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23/12/2013

L'âne Onyme


 

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L’âne Onyme

 

« On », pronom indéfini qui qualifie celui qui l’emploie. Ainsi s’exprimait mon instituteur, véritable hussard de la République, rigoureux et intransigeant. Il est vrai que ce « on » est le plus souvent chassé des grands textes de la littérature française. Mais de nos jours on peut dire que c’est une tournure qui fait un retour fracassant, par la porte du Web, largement ouverte à toutes sortes d’expressions, plus ou moins contradictoires et plus ou moins justifiées dans lesquelles l’anonymat devient une banalité. Cet incognito généralisé me rappelle quelque chose qu’on nomme les lettres anonymes utilisées pour embastiller son voisin ou pour se venger d’avoir été trompé par sa belle. Il m’est resté de mon maître d’école, certes le souvenir d’une règle de grammaire mais aussi et par conséquence, une condamnation morale de l’absence de signature et la conviction qu’on ne peut guère juger d’une idée ou d’un texte en ignorant sa date et son auteur.

Vous avez compris que je préfère Tonnerre, âne du Cotentin né le 20 juin 2008 de Pampa des Grèves par Milord de Thibosville,  à l’âne Onyme. La rigueur intellectuelle qui a tendance à s’échapper par tous les pores de l’actualité immédiate, commentée par twit-twit, cet infernal gazouillis d’oiseaux inconséquent en 140 signes, est la première victime des  pseudonymes et des profiteurs de l’ombre. J’ai récemment piqué une colère contre un article de mon journal préféré, du à trois journalistes qui enfilaient comme des perles les citations de milieux proches du Président, les phrases de conseillers de ministres, et les jugements définitifs de députés de la majorité, sans jamais citer aucun nom. Avec cette technique qui s’abrite derrière les milieux autorisés, Coluche n’est pas loin !   il est loisible de faire dire ce qu’on veut sans que jamais puisse être vérifiée l’authenticité ni même la vraisemblance des propos. Il s’agit d’intox, pas d’info.

Dans le domaine scientifique, la première des précautions à prendre en exposant un problème, est de citer ses sources. Il faut toujours préciser le titre de l’article, sa date, son auteur, le nom du périodique si c’est le cas, son éditeur et son lieu d’édition. Les  références bibliographiques sont peut-être ce qui doit être examiné en premier, pour juger d’un article ou d’une thèse.  C’est à partir de là que peut-être apprécié l’état de l’art et conclu que le travail de recherche a été mené avec compétence. Nous sommes bien loin de ces précautions quand il s’agit d’articles de presse ou d’une grande partie de la littérature grise, rapports, thèses et synthèses, fournis par des institutions ou des services sans qu’on sache qui est le vrai signataire. On a vu avec le rapport sur l’intégration mis en ligne par les services du premier ministre que ça peut finir par des quiproquos calamiteux.

Pour ce qui est de mon blog, entretenu par le souci principal de soumettre mes idées à la critique de mes contemporains et amis proches ou lointains, j’écarte rarement de leur publication les commentaires, dès qu’ils sont empreints d’une certaine sérénité, qu’elle soit acide, amère ou sucrée. Même s’ils sont signés d’un pseudo impénétrable, à l’instar de  Madame ou de Monsieur Couac, qui m’a fait l’obligeance de lire et commenter mes chroniques cette semaine. Malgré le plaisir que j’en ai,  je trouve que le jeu est un tantinet inégal, asymétrique. Chacune de mes chroniques est surmontée de ma photo et on peut me joindre à tout moment par mail. Elles sont tout le contraire de l’anonymat, par souci de rigueur, et non par gloriole ou par vanité (enfin je le crois). Il est tout à fait normal quand on écrit quelque chose d’en prendre la responsabilité entière. Pour ma part j’en accepte  les conséquences quoiqu’il arrive. La signature d’un texte est le premier signe nécessaire (mais loin d’être suffisant) de sa qualité.

La coutume est de se demander si on peut rire de tout. Je crois pour ma part que l’humour doit d’abord s’appliquer à soi-même, avec une bonne dose de dérision si on en a  la force. Cette attitude est nécessaire pour prendre du recul, de la distance face aux écrits et aux idées. La passion s’en mêle si vite que souvent la confrontation verbale s’emballe et donne des boutons. L’avantage de l’écrit, qui oblige à choisir ses mots et respecter l’orthographe et si possible la ponctuation, est qu’il exige du temps et un certain retour au calme. J’aime les polémiques et les controverses car elles permettent aux idées de se préciser et de s’affermir, même avec une rédaction informelle, à condition de ne pas trop se prendre au sérieux et de faire preuve de pondération et de responsabilité. On peut rire de tout, mais à l'abri des masques, doit-on pour autant dire n’importe-quoi ?

16/12/2013

La routine ou la mort

 

 

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P. Picasso - La mort du torero


Mourir disait le chanteur, mais vieillir ! Son vœu a été exaucé pour ce qui le concerne, mais je ne suis pas sûr qu’il en ait été enchanté. Je me réjouis de voir aujourd’hui les personnes retraitées si heureuses d’être en vacances permanentes, d’avoir plein de choses à faire et mettant en scène leur bonheur quotidien. Elles aiment la marche à pied pour les artères, ne mangent pas gras, ni sucré et n’ont jamais une minute à perdre. Nos séniors voyagent, ils sourient de toutes leurs fausses dents et ils sont bien habillés. Ils portent des Ray Ban comme des vedettes  de cinéma, mais c’est seulement pour masquer leurs cataractes. Ils ne cessent de ressasser leurs souvenirs et de rabâcher leur vie pour la rendre exemplaire. Les plus audacieux  ricanent de leurs malheurs et se vantent de leurs prouesses sexuelles. Ils exhibent volontiers leur culture et se comportent comme des cuistres insupportables. Le troisième âge est admirable de naïveté et d’insouciance. Et pourtant, ce n’est plus l’heure des projets, c’est celle des règlements de compte.


Jacques Brel avait raison. Rappelons-nous du tic-tac inexorable de la pendule. Chaque année qui passe entame un capital qui s’évapore en silence. Dans ce calcul-là, le dernier jour est le plus rare, le plus cher, le plus précieux. La dernière seconde est une pépite incroyable, un diamant mythique, celui du passage de vie à trépas. Voilà pourquoi je m’étonne de voir tous ces séniors, bronzés, parés comme des stars, se rassembler dans des  paquebots de croisière luxueux, des stations balnéaires dorées et des restaurants gastronomiques hors de prix. Pour un oui pour un non ils se précipitent aux antipodes, recherchant la légitimité du grand voyageur, l’adoubement des polices des frontières, brandissant fièrement leurs passeports couverts de visas. L’humanité hors d’âge s’attache aux plaisirs de la vie dans un incroyable effort de légèreté. Elle trompe l’ennui et se détourne de l’heure fatidique en se bourrant de petits gâteaux et  de grand cru classé.

 

Pourtant chaque jour rapproche ces hommes et ces femmes d’une issue fatale qui bien souvent les terrorise, d’autant plus qu’ils feignent de l’ignorer. Apprivoiser la mort n’est pas un travail facile. La visite des hospices de la dernière phase est instructive. Les vieillards attendent la bouche ouverte qu’on les nourrisse, en tremblant de tous leurs membres dans une incroyable odeur de pisse. Malgré cela, nous sommes tous à supplier le bourreau pour qu’il nous accorde encore une petite minute. En réfléchissant un instant à la vue de ce tableau,  on se demande si ce ne serait pas mieux d’aguicher la camarde et de lui proposer un petit tour de valse.


L’espoir secret de beaucoup et le mien en particulier est que la Dame à la faux nous surprenne au détour d’un sentier de la forêt, dans l’épais brouillard matinal, à l’heure où les sangliers vont boire, quand les rapaces regagnent leurs cavernes. Trop tôt pour que les passereaux commencent à chanter et  que les fleurs déplient leur corolle. La confrontation avec la créature morbide est muette et brève, trop silencieuse pour interrompre l’ordre des choses. Comme des milliers d’êtres vivants qui s’éteignent au même moment sur la planète, vous cessez d’exister. Votre regard est devenu fixe et votre peau très grise. Vos muscles se durcissent et s’apprêtent à la rigidité cadavérique.


J’entends déjà mes amis me dire de penser à autre chose, que le sujet de la mort, en particulier de la nôtre, est triste. Je ne suis pas d’accord avec eux. Si nous n’y pensons pas avant, après il sera trop tard. Mourir par surprise vous évite évidemment cette peine d’imaginer, de programmer, de mettre en scène, mais il nous faut convenir que la mort subite vous vole quelque chose qui appartient à votre humanité. Je ne suis donc pas un adepte de la routine qui vous enfouit par couches successives dans le tombeau final. Je ne veux pas qu’on me jette pelletée par pelletée l’oubli qui va recouvrir mon existence pour  m’y envelopper et m’y coucher, résigné, fatigué, presque déjà endormi pour l’éternité. Je suis au contraire pour une conscience réaliste de l’issue fatale, c’est la seule façon de vous donner envie de vivre encore, vraiment.


On ne peut pas aimer la vie sans attacher du prix à sa mort. Depuis deux millénaires il me semble que la chrétienté s’en est remise à Dieu pour en décider. Le baptême est immédiatement proposé pour finir dans les bras divins. D’accord pour ceux qui croient à ce conte merveilleux. Mais les autres ? Au lieu d’ un sacre pour le Paradis je propose qu’on remette à chaque nouveau-né, un kit bien dosé, à n’ouvrir qu’en cas de volonté absolue qui vous donne la clé pour l’au de-là ! Un viatique qui ne pourrait servir qu’une fois, non renouvelable, personnalisé, vous assurant un départ en douceur, en musique et sans tra-la-la. On va me traiter de criminel, mais je connais plein de gens qui en ont ras-le-bol d’être des vieillards insupportables, et qui iraient chaque matin contempler dans son tiroir déverrouillé, la misérable petite boite dorée de la mort, en attendant de se décider.

10/06/2013

Clément Méric

 

 

Cette semaine je ne ferai pas de chronique. Je veux seulement  m’incliner devant la mémoire de ce gamin qui a rencontré la mort  sur un trottoir de notre capitale, le visage  écrabouillé . Clément Méric poursuivait les rêves des justes contre le racisme et pour la démocratie, il a été assommé et assassiné à l’aube

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Photo "Le Monde"


tendre  de sa vie. On ne sait pas ce que cette existence aurait apporté aux siens, à ses amis, à son pays. Il aurait pu avoir une femme et des enfants, et faire le don à tous de son imagination, de sa créativité et de ses amours. Une brute, victime de ses propres errements a effacé tout cela d’un coup au visage, un coup chargé de haine et de cruauté. Clément était la civilisation, son meurtrier en est l’ennemi, de ceux-là même qui se chargent d’effacer l’intelligence en frappant, en torturant, en tuant. Je souhaite que ce drame nous serve à tous de leçon en éloignant de nos discours le bruit et la fureur, la haine et le mépris, la violence et les armes.

01/06/2013

Changement de temps


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 Kandinsky Un sentier de Bohême en automne

 

 

En cette fin de semaine j’oublie moins que jamais ma dévotion à Saint François de Tulle dont je suis le bedeau attitré. Les temps changent. Avec la météo pourrie  s’estompent également les derniers ruissellements du Hollande « bashing ». Le Corrézien a eu bien raison d’opposer depuis son élection sa sagesse et son entêtement à l’impatience des média et aux quolibets de ses adversaires. Il a même dû calmer certains de ses amis  de leurs excès de fébrilité militante. Comme je l’ai appris dans ma jeunesse en affrontant des forces 7 ou 8 dans le nez à trois heures du matin sur mon voilier, il faut se persuader sur le pont  que les coups de vent ont une fin et qu’après eux reviennent  les brises légères et porteuses. Pour le Président le signe annonciateur est un coup d’arrêt dans les sondages. Comme le titrent les journalistes, une embellie semble enrayer  la chute vertigineuse, le décrochage abyssal de la cote de popularité du Président. On est toujours plus prolixe dans le négatif que dans le positif. Cela semble plaire infiniment à nos concitoyens.

 

Mais ce ne sont pas ces enquêtes d’opinion qui me réjouissent, ce sont d’autres investigations. La dernière date d’hier soir avec la mise en examen de la filiale UBS France, pour pratiques frauduleuses qui proposaient aux gens riches de faire de la dissimulation fiscale au détriment de l’Etat français. Notre justice se réveille ! Ces faits remontent à une dizaine d’années, ils ont pu se déployer, Cahuzac en tête, sur notre territoire sans que nul ne soit inquiété. Les temps changent vraiment. Le ciel s’éclaircit. Au même moment, voilà que se trouve mis en examen un ancien Président de Tribunal, un vénérable de 86 ans Pierre Estoup. Je n’en reviens pas ! Dans les années Sarkozy le même homme, bien sous tous rapports, était choisi par notre administration,  avec deux autres grands bourgeois bien établis, pour régler un litige avec Bernard Tapie. Jusqu’à présent on répétait partout que c’était la meilleure solution car on faisait économiser du temps et de l’argent à l’Etat. C’était la parole de l’excellente Madame Lagarde, qui n’a pas une tête à être copine avec Tapie ! Et voilà qu’aujourd’hui ce Pierre Estoup est inculpé d’escroquerie en bande organisée !

 

Ces deux dossiers  ont une autre signification sociale que les mises en examen des petits apparatchiks socialistes qui en comparaison sont des vrais gagne petit, sauf peut-être pour le bandit corse de la région PACA. La presse de droite a tout fait pour en faire le  pendant d’équilibre droite-gauche pour finir avec un "tous pourris", et vive la belle Marine. Pas de chance, même elle se prend les pieds dans le tapis , se casse le fessier dans sa piscine et peut-être aussi un peu dans sa molle opposition au mariage gay. On sent une grosse déconfiture à droite avec pour décor ultime les avatars de la primaire pour la mairie de Paris.

 

Mes camarades militants du PS doivent se rendre compte que la lutte contre l’évasion fiscale et contre les entourloupes d’Etat est aujourd'hui devenue une réalité et les preuves que la société peut changer, même si  ça demande du temps et beaucoup de confiance. Remarquons au passage que notre excellent Bernard Cazeneuve devenu ministre du budget ne manquera pas ses cibles quand elles passeront à portée de ses fonctions, en particulier celles de l’affaire Karachi. J'en vois pour confirmation , même si notre ministre  n’y est bien sûr pour rien,  que Ziad Takiedine est remis en prison depuis hier. Copé était quand même un grand ami de cet homme aux allures d'aventurier-truand, puisqu'on l'a vu nager dans les eaux troubles de sa piscine et de son  yacht.

 

Bien sûr tout ceci est satisfaisant mais ne peut avoir rien de définitif sans un retournement économique pour que les entreprises cessent de se plaindre et investissent à nouveau,  qu’elles arrêtent de spéculer dans la finance pour s’impliquer dans la bagarre industrielle et la compétitivité. Ce n’est qu’ensuite que le chômage cessera d’augmenter et que le pouvoir d’achat s’améliorera. Seulement alors, les Français vivront mieux. Les bonnes mesures ont été initiées au printemps  par le gouvernement. Elles ne peuvent pas avoir d’effet avant l'automne mais elles en auront ! Dans six mois, dans un an !  Saint François prêche pour une social-démocratie sobre, industrieuse et juste. Je suis l’un de ses partisans lucide et déterminé.

10/05/2013

Le déclin de l'humanisme

 

 

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 Andy Warhol- La liberté

J’ai bien conscience qu’en écrivant cette chronique, je rejoins la procession des vieux râleurs qui regrettent le bon vieux temps.  Je vais donc tenter de me modérer et d’être aussi lucide que possible. L’idée  générale est que la précipitation médiatique s’opère au détriment de l’exactitude des mots et de la rigueur du raisonnement. Nous n’avons plus le temps de la démonstration et du dialogue. Les journalistes, qui sont en première ligne pour forger  l’opinion, ont perdu le sens pédagogique au profit du sensationnel. Inutile pour eux de juger sur pièces, de contrôler leurs sources, de rechercher les contradictions ou de pointer les invraisemblances, il leur suffit d’opposer deux opinions radicalement opposées pour jouer à Ponce Pilate. Pour faire bonne mesure on invite deux « bons clients » bien décidés à en découdre et à paraître à leur avantage, quelle que soit la valeur de leur argumentation. On est dans le spectacle, la communication et la démagogie.

 

C’est avec ce genre de méthodes qu’on a laissé s’incruster trois dogmes écolo-scientifiques qui sont à la base de la déroute psychologique de la France. Je parle de la peur du nucléaire, du rejet des organismes génétiquement modifiés et du réchauffement climatique. Dans les trois cas les mêmes arguments biaisés et faussés, les mêmes actions théâtralisées, les mêmes lobbys opaques sont mis en œuvre pour convaincre l’opinion. Nos média auraient pu tenter d’y voir plus clair, s’essayer à de véritables constats scientifiques, organiser des débats sérieux  à partir de faits objectivement établis. En permanence les télévisions et les journaux ont préféré la mousse des polémiques et la facilité des invectives. Les média préfèrent suivre l’opinion de leurs clients que de forger des pensées bien charpentées.

 

Ainsi en est-il du nucléaire civil dont la France apparaît comme un des premiers opérateurs dans le monde. Les écologistes ont choisi de se battre contre la radioactivité et ses effets particulièrement nocifs sur l’environnement et sur les êtres vivants. Cette dangerosité n’est contestée par personne et il faudrait être fou pour le faire. L’enjeu de l’ingénierie nucléaire est justement de maîtriser la radioactivité exactement comme nous avons su contrôler les risques  de l’aviation commerciale ou les dangers de l’électricité, eux aussi bien réels. Pour demander la fermeture des centrales nucléaires j’ai vu de célèbres écologistes distribuer des photos de fœtus monstrueux, la « clope au bec… » Une large fraction de l’opinion française se trouve détournée du véritable objet  du progrès pour se retrouver dans l’impasse désespérante du mix énergétique conçu comme une promesse de paradis !

 

La deuxième question est celle du réchauffement climatique. Comme par hasard au dire des écolos, nous avons tout à craindre de ce réchauffement, même en Normandie qui ne serait pas fâchée d’avoir quelques degrés de plus. Depuis dix ans on n’a pas cessé de seriner qu’on voyait déjà toutes les manifestations de ce dérèglement, la sécheresse et les inondations, le manque de fourrage et l’irrigation du maïs, les 500 millions de réfugiés climatiques, le reflux de la banquise, le détournement du Gulf Stream, qu’est-ce que je sais ? Comme personne n’est vraiment capable de prévoir le temps avec huit jours d’avance, comment en serait-il de prévisions à cinquante ans ? On s’aperçoit aujourd’hui que les indices de réchauffement publiés à l’envi par nos augures se trouvent moins vérifiés depuis quelques années et que même des défenseurs du réchauffement commencent à avoir des doutes. Malheureusement la question n’intéresse plus les média puisqu’apparemment la catastrophe paraît moins imminente. Dans cette affaire le seul point positif à mon goût est celui de la désacralisation de la bagnole, au moins pour certains, car jamais les Porches ne sont aussi bien vendues.

 

La dernière question, peut-être la plus grave à court terme pour l’économie de notre pays est celle de la religion anti-OGM. Il n’y a que les ignorants qui croient que les performances des semences et des plants, des troupeaux pour le lait ou pour la viande sont seulement un atout aux mains des multinationales (ah la terrible Monsanto !). Ils devraient savoir que pour les agriculteurs qui, comme tous les autres producteurs de richesses, vivent de leur travail, voient leur revenu directement corrélé aux aptitudes productives de leur matériel animal et végétal. Tous les « bobos » regrettent les bonnes tomates d’autrefois, à ceci près que 80% de ces tomates commercialisées en supermarché, feraient dès le premier jour une purée dégoutante entre leurs mains avides qui tâtent et retâtent les fruits avec précipitation  et inconscience ! Les nouvelles variétés sont mises au point pour nos modes actuels de consommation. Que dire alors des progrès mondiaux acquis dans la résistance aux maladies ou dans une meilleure efficacité de la consommation en eau ? La dangerosité des  OGM est du domaine de l’imagination et de la supputation scientifique sans aucune confirmation objective. En détournant l’opinion de cette voie royale des progrès génétiques, les écolos se dirigent directement vers un monde malthusien fermé à l’innovation. Avec eux le progrès c’est l’arrêt de la croissance et le retour vers une sobriété largement fantasmée ! Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Parisiens soient privés de cerises à Noël, mais j’en vois d’énormes à ce que les enfants des populations précaires manquent de farine ou de lait jusqu’à en mourir !

 

Voilà ce que je me dis quand je ne dors pas au moment où je le devrais. Il me semble que nous devons nous révolter, nous rebeller contre cette pensée unique qui se détourne d’un principe : la science au service du peuple et d’une espérance : nos petits-enfants vivront mieux que nous !