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11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

03/11/2014

Changement de siècle

 

 

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Le moment est venu pour moi de faire des bilans, avec le fatalisme qui sied si bien aux vieux barbons. J’ai aujourd’hui l’impression de ne plus appartenir à mon époque. A force d’être à la retraite il ne faut pas que je m’étonne que le monde change dans mon dos en catimini. Pendant que je cherche mes mots ou mes phrases je constate que les jeunes générations s’expriment à toute vitesse à grand renfort de likeurs, de followers et de hachstags. Ma petite fille de dix ans me porte un regard attendri de commisération quand je lui demande de régler mon iphone. Elle délaisse sa tablette le temps de me charger les « applis » nécessaires. Les moins de quarante ans ont internet au bout des doigts, recettes de cuisine, programmes de cinéma, date de naissance de Victor Hugo…Tout y passe.

La connaissance encyclopédique tient dans un boitier pas plus gros qu’un paquet de cigarettes. Toutes les nouvelles y sont, le temps qu’il fait, l’adresse du coiffeur, le livre du Goncourt. Un fatras, un bric-à-brac qui fait penser à un  vide-grenier démesuré, à un million de braderies de Lille. Très rapidement l’usager du web se promène dans tous les étages d’un immense capharnaüm qui ne laisse aucune question sans réponse. Peintres, poètes, assassins, cuistots, sœurs siamoises, outils, bagnoles, PMU, hôtels, maladies, poissons, règlements…ils sont tous là, affichés sur écran, codifiés et alignés…pour plus de détails, affiner la recherche.

Bon, j’avoue que je suis un peu dépassé, alors, va pour la connaissance multiforme et tactile, et feignons d’en être l’organisateur. Je me dis in petto que le monde est sauvé. La somme mondiale des réalités de l’homme et de sa planète tient dans une demi-tablette de chocolat. Merveilleux ! Nous assistons à l’Incroyable succès de la science et de ses technologies, qui démultiplie l’intelligence humaine par l’information. Certes et c’est tant mieux. Mais il y a un revers : la bêtise aussi prend de la voilure, plein pot !  Nous avons des exemples célèbres de Présidents et de Ministres qui sont sans cesse avec leur petite boite noire dans la main, même devant SS le Pape ! Je me demande où et quand ces gens  trouvent la réflexion et la sérénité nécessaires à leur fonction. Soyons lucides ! Si  un amoncellement de faits ou de nouvelles peut nourrir l’immédiat et donner réponse à tout dans l’instant, que peut-on bien en faire si dans sa tête on est incapable de coordonner cet inventaire diabolique ?

Pour dominer le fatras, il faut être équipé du logiciel interne qui permet de trier et d'interpréter. Le logiciel interne est personnel. Il est construit d’intelligence et de culture. Notre tissu cérébral mis en mouvement saute à toute vitesse d’un neurone à l’autre. La pensée emprunte à grande allure des chemins longuement préparés depuis la petite enfance. Les conclusions qui s’affichent tiennent à l’alchimie redoutable de l’expérience passée et du travail incessant de réflexion. N’en déplaise à l’ex-Président, il ne suffit pas de posséder deux neurones comme il dit et de faire du vélo pour devenir génial. Tout au plus devient-on chef de gang dans la cour de récréation !

L’intelligence entraînée est la seule qui permet d’accéder au long terme en respectant la complexité  multifactorielle du réel et de dessiner une conception probable du futur. Si bien informées soient-elles et si réactives, les jeunes générations ne pourront échapper à la nécessaire maturation de l’esprit qu’on acquiert par un patient travail d’analyse, d’évaluation critique et de confrontation avec la pensée des autres, d’hier et d’aujourd’hui. De nos jours comme jamais auparavant, les savoirs factuels sont en toute heure et en tout lieu à portée de main.  Du même coup ils passent au second plan dans l’éducation et la formation de nos enfants. La calculette a fait disparaître le calcul mental de nos écoles, à présent Google rend inutiles des tonnes d’encyclopédies ! En revanche, le lien, l’enchaînement, l’imagination et l’autocritique, la moralité et l’humour, la curiosité et le goût de l’effort  ne sont pas compris dans le lot.

Je ne suis pas un spécialiste mais ce sont justement ces chaînons manquants qui doivent faire la base, le corps de la nouvelle éducation ! Quelle tâche compliquée et exaltante pour nos enseignants d’aujourd’hui que de préparer nos petits oiseaux à chanter juste ! Comment s’y prendre pour que ces nuées de gamins sortent de l’école avec autant de discernement que leurs glorieux ainés choyés par les hussards de Jules Ferry ?  Je lis ici ou là, si j'en crois les enquêtes, que nos maîtres d’école modernes prennent leur boulot avec sérieux et enthousiasme. Malgré les rebuffades de tous bords ils sont peu nombreux à baisser les bras et témoignent du bonheur d'enseigner. Je leur souhaite de réussir et j’espère que la République persistera à leur accorder honneurs et respect. Je suis convaincu que la future génération fera mieux que l’actuelle que je trouve individualiste, matérialiste, consumériste et  bornée, voire inculte et vaniteuse. Ce qu’on a négligé depuis cinquante ans dopés par la dette et les succès technologiques c’est de convaincre nos concitoyens qu’ils devaient leur bonne fortune à la générosité toujours accrue de l’Etat et de son organisation sociale. Aujourd’hui, comme les enfants trop gâtés qui oublient les sacrifices de leurs parents, nos compatriotes ont le culot de croire qu’ils doivent tout à leurs propres mérites. La Patrie, connais pas !

Comme Régis Debray que j’entendais il y a peu, je suis convaincu que nous devons restaurer dans les jeunes esprits le goût de la vie collective et le respect de tous les membres de  notre communauté nationale et européenne. Cela se nomme le patriotisme… Vaste programme ! Les enseignants ont été à la pointe du combat au XX° siècle pour la République laïque et sociale. On les attend aujourd’hui pour dessiner une nouvelle étape qui sera sans doute humaniste et écologique…Mesdames et Messieurs de l’Instruction publique, il est temps de vous remettre à vos porte-plumes. Nous comptons sur vous pour rendre à nos enfants le goût de l’effort sans qu’il soit pour autant nécessaire de se prosterner devant le sempiternel et vulgaire Veau d’Or !

Il n’y a pas de temps à perdre, c’est maintenant que commence pour de vrai le vingt et unième siècle.

03/10/2014

La fin de l'histrion

 

 

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Nature morte et vieille chaussure de Joan Miro

 

Sarkozy a perdu la main. Sa propre suffisance et le concert de ses zélateurs l’ont conduit à un acte final sans gloire. Il est  tellement persuadé de son immunité qu’il fait sa rentrée au plus mauvais moment. Si les juges avaient quelques velléités d’oubli, son retour fracassant a dù leur rappeler qu’il y avait urgence. Contrairement à une presse dévouée et atteinte pour partie de cécité, les policiers et les magistrats savent que l’affaire Bygmalion est un gâteau judiciaire aux ingrédients consistants, avec des témoignages précis et des preuves écrites tangibles.

Les aveux télévisés de Lavrilleux, la double comptabilité, les témoignages des émetteurs de fausses factures, laissent peu de doutes sur la dissimulation volontaire des frais de campagne de Sarko en 2012. Il s’agit  d’un véritable délit dont la responsabilité au moins morale, incombe au candidat, quoiqu’il en dise. Au moment où l’ex-Président tente de revenir, l’enquête judiciaire passe la surmultipliée. Il va avoir fort à faire pour convaincre les Français qu’il n’est pour rien dans ce faramineux abus du nerf de la guerre, en dépit de la loi et contre nos règles démocratiques.

Nous ne sommes pas chez Poutine ou ses satellites, l’omerta ne peut durer bien longtemps. L’UMP est divisée. Je crois que Fillon et Juppé sont sincèrement choqués par les manquements à l’honnêteté de Copé et Sarko. Il se pourrait qu’un cordon sanitaire s’installe autour de ces deux là. Nous en avons déjà eu un avant-goût au moment de l’élection du patron du Parti avec le duel Fillon-Copé. On voit maintenant que les enjeux dépassaient le simple pouvoir de commandement. Il y avait des cadavres dans les placards qu’il convenait de dissimuler. Aujourd’hui l’affaire est un énorme pataquès qui va éclabousser beaucoup de gens et je trouve que des leaders pleins d’avenir comme Baroin ou NKM prennent des grands risques en épousant la cause du cheval de retour.

Celui-ci n’a pas changé, il est de plus en plus  bourré de tics et il ressemble de plus en plus à sa caricature, avec des rictus et des intonations qui rappellent le vaudeville plus que la tragédie. La période qui s’annonce n’est pourtant pas dénuée de pathétique,  car il s’agit d’un ancien Président de notre République qu’on n’a pas envie de voir sombrer dans le ridicule et la farce. La ribambelle d’esclandres qu’il traîne après lui donne une bonne prise à tous ses anciens amis devenus ses concurrents. Même Raffarin , politicien chevronné s’est trouvé pris au piège dans sa campagne pour la Présidence du Sénat.Seuls les saints sont capables de faire des miracles et l’auréole de Sarko rétrécit à vue d’œil.

Pour Sarkozy  la mer des succès se retire. Il ne reste plus dans ses soutiens que des militants , très jeunes pour la plupart, ancrés dans les vieilles haines anti-sociales et souvent xénophobes. Hélas la crémerie est déjà bien tenue par la femme Le Pen et on ne voit pas comment accréditer le succès d’un come-back sur un créneau aussi limité. Gagner à droite veut dire aussi perdre à gauche. On peut dire ce qu’on veut des gens du centre mais il nous faut reconnaître qu’ils sont plus sensibles aux questions de morale et d’honnêteté  que les autres, éducation chrétienne oblige.

La grande faillite de Sarko c’est qu’il a fini par dessiner  un personnage attaché au pouvoir, aux honneurs et à l’argent, peu regardant sur les moyens, et qui s’en vante. Il est tombé dans la marmite avec le yacht de Bolloré, le Fouquet's et ses conférences grand style royalement rétribuées. Les affaires Bettancourt ou Khadafi sont lièes à l’argent. De l’argent qui n’est pas toujours clairement et dignement gagné. Comme dit A. Juppé « Mes conférences je les fais gratis ». C’est toute la différence ! La période qui commence va être chaude pour le revenant.

06/09/2014

L'abaissement des esprits

 

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Francisco Goya - Vieillards mangeant de la soupe

 

 

Chacun, homme ou femme, peut choisir. Il peut choisir entre le respect de notre organisation sociale et l’obéissance délibérée à ses pulsions individualistes. Nous devons tout à notre organisation politique, l’école, la santé, la paix. Imaginons un seul instant que les Français se retournent les uns contre les autres et répudient tous nos glorieux acquis depuis la prise de la Bastille. Imaginons que les loups soient à nouveau maîtres de la bergerie et que les renards puissent rôder librement dans les poulaillers et nous observerons comme dans la nature sauvage, que les oisillons sont dévorés avant de pouvoir voler, que les malades et les faibles sont les cibles préférées des prédateurs et que les vieux se cachent pour mourir.

Nous n’en sommes pas là. Je pense malgré tout que la tentation individualiste continue d’imprégner les esprits en s’inspirant de quelques slogans ravageurs. Que le plus fort gagne ! Après moi le déluge ! Quand on veut on peut ! Finissons-en avec l’assistanat et des dépenses sociales pléthoriques ! Tout un état d’esprit surtout fréquent à droite, mais pas seulement, qui conduit à penser que nous avons beaucoup de droits et peu de devoirs, dont les plus importants sont de payer nos impôts, de rouler en respectant le code de la route, et  de se conformer au  droit de la famille et des affaires.

Nous devons tellement à l’Etat dans nos démocraties qu’il est impératif de se soumettre à ses règles et de traiter ses représentants légitimement élus ou nommés avec la due déférence. Je dis cela pour les bonnets rouges qui ont détruit du matériel public ou pour les maires qui ne veulent pas appliquer la loi sur l’école. Ce sont des exemples de mutinerie sans lendemain mais qui justifieront par la suite tous les débordements. Je ne suis pas naïf au point de croire que mes frères humains et moi sommes redevables d’un monde parfait ou chacun serait capable de maîtriser les égoïsmes et les haines. Comme toujours, dans ces dangereuses analyses des pratiques sociales, c’est une question de curseur.

Plus nous occupons le sommet de la pyramide, plus nous sommes visibles et plus nous devons avoir le sens des responsabilités. On ne demande pas des leçons de morale aux artistes, il leur faut seulement faire preuve de génie créatif. En revanche, les banquiers se doivent d’être des parangons d’honnêteté financière et nos hommes politiques  des serviteurs infatigables de la cause publique.

Comme journaliste, Madame Trierweiler  occupe une place enviable dans la société, renforcée encore par sa liaison avec un homme politique de premier plan. Cette réussite et ce succès qui ont duré presque dix ans, auraient pu la convaincre qu’elle avait reçu plus qu’elle n’avait donné et lui faire accepter sa rupture avec le Président comme un fait sinon inévitable, tout au moins assez ordinaire. Le livre qu’elle vient de publier dans le plus grand secret et dont on veut faire une bombe politique, est tout au contraire imprégné de la hargne de nuire assortie de la plus grande méchanceté.

En servant les intérêts de ses adversaires au JDD et à Paris Match, VT  affaiblit son ex, sans s’inquiéter des retombées collatérales, qui vont affecter nos institutions et épaissir un peu plus l’atmosphère délétère régnant dans le pays. VT agit donc en toute irresponsabilité, comme une midinette jalouse et irascible. Ce livre en dit donc beaucoup plus sur son auteure que sur son sujet. Elle sacrifie l’intérêt public à ses pulsions, qui sont si j’ose dire, de bas étage.

J’en conclus que cette femme n’avait à aucun moment les qualités requises pour entrer à l’Elysée et représenter si peu que ce soit la France. Elle offre une image très dégradée de notre vie sociale et politique et contribue à l’abaissement des esprits. J’espère que son bouquin restera sur les présentoirs des libraires et que l’éditeur en paiera les frais. C'est  la seule réponse saine qu’on puisse souhaiter. Il y a des romans de gare beaucoup plus passionnants  que cette publication pleine de vulgarité. J’espère  aussi que Hollande a le cuir plus épais  que Bérégovoy  car il est peu commun d’assister à une telle curée et on peut entrevoir le pire !

Post scriptum  Les nouvelles du matin sont mauvaises, contrairement à mon attente, les Français se jettent sur la viande éditoriale avariée avec gourmandise. Je crois que sous Mitterrand ou de Gaulle on aurait refusé une telle sottise. Que ce soit un succès aujourd’hui en dit long sur le « civisme » de mes contemporains. Pour me consoler, je me dis que  Madame V. T. va gagner beaucoup de sous et qu’elle va pouvoir acheter des dentiers neufs  et clinquants à ses pauvres qui ressembleront tous à Charles Trenet !  Boum, youp la boum ! A moins que pour plus d’efficacité, elle ne subventionne généreusement les moulinettes de chez Moulinex….

28/08/2014

Saint François, tête nue sous la pluie

 El Gréco, Le portement de la croix

 

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Chacun sait que par vent de suroît, à l’île de Sein de toute évidence, ni chapeau, ni parapluie ne résistent et qu’il faut s’en tenir au bonnet de marin ou au béret basque, enfoncés jusqu’aux oreilles. Je n’entends donc rien aux critiques des « communicants » de la télévision qui reprochent à notre Président de s’être présenté tête nue sous la pluie pour faire son discours aux Sénans, tous habitués depuis l’enfance à braver les intempéries. J’ai donc apprécié la simplicité de F.H. qui le rapprochait des îliens, dont il venait commémorer la fidélité à la patrie et à la Bretagne.

Cette tenue a beaucoup choqué nos parisiens qui ne connaissent que les vents de la scène et jouent « pour leur image » de l’écharpe rouge et de la barbe de trois jours. Comment ! se sont-ils exclamés, en bons suivistes des twitters, Hollande n’est pas capable de programmer sa visite par beau temps (sic) ? Ou à tout le moins de prévoir un auvent, un endroit protégé ! Quelle faute de goût ! Quel amateurisme (sic) ! On nous donne à voir un président seul, tout mouillé et tout triste qui donne une bien funeste  image de son gouvernement, de sa politique et de son pays (sic) !

Au même moment, Valls mettait fin aux ignobles plaisanteries du Prince de Saône et Loire qui adore faire rire les badauds aux dépens de ses petits camarades. Cela serait sans conséquence si cet irresponsable n’était qu’un bateleur, adepte du théâtre de rue ou plutôt de l’ombre chinoise, inscrit aux intermittents du spectacle. Le gros inconvénient est que ce plaisantin est (ou était) ministre et qu’il entend bien par proclamation faire encore mieux et plus fort par la suite. Merci Monsieur Valls. Du même coup la mise à pied de Montebourg a rapporté plusieurs milliards à la France en  faisant monter le CAC 40 de 2%. De l’argent facilement gagné qui va peut-être, au moins en partie, être réinvesti dans notre économie atone.

Les patrons peuvent être enfin contents, y compris le désopilant Monsieur Gattaz. Ils sont maintenant au pied du mur, celui qui fait le maçon. L’argent sonnant et trébuchant commence à tomber doucettement dans les caisses des entreprises. J’espère bien que ces messieurs vont savoir se retenir et utiliser ces fonds pour investir, innover et embaucher. On ne comprend pas d’ailleurs toutes les critiques de la gauche de la gauche qui se plaignent que les résultats ne soient pas aux rendez-vous. Les réformes commencent seulement à apparaître dans les comptes. Je ne peux admettre que des députés ou des ministres qui sont des gens informés ne soient pas conscients de cela, et ne comprennent pas qu’il est bien trop tôt pour crier à l’échec !

Je pourrais le  concéder à Mélanchon qui vient de signer sa reddition et l’abandon de son projet de rassemblement des petites gauches groupusculaires et braillardes. Eh bien oui Jean Luc, la preuve est faite que ce n’est pas en parlant plus fort que les autres qu’on prouve qu’on a raison. Sur ce point je suis rassuré. Tu en as pourtant inventé des invectives, des pédalos, des formules, des outrances, des traîtrises et de la mauvaise foi et bien tu vois le résultat !  C’est la femme Le Pen qui empoche ! Même à gauche, on ne se laisse pas toujours emporter par la magie du verbe, on est capable d’un jugement autonome. Tu prends les smicards pour des imbéciles ? C’est tout le contraire, les smicards sont polis, modestes, intelligents, cultivés et font attention à ce qu’ils font. Tu vois Jean Luc, ces gens-là contrairement à ceux qui veulent les embrigader, n’ont pas les moyens de se tromper !

Le vaniteux coq de Bresse devrait méditer l’expérience de son copain Jean Luc. La gauche du PS est habituée à toutes les surenchères, mais au gouvernement elle n’a produit que des illusions ou des Guy Mollet. Il ne faut jamais prendre ses désirs pour des réalités et les incantations pour des décisions. Les placards du PS sont remplis d’énergumènes vociférant, confondant leur Parti avec un bureau des réclamations, mais aucun n’a heureusement dépassé le collage d’affiches ou la distribution de tracts.

Avec le nouveau gouvernement Valls, le PS vient de faire le choix clair de la social-démocratie et de la modernité. Pour ceux qui croient prédire l’explosion du PS, il faut rappeler que ce courant est largement majoritaire et qu’il constitue la seule base d’appui (18%) du Président dans l’opinion. Ce qui n’est pas rien étant donné l’état de déliquescence politique du reste de la nation. Les tenants de la barre à gauche s’expriment comme si tous leurs électeurs pensaient comme eux. Ils ne doivent pas oublier que dans leur circonscription tous les socialistes et les sympathisants ont voté pour eux, y compris les hollandistes ! Ils feignent d’oublier qu’une minorité doit se ranger derrière la majorité quand le temps de l’action est venu. Ce qu’ils refusent de faire aujourd’hui : les frondeurs ne sont donc pas des vrais démocrates.

François Hollande, sous des airs modestes possède la résistance de l’enclume. Il aura essuyé tous les coups et tous les reproches, surtout de son propre camp, de Martine Aubry à Montebourg. Outre son incapacité à faire la pluie et le beau temps, voilà qu’il est devenu autiste et n’écoute plus personne, en particulier,  il a ignoré les conseils du gros poulet de Bresse gonflé d’orgueil et d’importance. On lui a reproché successivement d’être un mou, flou,  indolent et indécis,  puis d’être un coureur de femmes et un goujat, puis de ne pas savoir trancher, de ne pas dire ce qu’il pense, d’être un menteur  et de toujours cacher son jeu. Imperturbable, le Président refuse d’entrer dans les polémiques, il demeure affable, poli et courtois et recommande à ses ministres de faire de même. A ce jeu mon préféré est notre compatriote cotentinais  B. Cazeneuve. L’histoire jugera. Hollande vient en tout cas de mettre en œuvre le seul vrai gouvernement social-démocrate de la cinquième République.

Déclarer son attachement aux entreprises est bien la moindre des choses et Valls a eu bien raison de le dire aux patrons. C’est l’entreprise qui donne du travail, c’est l’entreprise qui crée les richesses. Il faut cependant rester circonspect : les patrons qui cherchent à arrondir leur pelote au détriment de leurs salariés ne sont pas rares. Sous prétexte de lutter contre la concurrence on aboutit souvent au moins disant social. Surtout dans les petites affaires. Il faut donc rester vigilant sur le déplacement du curseur entre l’assouplissement du droit du travail et la perte en ligne des « avantages acquis ». Il ne faut pas insulter l’avenir et veiller à ce que les réformes soient un progrès pour tous.

Il faudrait demander à Michel Rocard et à Jacques Delors ce qu’ils en pensent. Pour une fois fois, nous avons un Président de la République qui préfère aller au bout de sa logique plutôt que d’assurer sa réélection. Bien sûr il est aujourd’hui plus encore qu’hier moqué et vilipendé. Seul A. Juppé, dans l’opposition, a fait preuve d’intelligence et de modération. Il est tellement plus facile de hurler avec les loups que de réfléchir ! François Hollande, contre vents et marées fait preuve d’une qualité  essentielle à mes yeux pour un homme d’Etat, il refuse la démagogie ! C’est sa façon à lui de respecter les autres. La moindre des politesses serait de lui rendre la pareille.