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31/01/2015

Plaidoyer pour la commune nouvelle de La-Baie-de-Saire

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Illustration de Do Labadie

 

 

La désertification des campagnes est une réalité qui s’affirme toujours un peu plus depuis un demi-siècle à mesure que notre société agricole cède le pas à celle des services et à l’urbanisation généralisée. Notre Val de Saire n’est pas le plus mal placé pour résister à ce mouvement de fond puisqu’il bénéficie d’atouts substantiels que sont un littoral attractif et des plaines agricoles fertiles. Malgré tout on voit bien que se dessinent ici aussi les stigmates du déclassement : une population âgée, des jeunes qui partent pour trouver du travail, des difficultés pour accéder aux soins, des écoles menacées de fermeture, pas d’investissement public, une activité culturelle fatiguée…

Pour l’heure rien n’est dramatique, mais il y a à craindre que l’immobilisme actuel nous mène au déclin. Jusqu’à présent le rôle des hommes politiques était de se tourner vers l’état et de compenser nos manques par des subventions. Le leader politique à la campagne était encore récemment le champion de la subvention. Mais aujourd’hui à force de réclamer à l’Etat, nous l’avons endetté, en s’y mettant tous, on a bien creusé le déficit et accumulé les dettes. A présent il faut tenter d’autres solutions...Elles existent et ne tiennent qu’à nous, notre force, notre imagination, notre audace.

Regardons autour de nous ! Dans la géométrie sociale, nous autres du Val de Saire,  nous sommes à la base de la pyramide républicaine, très enfouis dans la France modeste, peu visibles par ceux qui décident. Nous sommes aux marges, loin des centres, très périphériques, nous sommes ceux pour qui les géographes décrivent une nouvelle fracture sociale. Nous autres gens du bocage, nous sommes très loin de Paris qui écrase tout, encore bien loin de Caen qui nous ignore. Ceci risque de s’aggraver avec la réunification de la Normandie et la disparition plus ou moins annoncée des Conseils généraux. Le dessein du gouvernement est de susciter des grosses communautés de communes qui seraient directement en prise avec les institutions régionales de Rouen-Caen. Mais pour peser dans une grande communauté de communes comme Cotentin-Est (Valognes, Montebourg, Sainte Mère, Saint Sauveur Saint Pierre) il faut que notre petite région soit politiquement puissante. La solution existe, il faut transformer notre canton de Quettehou en commune nouvelle.

Il nous faut  devenir plus forts, plus gros, plus lourds pour peser sur les arbitrages qui se présentent à tout bout de champ dans la vie politique. Imaginons que nous ayons l’audace, le cran, l’imagination, de regrouper les 16 communes du canton de Quettehou, en profitant des facilités accordées aujourd’hui pour les communes nouvelles ainsi créées (maintien de la dotation d’Etat pendant trois ans, avec un bonus de 5% si c’est fait avant janvier 2016). Bien sûr toutes les anciennes communes demeurent sous l’appellation de communes déléguées. Elles gardent leur ancien nom et leur municipalité jusqu’en 2020. Il n’y aura aucun panneau à supprimer, il faudra juste rajouter celui de la commune nouvelle. Avec ça on ne pèse pas loin de dix mille habitants, (9246), c’est-à-dire plus lourd que Valognes (7300) ou Carentan (6500), presque autant que Coutances (10400) et pas loin de Granville (14000).

On change de braquet. On ne prend plus les querelles de clocher pour des raisons d’être, on ne se jalouse pas, on s’entraide. La population ne fait pas tout, il nous faut instaurer un patriotisme de la commune nouvelle. Notre territoire est magnifique, à la fois divers et uni, ce qui n’est pas donné à toutes les communes de France. Nous avons des paysages variés (plages, plaines cultivées, forêts, prairies du bocage) et de l’espace,  des ressources complémentaires, une  pêche active, une agriculture remarquable et un tourisme qui ne demande qu’à grandir. Nous avons tout pour être bien. Il faut seulement avoir le culot d’en profiter. Lancer des projets touristiques (piscine, voile, musées, salles de musique, pistes cyclables), des labels de qualité pour nos produits agricoles, les huîtres et le poisson. Nous pourrions encourager des  nouveaux modes de consommation, des marchés couverts, des foires d’échange avec nos voisins proches ou lointains, et faciliter les circuits courts et la commercialisation directe. On pourrait enfin rationaliser l’aménagement des zones d’activités, les tracés routiers, le désenclavement. Tout deviendrait possible, grâce à notre union, nos synergies, nos différences.

Vous allez me dire, il déménage le vieux. Mais je sais que c’est possible. C’est la voie pour améliorer et dynamiser nos écoles, nos structures de santé, les associations de solidarité et d’entraide. Regroupés dans une seule commune, nous nous  épargnerons  nos querelles ridicules entre clochers rikiki qui paralysent, découragent d’entreprendre, dévaluent nos édiles municipaux et ne mènent qu’à l’immobilisme et à la désertion des plus dynamiques. Pour aujourd’hui,  je me lance, je donne  un nom à cette commune nouvelle, par exemple commune nouvelle  de « La-Baie-de-Saire », ou bien plus joli encore « Ketil-en-Mer ». Le champ des possibles est ouvert, lançons un concours. Et pour finir,  je vous en prie ravalez un peu vos moqueries, réfléchissez, pour nos enfants et pour le 21ème siècle. Il faut prendre le virage de la modernité. Ce virage il se fera avec ou sans nous, alors autant l’organiser au profit de notre petit pays. Si nous réussissons,  alors je vous le répète, je vous le prédis, je vous l’annonce, il fera bon vivre au Val de Saire.

18/11/2014

La sobriété heureuse

Pierre Rabhi, décroissance,jardinage,soupe de légumes

 

Giuseppe Arcimboldo, Les quatre saisons dans une tête

 

 

On entend de plus en plus des grands esprits nous suggérer que la croissance économique est un leurre et qu’à ce rythme il va nous falloir deux planètes. Nous sommes menacés de laisser à nos enfants un désert et un désastre. Pierre Rabhi est la figure emblématique de ce courant de pensée qui professe la sobriété heureuse avec le retour à la frugalité paysanne et aux valeurs de la terre, une terre mère de toutes les vertus. Cette paysannerie n’a jamais existé, sauf contrainte et forcée. Elle a en effet toujours été la dernière à bénéficier des « bonheurs » de la modernité, pour sa santé, pour son éducation et pour son confort. Aujourd’hui elle a rattrapé une partie de ses retards, mais elle s’est contractée au point de ne plus représenter que quelques pour cent de notre population active. Malgré cela, elle est rongée à ses marges par des poches de pauvreté qui touchent les agriculteurs n’ayant pas pu ou pas su évoluer avec leur temps. Le recours à la terre avec des techniques à l’ancienne est une question dépassée. Personne aujourd’hui ne peut gagner sa vie avec une pelle et une pioche.

La décroissance signifie la stagnation de la vie économique et de la production de richesses. A l’échelle internationale comme à celle de la France, elle supposerait que tout le monde soit satisfait de son sort et qu’il n’y a aucune raison de produire de nouveaux biens. Elle supposerait également que l’état des techniques et des sciences  ne mérite pas qu’on s’y intéresse. Comment imaginer que nos sociétés urbaines organisées aujourd’hui en métropoles  n’ont plus besoin tout soudainement de progrès ? C’est bien sûr impossible ! Aujourd’hui comme hier, nous voulons de meilleures écoles  et des crèches plus nombreuses, nous voulons toujours plus de chercheurs et de savants, nous prions pour  la fin du cancer et le contrôle  de la maladie d’Alzheimer, nous réclamons des transports propres et des routes sûres, nous considérons comme un dû la paix et la sécurité ! Le progrès est bien la motivation profonde de nos démocraties qui aspirent  sans cesse à faire reculer les frontières de la connaissance et du bien-être .

Personne ne  peut nous faire croire que nous obtiendrons tout cela sans produire les ressources nécessaires. Que les adeptes de la sobriété aillent vivre dans les pays pauvres et ils ne se poseront plus la question ! Le respect de l’environnement, ou plus exactement,  l’engagement écologique a un coût, il exige plus de recherches, plus de gestion, plus de culture. L’écologie est le grand  luxe des pays riches ! En professant moins de croissance, on prêche contre le progrès de l'humanité. La protection de l’eau et des paysages n’est pas  gratuite, le recyclage des déchets a un coût,  la reconversion à des sources d’énergie moins polluantes que le nucléaire et plus durables que le pétrole ou le charbon exige de lourds investissements !

On entend souvent dire que nous laissons une dette publique colossale à nos enfants. On peut aussi avancer qu’on leur lègue  des actifs considérables qui se traduisent par un confort d’existence jamais égalé dans le passé et une espérance de vie constamment  améliorée, sans compter un capital scientifique qui sera leur opulent viatique. La sobriété heureuse n’est qu’un passe- temps  pour philosophe monomaniaque. L’alimentation, la santé, l’éducation, la sécurité doivent être assurées pour des dizaines de millions de personnes qui vivent dans nos mégapoles en gestation. Nous ne sommes pas dans des villages de l’Ardèche où se réfugient tranquillement les babacools partageant avec bonheur et subtilité leurs fromages et leurs salades. Ces gens ont le droit de se mettre en marge des grands flux économiques mais ils doivent savoir que nonobstant, ils bénéficient comme tout le monde et c’est bien ainsi, des acquis et des secours dispensés par un Etat solidaire qui tente de n’abandonner personne, en aucun lieu. Gagnant peu, ils paient peu d’impôts. La sobriété heureuse  et autarcique des gourous m’apparaît comme un exercice cynique d’individualisme.

On voit bien que la décroissance réduisant l’activité humaine à la satisfaction des besoins essentiels de se nourrir voire de se soigner (bien sûr avec des plantes médicinales) n’est pas transposable à nos sociétés d’aujourd’hui. Le vieux sage Pierre Rabhi n’est en réalité qu’un marchand de rêve que nos médias et nos politiciens adorent. Il entraîne aujourd’hui des millions d’hommes et de femmes qui passent des heures à gratter la terre dans les petits jardins de leurs jolis pavillons. Après l’habitat à énergie positive, on s’organise en autonomie potagère. Bravo si la soupe est bonne, mais je doute qu’elle suffise aux besoins de nos contemporains !  

11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

05/04/2014

Futurologie

 

 

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 Jaune-Rouge-Bleu par Kandinsky

 

 

Jacques Le Goff, notre regretté historien, confiait il n’y a pas si longtemps  son peu de goût pour la Futurologie, ce qui était une façon de remettre en cause l’Histoire,  comme la clé de notre avenir. De la Futurologie, les savants du GIEC nous en racontent tous les jours. A tel point qu’ils sont surpris, voire dépassés par la rapidité avec laquelle les évènements qu’ils avaient prédits  pour le milieu du siècle se manifestent  aujourd’hui. A leur place j’y trouverais un motif d’inquiétude plutôt qu’une satisfaction. Avant l’heure ce n’est pas l’heure ! Cela prouve qu’il y a quelque  chose qui cloche dans leurs modèles. C’est peut-être aussi qu’on se précipite un peu trop vite pour trouver partout des raisons  ou des effets du réchauffement. Les évènements météorologiques qui s’éloignent de la moyenne sont maintenant considérés comme autant de preuves du dérèglement climatique. Il y a belle lurette que les climatologues savent que ces moyennes n’existent pas ! Et qu’en réalité la météo est toujours en de ça ou au de  là ! Finalement nos savants du GIEC  prêchent de plus en plus dans le désert et n’arrivent à convaincre que ceux qui le sont déjà.

Avec son nouveau gouvernement de choc,  F. Hollande envoie toute nos forces socio-démocrates  dans la bataille pour la croissance et la création d’emplois. Réussira-t-il ? Je le souhaite pour la France et les Français et pour l’Europe. Si les Allemands ne prennent pas conscience qu’il faut d’urgence relancer l’économie  de l’Espagne, de l’Italie et de la France en acceptant quelques effets inflationnistes, nous risquons bel et bien la stagflation, à l’exemple du Japon, qui fut autrefois à la pointe du progrès et de l’innovation et qui vient d’ endurer  deux décades de stagnation économique. Il en  sort tout juste ! 

Michel Sapin se voit confier la difficile mission de convaincre les instances européennes de lâcher les vannes du crédit et de financer des grands projets collectifs ou de racheter des emprunts pourris qui paralysent les banques.  Tout cela passe par la bonne volonté de la Banque Européenne et de son Président Mario Draghi, qui bien sûr est sous la pression allemande. Pour l’Europe, je souhaite qu’un accord soit trouvé avant peu. Les élections du mois de juin risquent , si ce n’est pas le cas,  d’envoyer au Parlement une majorité d’adversaires de l’Europe. A ce moment- là, il sera trop tard pour pleurer.

Fidèles à leur politique de Gribouille, les écolos ont refusé un grand ministère de l’Ecologie. Plus politicards que ces gens-là tu meurs ! Ils espèrent faire un tabac aux dites élections européennes sur le dos des socialistes, mais il se pourrait que le grand vainqueur  soit le FN avec l’aide inavouée  de l’UMP. Nous récolterons alors  les fruits amers de la discorde et de la non-coopération européenne. Les gens raisonnables de notre échiquier politique devraient réfléchir  à la nécessité de donner , enfin ! un coup de main à la voie moyenne que veut emprunter notre gouvernement pour sortir de la crise. L’enjeu , c’est d’apurer  les comptes publics  tout en tentant de rendre confiance aux entreprises qui sont les seules à même de relancer l’investissement productif. Cela suppose  qu’on  allège les taxes et qu’on diminue  le coût du travail,  ce qui n’est pas facile  à faire quand les caisses sont vides . Alors même qu’un peu de justice doit conduire à redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes. Le moins qu’on puisse dire c’est que le nœud est hyper serré !

Sur le plan politique, Hollande est coincé entre   la gauche de la Gauche qui trouve « inconcevable de faire des cadeaux aux patrons » et préfère retourner à ses habituels démons de la révolution pour demain et la droite de la droite, qui compte bien rendre l’Europe responsable de la crise, de l’immigration incontrôlée et de la perte irrémédiable de notre souveraineté et de notre identité. La droite classique,  sous la direction d’un  Copé qui persiste à  jouer les roquets bêtes et méchants, en utilisant les armes débiles de l’amalgame et de la mauvaise foi,  sera bien incapable de s’opposer  à cette conjonction des extrêmes qui recèle de grands dangers à court terme.

On pourrait se demander où est passé le centre dont la vocation ressassée est d’appuyer les majorités d’idées. Borloo est malade semble-t-il et le nouveau maire de Pau est trop discrédité pour tenter un retournement !  C’est pourtant le moment, pour les gens raisonnables  de collaborer à des objectifs qu’ils réclament depuis vingt  ans , qui consistent à   réduire les déficits et relancer la croissance.  Il va falloir que le gouvernement de combat qui vient de se constituer réussisse à convaincre seul, par ses propres mérites, de la pertinence de son action. Je fais des vœux pour qu’il y parvienne, mais l’entreprise est risquée.

On ne peut compter que sur la clairvoyance et le savoir –faire du couple Hollande-Valls. Je leur souhaite la baraka !  Ils vont devoir  obtenir  l’écoute des milieux économiques, des entreprises et des syndicats. A quel prix ? Il ne faut pas hésiter à frapper les esprits,  en supprimant les 35 heures même symboliquement, en autorisant l’exploitation des gaz de schistes et en lançant enfin les travaux de Notre Dame des Landes. Il faut décider, il faut agir, trancher, se faire des ennemis et l’emporter finalement ! Un gouvernement  de combat, c’est fait  pour ça. 

Pour la première fois peut-être de l’histoire,  le Cotentin fournit un ministre de l’Intérieur  à la France. Nous en sommes fiers et je me souviens d’avoir écrit en son temps (Voir ma chronique du 10/05/2011, Eloge de notre député-maire…) tout le bien que je pensais de ce petit homme souriant, modeste et plein d’humour.  Avec lui,  je suis sûr que la loi sera inflexible et que les personnes seront respectées.

23/02/2014

Y-a-t-il un médecin dans l'avion ?

 

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Hélice de Robert Delaunay

 

Chacun sait que je suis un apôtre zélé de Saint François de Corrèze, élu en avril 2012 Président des Français. Des esprits peu charitables me désignent par dérision comme le sacristain de Saint François. Certes. Il n’empêche que mon héros a fait très bonne figure aux Amériques entre Michelle et Barak Obama. On a fabriqué toute une affaire en soulignant que notre Président, sans femme légitime, allait être fort démuni  au cours de cette visite d’Etat. Il n’en a rien été et à mon avis il a affiché une tout aussi bonne figure seul, que s’il avait eu Valérie à sa gauche  et Julie à sa droite, voire Ségolène en flanc-garde. Gattaz notre ennemi mortel, l’a bien compris qui,  très hostile et arrogant à l’aller tant il était convaincu  de sa supériorité dans le rapport de forces, s’en est revenu doux comme un agneau pour faire allégeance. Eût-il été ministre  qu’on aurait crié au couac et à l’amateurisme indécent ! Pour le patron des patrons on a jugé que c’était seulement une erreur d’appréciation sans conséquence.

Grand succès donc que ce  séjour aux States tout auréolé des  campagnes réussies d’Afrique, de Bamako à Bangui. Même les stars du bizness moderne, nos créateurs de start-up, ont applaudi. Il y a beaucoup de narcissisme chez ces gens-là. Ils n’entendent pas passer inaperçus. Sous Sarkozi, les petits malins ont tout appris, sauf la modestie. Rappelons-nous Séguéla et sa montre bling-bling. Pour rassurer les patrons il faut leur dire qu’ils sont beaux et qu’on les aime ! Comme des demi-mondaines !

Ces patrons-là ne ressemblent pas aux autres. Les gringalets boutonneux draguant sur facebook à la terrasse des cantines d'hypothétiques et virtuelles vamps de synthèse, peuvent se révéler du jour au lendemain comme des poules aux œufs d’or qui transforment tout ce qu’ils touchent en joncaille. Trois cents milliards pour Google, deux cents pour Facebook, ces gosses-là gagnent plus qu’au Loto.

  Notre Président qui se fout de l’argent voudrait bien que les lascars viennent lui prêter la main pour pousser notre économie encore mal à l’aise sur ses fémurs. La richesse des uns ou des autres honnêtement et intelligemment créée ne peut pas nuire aux gens qui sont pauvres. Je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur les difficultés qui entravent notre économie aujourd’hui. En interdisant les gaz de schistes, en diabolisant les OGM et en calomniant honteusement le nucléaire, les écolos mettent la France à genoux. Ils sont tout le contraire de nos nouveaux capitalistes. Peste soit de l’argent et de la croissance disent Duflot, Mamère ou Mélanchon ! Evidemment avec une paye de sénateur ou de député on peut voir venir. Quand on gagne sa vie en faisant des ménages il vaut mieux avoir des patrons qui payent bien ! Donc qui gagnent bien. Mais ça, c’est l’affaire du menu peuple, dont on se fiche !

Si on y regarde d’un peu plus près, les tenanciers véreux et autoproclamés de notre planète, qu’on désigne comme les Verts, sont justement des gens qui n’y connaissent rien, mais vraiment rien. Ils sont nuls en sciences exactes mais tout aussi nuls en économie ou en politique. Ils brillent seulement comme gourous et manipulateurs des peurs de nos concitoyens. Ils sont fabulistes, acteurs médiévaux de leurs propres comédies sur les parvis de nos nouvelles cathédrales que sont nos centres commerciaux. Sous cet angle, la matière du  sectarisme métaphysique illuminé est inépuisable ! Du haut de ces tribunes quasiment pataphysiques, on peut ainsi tourner en dérision la science disqualifiée comme officielle et comploteuse et totalement aux ordres du capitalisme. De fait les généticiens, les géologues, les agronomes n’ont plus le droit de cité. Le gouvernement, les assemblées, les commissions peuvent se passer d’eux, sous prétexte que ce sont des ringards tournant le dos à la modernité. Les vrais ignorants ignorent l’étendue de ce qu’ils ignorent !

 

Et pourtant que ce soit en Amérique, en Chine ou au Brésil, la science fait marcher le monde. Il n’y a qu’en Europe qu’on refuse le progrès technique et scientifique. Cet obscurantisme est étayé par un seul mot d’ordre : «  Eteindre partout les lumières et construire des moulins à vent ! » Et comme si ça ne suffisait pas on soutient comme hier à Nantes, les casseurs et les anarchistes internationaux. Quel droit Bové qui se dit européen, veut-il faire triompher à Strasbourg ?

Notre vieille Europe et singulièrement la France se sont bâties et ont resplendi  au  siècle des lumières. Grâce aux Verts et à leur idéologie fumeuse nous nous préparons  pour demain des décennies de déclin, de pauvreté et de dépendance.