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13/09/2014

La pêche à la baleine

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A la pêche à la baleine je ne suis pas allé depuis trop longtemps, à cause du mauvais temps, des vagues et du vent. Je dois avouer aussi mes insomnies,  ma façon de verrouiller les capots et de clore le  rideau de  mon alcôve. Il faut dire aussi que tout est interdit aujourd’hui, surtout la chasse aux cétacés, même pour manger, encore plus pour s’éclairer avec les grassets d’avant. Pourtant comme énergie renouvelable on ne fait pas mieux, il suffit d’élever des baleineaux.

Il y a heureusement une sorte de cachalot qu’on peut encore attraper, c’est la baleine bleue à yeux bleus qui n’est pas au catalogue. Il faut y aller nuitamment, en baleinière par gros temps. C’est l’oncle du cousin Gaston qui m’a montré. Il est revenu une fois, trempé comme une soupe en jetant le bestiau sur la table avec un grand couteau. Il a dit « Dépêchez-vous de la dépecer, j’ai faim, j’ai soif, je veux manger »

Pas de chance, c’est la baleine qui a pris le couteau et poignardé l’oncle à Gaston en plein cœur et puis ensuite elle est partie. Depuis cette affaire je me méfie. J’ai congédié le fainéant de Gaston et j’ai acheté une très grande marmite. Quand, au cœur de la nuit, je pique une énorme baleine avec mon harpon, je lui demande d’abord poliment si je peux la découper en petits morceaux façon lardons. En cas de refus, je me dépêche de la remettre à l'eau.

Avec ma longue expérience, je rentre rarement bredouille et je peux chaque jour, faire bouillir ma tambouille. Grâce aux leçons de l’oncle à Gaston, ma vie est comme un rêve ininterrompu, malgré le grand nombre d’imbéciles de toute nature qui vivent à vélo ou dans le métro. Je suis le dernier pêcheur de cachalots qui prend l’eau chaque jour avec son bateau. Si on écoutait les écolos, même en canot, les captures de baleines bleues à yeux bleues seraient interdites.

Je refuse de m’embarquer dans cette galère car il ne faut pas confondre Jacques Prévert avec un chasseur de panthères. Il a toujours soutenu Dieu le Père sur son nuage amiral et mis en boite les gros thons. C’est dire si je rigole en lançant mon harpon dans la nuit absconse car j’ai toujours l’espoir de ramener un individu de la plus grosse espèce. J’en fais toute une histoire, bien au chaud sous ma couette, quand je suis rentré de la mer, je rêve de faire tirer mon doris par un chameau pour exterminer des baleines vertes.

Il faut dire que les baleines vertes sont mes ennemies. Elles ont les yeux rouges et elles se déplacent en bandes. Elles chassent en meute en éructant de la bave et des cris d’orfraie. On dit qu’elles se sont échappées d’un zoo et qu’elles prolifèrent. Elles ont un téléphone portable et n’arrêtent pas de faire des twitts. Elles disent n’importe quoi, elles hurlent avec les loups. Ces bêtes-là me donnent des boutons. Elles me gâchent mes nuits et mes jours et mes parties de pêche, car elles sont racistes, menteuses et manipulatrices. Parfois je me demande si nous n’allons pas être submergés, sous l’effet du ressac, par une marée de vert-de-gris poussant des troupeaux de pyjamas rayés.

Nous vivons une drôle d’époque. Au nom de la biodiversité on laisse se multiplier les baleines vertes et les gros thons. Il est urgent que les philosophes se réveillent et trouvent quelque chose à dire de sensé qui tire nos compatriotes vers le haut. Pour ma part quand je suis à la pêche à la baleine, j’ai souvent le sentiment qu’un monde ancien s’écroule sans qu’il soit remplacé par autre chose qu’une grosse pagaille individualiste, égoïste et populiste, un champ de bataille sans queue ni tête. Je me dis alors qu’Il est grand temps, pour nous les hommes et les femmes libres, d’avoir enfin pitié de nous-mêmes !

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