lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/06/2012

La fête est finie

 

apathie,copé,filklon,figaro,françois hollande,sarkozy,évadés fiscaux,apatrides

 Pierre Bruegel l'Ancien, Le combat de Carnaval et Carême (1559)

 

 

Comme au lendemain du carnaval, il n’y a plus que quelques saoulards de la politique qui traînent dans les rues comme  Copé et Fillon qui ont du mal à se désintoxiquer. Ces deux là ne peuvent se débarrasser de leur air fourbe, en  jouant les faux prophètes de circonstance. Sarkozy de son côté, a eu l’ idée saugrenue d’aller  soigner sa gueule de bois sur les terres dorées du Roi du Maroc,  qui est aussi Prince des Croyants et exploiteur féodal de son peuple. Dis moi quels sont tes amis je te dirai qui tu es. Je ne comprends toujours pas pourquoi un Président de la République Française même battu, ne peut pas se payer des vacances sur son propre budget. Il faudrait demander à MAM et à Fillon ce qu’ils en pensent.

 

Les éditorialistes qui ont le culot de trancher de tout, donner des leçons sur tout et de jouer les Cassandre à tort et à travers sont en train de couver une jaunisse à force de voir leurs prédictions démenties. Apathie, l’hurluberlu de RTL et de Canal + est devenu un grand malade. Il clame tout haut qu’on va voir ce qu’on va voir et que les socialistes n’ont qu’une alternative, ruiner le pays ou renier leurs promesses. Il est capable en mélangeant tout,  le passé et le présent, le programme du PS et le projet présidentiel,  de parler un quart d’heure sur les soi-disant contradictions de FH. Ce donneur de leçons bénéficie d’une audience hors de proportion avec son talent. Mais il n’est pas le seul, le Figaro est devenu une pépinière d’experts éditorialistes qui vont en service commandé, débattre sur tous nos écrans. L’émission C dans l’air de Yves Calvi ne se cache plus pour claironner le rappel du conservatisme et du libéralisme.

 

C’est bien cette même  droite de politiciens rancuniers et d’experts mercenaires qui  avait prévu la catastrophe dès le 7 mai. Il fallait s’attendre à une flambée des taux d’intérêt sur la dette publique, à une chute abyssale de la bourse et à la fuite précipitée des investisseurs. On ne voit rien de tel, même si France 2 nous fait un reportage sur de soi-disant hommes d’affaires qui placent leur argent dans de l’immobilier londonien par méfiance de l’euro. Je voudrais bien qu’on m’explique en quoi la livre mérite mieux, et comment un appartement à Trafalgar Square est une affaire plus juteuse que Boulevard Haussmann, sauf pour la dissimuler au fisc.

 

Le Président battu va se reposer chez le Roi du Maroc. Les affairistes peu regardants partent en Suisse, au Luxembourg ou à Londres. On pense que depuis les émigrés de l’Ancien Régime, ces personnes là sont  toujours prêtes à se vendre aux plus offrants et qu'elles n'aiment la France que pour faire suer le burnous. Après que leurs caisses soient bien remplies elles ont le patriotisme de leur coffre-fort. Elles ignorent ce que veut dire  la solidarité nationale jusqu’à ce qu’elles en aient besoin. Elles la réclament alors à cor et à cri. D’ailleurs dès qu’elles le peuvent elles s’introduisent dans les couloirs de la République par les petites portes de derrière comme des cafards dans une vieille maison. La vraie  définition des riches, discriminante et vexatoire,  désigne tous ceux   qui préfèrent leur compte en banque à leur nation. Tous ceux là devraient avoir la fierté de jeter leur passeport français et de réclamer un statut d’apatride. On verrait bien où se trouve le vrai bénéfice. Heureusement, je suis convaincu qu’il n’y a qu’un petit nombre de citoyens qui sont ainsi faits, mais leur cynisme et leur égoïsme (qui sont d’ ailleurs des qualités premières pour leur industrie), les autorise à se dire importants et prioritaires. Leur premier chantage,  proclamé très fort , va au  chômage des salariés. J’espère que Bercy va relever les noms.

 

On est à deux jours des législatives et nous sommes effectivement allés de catastrophe en catastrophe : FH a pris le train pour aller à Bruxelles et il a roulé à 160 à l’heure avec son automobile entre Caen et Paris. Cécile,  la Boulangère Ecolo a pétri des petits pains au cannabis et le retour à l’âge de soixante ans pour la retraite des gens qui ont cotisé leurs annuités ne va coûter que 3 milliards ! Ce qui est un vrai scandale ! Où va-t-on si les socialistes se mettent à faire des économies ? La droite peut toujours dauber sur le Président normal, la réalité c’est qu’avec simplicité et familiarité il a pris tout le monde à revers. Sarkozy était sans doute un fameux canasson électoral , mais François Hollande lui sera un grand Président.

03/06/2012

Eloge du colleur d'affiches

 

bernard cazeneuve,cherbourg,cotentin,législatives

 

 Portrait de François Mitterrand par jacques de la Villéglé

 

L’œuvre de Jacques Villeglé, artiste vivant à la renommée internationale, se trouve actuellement conservée dans les lieux les plus prestigieux consacrés à l’art contemporain, le Centre Georges Pompidou à Paris, la Tate Modern à Londres et le Museum of modern art à New York. Particulièrement connu pour la collecte d’affiches lacérées, pratique qu’il débute en 1949 avec Raymond Hains, l’artiste récupère dans la rue des placards publicitaires déchirés et tagués pour les proposer comme œuvre d’art, laissant une large place à la thématique politique qui comporte des affiches syndicales, partisanes et électorales. (Extrait de la Lettre n°28 de l'Institut François Mitterrand)

On  dit souvent que les colleurs d’affiches sont les derniers des fantassins des batailles électorales. Ce rôle est souvent réservé aux esprits simples qui marchent sans penser et qui agissent sans rien demander. J’entends souvent les militants protester et qui disent « On n’est pas seulement des colleurs d’affiches », c’est à dire les humbles godillots d’une bande de petits malins qui eux savent tirer les marrons du feu, faire des plannings, proposer et répartir les tâches, et se mettre ainsi dans les pas des chefs pour se rendre indispensables. Ainsi fonctionnent les hiérarchies sociales et donc politiques, même à gauche.

 

Je dis moi qu’il ne faut pas caricaturer. Il y a des grandes chefs qui vont tracter et qui sont encore capables de préparer un seau de colle. Je pourrais, eu égard à mon âge certain m’épargner moi aussi les tournées cantonales de panneaux d’affichage. Tout au contraire  j’y prends un grand plaisir et pas pour tuer le temps croyez moi. Bien organisé il faut environ trois heures assidues pour passer en revue les seize communes concernées de notre canton. Cela suppose qu’on a une connaissance approfondie de l’emplacement des panneaux et une vision spatiale de leur répartition pour éviter de tourner en rond et s’épargner les kilomètres inutiles.  Il faut également avoir une colle juste assez épaisse et une vraie brosse professionnelle. N’est pas qui veut  un colleur d’affiches à haut rendement.

 

Les qualités techniques,  toujours nécessaires seraient insuffisantes si elles n’étaient pas accompagnées d’une conscience civique aigue. Il faut exclure les placardages hors panneaux libres ou officiels et proscrire les étalages invasifs et tonitruants qui manquent de respect au commun des mortels et s’apparentent à de la publicité forcée. Le paysage, rural ou urbain, ne doit pas être affecté outre mesure. Les publicités commerciales sont là pour nous rappeler que tout excès en la matière est gravement nuisible à l’état d’esprit de nos concitoyens. Ce qui me rappelle que sur la place de La Pernelle, face à la petite église, là où on peut jouir d’un spectacle somptueux sur les côtes du Val de Saire, du feu de Gatteville à la Pointe du Hoc,  un restaurateur indélicat a tracé sur les toits de son établissement des lettres blanches  d’un mètre de hauteur qui donnent à l’endroit des airs de centre commercial texan, absolument hors de propos avec l’ambiance qu’on vient rechercher ici. L’affichage électoral des campagnes politiques ne doit pas s’apparenter à celui des cirques de passage ou à celui des vide grenier et autres kermesses qui envahissent nos ronds points et nos croisements dès les beaux jours. L’affichage politique est subventionné par l’Etat et strictement encadré par les règlements municipaux.

 

C’est la raison pour laquelle avec mon rouleau d’affiches d’une main et mon seau de colle de l’autre, je redresse au mieux ma vieille silhouette pour montrer ma fierté et ma détermination. Il n’y a rien de plus stimulant que de porter haut ses idées face à des concitoyens habitués, en tout cas chez nous, dans nos campagnes, à les dissimuler. Comme le dit fort bien notre candidat B. Cazeneuve, un engagement solide n’a pas besoin d’outrance pour se faire reconnaître. La fermeté des convictions doit s’installer entre l’esprit de liberté et le respect de nos adversaires. Coller une affiche sur le panneau municipal réservé à son candidat, est un acte public de foi et de transparence dans l’action politique qui mérite le respect de tous, quand il est effectué dans la dignité et la responsabilité.

 

Pour parler de moi, au moment ou je passe le pinceau sur les visages grand format des candidats, je leur parle en leur confiant mes encouragements et mes espérances. Vas-y Bernard on compte sur toi. Redresse-toi Geneviève le Cotentin t’est tout acquis ! Vous êtes nettement plus beaux que tous vos adversaires. Regardez les ces UMP, ces FN, la tête qu’ils ont. Ils ont l’air de faux témoins, de Judas, de bons à rien, leur programme ne vaut pas un clou, ils ont perdu d’avance. Ils voudraient nous renvoyer dans la préhistoire du sarkozysme ou pire encore. Ils n’ont rien compris à la modernité, au pari de l’intelligence et de  l’opiniâtreté humaine dans la marche vers le progrès et  la libération des esprits. Ils sont accrochés à leur conservatisme mesquin, à la protection de leurs petits biens ridicules et à leur soi-disant identité nationale,.. !  régionale… ! et locale… !!!  (pour faire bonne mesure).

 

Chaque collage devant chaque panneau est une réunion contradictoire et itérative des idées. Sur chaque place publique on sent aussi l’ambiance et le caractère du conseil municipal qui a décidé de l’emplacement des panneaux, aujourd’hui presque tous standardisés et normalisés. On voit bien que le niveau de débat public souhaité n’est pas partout identique. Parfois on se demande si tout en installant le dispositif réglementaire les municipalités n’ont pas souhaité leur donner un emplacement subalterne. Vous connaissez ? tous ces maires qui vous affirment « Moi je ne fais pas de politique ! » sont finalement de la droite bien assise.  On a envie de leur répondre « Alors, passez votre chemin monsieur le Maire… »

 

Dans le Cotentin, chaque village est bâti sur une trilogie, un triangle des pouvoirs : l’église toujours belle qui a traversé dix siècles, le château souvent imposant qui nous vient de l'ancien Régime et depuis la Révolution,  la mairie, siège de l’autorité municipale. Dans les petites communes ce triumvir est en voie de déshérence, l’église n’a plus de curé, le château est en ruines et la mairie est happée par la « COMCOM ». C’est un crève cœur de coller des affiches au cœur d’une agora que plus personne ne fréquente.


 Pendant ce temps, nos nouvelles cathédrales, les supermarchés,  confisquent des hectares de bitume à des fins privées d’où les manifestations publiques et collectives sont proscrites ! On pourrait tout à loisir transformer ces lugubres parkings en lieux de rencontres, avec des tilleuls ou des marroniers et des bancs publics accueillants. Il suffirait d'assortir les cahiers des charges de clauses initiant un nouvel ordre urbain imaginatif qui décide que les consommateurs ne sont pas seulement des détenteurs de cartes bancaires et de jetons de caddies ! Tout ça me fait dire que les choses finiront  par changer, y compris dans nos campagnes bien trop méprisées. Un bon colleur d’affiches a  le droit d’observer et de penser. L’affichage des hommes et des idées est aussi un dialogue avec les rouages intimes de nos petites sociétés villageoises ! Loin de  vouer le colleur d'affiches aux quolibets et au mépris, il serait bien plus intelligent  de lui reconnaître un rôle  positif dans le lien social en le plaçant au centre de la vie urbaine.

Du caddie au programme électoral le pas est vite franchi ! Affichons les ! affichons nous ! Il faut redonner de l'appétit aux gens pour la vie politique. En toute simplicité mon voisin, le brillant et sémillant responsable des jeunes UMP me confiait exactement la même envie. Jusque dans mon hameau,  on sait  se rassembler sur les grands enjeux du vivre ensemble.


15/05/2012

Saint François de Tulle dit le Corrézien

 

françois hollande,président,baraka

 

Quelques semaines avant le 6 mai, jour de l’élection de François H. à la Présidence, on a vu pleuvoir merveilleusement. Alors qu’au mois de mars on redoutait la pire des sécheresses et des pénuries calamiteuses de grains, j’ai pu observer, en traversant la France cette semaine, que les blés avaient poussé d’un bon pied et fort vigoureusement. J’ai vu également  que les rivières méridionales roulaient des eaux tumultueuses à leur plus haut niveau, sans doute suffisamment pour recharger les nappes qui étaient il y a quelques semaines au plus bas. Je remarque à cette occasion qu’il ne s’en est suivi pour autant d’aucune catastrophe ni inondation. J’ai entendu dans tous les bourgs et dans tous les villages de nos campagnes que le peuple était content, que les troupeaux trouveraient à paître pour l’année entière  et que les silos à blé seraient  remplis dès cet été à déborder.

 

J’avais écrit il y a plus d’un an que François de Tulle serait notre Président à condition qu’il soit quelque peu chanceux, ou si on préfère, que la Providence lui accorde la Baraka. De la chance,  le Corrézien n’en a pas manqué car même les démons du sexe ont volé à son secours.  L’institution des primaires et plus encore la mauvaise pioche d’un Sarko maudit et dévalué, l'ont également secouru. Une toute  dernière faveur lui est encore octroyée par une conjoncture économique butant ouvertement, comme il l’avait lui-même prédit, sur l’impossibilité de payer nos dettes avec une activité en récession. Même les libéraux les plus endurcis le regardent aujourd’hui avec un air dubitatif. Ils se demandent si leurs prédictions alarmistes ne risquent pas de faire pâlir leurs brevets d’experts. Avant même d’être installé Président,  le Corrézien a rassemblé son camp et porté le doute chez ses adversaires, y compris chez nos cousins Germains. Il ne faut donc pas s’étonner dans ces conditions qu’il puisse également commander les nuées, déclancher les pluies et stopper les orages. Pour l’heure il a fait rendre gorge, en tout cas momentanément, aux tenants millénaristes des catastrophes climatiques.

 

Je m’attends à ce que d’autres miracles surviennent, comme la reprise de la croissance et la baisse du chômage, De la même façon il se pourrait que dorénavant tous les enfants sachent lire et compter en quittant l’école, que les naissances gémellaires se multiplient chez les bovins Charolais et que Mme Duflot ouvre pour ses amis une boulangerie  de petits pains au maïs OGM ! En mettant au premier plan le facteur chance dans le succès de la campagne de Saint François de Tulle j’ignorais jusqu’à quel point le hasard et la nécessité seraient déterminants. Nous allons constater demain avec le gouvernement Ayrault et après demain, avec Angela Merkel, que ce phénomène exceptionnel n’en est qu’à ses débuts. Nous pouvons d’ores et déjà instruire un procès en béatification politique, François plaît aux Dieux ! Il utilise les bonnes méthodes et fait preuve d’un savoir faire tel que l’Olympe va se mobiliser pour décupler ses succès et lui assurer victoires sur victoires.

 

Je n’ai donc aucune gêne à porter l’encensoir et à devenir le thuriféraire respectueusement incliné d’un tel homme béni de Jupiter et de ses colistiers. Pour demeurer moi même, comme toujours, à la pointe du combat, et rester la vigie lucide qui veille aux avant postes, je vous conseille chers lecteurs, de vous prosterner devant la robe de bure de notre nouveau Prophète. Le règne de saint François de Tulle dit le Corrézien, dit aussi le Modeste,  ne fait que commencer . La liste de ses miracles est encore balbutiante et nous devons nous attendre à des surprises incroyables. N’a t-il pas terrassé sans coup férir le Dragon horrible et trop bavard alors que la bête se vantait de ne faire qu’une bouchée de cet humble moine ? Je sens monter à travers ce beau pays de France, peuplé d’incroyants, d’infidèles et de sceptiques,  une nouvelle vague d’Optimisme et de Foi.

 

Jube domine Saint François,  benedicere !

28/04/2012

Trop d'étrangers en France ?

 

 

france 2,pujadas,étrangers,le pen,sarko,hollande,rocard

 Paul Gauguin 1891, Due donne a Tahiti

 

Le petit malin de Pujadas a voulu mettre François Hollande en difficulté sur France 2 par une question idiote.

 

Pensez vous qu’il y a trop d’étrangers en France ?

 

Et il a insisté avec gourmandise et pugnacité devant la non-réponse du candidat. Sachant que les journalistes vous coupent la parole quand ils le veulent et qu’ils se contentent souvent de n’écouter que le début de la réponse, FH a eu raison de ne pas entrer dans son jeu. Car enfin si vous dites la vérité en répondant non,  vous vous attirez la rage de tous ceux qui habitent les quartiers défavorisés et qui attribuent les nuisances non à la pauvreté, non au chômage, non  au manque d’éducation, non aux familles dissoutes, non aux parents dépassés, mais aux Noirs et aux Arabes. Et j’entends les clameurs, je vois les mimiques de Sarko le doigt pointé : ces socialistes coupés du peuple n’ont aucune idée de la souffrance dans les quartiers ! les campagnes ! les banlieues ! les friches industrielles !

 

Si vous répondez, malheur à vous, oui, il y en a trop ! Comment ?  Cet homme de gauche, humaniste et éclairé parle comme la Femme Le Pen en personne ? Si Pujadas avait eu en tête autre chose que de vouloir faire l’intéressant en posant cette question inepte et si il avait voulu réellement connaître la pensée du candidat sur ce point il aurait formulé sa  question autrement. Il aurait pu demander par exemple :

 

Pensez vous que dans certains quartiers, certaines cités, certains immeubles, il y ait trop d’étrangers rassemblés, trop de gens sans emploi, en proie aux trafics et  mis en coupe réglée par des petites mafias et qu’on a ainsi laissé se constituer des ghettos de la misère et de la délinquance ?

 

Il aurait eu alors une réponse circonstanciée concernant les logements sociaux, la présence de la police de proximité, et des associations d’insertion. Mais Pujadas ne pensait pas à éclairer le spectateur, il voulait seulement briller, notifier son indépendance d’esprit, ne pas laisser croire qu’il servait la soupe à l’un ou à l’autre. La petite star de la 2 devrait prendre des leçons d’interviewer chez Lapix Sophie, chez Clark Pascale et autres journalistes qui assument leur personnalité et leur point de vue sans vouloir embarrasser systématiquement. On ne peut pas mener une conversation dans les petites lucarnes sans afficher une certaine empathie avec son vis à vis quel qu’il soit. Ce qui ne veut pas dire qu’on doit lui servir la soupe, bien au contraire.

 

Trop d’étrangers en France ? dans les aciéries ? dans le bâtiment ? dans les restaurants ? dans les tanneries ? dans les services de sécurité ? dans les chambres de bonnes ou dans les cuisines des bourgeois, dans les placards à balais ? dans nos hôpitaux comme médecins et soignants? dans nos stades ? dans nos studios de cinéma ? dans nos salles de spectacle ? Je pourrais continuer longtemps la liste. Pujadas en posant sa question voulait seulement dire, dans nos prisons ? dans nos  boulevards ? dans notre métro ? dans nos écoles ? dans nos pôles emploi ? dans nos assédic ?  Il n’y a jamais assez d’étrangers pour les sales boulots, mis il y en a toujours trop dans nos services de solidarité.

 

Voilà pourquoi la question de Pujadas était inepte. Je peux redire ce que j’ai écrit hier, l’ouverture sur le monde et l’accueil des forces nouvelles sont les seules ressources dont nous pouvons nous enrichir sans limites. Les migrants sont la crème des peuples ! Voyez l’Amérique, voyez l’Australie ! Rocard a cru bien dire à court terme : « Notre pays ne peut pas accueillir toute la misère du monde » Mais cette phrase demeurée fameuse repose sur un contre sens. Rocard voyait  dans les migrants des hordes de miséreux venant manger le pain des Français . C’est vrai qu’ils en ont parfois l’apparence. Mais derrière la pauvreté, il y a des êtres humains, avec leur courage, leur témérité, leur volonté, leur énergie, leur créativité. Ils sont l’énergie créatrice du monde. Un homme ou une femme qui nous arrive est comme un enfant qui naît. On voit comment se soigne la misère mais on ne peut pas imaginer ce que peut nous apporter le génie des hommes nouveaux.


PS/ Et voilà que par une très belle coincidence je lis dans le Monde

de ce jour :

Nous avons pu assister...  au dialogue entre le Christ en croix, chef-d'oeuvre de Grünewald, peint en 1512, les membres raidis par la torture, le cri presque audible sur ses lèvres entrouvertes, et sa réplique de même taille, d'une même force, signée Adel Abdessemed, quatre figures du Christ en fil de fer barbelé du camp de Guantanamo, lames brillantes et polies comme des pièces d'orfèvrerie.

L'artiste français, né en Algérie en 1971, a voulu, lui aussi, exprimer "le cri de ce jeune homme sacrifié comme l'agneau. Un cri à venir. Pour moi, l'avenir est fantôme, comme chez Derrida. Je ne sais pas de quoi il sera fait. Ce n'est pas le passé qui nous domine, mais les images du passé".

Cette "conversation" Grünewald-Abdessemed est-elle une coïncidence, en pleine campagne présidentielle, précisément en Alsace, où le Front national a remporté, au premier tour, 22 % des suffrages ?

François Pinault, qui organisait le déplacement à Colmar, répond tout net : "Dans le contexte actuel, c'est important, les choses sont rarement une coïncidence. C'est une façon de me révolter contre les gens qui ne savent pas pour qui ils votent. Qu'ils viennent ici devant les Christ". Le milliardaire tire ses salves en direction du président sortant dont il moque la dernière formule : "Présomption de légitime défense, c'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945."

Baptisée Décor, l'oeuvre d'Abdessemed, récemment exposée à New York et achetée 2 millions d'euros par François Pinault, est prêtée par le collectionneur au Musée Unterlinden de Colmar jusqu'au 16 septembre, pour le 500e anniversaire du fameux retable d'Issenheim.

Un milliardaire ça sert aussi à ça !





27/04/2012

Les digues s'effondrent...

marine le pen,sarkozy,françois hollande,front national,deuxième tour,victoire socialiste,europe,draghi,croisade,juppé,cazeneuve

 Eugène Delacroix, 1830. La Liberté guidant le peuple

 

Entre la droite et l’extrême droite. On voyait ça venir depuis un bon moment. Dans l’espoir de se refaire, Sarkozy redouble de cynisme, d’ambiguïté et de proximité avec le Front. Les digues patiemment construites par la droite républicaine depuis la guerre pour éviter le pire,  sont en train de s’écrouler. Les eaux noires de la xénophobie, du racisme anti-arabe, et de l’ethnocentrisme envahissent les parties basses de l’opinion publique. Elles submergent les quais de la laïcité, du respect de l’autre et de la fraternité qui ont été longtemps la gloire de notre République. Sarkozy par son comportement irresponsable aura contribué sciemment à l’abaissement civique et moral de notre pays.

 

Je ne dis pas que les électeurs du Front National n’ont pas les mêmes droits que les autres. J’avais déjà décrit le 22/03/2011 comment « Les bedas du Plain avaient voté pour le Front… » dans nos campagnes. L’isolement, le vieillissement, la difficulté de se soigner, l’impression de ne plus compter pour rien nourrissent depuis longtemps les peurs des petits blancs et des bofs, mes frères. Ce qui pose question ce ne sont pas les causes de la désespérance, visibles dans tous les bistrots et tous les marchés du coin et sur lesquelles tout le monde s’accorde. Ce qui pose question, c’est tout au contraire les réponses qu’on apporte, quand elles visent à encourager une espèce de jacquerie assez frustre contre les Arabes, l’Europe , les Ecolos et les Institutions.

 

Que la femme Le Pen développe ces thèses est dans l’ordre des fondements de son mouvement. Elle doit justement son succès à la transgression remettant en cause notre idéal social et républicain. Poussés à l’extrême les déclarations sans frein du Front nous mèneraient tout droit à la guerre civile et à la ruine. C’est exactement pour cette raison que la droite giscardienne ou chiraquienne s’est toujours bien gardée de frayer avec les thèses du FN, orchestrées d’ailleurs à l’époque par un tortionnaire borgne peu ragoûtant. En 2012 la vague marine, fille du précédent,   a pris les belles couleurs de la dédiabolisation blondasse.


Nous sommes au faîte du populisme qui consiste à adopter des idées sans issue pour flatter les passions et les peurs du petit peuple et empocher ses voix. Aveuglés par le culot inculte de leur chef, plus de soixante pour cent des électeurs de Sarkozy du premier tour sont maintenant prêts à faire cause commune avec le Front National. Tout sauf Hollande, qu’on méprise, insulte,  vilipende depuis plusieurs mois, avec une hargne constante, tout sauf Hollande,  se dit la droite qui considère l’alternance politique comme une usurpation, un crime de lèse-majesté.

 

Heureusement ils ne sont que 60% et ce sont les 40% qui restent qui peuvent encore sauver la France de la nuit rance de la xénophobie et du repli sur soi.

 

Dans la vie on rencontre en effet deux sortes de gens . Les premiers ont le culte du chef et aiment les rapports de force. Ils sont habitués depuis tout petit aux comportements égoïstes, à la méfiance, au profit sou à sou amassé, aux bagarres de préau, à la « struggle for life » comme disait Darwin. Ils n'aiment pas l'inconnu ni l'étranger. Leur intellect est braqué sur leurs petits biens chèrement acquis. Ils sont accrocs aux biens meubles et immeubles et pleins de méfiance pour les grandes idées sauf éventuellement celles de leur curé. On est dur avec soi mais souvent encore bien plus dur avec les autres. Ils  jugent que les chômeurs sont des faignants, les malades des tire au flanc, et les fonctionnaires des parasites !  Ils considèrent aussi que  seules les andouilles se laissent plumer par le fisc.  Mais par un banal retour des choses, ces mêmes personnes peuvent changer du jour au lendemain  quand l’adversité les place en situation de dépendance. Ils se retournent alors vers la solidarité nationale et ils sont les premiers à la réclamer tous azimuts avec une grande âpreté. Ils votent Sarko.

 

La deuxième catégorie aime la démocratie et l’égalité. Elle est plus insouciante, plus gaie, plus ouverte, plus curieuse du monde qui les entoure que les précédents. Ces gens là ne se lèvent pas le matin en faisant le tour de leur automobile pour voir si on ne leur a rien volé. Ils aiment les voyages et encouragent leurs enfants à faire les meilleures études sans que ce soit forcément les plus lucratives. Ils aiment explorer, découvrir, prendre des risques. Ils ne tiennent pas plus que ça à leurs patrimoines et sont souvent dépensiers. Ils aiment la culture et préfèrent la poésie aux comptes en banques. Ce qui ne les empêche pas de détester la pauvreté pour eux et pour les autres, l’inconfort et la misère. Ils savent que le chômage et l’injustice sont les deux plaies de notre société et que seule l’intelligence peut nous tirer de là. Ce sont ceux là qui vont voter pour François Hollande le 6 mai.

 

Ceux là doivent se rassembler et faire bloc contre le conservatisme et l’injustice. Il ne faut pas chercher de boucs émissaires. Il nous faut faire confiance aux forces vives du pays, aux acteurs économiques, aux animateurs sociaux, aux créateurs de tous les horizons. Notre chance et notre richesse, comme toujours dans l’histoire, seront le rassemblement et la coopération des vieux gaulois fatigués (si tant est qu’on en trouve encore) avec tout ce sang neuf qui nous a toujours nourris et qui continue à nous irriguer de partout, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Inde, de la Chine… Et franchement,  je fais des vœux pour que Sarkozy sorte de notre horizon et cesse de ternir l’image de la France. Il est temps qu’on confie les responsabilités à un homme « normal » apaisé, sûr de lui, ouvert, juste  et rassembleur.

 

Aujourd’hui encore, FH, l’incapable, le rêveur, le menteur, reçoit le renfort de Draghi le Président de la Banque Centrale Européenne. Il y a trois mois Copé et Sarko, Juppé et NKM, assuraient FH de leur mépris total, à présent ils lui courent après en faisant des mines. Maintenant c’est 700 mosquées qui votent pour François renforcées par l’illustre Tarik Ramadan. Les Croisés sont à l’œuvre !!! La droite entre en guerre de civilisation ? Bravo Juppé, ministre des Affaires Etrangères.  Honte à nous tous ! Comme le dit Bernard Cazeneuve, la droite ajoute le déshonneur à l’affolement et à la dispersion. Marine Le Pen n’aura plus qu’à ramasser les pots cassés pour en faire son lit électoral.