour de l’acceptable. Le blanc enfin est la couleur des linceuls, une dernière tentative pour ravaler tous les mortels à l’humiliante nudité devant l’infini.

Pour mon malheur je ne vois plus toutes ces couleurs, les longueurs d’onde n’ont plus de sens pour mes yeux fatigués. L’arc en ciel miraculeux sur fond violet de ciel d’orage ne sera bientôt plus qu’un souvenir de jeunesse euphorique et passionné. En revanche je garderai sur mon cœur endolori toutes les substances, et toutes les passions des couleurs de la vie.