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31/01/2015

Plaidoyer pour la commune nouvelle de La-Baie-de-Saire

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Illustration de Do Labadie

 

 

La désertification des campagnes est une réalité qui s’affirme toujours un peu plus depuis un demi-siècle à mesure que notre société agricole cède le pas à celle des services et à l’urbanisation généralisée. Notre Val de Saire n’est pas le plus mal placé pour résister à ce mouvement de fond puisqu’il bénéficie d’atouts substantiels que sont un littoral attractif et des plaines agricoles fertiles. Malgré tout on voit bien que se dessinent ici aussi les stigmates du déclassement : une population âgée, des jeunes qui partent pour trouver du travail, des difficultés pour accéder aux soins, des écoles menacées de fermeture, pas d’investissement public, une activité culturelle fatiguée…

Pour l’heure rien n’est dramatique, mais il y a à craindre que l’immobilisme actuel nous mène au déclin. Jusqu’à présent le rôle des hommes politiques était de se tourner vers l’état et de compenser nos manques par des subventions. Le leader politique à la campagne était encore récemment le champion de la subvention. Mais aujourd’hui à force de réclamer à l’Etat, nous l’avons endetté, en s’y mettant tous, on a bien creusé le déficit et accumulé les dettes. A présent il faut tenter d’autres solutions...Elles existent et ne tiennent qu’à nous, notre force, notre imagination, notre audace.

Regardons autour de nous ! Dans la géométrie sociale, nous autres du Val de Saire,  nous sommes à la base de la pyramide républicaine, très enfouis dans la France modeste, peu visibles par ceux qui décident. Nous sommes aux marges, loin des centres, très périphériques, nous sommes ceux pour qui les géographes décrivent une nouvelle fracture sociale. Nous autres gens du bocage, nous sommes très loin de Paris qui écrase tout, encore bien loin de Caen qui nous ignore. Ceci risque de s’aggraver avec la réunification de la Normandie et la disparition plus ou moins annoncée des Conseils généraux. Le dessein du gouvernement est de susciter des grosses communautés de communes qui seraient directement en prise avec les institutions régionales de Rouen-Caen. Mais pour peser dans une grande communauté de communes comme Cotentin-Est (Valognes, Montebourg, Sainte Mère, Saint Sauveur Saint Pierre) il faut que notre petite région soit politiquement puissante. La solution existe, il faut transformer notre canton de Quettehou en commune nouvelle.

Il nous faut  devenir plus forts, plus gros, plus lourds pour peser sur les arbitrages qui se présentent à tout bout de champ dans la vie politique. Imaginons que nous ayons l’audace, le cran, l’imagination, de regrouper les 16 communes du canton de Quettehou, en profitant des facilités accordées aujourd’hui pour les communes nouvelles ainsi créées (maintien de la dotation d’Etat pendant trois ans, avec un bonus de 5% si c’est fait avant janvier 2016). Bien sûr toutes les anciennes communes demeurent sous l’appellation de communes déléguées. Elles gardent leur ancien nom et leur municipalité jusqu’en 2020. Il n’y aura aucun panneau à supprimer, il faudra juste rajouter celui de la commune nouvelle. Avec ça on ne pèse pas loin de dix mille habitants, (9246), c’est-à-dire plus lourd que Valognes (7300) ou Carentan (6500), presque autant que Coutances (10400) et pas loin de Granville (14000).

On change de braquet. On ne prend plus les querelles de clocher pour des raisons d’être, on ne se jalouse pas, on s’entraide. La population ne fait pas tout, il nous faut instaurer un patriotisme de la commune nouvelle. Notre territoire est magnifique, à la fois divers et uni, ce qui n’est pas donné à toutes les communes de France. Nous avons des paysages variés (plages, plaines cultivées, forêts, prairies du bocage) et de l’espace,  des ressources complémentaires, une  pêche active, une agriculture remarquable et un tourisme qui ne demande qu’à grandir. Nous avons tout pour être bien. Il faut seulement avoir le culot d’en profiter. Lancer des projets touristiques (piscine, voile, musées, salles de musique, pistes cyclables), des labels de qualité pour nos produits agricoles, les huîtres et le poisson. Nous pourrions encourager des  nouveaux modes de consommation, des marchés couverts, des foires d’échange avec nos voisins proches ou lointains, et faciliter les circuits courts et la commercialisation directe. On pourrait enfin rationaliser l’aménagement des zones d’activités, les tracés routiers, le désenclavement. Tout deviendrait possible, grâce à notre union, nos synergies, nos différences.

Vous allez me dire, il déménage le vieux. Mais je sais que c’est possible. C’est la voie pour améliorer et dynamiser nos écoles, nos structures de santé, les associations de solidarité et d’entraide. Regroupés dans une seule commune, nous nous  épargnerons  nos querelles ridicules entre clochers rikiki qui paralysent, découragent d’entreprendre, dévaluent nos édiles municipaux et ne mènent qu’à l’immobilisme et à la désertion des plus dynamiques. Pour aujourd’hui,  je me lance, je donne  un nom à cette commune nouvelle, par exemple commune nouvelle  de « La-Baie-de-Saire », ou bien plus joli encore « Ketil-en-Mer ». Le champ des possibles est ouvert, lançons un concours. Et pour finir,  je vous en prie ravalez un peu vos moqueries, réfléchissez, pour nos enfants et pour le 21ème siècle. Il faut prendre le virage de la modernité. Ce virage il se fera avec ou sans nous, alors autant l’organiser au profit de notre petit pays. Si nous réussissons,  alors je vous le répète, je vous le prédis, je vous l’annonce, il fera bon vivre au Val de Saire.

11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

30/11/2013

Le Sud, notre nouvelle frontière

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Dinet - Un jardin de Bou-Saada


Le Front National prospère sur la détestation des Arabes, certains cercles Juifs également, mais aussi tout le populaire qui se sent mal dans les quartiers et tous les bourgeois qui n’ont qu’un souci, se protéger de la chienlit. Pour tous ces gens : arabes=racailles=violence=insécurité=chômage. Le résultat de cette sinistre équation est qu’un grand nombre de citoyens est persuadé qu’en boutant dehors ces hordes de bronzés et en les  renvoyant au Maghreb ou au Machrek on fera baisser les déficits et on remboursera notre dette. Tous les calculs économiques disent le contraire mais ça ne compte pas.  A gauche on a la sinistrose écologique et à droite on a le cimeterre arabe pointé sur la carotide. Au final la France est paralysée par ses peurs et rien ne va plus.

La France, ce vieux pays, comme le proclamait le barde des beaux quartiers, est victime d’un énorme malentendu. Notre nouvelle identité,  dans laquelle l’islam prend toute sa place,  enrichie d’apports de civilisation arabo-orientale anciens et modernes, n’est pas un problème. C’est au contraire une chance pour l’avenir du pays, pour sa puissance et sa force d’influence dans le monde. On voit que le retrait des Américains et en tout cas leur peu d’appétit pour les affaires moyen-orientales ou africaines laisse  à la France un grand espace pour un leadership en Méditerranée. La réalité est que sans le dire, la nation dont les capitales sont Paris, Lyon et Marseille, est devenue une des premières forces au sein de ce qui fut autrefois l’Empire romain. Mais Rome n’est plus dans Rome et Paris est devenue la plus puissante des capitales arabo-africaines et moyen-orientales.  

Il est bon de rappeler à l’occasion du trentième anniversaire de la marche des beurs, que nous avançons à reculons vers cette nouvelle frontière. Car nous refusons encore ce quart méditerranéen issu de la décolonisation et de l’émigration qui fait notre force aujourd’hui. Nous sommes encore les enfants de Charles Martel, dans la continuité de la pureté ethnique et de la résistance à l’envahisseur. Imaginons ce que pourrait devenir la France si elle comprenait enfin, que Rabat, Alger ou Tunis sont des villes alliées et non pas des capitales hostiles. Que les cent millions de Maghrébins ont aujourd’hui des potentiels de développement de productivité et de croissance qui peuvent tirer l’Europe et la France de leur torpeur. Nous avons une communauté de langue, une histoire, un vécu qui nous rapprochent. Pouvons-nous un instant imaginer  ce que la France pourrait changer pour la paix du monde et sa prospérité, si nous acceptions enfin la réalité géopolitique d’aujourd’hui ? Mais nous sommes comme des apprentis du poker géostratégique, nous avons des cartes, un jeu exceptionnel, mais nous ne voulons pas y croire.

Nous refusons de voir que de l’Iran au Mali et à Israël, nous pouvons jouer un rôle unique dans la nouvelle donne démocratique de ce siècle. Nous avons un quart de notre population qui parle arabe ou qui pourrait le faire, nous avons une histoire qui commence avec Constantinople et se poursuit avec les pyramides de Napoléon et le chasse-mouches du bey d’Alger ! Par raideur, par repli sur notre arc de triomphe, par l’arrogance de nos bibliothèques, nous refusons de respecter l’étrange ou le différent. Nous avons toujours voulu soumettre au lieu de convaincre, connaître  et négocier.

Mais la puissance de feu de notre propre histoire est imparable et s’exerce malgré nous, les tirailleurs et les spahis sont morts sous la mitraille et le canon, les fellagha, les fidaînes, les chaids ont arraché leurs victoires face à notre armée, des tribus de bédouins ont construit nos routes, des générations de schleus et de kabyles ont extrait le charbon, construit des voitures, bâti nos autoroutes ! Malgré des relations exécrables de violence et de racisme, malgré les noyés de la Seine et les enfumés des Aurès, malgré les expropriations, les déportations et les injustices, la France et le Maghreb ont créé un avenir commun. Celui qui se dessine aujourd’hui. Un avenir dans lequel Mouloud Mammeri et Albert Camus auraient dialogué pour en dessiner les contours. Un avenir peint par Zidane et Saint Augustin, Brahim Asloum et Avicenne, Nasser, Bourguiba, de Gaulle, l’Institut du Monde Arabe, le couscous et…Total.

Cette nouvelle donne, ce new deal ne peut naître sans efforts, c’est-à-dire sans investissements. Nous devons mettre deux sous dans le bastringue pour faire entendre une nouvelle musique. Il faut de la générosité de cœur, de l’imagination, de la créativité pour entraîner une dynamique de coopération des bords du Nil jusqu’au littoral atlantique, il s’agit bien de coopération et non de confrontation. Arrêtons de faire les marchands de tapis. Si nous avions deux sous de confiance en nous, Tunis la blanche au lieu de plonger dans les horreurs de la guerre civile pourrait être notre nouvelle Mecque, notre nouveau ralliement, notre grande ville étape pour la reconquête des esprits et des cœurs jusqu’à Dakar et Bangui !

La force de frappe française silencieuse et pacifique est là qui attend. Elle est dans nos collèges de quartiers, dans nos lycées, nos grandes écoles et nos universités. Elle attend les armes au pied, celle de la démocratie, de la liberté, de l’invention et de la créativité, pour partir, repartir pourrais-je dire dans les champs d’industrie encore balbutiants, dans les laboratoires de recherche encore juvéniles et participer aux œuvres encore incertaines de la démocratie et de la culture. Elle y apporterait de la créativité et de la novation et surtout de la liberté. Si la France peut exporter quelque chose dans ces pays, c’est la liberté, liberté politique, liberté de moeurs, liberté d’esprit et de religion. Parce que bien sûr si notre pays est encore victime de ses historiques raideurs, nos voisins du Sud le sont tout autant. Mais je gage qu’avec le temps, toutes ces rigidités vont finir par se distendre et sauter, à moyen terme.

Je voudrais dire à mes amis politiques que la nouvelle frontière est là, non pas une frontière comme le mur d’Israël hérité des ghettos de Varsovie ou de Cracovie, mais une nouvelle frontière savante et intelligente, semblable à ces membranes semi-perméables capables d’envoyer le bon et de refuser le mauvais. Pour y parvenir il faut du courage et de l’imagination. Le deuxième quinquennat de François Hollande sera celui-là. L’intérieur remis en ordre, avec les comptes apurés et la remise sur les rails d’une certaine justice sociale,  il faudra se projeter et faire tanguer pacifiquement l’Europe trop frileuse. Il va falloir bien expliquer à nos voisins de l’Est que la France à une autre main, celle du Sud, que le jeu est mûr, juteux, prometteur et qu’il profitera à toute la zone Europe et à l’Afrique du Nord et du Sud. A leur tour ces handicapés du vieux mal stalinien, les Polonais, les Allemands de l’Est et beaucoup d’autres libéraux, british ou bataves, pourront peut-être comprendre qu’il y a des générosités qui valent bien mieux que le chacun pour soi et l’égoïsme des nations.

Il faut y penser dès maintenant, il faut jeter les premières pierres. Le maintien de la France au rang des grandes nations en dépend ! Plutôt que de vouloir ériger des barrages illusoires contre quelques milliers de malheureux rêveurs d’Occident, renversons les flux et portons sur place l’emploi, la santé et l’éducation et aidons enfin et hardiment  à briser les chaînes ancestrales. Avec respect, avec générosité, avec intelligence. Agissons pour la prospérité de tous au lieu de nous retrancher dans notre vieux monde finissant !

25/05/2013

Réchauffement climatique ou galéjade écolo ?

 

 

 

 

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 Peter Bruegel, L'adoration des mages dans la neige

 

 

 

Les croisés du réchauffement climatique sont pris à leur propre piège. Il suffisait d'observer le regard en biais du glaciologue Jean  Jouzel, pour s’apercevoir que l’affaire devenait de moins en moins claire. Mme Tubiana est allée chercher des arguments incroyables comme les  affres du tabac ou la tragédie des fusées à Cuba, pour démontrer que l’incrédulité de nos contemporains était un phénomène classique. Les gens n’y croient pas jusqu’à ce que la catastrophe leur tombe dessus. C’est vrai que les Cassandre du réchauffement s’en sont donné à cœur joie lors des canicules et des sécheresses et même des tempêtes et débordements maritimes. Cela leur permettait de prédire qu’il ferait  plus chaud de plus en plus souvent et que la sécheresse allait s’accentuer dans le Midi.  Les vignes du Bordelais allaient déménager vers  Honfleur et Deauville. La Côte d’Azur devait  devenir un nouveau Quatar. La meilleure preuve est qu’on assiste d’ors et déjà à la migration  des princes arabes vers Saint Tropez ! Les plus sceptiques ont senti le vent du boulet, il y avait des morts !

 

Peu importe si depuis une dizaine d’années on n’enregistre plus les augmentations de température qu’on attendait. J’en sais quelque chose puisque j’ai dû me payer cette  année une citerne de gaz supplémentaire pour me chauffer. Les évènements météorologiques actuels sont peu convaincants pour la propagande des climato-craintifs.  Alors ne parlons plus de température avancent-ils, parlons du taux de CO2 dans l’atmosphère. C’est ce que les journalistes de C dans l’air ont convenu et ça tombe plutôt bien car on vient de faire les premières mesures à 0,004 g. Nous avons franchi un seuil, disent les fameux lanceurs d’alarmes comme si un scientifique pouvait faire une différence entre 0,00399 et 0,004. On est en pleine communication.

 

Comment Mr Jouzel peut-il expliquer la constante augmentation du taux de CO2 et l’inconstance du réchauffement ?  C’est à tout le moins que la relation entre les deux est assez lâche…Si on utilise la canicule comme preuve du réchauffement on peut tout aussi bien arguer que la neige en mai est une indication du contraire ! A tout le moins,  nous sommes fondés à écrire  que  ni les canicules ni les tempêtes de neige ne prouvent quoi que ce soit. En réalité les extrêmes météorologiques traduisent une seule vérité bien classique,  la variabilité incessante du climat. Les années se suivent et ne se ressemblent pas, et nous avons toutes les indications nécessaires depuis longtemps  sur les variations annuelles, décadaires, séculaires ou millénaires !

 

Une autre carambouille régulièrement  brandie par le guide apostolique d’Ushuaïa est celle des réfugiés climatiques. Des milliers, que dis-je des millions ! voire un milliard ou deux de pauvres gens sont menacés par le grand chambardement de la désertification ! Je me souviens des grandes sécheresses au Sahel au début des années 70. J’ai vécu au bord de la steppe algérienne pendant de nombreuses années et je connais un peu le mécanisme des coups d’accordéon climatique qui obligent les populations à fuir.

D’abord il faut bien se dire que la sécheresse n’a jamais concerné les populations urbaines dont l’activité dépend beaucoup plus de l’alimentation du réseau électrique que de la pluie, laquelle est plutôt un facteur négatif pour la vie quotidienne. La vie des agriculteurs sédentaires est avant tout régie par l’irrigation qui demande une organisation et une gestion rigoureuses. Parfois il est vrai plusieurs années sèches consécutives peuvent mettre en danger ces communautés. Les populations qui sont les plus directement menacées par les sécheresses sont les éleveurs nomades qui courent après les pâturages avec leurs chèvres et leurs moutons et parfois leurs zébus. Ces populations-là n’ont pas attendu l’augmentation du taux de C02 pour subir les revers de subsistance allant jusqu’à la famine  lors des  crises climatiques. Utiliser ces phénomènes comme des preuves du réchauffement est tout simplement grotesque !

 

La dernière manifestation du réchauffement est la hausse de niveau de la mer. Passons sur les surcotes entraînées par des vents violents poussant les eaux dans le même sens que les fortes marées, tous les habitants littoraux connaissent le phénomène excepté quelques bêtas qui se laissent berner par les plages de l’été avec leurs eaux tranquilles. Les mêmes se font rouler, qui construisent dans les lits occasionnels de crue des fleuves et rivières. Il y a bien longtemps que les riverains s'endiguent contre les débordements !Suggérer que ces inondations sont là encore liées à un dérèglement climatique constitue une escroquerie. Parlez-en aux Pays Bas !

 

Il reste bien sûr la fonte des glaciers et la débâcle de la banquise en arctique. (Il semble qu’en Antarctique on observe le phénomène inverse, mais chut !!! ) Je ne connais rien à ces questions et je me promets de m’y intéresser, parce que je pense en voyant toujours la même ourse polaire efflanquée qui saute péniblement d’un glaçon à l’autre, les arguments qu’on avance dans cette catégorie sont tout autant « idéologiques » que les autres. Je suis d’accord pour dire avec d’autres scientifiques « froids » qu’il va falloir élucider une question impressionnante : comment une théorie du réchauffement évoquée sans passion depuis plus de cent cinquante ans a bien pu en dix ans convaincre un si grand nombre de nos contemporains qu’on tenait enfin la cause de  toutes les plaies de l’Egypte et de toutes nos terreurs millénaristes ?

 

 

 

 

14/06/2012

Retrousser nos manches

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 Les raboteurs de parquets de Gustave Caillebotte (1875)

 

 

L’élection haut la main de Bernard Cazeneuve et de Geneviève Gosselin est un événement heureux pour le Cotentin. Grâce à leur travail patient au service de Cherbourg et de sa région le Ministre et la Députée ont obtenu l’assentiment très large de nos concitoyens. Bernard Cazeneuve est un homme de rassemblement, de consensus et de conviction qui donne du temps au temps et qui respecte ses concitoyens. Je l’ai déjà expliqué lors de la parution de son livre sur l’affaire de Karachi. De son côté, en se consacrant à l’examen du Scot avec tous les élus du Cotentin, quels que soient leurs bords politiques, Geneviève Gosselin a prouvé qu’elle savait distinguer l’essentiel de l’accessoire, et écarter la polémique pour faire avancer notre petit territoire.

 

Une période nouvelle s’annonce qui semble sceller le déclin de la vieille droite rurale qui perd peu à peu ses positions dominantes. Une étape supplémentaire pourrait être franchie en cas de succès de Stéphane Travers dans la 3° circonscription, voire de Le Coz dans la 2° ! En tout état de cause, il me semble que l’influence des notables, indépendants et paysans, des vétérinaires et des propriétaires fonciers , des notaires et des avocats,  reflue face à la montée des salariés du tertiaire, du bâtiment, des services publics, et du tourisme qui viennent renforcer les bastions traditionnels de l’arsenal, d’Areva et des  personnels enseignants.  La prise de conscience est facilitée par les excès du sarkozysme qui a droitisé l’UMP au point de la rendre bien poreuse aux idées xénophobes et identitaires du Front National. Par bonne fortune, notre Cotentin n’est pas une terre des extrêmes, elle cultive la modération en tout, la diversité et la tolérance. Le FN n’y fera jamais les scores qu’on peut trouver en Lorraine ou en Paca-Côte d’Azur.

 

La gauche maintenant fortement implantée dans notre territoire doit montrer qu’elle est capable de relever les défis du développement et de l’emploi dans les secteurs porteurs. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les projets industriels dans l’éolien et l’hydrolien , dont certains semblent bien avancés, peuvent en cas de succès être un tremplin pour la modernisation de notre économie. D’autres progrès peuvent être obtenus dans les activités maritimes, dans la plaisance, dans la pêche et la conchyliculture, et encore davantage dans le tourisme dont le potentiel est encore intact. Il me semble aussi que nous n’avons pas suffisamment théorisé sur la réussite tranquille des Maïtres Laitiers et sur le modèle économique que cette entreprise représente pour l’agro-alimentaire dans la presqu’île.  Que ce soit pour les légumes, la viande ou les produits de la mer, on pourrait imaginer des synergies commerciales reposant sur la diversité de l’offre, la qualité des produits et la garantie d’approvisionnement propre à satisfaire les gros maillons de la distribution, tout en résistant mieux à leurs féroces exigences. La démarche de qualité, de diversité, de proximité et de maîtrise des marchés est un processus gagnant dans l’agro-alimentaire, en particulier pour les produits frais.

 

Avec une économie en croissance offrant des emplois, nos services trouveront un meilleur terreau pour leur développement et leur modernisation.  Nous devons améliorer nos écoles et nos hôpitaux, nos infrastructures de communication et de transports… On se retrouve en plein dans les thèmes d’élaboration du Scot (Schéma de cohérence territoriale), dans la problématique du lien ville-campagne, dans l’exercice du désenclavement routier et ferroviaire, voire maritime, dans l’ambition de s’assurer  des concours extérieurs, dans la nécessité d’ouvrir des relations avec les autres régions et les autres pays.

 

On peut rêver. Le développement aujourd’hui ne peut être que celui de l’intelligence et de l’ouverture aux autres. Les cités-nations, les villes bataves ou italiennes comme Gênes ou Venise, sont devenues un temps les centres du monde parce qu’elles avaient un réseau commercial et financier qui dépassait de loin leur minuscule territoire. Le Cotentin peut devenir une île de prospérité en exerçant son potentiel stratégique européen et atlantique grâce aux talents créatifs de ses habitants. Voilà de beaux enjeux en perspective qui sont propres à donner confiance dans l’avenir.