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18/11/2014

La sobriété heureuse

Pierre Rabhi, décroissance,jardinage,soupe de légumes

 

Giuseppe Arcimboldo, Les quatre saisons dans une tête

 

 

On entend de plus en plus des grands esprits nous suggérer que la croissance économique est un leurre et qu’à ce rythme il va nous falloir deux planètes. Nous sommes menacés de laisser à nos enfants un désert et un désastre. Pierre Rabhi est la figure emblématique de ce courant de pensée qui professe la sobriété heureuse avec le retour à la frugalité paysanne et aux valeurs de la terre, une terre mère de toutes les vertus. Cette paysannerie n’a jamais existé, sauf contrainte et forcée. Elle a en effet toujours été la dernière à bénéficier des « bonheurs » de la modernité, pour sa santé, pour son éducation et pour son confort. Aujourd’hui elle a rattrapé une partie de ses retards, mais elle s’est contractée au point de ne plus représenter que quelques pour cent de notre population active. Malgré cela, elle est rongée à ses marges par des poches de pauvreté qui touchent les agriculteurs n’ayant pas pu ou pas su évoluer avec leur temps. Le recours à la terre avec des techniques à l’ancienne est une question dépassée. Personne aujourd’hui ne peut gagner sa vie avec une pelle et une pioche.

La décroissance signifie la stagnation de la vie économique et de la production de richesses. A l’échelle internationale comme à celle de la France, elle supposerait que tout le monde soit satisfait de son sort et qu’il n’y a aucune raison de produire de nouveaux biens. Elle supposerait également que l’état des techniques et des sciences  ne mérite pas qu’on s’y intéresse. Comment imaginer que nos sociétés urbaines organisées aujourd’hui en métropoles  n’ont plus besoin tout soudainement de progrès ? C’est bien sûr impossible ! Aujourd’hui comme hier, nous voulons de meilleures écoles  et des crèches plus nombreuses, nous voulons toujours plus de chercheurs et de savants, nous prions pour  la fin du cancer et le contrôle  de la maladie d’Alzheimer, nous réclamons des transports propres et des routes sûres, nous considérons comme un dû la paix et la sécurité ! Le progrès est bien la motivation profonde de nos démocraties qui aspirent  sans cesse à faire reculer les frontières de la connaissance et du bien-être .

Personne ne  peut nous faire croire que nous obtiendrons tout cela sans produire les ressources nécessaires. Que les adeptes de la sobriété aillent vivre dans les pays pauvres et ils ne se poseront plus la question ! Le respect de l’environnement, ou plus exactement,  l’engagement écologique a un coût, il exige plus de recherches, plus de gestion, plus de culture. L’écologie est le grand  luxe des pays riches ! En professant moins de croissance, on prêche contre le progrès de l'humanité. La protection de l’eau et des paysages n’est pas  gratuite, le recyclage des déchets a un coût,  la reconversion à des sources d’énergie moins polluantes que le nucléaire et plus durables que le pétrole ou le charbon exige de lourds investissements !

On entend souvent dire que nous laissons une dette publique colossale à nos enfants. On peut aussi avancer qu’on leur lègue  des actifs considérables qui se traduisent par un confort d’existence jamais égalé dans le passé et une espérance de vie constamment  améliorée, sans compter un capital scientifique qui sera leur opulent viatique. La sobriété heureuse n’est qu’un passe- temps  pour philosophe monomaniaque. L’alimentation, la santé, l’éducation, la sécurité doivent être assurées pour des dizaines de millions de personnes qui vivent dans nos mégapoles en gestation. Nous ne sommes pas dans des villages de l’Ardèche où se réfugient tranquillement les babacools partageant avec bonheur et subtilité leurs fromages et leurs salades. Ces gens ont le droit de se mettre en marge des grands flux économiques mais ils doivent savoir que nonobstant, ils bénéficient comme tout le monde et c’est bien ainsi, des acquis et des secours dispensés par un Etat solidaire qui tente de n’abandonner personne, en aucun lieu. Gagnant peu, ils paient peu d’impôts. La sobriété heureuse  et autarcique des gourous m’apparaît comme un exercice cynique d’individualisme.

On voit bien que la décroissance réduisant l’activité humaine à la satisfaction des besoins essentiels de se nourrir voire de se soigner (bien sûr avec des plantes médicinales) n’est pas transposable à nos sociétés d’aujourd’hui. Le vieux sage Pierre Rabhi n’est en réalité qu’un marchand de rêve que nos médias et nos politiciens adorent. Il entraîne aujourd’hui des millions d’hommes et de femmes qui passent des heures à gratter la terre dans les petits jardins de leurs jolis pavillons. Après l’habitat à énergie positive, on s’organise en autonomie potagère. Bravo si la soupe est bonne, mais je doute qu’elle suffise aux besoins de nos contemporains !  

11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

11/05/2014

J'ai fait un rêve...

 

Max Ernst Les dieux sombres

 

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C’est un  lecteur du Monde qui le remarque benoitement la semaine dernière : José Bové ne manque jamais une occasion de s’afficher dans les champs de maïs en arracheur d’ OGM, mais en revanche on ne l’a jamais vu arracher un plant de tabac. Il est pourtant avéré que les OGM n’ont jamais tué personne et tout aussi vrai que l’herbe à Nicot est une exceptionnelle pourvoyeuse de cancers. J’imagine que ce Gaulois d’opérette aurait l’air ridicule avec sa pipe au bec !  On mesure ainsi les profondeurs d’incohérence dans lesquels nagent nos écolos.

L’incongruité de la croisade anti-OGM  éclate quand on voit ces gens organiser des manifestations contre le riz doré, variété OGM destinée à combler le déficit en  vitamine A de certaines populations ou encore s’opposer à l’utilisation au Brésil d’un moustique  génétiquement modifié pour tarir les vecteurs de la dengue, en préférant prolonger une lutte chimique pourtant bien nocive pour l’environnement vu son absence de discrimination entre les bons et les mauvais insectes et l’accumulation de résidus.

Parvenir à convaincre 80% de notre opinion nationale de la nocivité des OGM sur des bases scientifiques aussi fragiles est une réelle performance. Elle témoigne d’une science de la communication  tout à fait étonnante. Alors qu’on a toutes les peines du monde à convaincre  nos compatriotes des dangers de la vitesse sur la route,  des effets désastreux de l’abus d’alcool et des méfaits du tabac, tous faits bien réels, mesurés, observés et non contestés, les écolos ont réussi  à dresser les trois quarts des Français contre le génie génétique qui va être dans notre siècle et qu’on le veuille ou non, la source de progrès révolutionnaires pour notre agriculture et notre santé.

Ma conclusion c’est qu’il est plus facile d’inquiéter nos contemporains avec un danger virtuel au nom du principe de précaution que de leur faire tourner le dos à des pratiques dangereuses concrètes et caractérisées. Ce n’est qu’une question de foi  prêchée  par des gourous et propagée par des adeptes innocents et victimes de leur ignorance. José Bové possède du gourou les caractéristiques habituelles, un air de paysan madré qu’il n’a jamais été  et un système pileux d’envergure folklorique rappelant Astérix et  des victoires contre les Romains que nous n’avons jamais remportées. José Bové en champion gaulois du petit village France  fait rêver les Français malmenés par le progrès et la mondialisation. IL développe un argumentaire  complètement hors de raison mais qui frappe loin et fort dans l’imaginaire des citoyens..

Pour compléter cet aspect du lanceur d’alerte qui a raison seul contre tous, notre petit bonhomme en mousse ne dédaigne pas quelques actions illégales comme de faucher les maïs du voisin ou de démonter le Mac Do du coin. Il est de bon ton face aux collègues de la Confédération paysanne de montrer un peu d’hostilité aux Yankees et de ranger la Monsanto parmi les ennemis publics N°1, plus honnie chez les écolos que Al Queida ! Le village est cerné ! Nous sommes ainsi presque les derniers opposants aux cultures OGM  dans le monde moderne

En réalité l’ancien gardien de chèvres du Larzac est un conservateur et un réactionnaire, à la remorque d’idées rétrogrades dont les racines se nourrissent du vieil héritage  communiste français, fils aîné du stalinisme. Ses prises de position récentes à propos de la PMA le poussent encore plus loin sous les jupes incertaines de Madame Boutin.

Alors à mon tour je fais un rêve. José Bové est assis dans mon salon de coiffure avec serviettes chaudes et savon à barbe abondant. Comme dans les westerns,  je sors mon grand rasoir coupe-choux que je viens d’affûter avec un sourire sardonique. Sans mot dire, en deux coups secs je fais tomber les bacchantes du gourou pris au piège ! L’homme repart tout penaud les épaules tombantes vaincu comme un Samson tondu par la belle Dalila. Dans les semaines suivantes les chroniqueurs des média se relaient pour condamner puis déplorer l’attentat. Les sondages suivants montrent un fléchissement de la popularité du personnage  puis son affaissement . En six mois José Bové a disparu des médias. Cet homme sans moustaches n’est plus qu’un Pinocchio dont le nez s’allonge à chaque mot qu'il prononce.

Pour finir, j’obligerais bien en punition le gourou déchu à gagner sa vie avec pour tous outils, une faucille et un marteau, dont on sait que la productivité n’a guère augmenté depuis le servage et les kolkhozes. Il apprendrait à ses dépens que c’est plus facile de dire n’importe quoi en agitant ses belles bacchantes  que de gagner son pain à la sueur de son front. Il pourrait ainsi méditer avec les petits paysans  appauvris et trompés par ses discours, sur les duretés du travail de la terre aujourd’hui.

08/03/2014

Le progrès oui ou non ?

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Claude Monet,  Antibes vue de Salis

 

Certains et ils sont nombreux,  jugent  que toutes  nos trouvailles  technologiques  n’apportent  pas forcément  d’amélioration à la vie humaine.  Les plus convaincus  pensent que la course à l’innovation et à la croissance met notre planète et donc l’espèce humaine en danger. Cette mise en cause est singulièrement préoccupante pour  un scientifique, qui  comme moi,  se dit progressiste et a toujours pensé que la science devait être au service du peuple et améliorer ses conditions d’existence.  Le fond de ma pensée est en effet optimiste et positiviste.

Pour justifier  ma position, j’ai besoin d’une longue vue spéciale, celle du très long terme. Chacun sait  que rien n’est immobile dans notre Univers. Tout bouge, tout change. Durant toute son existence notre planète  a subi des changements considérables : les pôles eux-mêmes ont changé de place et les calottes glaciaires aussi. Les continents  ont  voyagé , des montagnes se sont érigées puis rabotées, des espèces vivantes sont nées, ont fait florès et ont disparu. Comme des millions d’autres espèces, les grands reptiles n’ont pas survécu et les ammonites non plus . Chaque fois  ces révolutions ont fait naître un nouveau monde, plus compliqué, plus évolué. Visiblement la tendance générale dans le vivant est celle de la sophistication qui mène à une adaptation de plus en plus ingénieuse au milieu. Nous nous promenons sur les épaules de Darwin comme le dit si bien Ameisen.

L’homme est un des derniers arrivés dans l’arbre généalogique. Il en est aussi l’espèce la plus remarquable. Il a su franchir  la distance merveilleuse qui sépare un galet à facettes d’une tablette    en 100 000 ans. Il lui a fallu  80000 ans pour sécuriser son alimentation par la domestication des animaux et des plantes. En six mille ans nous avons remplacé l’esclavage par la machine à vapeur.  En deux siècles l’électricité nous a sortis des ténèbres et nous avons scellé notre victoire sur les famines et les grandes épidémies. En cinquante ans les distances ont été abolies.  En vingt ans la communication entre nous  est devenue générale et immédiate. In fine  notre espérance de vie a considérablement augmenté et le bien- être matériel s’est répandu dans tous les pays, y compris ceux qu’on qualifiait il y a vingt ans de sous-développés, même si c’est de manière très inégale. Les famines ont été vaincues en Inde et en Chine.

C’est à ce stade que certains accusent le progrès matériel de nous procurer des satisfactions illusoires.  En premier,  ils pensent que ce mouvement est trop inégal et mal partagé. Il est réservé à quelques privilégiés au détriment d’un grand nombre de laissés pour compte.

Le deuxième reproche est que ce «  soi-disant » progrès s’accompagne d’une pollution généralisée et de l’épuisement des ressources naturelles. Dans cette course au développement, l’homme en réalité marcherait à sa perte en sapant les bases naturelles de son essor et il placerait notre espèce sur la voie mortelle  de son extinction.

La dernière et troisième critique rappelle que l’argent ne fait pas le bonheur et que la recherche de la consommation et du confort n’aura jamais de limites. Nous nous livrerions  en réalité  à une quête permanente du moindre effort et de la sécurité,  qui sont des leurres et affaiblissent la résistance de l’espèce sans faire le bonheur des gens.

En réponse, nous devons bien admettre que le progrès n’est pas uniforme et que la misère existe encore pour un très grand nombre de gens. Le sort de ces personnes est bien sûr loin des conditions luxueuses connues dans les pays avancés et dans les régions qui donnent le la économique et créatif. Malgré cela, même si c’est avec des dizaines d’années de retard, le progrès finit par toucher les plus défavorisés ne serait-ce que par l’aide alimentaire et  la coopération médicale.  Chaque année de nouvelles couches de population bénéficient des vaccins, des antibiotiques, de l’ordinateur et du téléphone mobile et ceci d’ailleurs avec une rapidité déconcertante. Il faut clairement dire que la misère accompagne l’obscurantisme et l’analphabétisme. L’éducation des peuples est la base du progrès et entre dans un cercle vertueux en permettant pour tous une vie meilleure. On ne peut en conclure qu’une chose : il faut accélérer  la coopération, la communication, la formation…et  lutter contre les guerres et les tyrans.

Nous devons contester également  l’argument écologique. Certes, beaucoup de nos activités industrielles  ou agricoles qui s’accompagnent d’une incroyable urbanisation sont la cause de nuisances et de pollutions. L’homme moderne est conscient du danger. Chaque fois que c’est possible économiquement les arbitrages se font en faveur de la planète. Le charbon a sauvé nos forêts, le pétrole a épargné ce qui restait de baleines. Nous devons tous avoir en mémoire ce qu’ont pu être les dégâts de l’agriculture sur brulis et ceux du surpâturage, avant de pointer le doigt sur les dangers  de l’agriculture intensive  moderne. On doit se rappeler les  maladies répandues par les puits infestés d’autrefois et par les aliments mal conservés. L’écologie a un coût très élevé, elle est en quelque sorte un luxe accessible aux sociétés qui  sont assurées de la satisfaction de leurs besoins de base. Pour protéger notre planète nous devons sortir de la sauvagerie et ça ne peut-être que par l’innovation et la science. L’écologie ce n’est pas moins de science c’est au contraire une connaissance de plus en plus intime  des mécanismes de notre vie, de notre conservation et des ressources de notre terre. Il ne sert à rien de sauter les étapes pour se retrouver en permanence dans l’incantation, comme dans une procession mystique et mystificatrice.

La dernière question qui est celle du bonheur des gens  nous  envoie sur une fausse piste. Le bonheur est éminemment subjectif. Beaucoup de pauvres et heureusement, vivent  avec la joie au cœur et la satisfaction d’élever leurs enfants. Tendre son visage vers les premiers rayons du soleil au printemps est un bonheur gratuit et partagé par tous. Inversement des gens riches vivent malheureux comme des pierres entre stress et déprime, problèmes familiaux et déconvenues amoureuses.  La vraie question n’est pas celle du bonheur elle est celle  de l’autonomie des hommes.  La question principale est celle de la créativité et de la responsabilité. Autrement dit, la personne humaine  ne peut accéder  à la plénitude  que dans la liberté.  Pour y parvenir on voit bien que nous sommes tributaires de l’organisation démocratique de nos sociétés, de l’accès à l’école et à la santé. On imagine quelles sont les réserves d’imagination  et de créativité politique, technologique et artistique qui nous attendent !  Songeons que s’il avait pu bénéficier de la pénicilline Molière nous aurait laissé quelques chefs-d’œuvre supplémentaires et que si, il y a un siècle, nous avions su comme aujourd’hui opérer la cataracte, Claude Monet nous aurait peint  en plus quelques tableaux de génie !

On pourrait multiplier les exemples de cette sorte. Chaque homme sauvé, nourri, éduqué, est un trésor potentiel pour notre humanité. Nos sociétés aujourd’hui connectées représentent une force d’intelligence jamais égalée, une force exponentielle incroyable de créativité  que nous sommes impuissants à prévoir. L’histoire nous dit que l’humanité n’a jamais emprunté un chemin linéaire. Des civilisations entières ont resplendi et disparu, sur les bords du Nil, à Athènes ou à Rome mais elles ont toujours servi aux hommes pour mieux  rebondir.  A défaut  d’auto contrôle la bête humaine  trouve un moyen de régulation, qui est celui de la collectivité. A la fin des fins, notre avenir dépendra de notre organisation  politique et de notre savoir-faire social. Avis aux individualistes ! Prise dans son sens collectif, je suis persuadé que  l’espèce humaine a encore des beaux jours devant elle,  le progrès sera pour tout le monde ou ne sera pas.

23/02/2014

Y-a-t-il un médecin dans l'avion ?

 

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Hélice de Robert Delaunay

 

Chacun sait que je suis un apôtre zélé de Saint François de Corrèze, élu en avril 2012 Président des Français. Des esprits peu charitables me désignent par dérision comme le sacristain de Saint François. Certes. Il n’empêche que mon héros a fait très bonne figure aux Amériques entre Michelle et Barak Obama. On a fabriqué toute une affaire en soulignant que notre Président, sans femme légitime, allait être fort démuni  au cours de cette visite d’Etat. Il n’en a rien été et à mon avis il a affiché une tout aussi bonne figure seul, que s’il avait eu Valérie à sa gauche  et Julie à sa droite, voire Ségolène en flanc-garde. Gattaz notre ennemi mortel, l’a bien compris qui,  très hostile et arrogant à l’aller tant il était convaincu  de sa supériorité dans le rapport de forces, s’en est revenu doux comme un agneau pour faire allégeance. Eût-il été ministre  qu’on aurait crié au couac et à l’amateurisme indécent ! Pour le patron des patrons on a jugé que c’était seulement une erreur d’appréciation sans conséquence.

Grand succès donc que ce  séjour aux States tout auréolé des  campagnes réussies d’Afrique, de Bamako à Bangui. Même les stars du bizness moderne, nos créateurs de start-up, ont applaudi. Il y a beaucoup de narcissisme chez ces gens-là. Ils n’entendent pas passer inaperçus. Sous Sarkozi, les petits malins ont tout appris, sauf la modestie. Rappelons-nous Séguéla et sa montre bling-bling. Pour rassurer les patrons il faut leur dire qu’ils sont beaux et qu’on les aime ! Comme des demi-mondaines !

Ces patrons-là ne ressemblent pas aux autres. Les gringalets boutonneux draguant sur facebook à la terrasse des cantines d'hypothétiques et virtuelles vamps de synthèse, peuvent se révéler du jour au lendemain comme des poules aux œufs d’or qui transforment tout ce qu’ils touchent en joncaille. Trois cents milliards pour Google, deux cents pour Facebook, ces gosses-là gagnent plus qu’au Loto.

  Notre Président qui se fout de l’argent voudrait bien que les lascars viennent lui prêter la main pour pousser notre économie encore mal à l’aise sur ses fémurs. La richesse des uns ou des autres honnêtement et intelligemment créée ne peut pas nuire aux gens qui sont pauvres. Je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur les difficultés qui entravent notre économie aujourd’hui. En interdisant les gaz de schistes, en diabolisant les OGM et en calomniant honteusement le nucléaire, les écolos mettent la France à genoux. Ils sont tout le contraire de nos nouveaux capitalistes. Peste soit de l’argent et de la croissance disent Duflot, Mamère ou Mélanchon ! Evidemment avec une paye de sénateur ou de député on peut voir venir. Quand on gagne sa vie en faisant des ménages il vaut mieux avoir des patrons qui payent bien ! Donc qui gagnent bien. Mais ça, c’est l’affaire du menu peuple, dont on se fiche !

Si on y regarde d’un peu plus près, les tenanciers véreux et autoproclamés de notre planète, qu’on désigne comme les Verts, sont justement des gens qui n’y connaissent rien, mais vraiment rien. Ils sont nuls en sciences exactes mais tout aussi nuls en économie ou en politique. Ils brillent seulement comme gourous et manipulateurs des peurs de nos concitoyens. Ils sont fabulistes, acteurs médiévaux de leurs propres comédies sur les parvis de nos nouvelles cathédrales que sont nos centres commerciaux. Sous cet angle, la matière du  sectarisme métaphysique illuminé est inépuisable ! Du haut de ces tribunes quasiment pataphysiques, on peut ainsi tourner en dérision la science disqualifiée comme officielle et comploteuse et totalement aux ordres du capitalisme. De fait les généticiens, les géologues, les agronomes n’ont plus le droit de cité. Le gouvernement, les assemblées, les commissions peuvent se passer d’eux, sous prétexte que ce sont des ringards tournant le dos à la modernité. Les vrais ignorants ignorent l’étendue de ce qu’ils ignorent !

 

Et pourtant que ce soit en Amérique, en Chine ou au Brésil, la science fait marcher le monde. Il n’y a qu’en Europe qu’on refuse le progrès technique et scientifique. Cet obscurantisme est étayé par un seul mot d’ordre : «  Eteindre partout les lumières et construire des moulins à vent ! » Et comme si ça ne suffisait pas on soutient comme hier à Nantes, les casseurs et les anarchistes internationaux. Quel droit Bové qui se dit européen, veut-il faire triompher à Strasbourg ?

Notre vieille Europe et singulièrement la France se sont bâties et ont resplendi  au  siècle des lumières. Grâce aux Verts et à leur idéologie fumeuse nous nous préparons  pour demain des décennies de déclin, de pauvreté et de dépendance.