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23/07/2014

Petit exercice de géométrie sociale

 

 

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Le 14 mars 2009 j'écrivais ceci :

"Quand on parle de décentralisation, il faut imaginer ça dans l'espace et en trois dimensions. En bon géographe j'ai appris qu'un espace c'est un cercle avec un centre et une périphérie. Le problème dans les rapports sociaux c'est que le centre a toujours la main sur les marges. Regardez Paris qui fait la loi politique, économique, sociale et culturelle sous les yeux ébahis des marginaux provinciaux. Décentraliser  consiste à rapprocher les centres des zones frontalières, comme l'ont assez bien réussi les lois Mauroy-Deferre. Les institutions politiques, les sociétés industrielles, les administrations fonctionnent sur ce type d'organisation, plus vous êtes loin du bureau du Patron moins vous comptez dans la réalité.

Autre figure géométrique inquiétante : la pyramide. Notre conception de la société est hiérarchisée. Le Grand Chef est au sommet et règne sur les étages inférieurs dans lesquels s'affairent des castors qui ne cherchent qu'à grimper. La base qui supporte le tout,  n'a qu'à se lever tôt et ne rien dire. Cet ordre pyramidal est justifié par l'élitisme républicain. Ceux qui sont au dessus sont réputés être des gens plus intelligents et plus méritants. Ils sont donc mieux payés, et mieux considérés. Ils habitent les Beaux Quartiers.

A Droite on a le culte du Chef, oui Chef, bien Chef. A soixante dix ans je conteste cet empilement social, largement surfait. Comme le martelait le bon Professeur Jacquard, pour qu'il y ait un premier, il en faut bien sûr un second et encore plus un dernier. Les gars de la marge du cercle et de la base de la pyramide sont donc les derniers des derniers. Le problème c'est qu'à Gauche on s'est habitués à cette idée politiquement correcte..

Je ne connais qu'une méthode pour renouer avec un certain équilibre social, qui n'est pas de décentraliser mais de brouiller les cartes. Il faut trans former le cercle en toile d'araignée et ramollir l'ossature de la pyramide. On en arrive à une structure souple, mais cependant résistante et efficace à l'image des composés moléculaires en réseau. Les coopératives, les mutuelles, les associations loi de 1901, les syndicats, les chambres consulaires sont des structures en réseau.

La difficulté c'est qu'aucun de nos hommes politiques, petits, moyens ou grands n'a intérêt au rétrécissement des distances sociales. Comment devenir puissant sans avoir des troupes d'assujettis ? Comment commander si personne n'obéit ? Malgré cela,  je sens bien avec la floraison du Web, que nos sociétés modernes vont abolir une par une les fausses médailles et les privilèges qui s'y rattachent. Beaucoup d'hommes (et de femmes bien davantage) découvriront  une valeur jusqu'ici très inégalement répartie : la dignité"

Ainsi le redécoupage des régions françaises n'est pas seulement un exercice d'optimisation économique c'est aussi un processus de manipulation sociale complexe, parfois involontaire. Sans l'avoir voulu des petits pays risquent de se retrouver loin du centre et bien en dessous des grands courants d'activité. La  solution consiste à connecter chaque commune ou chaque intercommunalité à un réseau actif de solidarités et de coopération. En géographie on appelle cela le jeu des complémentarités.

 

 

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