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        <title>La lettre du Cotentin - culture</title>
        <description>commentaires et controverses sur le pays</description>
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                <title>Chroniques du Moyne- 1 Prologue</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 29 May 2008 12:26:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;h1&gt;La légende du Moyne de Saire&lt;/h1&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; page-break-after: auto&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1709685427.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1040688&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1709685427.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; id=&quot;media-1040688&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Moyne (marionnette de Dominique Labadie)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot;&gt;&lt;em&gt;Prologue&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1041672&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/1499690266.jpg&quot; alt=&quot;560733129.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041672&quot; /&gt;Tous les ponts d’avant les ingénieurs, et même peut-être après eux,&amp;nbsp; ont eu leurs diables. Le pont de Saire, si modeste qu’il soit&amp;nbsp; n’échappe pas à cette fatalité diabolique. Sans doute trop occupé par ailleurs, Satan a délégué chez nous un de ses lieutenants. Un &amp;nbsp;ci-devant moine, défroqué par la suite, &amp;nbsp;qu’on a pris l’habitude d’appeler le Moyne, &amp;nbsp;pour le distinguer d’un moine ordinaire. Cette mystérieuse histoire remonte à la fin de la guerre de cent ans. Elle est venue jusqu’à nous par des bribes recueillies ici où là, que des hommes de lettres plus ou moins talentueux ont réunies un ou deux siècles après les faits. Intrigué par la diversité des versions et la multiplicité des sources, j’ai voulu vérifier l’authenticité des faits, et faire le tri entre les racontars et les témoignages directs. C’est un labeur qui m’a fait passer des nuits entières à déchiffrer les grimoires et les manuscrits, les notules et les plaquettes, les annuaires et les almanachs, les in-quartos, les dictionnaires, et quantité d’écrits sortis des chartriers de vieux châteaux, &amp;nbsp;dont bien souvent il ne reste pas aujourd’hui pierre sur pierre. &amp;nbsp;Le texte qui suit est le fruit de ce travail d’investigation. Il raconte &amp;nbsp;la véritable histoire du Moyne, nonobstant bien sûr quelques aspects litigieux que nul ne pourra jamais vérifier.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1041676&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/825242928.jpg&quot; alt=&quot;1671649371.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041676&quot; /&gt;Car je ne dis pas que je peux tout expliquer dans le moindre détail. Cette histoire est trop ancienne pour apporter, &amp;nbsp;comme on dit en justice, des preuves matérielles irréfutables. Il existe des certitudes comme l’existence &amp;nbsp;du Pont de Saire et du château des Giron. Ce manoir inquiétant montait la garde juste en face de l’église Saint Martin de Réville, dont la présence est attestée dès le XIII° siècle. Mais il y a des points plus discutables, en particulier ceux qui concernent la véritable apparition &amp;nbsp;du Satan. Je n’arrive pas à croire qu’il avait des yeux &lt;em&gt;dans le bas du dos&lt;/em&gt; alors que de nombreux dessins le représentent ainsi. Il en va de même avec sa mâchoire de reptile alors qu’il s’agit probablement de celle d’un loup. Bien entendu, je vous ferai part de mes doutes et de mes interrogations à mesure du déroulement des faits.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-1041679&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/00/425990221.jpg&quot; alt=&quot;1654699613.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041679&quot; /&gt;Il faut rappeler également que né dans une noble famille de la lignée des Giron, l’enfant prénommé Hamon, n’aurait jamais du être moine. Comme son père, il aurait du apprendre à manier les armes, batailler pour contre les Anglais, suivant les circonstances, &amp;nbsp;et faire régner l’ordre dans son fief, en tenant les vilains à bout de pique pour les contraindre au travail et à l’obéissance. &amp;nbsp;&amp;nbsp;Hélas, l’enfant est, dès son plus jeune âge, porté vers les bons sentiments. Il aime ses camarades de jeu et il respecte les jeunes filles. Ce n’est qu’ensuite, lorsqu’il dévient amoureux d’une jolie ramasseuse de coques que tout change. Parce qu’il refuse l’injonction paternelle, il est&amp;nbsp; enfermé une première fois &amp;nbsp;dans le cloître de Blanche Lande par le fait du Prince. En quelques semaines, il est&amp;nbsp;&amp;nbsp; rendu enragé&amp;nbsp; par le concert&amp;nbsp; des chanoines tonsurés aux glabres figures. Il s’échappe alors pour rejoindre la jeune fille qui est l’objet unique de ses amours et de ses désirs. Il est tôt repris dans des circonstances dramatiques, &amp;nbsp;au cours desquelles sa dulcinée trouve la mort, engloutie par les flots tumultueux du raz de Gatteville.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1040698&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/00/212403777.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1040698&quot; /&gt;Notre jeune moine est enfermé à nouveau dans de terribles conditions. Il est muré dans sa cellule. Il &amp;nbsp;nourrit alors &amp;nbsp;dans son esprit les plus noirs desseins, aiguisés par sa soif de vengeance. Il n’a plus qu’un but, retrouver sa liberté pour organiser les représailles. Il feint la soumission pour qu’on lui rende un peu de liberté. Il obtient qu’on lui donne accès à la bibliothèque. Et là, il ne&amp;nbsp; cesse de consulter les livres tenus secrets pour revisiter les évènements les plus mystérieux de notre passé. Il découvre les clés théosophiques de&amp;nbsp; La Cabale et de l’Alchimie. Il apprend à communiquer avec les esprits surnaturels et à&amp;nbsp; manipuler les personnes de son entourage. Il retourne, &amp;nbsp;avec les pages sombres des grimoires,&amp;nbsp; les séquences les plus noires de nos rêves. Avec application, il va franchir le Rubicon qui nous sépare de l’autre Vie, que l’homme ordinaire imagine &amp;nbsp;sans jamais oser l’affronter. Le Moyne devient &amp;nbsp;le suppôt maudit de Satan.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;Par la suite, son activité comme gardien vigilant et pourvoyeur de l’enfer devient passionnante. Sa présence fantomatique sur les grèves et les flots menaçants de Jonville et de Rideauville, nous rappelle&amp;nbsp; qu’il existe depuis toujours &amp;nbsp;un monde caché qui s’organise et s’active dans les ténèbres. Les passages à gué sont les moments difficiles de l’existence. Le Moyne fantôme nous rappelle qu’à chaque instant on peut tomber dans l’extrême confusion des sentiments et&amp;nbsp; dans l’agitation mortelle de la raison ordinaire . &lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, &amp;nbsp;ces évènements se conjuguent pour nous précipiter dans les abîmes du néant redouté.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Les dessous bibliographiques du Moyne de Saire</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 09 May 2008 11:52:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt&quot;&gt;Les Révillais, Le Moyne de Saire et les beaux esprits&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1040592&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/00/212403777.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1040592&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Comme je l'ai déjà dit, la légende du Moyne de Saire est suffisamment&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; emblématique pour qu’on essaie d’en savoir plus. Tous les petits pays n'ont pas&amp;nbsp; dans&amp;nbsp;leur imaginaire collectif&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&amp;nbsp;, un diable en tous points fait comme un homme mais poilu comme un loup et cornu comme un bouc, avec des pieds fourchus et des ailes de chauve-souris. Ajoutez à cela une puanteur&amp;nbsp;de &amp;nbsp;&lt;em&gt;male bête&lt;/em&gt; et et des ricanements terrifiants.&amp;nbsp;Lorsqu'il se saisit du Moine il lui passe autour du cou deux &lt;em&gt;pouches&lt;/em&gt; de mauvais sorts que le maheureux&amp;nbsp;est chargé de distribuer dans tout le voisinage…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/00/1907995969.2.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1032194&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/00/1907995969.2.JPG&quot; alt=&quot;1907995969.2.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1032194&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#999999&quot;&gt;Le petit monde du Moyne vu par Dominique L.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Il existe au moins une dizaine de textes qui racontent cette histoire dont beaucoup se recopient les uns les autres. Mais chaque fois, la légende est présentée comme&amp;nbsp;un conte recueilli de la bouche de vieux et pittoresques &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;paysans, en tous points conforme à&amp;nbsp;l’inusable cliché des veillées au coin de l’âtre, pendant lesquelles on tressait des paniers, on filait la laine&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ou bien encore on battait le beurre. C’était sans doute avant que l’électricité rentre dans les maisons et que les gamins fassent leurs devoirs pour le lendemain. A bien y regarder, &amp;nbsp;la réalité des contes et légendes populaires est bien différente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Au XIX° siècle, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;après les excès unificateurs de la Révolution, les beaux esprits à l’instar de Georges Sand &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;ou de Maupassant ont cherché leur inspiration dans la vérité folklorique des terroirs. Il y eut tout un mouvement littéraire pour mettre par écrit les contes et légendes populaires, que sans doute à cette époque sans cinéma ni télévision, des raconteurs ou raconteuses colportaient dans les villages. On doit les plus anciennes de ces entreprises à une amie de Flaubert, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Amélie Bosquet (1845) qui composa un ouvrage intitulé &lt;i&gt;La Normandie romanesque et merveilleuse&lt;/i&gt; et à Octave Féré, homme de lettres qui à la même époque fit publier &lt;i&gt;Légendes et traditions de Normandie&lt;/i&gt; .&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Les deux ouvrages rapportent l’histoire du Moyne de Saire dans deux versions complètement différentes&amp;nbsp;, en particulier Féré qui fait de cette histoire la romantique aventure d’un jeune frère convers avec une jolie ramasseuse de moules. Cet amour est contrarié par le Sire du Château de Réville, dont le jeune moine est le fils cadet. Celui-ci tente d’enlever la jeune fille dans une frêle embarcation et les deux&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; amoureux se noient devant Tatihou. Depuis ce temps le fantôme de l’amant téméraire hante la baie de Saire et cause des frayeurs nocturnes aux gens qui s’aventurent dans les parages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-1040603&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/00/212403777.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1040603&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Plus tardivement, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Jean Fleury (qui au passage est le père d’Henry Gréville, &lt;i&gt;romancière&lt;/i&gt; qui eut son heure de gloire à la Belle Epoque), &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;professeur se piquant d’ethnologie, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;a rassemblé les légendes de la Hague et du Val de Saire sous le titre de &lt;i&gt;Littérature orale de la Basse Normandie&lt;/i&gt; (1885). Il donne du Moyne de Saire deux versions. Dans la première&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; le Moyne est bien le fils cadet menteur et voleur,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; du Sire de Réville. A l’instant ou il prend le diable à témoin&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; celui-ci apparaît&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; illico et le change en esprit malfaisant distribuant des &lt;i&gt;pouches&lt;/i&gt; de mauvais sorts. Dans la deuxième&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; version le moine n’est que l’intendant et sans doute l’amant de la Châtelaine, la douce Bonne de Quétil. Quand le Seigneur de Giron réclame ses fermages, le Moine&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; vend son âme à Satan contre&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; de l’argent à volonté.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;C’est en général aux écrits de Jean Fleury que les auteurs modernes comme Charles Birette (1931), curé de Valcanville ou Charles Le Pelley, curé de Montfarville auteur d'une version en patois(1933) et René Lepelley, professeur à l’Université de Caen (1985) font référence pour proposer leurs propres textes. Mais ils s’inspirent également d’une mystérieuse plaquette publiée par Lucien Fichet curé de Réville, chez Jacqueline imprimeur à Cherbourg, non datée (1960-70&amp;nbsp;?). Ce récit,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; dont L. Fichet ne cite pas la source, est écrit dans une imitation de vieux français qui lui donne à première vue une sorte d’authenticité et de réalité par la précision concernant les faits et des dates, comme je l’ai dit plus haut.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/01/900862369.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1032201&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/01/900862369.JPG&quot; alt=&quot;900862369.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1032201&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;Bonne Aurélie de Quétil et le Moyne (Dominique L.)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Nous avons eu la chance tout à fait extraordinaire de retrouver l’original de cette version intitulée&amp;nbsp;: &lt;i&gt;Histoire Merveilleuse et Effroyable arrivée en Normandie en 1470, dont la copie fidèle a été retrouvée par Léon Le Rémois dans les Archives de La Mairie de Quettehou (Manche)&lt;/i&gt; et éditée en 1893, à Dives sur Mer en l’ Hostellerie de Messyre Guillaume le Conquérant. L’histoire y est présentée comme retranscrite d’un grimoire de Bonne Aurélie de Quétil, qu’elle aurait elle-même enfoui au pied du troisième marronnier de la venelle de l’est du Château de Réville. Ce scénario fut par la suite largement plagié par tous les auteurs, sans jamais comme le veut la coutume, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;être porté dans l’index bibliographique.&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/544057241.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1006984&quot; width=&quot;188&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/544057241.jpg&quot; alt=&quot;544057241.jpg&quot; height=&quot;234&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 188px; height: 234px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1006984&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Nous avons voulu en savoir un peu plus en enquêtant sur les circonstances de cet étrange canular. Nous avons visité l’Hostellerie Guillaume Le Conquérant qui fut un grand relais de poste&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; avec auberge, chambres et écuries, qui existe toujours à Dives. L’ensemble &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;a été restauré et reconverti en village d’art et d’histoire. En 1900 ou bien un peu avant séjournaient ici les gens célèbres du tout Paris. Léon le Rémois&amp;nbsp; fut un des plus fameux aubergistes de ce lieu historique. Il était en même temps Collectionneur d’art, et même pendant quelque temps, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;maire de Dives sur Mer. Autre énigme&amp;nbsp;: &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;l’édition de la plaquette fut financée par un mécène, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;bien connu des amateurs de chemin de fer,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Paul Decauville lui même,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; inventeur des trains à voie étroite et déplaçable. Le tout fut imprimé par Edouard Crété à Corbeil, imprimerie qui après bien des vicissitudes existe encore aujourd’hui sous le nom de Hélio Corbeil.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Les indications de l’édition (tout à fait entre nous sans doute subtilisée par je ne sais qui&amp;nbsp;à l'Institut Sainte Marie de Tours)&amp;nbsp;que nous avons en notre possession sont donc authentiques, mais hélas, nous n’avons jamais pu établir de lien entre notre légende révillaise et le cuisinier de Dives sur Mer, fût-il amateur d’art. Nous pouvons seulement constater &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;que cette histoire à dormir debout a fasciné nombre d’amateurs de folklore et de lettrés. Il s’agissait moins pour ces plumes alertes de &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;restituer la langue ou l’esprit populaire de nos campagnes, que d’exercer leurs talents en composant un texte de leur cru.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;L’exemple le plus frappant est celui du curé Lepeley, qui écrit pour ses paroissiens de Montfarville une version&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; en excellent patois, elle même traduite du français&amp;nbsp;! Un autre exemple est celui de la plaquette luxueuse et chic de 2001 qu’on doit à notre Conseil Général dans Les Cahiers Culturels de la Manche (collection L’écoute s’il pleut). &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;La légende du moine de Saire&amp;nbsp;&lt;/i&gt; qu’on y a publiée est en excellent français de Paris et présentée comme un hommage &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;à son auteur Charles Canivet (1888), homme de lettres, poète et romancier, né à Valognes en 1839 qui connaissait bien Félix Buhot et Barbey d’Aurevilly, mais n’avait pas grand chose à voir avec nos traditions populaires.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Tout ceci &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;pour conclure que le pauvre moine damné survit davantage dans les récits des littérateurs que dans la culture populaire, alors que paradoxalement, on le présente comme sorti de l’imagination un peu frustre des bonnes gens de la campagne, avec cette pointe de paternalisme qui a toujours voulu que les fermiers d’ici soient des benêts&amp;nbsp;! Il est vrai que jusqu’à la fin du XX° siècle ou presque il était de bon ton de faire du paysan &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;un personnage comique et ridicule, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;avec un panier sous chaque bras d’où dépassaient les crêtes des poules et les becs des canards. Les choses ont bien changé aujourd’hui puisque nos modernes agriculteurs ressemblent plus à des ingénieurs qu’à des raconteurs d’histoires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/01/212403777.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1040621&quot; name=&quot;media-1040621&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;Le Val de Saire malgré toutes ses faiblesses culturelles est entré dans la modernité&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; et nos maraîchers n’y sont pas pour rien. Le moment est peut-être venu pour nous autres, habitants privilégiés de cette belle région, de nous réapproprier notre folklore, dans une version qui soit à la mesure de notre Pont de Saire d’aujourd’hui et de son Château. Histoire de montrer que nous avons encore quelque chose à dire d’original au milieu de notre époque de culture mondialisée, internationalisée et banalisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est&amp;nbsp;à ce genre d'entreprises que vont se consacrer les &lt;em&gt;Chroniques du Moyne,&lt;/em&gt; et vous aurez le premier épisode au prochain numéro. Et commme c'est la mode, &amp;nbsp;si les aventures de la pauvre victime du Cornu vous intéresse, vous pouvez participer. C'est un excellent exutoire pour vos fantasmes....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Le moine de Saire</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 14 Apr 2008 12:50:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Pour les&amp;nbsp;Révillais dont je suis, le Moine de Saire &amp;nbsp;est emblèmatique, et pas seulement à cause de l'excellente auberge du bourg de l'église qui porte cette enseigne. Lors d'une de ses conférences j'ai entendu R. Lerouvillois tenter d'annexer la légende, &lt;em&gt;&lt;strong&gt;au Val de Saire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; tout entier, voire au Château de Tourlaville. J'ai protesté. Le Moine de Saire est un personnage diabolique né dans le Château de Réville&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;&amp;nbsp;au XV° siècle et qui fréquente depuis toujours&amp;nbsp;les parages du Pont de Saire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/00/1935950118.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-958823&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/00/1935950118.jpg&quot; alt=&quot;1935950118.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-958823&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le pont de Saire à marée haute&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Le moine était l’intendant et l’amant de la Dame du Château de Réville qui portait le nom charmant de Bonne Aurélie Quétil.. En l’absence de son&amp;nbsp;Seigneur Jean de Giron, le couple menait grand train...&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Il advint que le sire revint de guerroyer et qu’il réclama l’argent des fermages. Le Moine avait tout dilapidé&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;….&lt;img name=&quot;media-960899&quot; width=&quot;365&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/00/1301200145.jpg&quot; alt=&quot;1947620000.jpg&quot; height=&quot;260&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; width: 365px; height: 260px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-960899&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Pour s’en sortir, &amp;nbsp;le malheureux&amp;nbsp;vendit son âme au diable contre autant d’argent qu’il en voulait pendant dix ans.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Quand vint l’échéance, Belzébuth&amp;nbsp;qui avait ce jour là&amp;nbsp;des pieds fourchus et&amp;nbsp;des ailes de chauve souris, se saisit du Moine dans un épouvantable nuage de soufre&amp;nbsp; dégageant une odeur pestilentielle.&amp;nbsp;Le Malin tout en ricanant emporta sa proie terrorisée dans les abysses infernaux.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Néanmoins,&amp;nbsp;devant ses supplications, Lucifer reconnut que le Moine avait déjà fait beaucoup&amp;nbsp;pour lui et il&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; accepta de le renvoyer sur terre, à la seule condition qu’il fasse bonne chasse aux pécheurs,&amp;nbsp;&amp;nbsp;et qu'il alimente sans cesse l'infernale Eternité.&amp;nbsp; Trop heureux, le Moine promit de s’acquitter au mieux de son office. Depuis lors, il monte la garde avec vigilance au Pont de Saire ...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le château de Réville aujourd'hui&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Par les nuits sans lune, quand la tempête est violente et la mer démontée, on entend des cris lamentables&amp;nbsp;monter des flots déchaînés qui semblent appeler au secours. C’est le stratagème du Moine pour s'emparer des âmes faibles ou trop sensibles.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'Californian FB'&quot;&gt;Ces nuits là, les Révillais qui n’ont pas la conscience tranquille, savent qu’il ne faut pas&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; s’aventurer&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; sur&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; le pont de Saire ou ses abords. Si par malheur vous vous égarez, par exemple en sortant d'un tripot,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ne tombez pas dans le piège. Le méchant Moine n'attend que ça pour vous précipiter&amp;nbsp; dans l’éternelle Géhenne….&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1923540986.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-958876&quot; width=&quot;296&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1923540986.jpg&quot; alt=&quot;1923540986.jpg&quot; height=&quot;314&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; width: 296px; height: 314px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-958876&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous imaginez bien que je ne vous raconte pas ça pour le plaisir. Mon naturel curieux&amp;nbsp;et aventureux m'a poussé dans l'intimité de cet affreux serviteur de Satan&amp;nbsp;. J'ai eu la satisfaction d'en apprendre beaucoup sur lui et de toucher du doigt les causes et &amp;nbsp;l'étendue infinie de ses méfaits.J'ai recherché les vieux grimoires et j'ai découvert les témoignages écrits et&amp;nbsp;irréfutables de plusieurs témoins visuels. Dès lors il ne m'est plus&amp;nbsp;possible de garder secrets des faits&amp;nbsp;&amp;nbsp;avérés aussi surprenants pour l'entendement.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Cest donc une chronique du Moine qui s'annonce et qui va s'entrecroiser avec la chronique de l'Ane. Les deux ont beaucoup à dire dans&amp;nbsp;le dialogue pataphysique&amp;nbsp;d'un Diable cornu comme un bouc et d'un Bon Dieu&amp;nbsp;mal entendant en dépit de ses oreilles d'âne.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;J'ai déjà parlé dans ce blog de ma voisine râleuse et incrédule de Teurthéville, qui fut justement ma suppléante aux élections cantonales. Il se trouve qu'elle dessine plutôt bien et qu'elle a sa propre vision du fameux suppôt de Satan. Elle m'a promis quelques illustrations et pour commencer elle&amp;nbsp; donne à voir le ballet des âmes damnées prises au piège des maléfices sataniques.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La suite au prochain numéro comme on disait dans les feuilletons d'autrefois....&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;dessin de Dominique Labadie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>POUR COMMENCER....</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 13 Apr 2007 11:05:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/images/thumb_dudu_WEB.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_dudu_WEB.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;J'ai l'intuition que les gens s'intéressent au pays. Celui de leur enfance, celui de leurs parents, celui de la campagne rêvée, quand on a passé sa journée dans le métro. Le Pays du Cotentin est à la fois original et varié, la Hague, le Bocage, le Plain, le Val de Saire, la Côte des Îles, Cherbourg sont les diverses facettes du nord de la Presqu'île, qui en font et&amp;nbsp;la variété et l'unité. J'aime ce pays, j'y suis né il y a&amp;nbsp;presque 70 ans et il me semble que j'ai beaucoup de choses à lui dire. Il me semble que je comprends les gens d'ici et que je les aime. J'aime les éleveurs du bocage et les pêcheurs de Saint Vaast, j'aime les cultivateurs du Val de Saire et les ouvriers de l'Arsenal. J'aime l'usine des Maîtres Laitiers de Sottevast et le site industriel d'Aréva qui a si profondément transformé notre région. J'aime la mer qui nous encercle et j'aime les profondeurs du bocage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet attachement sincère, et sans doute aussi maladroit après bien des années d'absence, &amp;nbsp;me fait croire que je peux faire vivre ce blog. Je l'ouvre aujourd'hui avec&amp;nbsp;la témérité naïve mais aussi&amp;nbsp;la sincérité sans retenue qui sont propres à vaincre les fausses pudeurs et la timidité. Internet change notre vie, il enchante notre société et il est en train de bouleverser notre art de vivre. Connaissez vous un projet plus exaltant que de se raconter aux autres en leur parlant d'eux mêmes ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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