lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/06/2012

Eloge du colleur d'affiches

 

bernard cazeneuve,cherbourg,cotentin,législatives

 

 Portrait de François Mitterrand par jacques de la Villéglé

 

L’œuvre de Jacques Villeglé, artiste vivant à la renommée internationale, se trouve actuellement conservée dans les lieux les plus prestigieux consacrés à l’art contemporain, le Centre Georges Pompidou à Paris, la Tate Modern à Londres et le Museum of modern art à New York. Particulièrement connu pour la collecte d’affiches lacérées, pratique qu’il débute en 1949 avec Raymond Hains, l’artiste récupère dans la rue des placards publicitaires déchirés et tagués pour les proposer comme œuvre d’art, laissant une large place à la thématique politique qui comporte des affiches syndicales, partisanes et électorales. (Extrait de la Lettre n°28 de l'Institut François Mitterrand)

On  dit souvent que les colleurs d’affiches sont les derniers des fantassins des batailles électorales. Ce rôle est souvent réservé aux esprits simples qui marchent sans penser et qui agissent sans rien demander. J’entends souvent les militants protester et qui disent « On n’est pas seulement des colleurs d’affiches », c’est à dire les humbles godillots d’une bande de petits malins qui eux savent tirer les marrons du feu, faire des plannings, proposer et répartir les tâches, et se mettre ainsi dans les pas des chefs pour se rendre indispensables. Ainsi fonctionnent les hiérarchies sociales et donc politiques, même à gauche.

 

Je dis moi qu’il ne faut pas caricaturer. Il y a des grandes chefs qui vont tracter et qui sont encore capables de préparer un seau de colle. Je pourrais, eu égard à mon âge certain m’épargner moi aussi les tournées cantonales de panneaux d’affichage. Tout au contraire  j’y prends un grand plaisir et pas pour tuer le temps croyez moi. Bien organisé il faut environ trois heures assidues pour passer en revue les seize communes concernées de notre canton. Cela suppose qu’on a une connaissance approfondie de l’emplacement des panneaux et une vision spatiale de leur répartition pour éviter de tourner en rond et s’épargner les kilomètres inutiles.  Il faut également avoir une colle juste assez épaisse et une vraie brosse professionnelle. N’est pas qui veut  un colleur d’affiches à haut rendement.

 

Les qualités techniques,  toujours nécessaires seraient insuffisantes si elles n’étaient pas accompagnées d’une conscience civique aigue. Il faut exclure les placardages hors panneaux libres ou officiels et proscrire les étalages invasifs et tonitruants qui manquent de respect au commun des mortels et s’apparentent à de la publicité forcée. Le paysage, rural ou urbain, ne doit pas être affecté outre mesure. Les publicités commerciales sont là pour nous rappeler que tout excès en la matière est gravement nuisible à l’état d’esprit de nos concitoyens. Ce qui me rappelle que sur la place de La Pernelle, face à la petite église, là où on peut jouir d’un spectacle somptueux sur les côtes du Val de Saire, du feu de Gatteville à la Pointe du Hoc,  un restaurateur indélicat a tracé sur les toits de son établissement des lettres blanches  d’un mètre de hauteur qui donnent à l’endroit des airs de centre commercial texan, absolument hors de propos avec l’ambiance qu’on vient rechercher ici. L’affichage électoral des campagnes politiques ne doit pas s’apparenter à celui des cirques de passage ou à celui des vide grenier et autres kermesses qui envahissent nos ronds points et nos croisements dès les beaux jours. L’affichage politique est subventionné par l’Etat et strictement encadré par les règlements municipaux.

 

C’est la raison pour laquelle avec mon rouleau d’affiches d’une main et mon seau de colle de l’autre, je redresse au mieux ma vieille silhouette pour montrer ma fierté et ma détermination. Il n’y a rien de plus stimulant que de porter haut ses idées face à des concitoyens habitués, en tout cas chez nous, dans nos campagnes, à les dissimuler. Comme le dit fort bien notre candidat B. Cazeneuve, un engagement solide n’a pas besoin d’outrance pour se faire reconnaître. La fermeté des convictions doit s’installer entre l’esprit de liberté et le respect de nos adversaires. Coller une affiche sur le panneau municipal réservé à son candidat, est un acte public de foi et de transparence dans l’action politique qui mérite le respect de tous, quand il est effectué dans la dignité et la responsabilité.

 

Pour parler de moi, au moment ou je passe le pinceau sur les visages grand format des candidats, je leur parle en leur confiant mes encouragements et mes espérances. Vas-y Bernard on compte sur toi. Redresse-toi Geneviève le Cotentin t’est tout acquis ! Vous êtes nettement plus beaux que tous vos adversaires. Regardez les ces UMP, ces FN, la tête qu’ils ont. Ils ont l’air de faux témoins, de Judas, de bons à rien, leur programme ne vaut pas un clou, ils ont perdu d’avance. Ils voudraient nous renvoyer dans la préhistoire du sarkozysme ou pire encore. Ils n’ont rien compris à la modernité, au pari de l’intelligence et de  l’opiniâtreté humaine dans la marche vers le progrès et  la libération des esprits. Ils sont accrochés à leur conservatisme mesquin, à la protection de leurs petits biens ridicules et à leur soi-disant identité nationale,.. !  régionale… ! et locale… !!!  (pour faire bonne mesure).

 

Chaque collage devant chaque panneau est une réunion contradictoire et itérative des idées. Sur chaque place publique on sent aussi l’ambiance et le caractère du conseil municipal qui a décidé de l’emplacement des panneaux, aujourd’hui presque tous standardisés et normalisés. On voit bien que le niveau de débat public souhaité n’est pas partout identique. Parfois on se demande si tout en installant le dispositif réglementaire les municipalités n’ont pas souhaité leur donner un emplacement subalterne. Vous connaissez ? tous ces maires qui vous affirment « Moi je ne fais pas de politique ! » sont finalement de la droite bien assise.  On a envie de leur répondre « Alors, passez votre chemin monsieur le Maire… »

 

Dans le Cotentin, chaque village est bâti sur une trilogie, un triangle des pouvoirs : l’église toujours belle qui a traversé dix siècles, le château souvent imposant qui nous vient de l'ancien Régime et depuis la Révolution,  la mairie, siège de l’autorité municipale. Dans les petites communes ce triumvir est en voie de déshérence, l’église n’a plus de curé, le château est en ruines et la mairie est happée par la « COMCOM ». C’est un crève cœur de coller des affiches au cœur d’une agora que plus personne ne fréquente.


 Pendant ce temps, nos nouvelles cathédrales, les supermarchés,  confisquent des hectares de bitume à des fins privées d’où les manifestations publiques et collectives sont proscrites ! On pourrait tout à loisir transformer ces lugubres parkings en lieux de rencontres, avec des tilleuls ou des marroniers et des bancs publics accueillants. Il suffirait d'assortir les cahiers des charges de clauses initiant un nouvel ordre urbain imaginatif qui décide que les consommateurs ne sont pas seulement des détenteurs de cartes bancaires et de jetons de caddies ! Tout ça me fait dire que les choses finiront  par changer, y compris dans nos campagnes bien trop méprisées. Un bon colleur d’affiches a  le droit d’observer et de penser. L’affichage des hommes et des idées est aussi un dialogue avec les rouages intimes de nos petites sociétés villageoises ! Loin de  vouer le colleur d'affiches aux quolibets et au mépris, il serait bien plus intelligent  de lui reconnaître un rôle  positif dans le lien social en le plaçant au centre de la vie urbaine.

Du caddie au programme électoral le pas est vite franchi ! Affichons les ! affichons nous ! Il faut redonner de l'appétit aux gens pour la vie politique. En toute simplicité mon voisin, le brillant et sémillant responsable des jeunes UMP me confiait exactement la même envie. Jusque dans mon hameau,  on sait  se rassembler sur les grands enjeux du vivre ensemble.


04/05/2012

Le mariage de Nursel et d'Antoine

 

Mariage N et A 4_WEB.jpg

Photo de Marie-O


Je sais qu'il y a des vents mauvais qui balaient la France électorale, les vents aigres de la xénophobie et du repli sur soi qui rendent le pays violent et agressif. Je l'ai déjà dit dans mes dernières chroniques. Par bonheur, ce dernier dimanche était l'occasion des noces de Nursel, belle jeune femme venue d'Orient, et d'Antoine, mon neveu, ultime rejeton gallo-romain, portant tout le poids généalogique d'un Normand authentique.

Au moyen-âge, Antoine en Croisé aurait pu couper les têtes des ancêtres de sa dulcinée au détour d'un siège à Antioche ou ailleurs. Aujourd'hui ils se glorifient d'amour et de paix. En voyant les deux familles se réunir pour le meilleur de notre civilisation humaine, j'étais ému aux larmes. Je   souhaite beaucoup de bonheur et beaucoup de bébés à ce couple de la beauté et de la modernité, qui comme des millions d'autres, est porteur de l'avenir de notre monde.

J'ai vécu le jour de leur mariage comme une revanche, face aux fauteurs de guerre et de haines, qui j'espère,  finiront par être balayés de notre nation et remis à la seule place qui leur convient, celle de l'oubli.

12:46 Publié dans Actuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : xénophobie | |  Imprimer

21/04/2012

Michel Onfray, la calotte, et moi

combas2.jpg

 Oeuvre de Robert Combas que j'interprète

comme le portrait du philosophe

Notre philosophe bas-normand vient de se faire remarquer par une courte chronique dans le Monde du 18/04. Je ne me permettrais pas de commenter si je ne me sentais pas une grande proximité avec ses origines sociales, rurales et modestes. Avec vingt ans de décalage son parcours me rappelle beaucoup de mes propres tribulations, en beaucoup plus modeste bien entendu. Je relève malgré tout que son itinéraire scolaire  qui a débuté par un pseudo orphelinat catho, l’a conduit jusqu’à une thèse de troisième cycle dans notre commune Université. Il  enseigné ensuite la philosophie dans un lycée privé, le Sainte Ursule de Caen. Il a dit de son collège qu’il était la fournaise de tous les vices. Je mesure l’aveu. Par miracle, mon collège à moi était à l’inverse,  le lieu de toutes les libertés, républicain,  mixte et contestataire, même si il était logé dans un ancien séminaire Eudiste. J'accorde à cet établissement une grande responsabilité dans mon cheminement vers la contestation, la liberté et l’engagement .

 

Je fais cette remarque parce que je suis capable de sentir à cent lieues l’atmosphère confinée de l’éducation jésuite et catholique, qui bride les consciences et porte au plus haut l’hypocrisie, en construisant dans les âmes les plus infâmes traquenards qu’un gamin normal peut affronter. Souvent d’ailleurs ces pièges de la morale et des sens sont proportionnels à  la dimension mentale et intellectuelle de l’élève. D’évidence Michel Onfray fait partie des grosses têtes. Il est extrêmement doué pour le maniement des idées, pour l’écriture et  pour le débat médiatique. Son succès avec l’Université populaire en est la preuve. Je l’ai entendu hier encore parler avec beaucoup de sensibilité de Robert Combas, le grand peintre sétois.

 

C’est pourquoi je m’interroge sur le parcours politique d’une intelligence aussi brillante qui finalement conduit l’homme à prôner l’abstention dans une élection présidentielle, qui, quoiqu’il dise ou qu’il fasse,  influence de manière décisive sa vie et celle de tous nos compatriotes. Il suffit de considérer la déchéance républicaine, morale et intellectuelle à laquelle nous a menés le mandat qui se termine. Je veux bien croire que pour un esprit exigeant rien n’est assez bien, mais quand j’apprends qu’il a soutenu le gardien de chèvres Bové, je reste coi. Il me faut donc trouver un motif plausible à ce retrait sur la montagne déserte d’où le philosophe prêche …dans le vide

 

La chronique en cause, qui en appelle à Spinoza,  évoque un accès dépressif. Une sorte d’humeur grise  qui ne trouve dans la campagne que des appels aux passions tristes « haine, honte, mépris, douleur, mélancolie, horreur, aversion, dérision, désespoir, dédain, crainte, humilité, déception, respect, pitié, appréhension, indignation, pudeur, envie, stupeur, colère, vengeance, blâme, cruauté, repentir, dépréciation, de soi, jalousie… »

La liste est trop belle et les mots trop charmeurs pour ne pas succomber au plaisir de transcrire cette furieuse énumération. Vraiment Michel Onfray a-t-il  vu tout cela dans les discours de nos candidats ? Parmi les dix, aucun ne trouve grâce ?  Je vois là dedans  une posture d’intellectuel gourmand de mots mais qui boude dans son coin. Au nom de la sociologie, le camarade philosophe devrait trouver la force  de choisir un impétrant, et ne pas s’ affaler  dans le pessimisme et la spéculation solitaires, Spinoza ou pas. A moins qu’en souvenir des psychoses ourdies par les jésuites de sa jeunesse il se sente  terrorisé à la perspective d’un engagement citoyen.

 

L’autre hypothèse, est que le cher philosophe soit tombé en amour et complètement aveuglé par la passion qu’il porte à sa dernière conquête féminine. Rassurez-vous cher lecteur, je ne connais pas personnellement notre héros et ma suggestion ne repose sur aucun fait qui ne serait connu que de moi. Je ne me permettrais jamais d’ailleurs,  de colporter quelque cancan que ce soit et de l’utiliser pour une chronique. Donc toute vraisemblance…serait fortuite. Néanmoins son papier d'hier me fait penser à ceux qui,  saisis par la débauche sentimentale mesurent tout, à l’aune infinie de l’être aimé. Tout le reste devient banal, vulgaire, commun, insuffisant, sans intérêt. Un état d’esprit qui permet d’écrire que pendant la campagne électorale « la grandeur a été invisible, mais pas la petitesse, la mesquinerie, la médiocrité » Je trouve bien sévère ce jugement sur la malheureuse communauté de nos hommes politiques qui, malgré tout,  se dévouent bien plus que lui même, au bon fonctionnement de notre démocratie.

 

Pour finir, mais vous l’avez deviné, je ne peux pas partager les jugements négatifs sur les élections et par voie de conséquence sur les élus et les électeurs, distillés par l’éminent philosophe. Ils sont bien trop généraux d’ailleurs pour conserver quelque vraisemblance. Il m’avait semblé, à tort semble-t-il que Michel Onfray gardait,  malgré tout son fatras philosophique et intellectuel, une solidarité bien vivante avec sa mère et son père , avec son milieu social et avec son terroir. Je suis bien déçu de comprendre que ces liens sont plus pour lui  un fardeau qu’un devoir. Il semble que le philosophe est auréolé de tels succès aujourd’hui, qu’il a versé, provisoirement sans doute, dans un excès de superbe narcissique. C’est une tare qui affecte souvent les génies inachevés.

13/04/2012

La confiance

 

déficits,dette,rigueur,croissance,hollande


Edgar Degas : Les blanchisseuses


J’entends ici ou là que la campagne électorale n’est pas intéressante et ne répond pas aux attentes de nos compatriotes. Ce qui ne se confirme pas vraiment dans les sondages, mais bon,  c’est une critique qui revient à chaque campagne. Dans un débat politique on trouve d’abord ce qu’on y apporte soi-même, en convictions, en volonté d’écouter et de comprendre, en respect des adversaires. Il y a d’évidence un Président sortant qui ne s’embarrasse pas trop de tout cela. Avec des conseillers peut-être brillants mais venus de l’extrême droite, il a décidé de faire de l’enjeu politique une bataille à couteaux tirés.

C’est ce que j’appelle la politique de la terre brûlée.

Tout vaut mieux pour lui en effet,  que de parler de son bilan qui reste en travers de la gorge de beaucoup d’électeurs. Avec cette manie de désigner des corporations ou des groupes sociaux, voire ethniques ou religieux à la vindicte, il a atomisé une société aujourd’hui complètement déboussolée. Il n’y avait pas besoin de ça. Rien de tel pour mettre un pays en panne. Chacun se méfie de l’autre, le patron des ouvriers, les gaulois des arabes, les agriculteurs des écolos, les artisans et les commerçants des profiteurs sociaux, les professions libérales des fonctionnaires, les atomistes des antinucléaires,  et ainsi de suite, la liste reste ouverte... Pour celui qui n’est pas convaincu,  il lui suffit de tendre l’oreille au zinc de son bistrot favori, ou bien d’écouter les bofs au marché local.

C’est un jeu à somme vraiment nulle !

 Car enfin, si je comprends quelque chose de commun à tous les candidats, c’est qu’il est urgent de se retrousser les manches. La dette publique a explosé et nous devons la rembourser. On peut dire chez les radicaux de gauche et de droite qu’on en a rien à fiche. Malheureusement, les gens qui décident de notre destin aujourd’hui sont une bande de sales gamins bien payés, les fameux traders,  qui peuvent nous précipiter aux enfers financiers d’un simple clic, tout en continuant à faire fortune.

 Il n’y a pas de parade à court terme.

 On va devoir augmenter les impôts, racler les fonds de tiroirs, réduire les dépenses… mais nous avons la preuve avec la Grèce et l’Espagne, que cela est insuffisant. En asséchant les fonds publics on freine l’investissement et on arrête la croissance.  Au lieu de s’en sortir, on s’enfonce. Pour apurer nos déficits, il faut que notre économie fonctionne, que nous produisions des plus values, des excédents commerciaux, il faut que le chômage régresse, que les investissements repartent.  Il faut que les taxes rentrent dans les caisses de l’Etat pour qu’on cesse d’emprunter. Tous les acteurs économiques sont concernés : agriculteurs, entrepreneurs, banquiers et investisseurs, employés et cadres, ouvriers et fonctionnaires. Nous devons fournir tous un effort de rigueur, de patience, de volonté têtue. Il n’est pas question de chacun pour soi, il s’agit d’une entreprise collective, justement répartie.

 Seul un effort de justice sociale peut redonner la confiance.

 Pour qu’il en soit ainsi, il faut que le corps social se réconcilie avec lui même et cesse ses batailles internes de jalousies et de haines. Les hyper riches ont le devoir d’adhérer et de  faire un mea-culpa au moins symbolique, sauf à scier la branche du consensus sur laquelle ils sont assis. Les évadés fiscaux qui sont souvent les mêmes, vont devoir reconnaître que la nationalité française se paye d’un sentiment de solidarité avec leurs concitoyens. Il faut que les paradis fiscaux, qui abritent toutes les grivèleries de la haute,  perdent leur impunité,  comme doivent cesser également les abus sociaux , les fraudes à la sécu, les tricheries aux assédic, le travail au noir .

 Tout ceci ne peut-être atteint que par un mouvement d’équité qui place le civisme au cœur de tout.

Nous autres les Français, et Sarkozy  est un champion, considérons  trop souvent la débrouille et les petits profits illicites, voire les grosses embrouilles, comme  une façon d’être plus intelligent que les autres, d'être plus forts et plus malins. Gagner plus d’argent que les autres, sans être trop regardant sur les moyens, c’est la philosophie bling-bling portée au plus haut par l’actuel Président. Malheureusement c’est la philosophie du bof, vulgaire, sans intérêt véritable, dépourvue d'avenir. Il suffit d’en considérer les effets sur la taille des yachts, la puissance des voitures, la dimension des diamants, la rareté des fourrures et la longueur de jambes des gonzesses, toutes sortes de luxes qui n’ont rien à voir avec ce qu’un être humain de notre temps réclame pour vivre heureux.

 La civilisation hyper matérielle est une sorte de bêtise humaine qui frappe les gens dont on dit et c’est bien vrai, qu’ils ont des couilles en or. Ce que je ne pourrai jamais considérer comme un avantage absolu.

Les véritables richesses sont intellectuelles, artistiques et morales. Les gens qui ont marqué l’histoire de notre civilisation sont les poètes, les philosophes, les écrivains, les peintres, les musiciens, les inventeurs, les découvreurs et tous ces créateurs des œuvres de l’esprit qui font avancer le monde. Christophe Colomb est mort sans un radis. On ne devrait donc pas avoir trop de scrupules à brimer quelque peu ces déboussolés de la finance et des affaires qui confondent leur niveau de prévalence sociale avec la hauteur des biens qu’ils possèdent. Contrôler les branches gourmandes de notre arbre sociétal ne veut pas dire que nous devons entrer dans la décroissance et la paupérisation, bien au contraire. Il faut seulement tenter de rétablir un équilibre en remettant au goût du jour des valeurs moins matérialistes, plus morales et plus civiques. On peut obtenir cela par les média, par les journaux,  par la culture. C’est un nouvel état d’esprit qu’il faut instaurer. Les Tapie,  ça suffit, d’ailleurs je  trouve à ce gros malin, un air de plus en plus ringard et totalement has been. On réussit assez bien à lutter contre le racisme et la violence, pourquoi ne pas tenter de discréditer l’hyper matérialisme ?

Je ne suis pas curé, je suis seulement un homme comme les autres.

Ce n’est donc pas Sarkozy qui peut faire le bonheur de la conjoncture actuelle. Qu’il aille donc, comme il le proclame tenter de faire de l’argent chez Bouygues ou chez Bolloré, si il en est capable, ce qui n’est pas non plus d’une totale évidence. Les entreprises ont souvent davantage besoin de paix sociale que de pugilats internes. Voyez Gallois chez Airbus. Exactement comme notre pays,  qui lui aussi, a besoin d’être rassuré et rassemblé,  comme le proclame François Hollande depuis le début. Notre pays  a soif de justice, de cohérence et de planification dans l’effort. Ce n'est pas Anne Lauvergeon que j'ai entendue ce matin qui va me contredire. Il ne s’agit pas de faire des coups qui font la une à court terme et qui sont aussi vite oubliés ou démentis. Nos problèmes de dette ne pourront être résolus que par la rigueur budgétaire et la croissance économique. Ces objectifs ne peuvent être atteints qu’en rassemblant les forces vives du pays dans la justice et la solidarité. A ce moment là seulement,  nous verrons revenir la confiance dans l’avenir.

 

François Hollande, c’est une affaire entendue aujourd'hui,  est le seul,  à ce moment présent de la campagne présidentielle, à être capable de conduire ce mouvement de résurrection économique, intellectuel et moral. Pour ma plus grande joie, les sondages de ce matin sont très prometteurs !

 

 

 

 

 

05/04/2012

Plaidoyer pour tous les enfants du monde

marc-chagall-le-cirque.jpg

 

 Chagall- Le cirque

 Avertissement

Mercredi 11 avril Bernard Cazeneuve animera un meeting

de soutien à François Hollande,

à la salle des Moulins de Morsalines, à 20h30

 

 

Je me plais à rappeler que j’ai choisi François Hollande dès qu’il a indiqué qu’il serait candidat. Tout autant que le Président sortant me révulse par ses rodomontades, ses vantardises et sa passion de la réussite narcissique, tout autant  je me trouve en accord avec la discrétion, l’humour et la simplicité du candidat socialiste. Je ne suis pas du genre à éplucher les programmes pour y dénicher les détails porteurs de contradictions ou d’ à-peu-près, voire des omissions qui pourraient mériter la critique . Je sais trop bien que tout cela peut être remis en cause, reporté ou raboté et modifié par la conjoncture, par les rapports de force internes, par les évènements internationaux et même par l’état de confiance ou d’anxiété de l’opinion. Je m’en remets donc à François Hollande et à son équipe pour le corpus  de son projet car je sais qu’il est inspiré de notre philosophie socialiste, laquelle  installe au centre de tout,  la justice sociale et le progrès humain.

 

Malgré tout je suis particulièrement accroc à ce que notre lider maximo a désigné comme la priorité des priorités : une politique de la jeunesse. Je suis un vieux militant socialiste mais je suis aussi un (presque trop) vieux papie enthousiaste. Rien ne me transporte plus de bonheur que le regard des enfants qui portent sur le monde une lumière d’espoir sans pareille. Ils ont tout à apprendre, tout à expérimenter, tout à découvrir et j’éprouve souvent un vertige passionné à imaginer ce que ces hommes où ces femmes en devenir vont offrir au monde de demain. Je vois bien dans ma petite troupe toute la diversité des talents, toute la panoplie des aptitudes, tout l’éventail  des envies qui font qu’aucun enfant n’est semblable à un autre et que dans chacun  il y a une réussite, un petit trésor pour l’humanité future. On parle de la pureté des enfants, ce n’est pas cela, ce qu’on voit en réalité, c’est le diamant de la force neuve, qui ne fait aucune place à la résignation, à la compromission, à l’abaissement , à la prudence,  qui s’installent souvent avec les années accumulées.

 

Je parle de mes petits enfants parce que j’ai le bonheur de les voir grandir, progresser, muer, se transformer et sans doute réussir, mais je vous jure que j’éprouve la même émotion avec tous les visages enfantins connus et inconnus que je croise. Je mesure avec émerveillement la profondeur de toutes les chaînes de générations qui nous rattachent aux vieilles origines et qui nous transportent vers le futur. Et je mesure encore mieux les crimes contre nature qui tuent ou qui blessent, qui affament ou qui mettent en esclavage tous ces maillons de la réussite humaine. L’idée de placer la jeunesse au cœur de tout, est le fondement de l’altruisme, c’est à dire de l’espoir de progrès qui est chevillé au cœur de toute femme ou de tout homme.

 

Je vois partout que la vie est dure, que le chômage est galopant, que la misère rôde et que pour beaucoup,  le minimum de confort n’est pas au rendez vous. Certains accusent la mondialisation, cette confrontation de nos états démocratiques et policés avec les pays émergents, devenus les ateliers du monde low-costs, qui mettent en danger nos emplois et notre bien-être. C’est certain, et pourtant il faut bien que les petits brésiliens ou les petits chinois, indiens, bengalis,  s’en sortent,  et après eux aussi tous les petits affamés du continent africain. Notre seule chance, pour nous sauver et sauver le monde,  c’est que nous puissions apporter une plus value d’intelligence, un supplément de créativité et un trop plein d’imagination, que ces pays émergents dans l’urgence,  ont moins le temps de concocter. Les vrais bonus sont ceux de l’invention et de la pertinence, pas les accumulations dérisoires de millions de dollars grattés sur le dos des gens qui travaillent.

 

L’enjeu de la jeunesse va bien au de là d’un enjeu électoral c’est un enjeu de civilisation. Je comprends mieux Vincent Peillon qui répète souvent que nous sommes dans une phase d’abaissement de la France. Un abaissement qui résulte de l’incapacité de mesurer à sa juste valeur l’investissement que nous devons à notre jeunesse, à son éducation, à sa santé, à son instruction, à sa formation. Nos jeunes doivent se saisir de tous les savoirs, de toutes les philosophies, de tous les arts et de toutes les cultures. Dans leurs cerveaux en ébullition, c’est l’addition qui préside avec la confrontation, la comparaison, la mise en perspective, ce n’est pas la sélection, pas la ségrégation, pas la discrimination, issus de jugements de valeur sortis de je ne sais quel ordre social qu’on veut faire domliner et maintenir. Là où la droite se hérisse parce qu’elle a peur des autres, nous gens de gauches devons être au contraire dans la synergie et la symbiose. A l’aune de ce qui se joue ici, les attaques dont sont l’objet les enseignants qu’on essaye de réduire à l’appât du gain,  participent d’une vraie déconstruction de l’idéal civique de l’éducation.

 

Donner à nos enfants la joie de vivre et le bonheur d’apprendre ne sont pas des tâches vulgaires, elles sont au contraire d’une grande exigence et d’une grande noblesse intellectuelles et morales. Toutes les mesures qui rendent la tâche plus difficile à nos professeurs et qui leur dénient la dignité de leur rôle social et civique sont des crimes contre le futur. En accordant la priorité des priorités à l’éducation et la formation de la jeunesse, François Hollande renoue avec les pères fondateurs de la République, avec Jules Ferry, avec Jaurès, avec Mendès France. Je vais voter pour lui des deux mains, pour tous les miens, pour tous les vôtres, et pour tous les enfants de France et de Navarre.