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11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

03/11/2014

Changement de siècle

 

 

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Le moment est venu pour moi de faire des bilans, avec le fatalisme qui sied si bien aux vieux barbons. J’ai aujourd’hui l’impression de ne plus appartenir à mon époque. A force d’être à la retraite il ne faut pas que je m’étonne que le monde change dans mon dos en catimini. Pendant que je cherche mes mots ou mes phrases je constate que les jeunes générations s’expriment à toute vitesse à grand renfort de likeurs, de followers et de hachstags. Ma petite fille de dix ans me porte un regard attendri de commisération quand je lui demande de régler mon iphone. Elle délaisse sa tablette le temps de me charger les « applis » nécessaires. Les moins de quarante ans ont internet au bout des doigts, recettes de cuisine, programmes de cinéma, date de naissance de Victor Hugo…Tout y passe.

La connaissance encyclopédique tient dans un boitier pas plus gros qu’un paquet de cigarettes. Toutes les nouvelles y sont, le temps qu’il fait, l’adresse du coiffeur, le livre du Goncourt. Un fatras, un bric-à-brac qui fait penser à un  vide-grenier démesuré, à un million de braderies de Lille. Très rapidement l’usager du web se promène dans tous les étages d’un immense capharnaüm qui ne laisse aucune question sans réponse. Peintres, poètes, assassins, cuistots, sœurs siamoises, outils, bagnoles, PMU, hôtels, maladies, poissons, règlements…ils sont tous là, affichés sur écran, codifiés et alignés…pour plus de détails, affiner la recherche.

Bon, j’avoue que je suis un peu dépassé, alors, va pour la connaissance multiforme et tactile, et feignons d’en être l’organisateur. Je me dis in petto que le monde est sauvé. La somme mondiale des réalités de l’homme et de sa planète tient dans une demi-tablette de chocolat. Merveilleux ! Nous assistons à l’Incroyable succès de la science et de ses technologies, qui démultiplie l’intelligence humaine par l’information. Certes et c’est tant mieux. Mais il y a un revers : la bêtise aussi prend de la voilure, plein pot !  Nous avons des exemples célèbres de Présidents et de Ministres qui sont sans cesse avec leur petite boite noire dans la main, même devant SS le Pape ! Je me demande où et quand ces gens  trouvent la réflexion et la sérénité nécessaires à leur fonction. Soyons lucides ! Si  un amoncellement de faits ou de nouvelles peut nourrir l’immédiat et donner réponse à tout dans l’instant, que peut-on bien en faire si dans sa tête on est incapable de coordonner cet inventaire diabolique ?

Pour dominer le fatras, il faut être équipé du logiciel interne qui permet de trier et d'interpréter. Le logiciel interne est personnel. Il est construit d’intelligence et de culture. Notre tissu cérébral mis en mouvement saute à toute vitesse d’un neurone à l’autre. La pensée emprunte à grande allure des chemins longuement préparés depuis la petite enfance. Les conclusions qui s’affichent tiennent à l’alchimie redoutable de l’expérience passée et du travail incessant de réflexion. N’en déplaise à l’ex-Président, il ne suffit pas de posséder deux neurones comme il dit et de faire du vélo pour devenir génial. Tout au plus devient-on chef de gang dans la cour de récréation !

L’intelligence entraînée est la seule qui permet d’accéder au long terme en respectant la complexité  multifactorielle du réel et de dessiner une conception probable du futur. Si bien informées soient-elles et si réactives, les jeunes générations ne pourront échapper à la nécessaire maturation de l’esprit qu’on acquiert par un patient travail d’analyse, d’évaluation critique et de confrontation avec la pensée des autres, d’hier et d’aujourd’hui. De nos jours comme jamais auparavant, les savoirs factuels sont en toute heure et en tout lieu à portée de main.  Du même coup ils passent au second plan dans l’éducation et la formation de nos enfants. La calculette a fait disparaître le calcul mental de nos écoles, à présent Google rend inutiles des tonnes d’encyclopédies ! En revanche, le lien, l’enchaînement, l’imagination et l’autocritique, la moralité et l’humour, la curiosité et le goût de l’effort  ne sont pas compris dans le lot.

Je ne suis pas un spécialiste mais ce sont justement ces chaînons manquants qui doivent faire la base, le corps de la nouvelle éducation ! Quelle tâche compliquée et exaltante pour nos enseignants d’aujourd’hui que de préparer nos petits oiseaux à chanter juste ! Comment s’y prendre pour que ces nuées de gamins sortent de l’école avec autant de discernement que leurs glorieux ainés choyés par les hussards de Jules Ferry ?  Je lis ici ou là, si j'en crois les enquêtes, que nos maîtres d’école modernes prennent leur boulot avec sérieux et enthousiasme. Malgré les rebuffades de tous bords ils sont peu nombreux à baisser les bras et témoignent du bonheur d'enseigner. Je leur souhaite de réussir et j’espère que la République persistera à leur accorder honneurs et respect. Je suis convaincu que la future génération fera mieux que l’actuelle que je trouve individualiste, matérialiste, consumériste et  bornée, voire inculte et vaniteuse. Ce qu’on a négligé depuis cinquante ans dopés par la dette et les succès technologiques c’est de convaincre nos concitoyens qu’ils devaient leur bonne fortune à la générosité toujours accrue de l’Etat et de son organisation sociale. Aujourd’hui, comme les enfants trop gâtés qui oublient les sacrifices de leurs parents, nos compatriotes ont le culot de croire qu’ils doivent tout à leurs propres mérites. La Patrie, connais pas !

Comme Régis Debray que j’entendais il y a peu, je suis convaincu que nous devons restaurer dans les jeunes esprits le goût de la vie collective et le respect de tous les membres de  notre communauté nationale et européenne. Cela se nomme le patriotisme… Vaste programme ! Les enseignants ont été à la pointe du combat au XX° siècle pour la République laïque et sociale. On les attend aujourd’hui pour dessiner une nouvelle étape qui sera sans doute humaniste et écologique…Mesdames et Messieurs de l’Instruction publique, il est temps de vous remettre à vos porte-plumes. Nous comptons sur vous pour rendre à nos enfants le goût de l’effort sans qu’il soit pour autant nécessaire de se prosterner devant le sempiternel et vulgaire Veau d’Or !

Il n’y a pas de temps à perdre, c’est maintenant que commence pour de vrai le vingt et unième siècle.

11/10/2014

Délices et délires écologiques

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 Vaches du Cotentin (race normande) sur fond de bocage

 

On reste confondu par l’autisme d’une certaine gauche intransigeante qui englobe assez largement les frondeurs,  les écolos et les front de gauche. On veut faire disparaître les camions qui empestent et nous assassinent ? Il suffit de les taxer pour les conduire à la ruine. On sait bien que les Polonais ou les Bulgares vont prendre le relais mais peu importe. En Allemagne les mêmes ont voulu chasser le nucléaire… Très bien, on a remplacé l’uranium par le gaz ou le charbon !

Tous les politiciens de gauche ne sont pas encore convaincus que les lois du marché concurrentiel sont les meilleures pour réguler la production des biens. Dans la bouche de ces généreux citoyens les producteurs sont des lobbies qui n’ont pas droit de cité. La lutte contre les lobbies fait partie du catéchisme de base des écolos. Eux, les politiciens agitateurs et sectaires représentent le peuple ! Hélas dans les urnes ça fait seulement  3%. Mais comme les intentions sont généreuses ils parviennent à obtenir l’écoute de leurs collègues.

Qui peut réclamer un peu plus de particules toxiques dans l’air qu’on respire ? Qui n’est pas d’accord pour rêver du canal du Midi plutôt que de l’autoroute A1 et de ses files entassées de poids lourds ? Sans plus réfléchir on vote l’écotaxe à l’unanimité, sans se demander si on ne va pas pénaliser les régions périphériques  et certains types de productions comme les produits frais perdus dans leurs campagnes ! Les autoroutes sont déjà largement payantes et concédées au droit privé sans qu’on sache si on peut réorienter les bénéfices vers le bien commun.

Comment dans ces conditions s’étonner que les transporteurs protestent alors qu’ils vont se retrouver seuls à assurer les voies du règlement de ce nouvel impôt. Il est bien trop tôt pour condamner ces entreprises pour lesquelles aucune solution de remplacement n’est encore crédible. Est-ce que les camionneurs peuvent vendre leur entreprise pour acheter des péniches ou des wagons ? Peut-on condamner une corporation à disparaître sans qu’elle proteste ?

Ce genre d’aventure dont Ségo vient de se tirer au mieux sous les huées des Saint Jean Bouche d’Or,  se répète à l’envi avec la fameuse transition écologique, des panneaux solaires chinois, des éoliennes dispendieuses, des refus de gaz de schistes ruineux, des OGM interdits, toutes ces solutions « idéologiques » ont une caractéristique : elles font fi de la loi du marché et de la concurrence. Les cochons  de citoyens paieront !

Il faut que les Verts arrêtent de prendre leurs désirs pour des réalités et de nous promettre des emplois où il n’y en a pas. L’isolation des bâtiments est le seul pilier crédible de la fameuse transition énergétique. On n’a d’ailleurs pas attendu les écolos  pour comprendre que c’était ruineux de chauffer des boites à courant d’air. Malgré cela tout le monde n’a pas les moyens de payer la laine de verre et le placo. Encore une fois, on dit que l’Etat va payer, c’est-à-dire nous …On dit toujours que la meilleure énergie est celle qu’on ne dépense pas. Contrairement aux apparences les économies ont un coût ! Prenez l’exemple des poêles à bois pour le chauffage domestique qui connaissent un boom spectaculaire dans nos campagnes. Le résultat est une tension sur prix des bûches et une menace réelle sur nos haies du bocage !

Au fait…Ne serait-il pas temps pour les écolos de se mobiliser pour la défense du bocage dans notre Cotentin ? Sortir du nucléaire et rentrer dans le bocage ! Beau programme pour notre presqu’île ! Qui pourrait croire que le renchérissement du fuel  va  causer la ruine du bocage ? Décidément l'écologie est pleine de surprise. Dans les steppes sahariennes le gaz naturel a sauvé les derniers genévriers de Phénicie. Rien n'est simple.

03/10/2014

La fin de l'histrion

 

 

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Nature morte et vieille chaussure de Joan Miro

 

Sarkozy a perdu la main. Sa propre suffisance et le concert de ses zélateurs l’ont conduit à un acte final sans gloire. Il est  tellement persuadé de son immunité qu’il fait sa rentrée au plus mauvais moment. Si les juges avaient quelques velléités d’oubli, son retour fracassant a dù leur rappeler qu’il y avait urgence. Contrairement à une presse dévouée et atteinte pour partie de cécité, les policiers et les magistrats savent que l’affaire Bygmalion est un gâteau judiciaire aux ingrédients consistants, avec des témoignages précis et des preuves écrites tangibles.

Les aveux télévisés de Lavrilleux, la double comptabilité, les témoignages des émetteurs de fausses factures, laissent peu de doutes sur la dissimulation volontaire des frais de campagne de Sarko en 2012. Il s’agit  d’un véritable délit dont la responsabilité au moins morale, incombe au candidat, quoiqu’il en dise. Au moment où l’ex-Président tente de revenir, l’enquête judiciaire passe la surmultipliée. Il va avoir fort à faire pour convaincre les Français qu’il n’est pour rien dans ce faramineux abus du nerf de la guerre, en dépit de la loi et contre nos règles démocratiques.

Nous ne sommes pas chez Poutine ou ses satellites, l’omerta ne peut durer bien longtemps. L’UMP est divisée. Je crois que Fillon et Juppé sont sincèrement choqués par les manquements à l’honnêteté de Copé et Sarko. Il se pourrait qu’un cordon sanitaire s’installe autour de ces deux là. Nous en avons déjà eu un avant-goût au moment de l’élection du patron du Parti avec le duel Fillon-Copé. On voit maintenant que les enjeux dépassaient le simple pouvoir de commandement. Il y avait des cadavres dans les placards qu’il convenait de dissimuler. Aujourd’hui l’affaire est un énorme pataquès qui va éclabousser beaucoup de gens et je trouve que des leaders pleins d’avenir comme Baroin ou NKM prennent des grands risques en épousant la cause du cheval de retour.

Celui-ci n’a pas changé, il est de plus en plus  bourré de tics et il ressemble de plus en plus à sa caricature, avec des rictus et des intonations qui rappellent le vaudeville plus que la tragédie. La période qui s’annonce n’est pourtant pas dénuée de pathétique,  car il s’agit d’un ancien Président de notre République qu’on n’a pas envie de voir sombrer dans le ridicule et la farce. La ribambelle d’esclandres qu’il traîne après lui donne une bonne prise à tous ses anciens amis devenus ses concurrents. Même Raffarin , politicien chevronné s’est trouvé pris au piège dans sa campagne pour la Présidence du Sénat.Seuls les saints sont capables de faire des miracles et l’auréole de Sarko rétrécit à vue d’œil.

Pour Sarkozy  la mer des succès se retire. Il ne reste plus dans ses soutiens que des militants , très jeunes pour la plupart, ancrés dans les vieilles haines anti-sociales et souvent xénophobes. Hélas la crémerie est déjà bien tenue par la femme Le Pen et on ne voit pas comment accréditer le succès d’un come-back sur un créneau aussi limité. Gagner à droite veut dire aussi perdre à gauche. On peut dire ce qu’on veut des gens du centre mais il nous faut reconnaître qu’ils sont plus sensibles aux questions de morale et d’honnêteté  que les autres, éducation chrétienne oblige.

La grande faillite de Sarko c’est qu’il a fini par dessiner  un personnage attaché au pouvoir, aux honneurs et à l’argent, peu regardant sur les moyens, et qui s’en vante. Il est tombé dans la marmite avec le yacht de Bolloré, le Fouquet's et ses conférences grand style royalement rétribuées. Les affaires Bettancourt ou Khadafi sont lièes à l’argent. De l’argent qui n’est pas toujours clairement et dignement gagné. Comme dit A. Juppé « Mes conférences je les fais gratis ». C’est toute la différence ! La période qui commence va être chaude pour le revenant.

13/09/2014

La pêche à la baleine

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A la pêche à la baleine je ne suis pas allé depuis trop longtemps, à cause du mauvais temps, des vagues et du vent. Je dois avouer aussi mes insomnies,  ma façon de verrouiller les capots et de clore le  rideau de  mon alcôve. Il faut dire aussi que tout est interdit aujourd’hui, surtout la chasse aux cétacés, même pour manger, encore plus pour s’éclairer avec les grassets d’avant. Pourtant comme énergie renouvelable on ne fait pas mieux, il suffit d’élever des baleineaux.

Il y a heureusement une sorte de cachalot qu’on peut encore attraper, c’est la baleine bleue à yeux bleus qui n’est pas au catalogue. Il faut y aller nuitamment, en baleinière par gros temps. C’est l’oncle du cousin Gaston qui m’a montré. Il est revenu une fois, trempé comme une soupe en jetant le bestiau sur la table avec un grand couteau. Il a dit « Dépêchez-vous de la dépecer, j’ai faim, j’ai soif, je veux manger »

Pas de chance, c’est la baleine qui a pris le couteau et poignardé l’oncle à Gaston en plein cœur et puis ensuite elle est partie. Depuis cette affaire je me méfie. J’ai congédié le fainéant de Gaston et j’ai acheté une très grande marmite. Quand, au cœur de la nuit, je pique une énorme baleine avec mon harpon, je lui demande d’abord poliment si je peux la découper en petits morceaux façon lardons. En cas de refus, je me dépêche de la remettre à l'eau.

Avec ma longue expérience, je rentre rarement bredouille et je peux chaque jour, faire bouillir ma tambouille. Grâce aux leçons de l’oncle à Gaston, ma vie est comme un rêve ininterrompu, malgré le grand nombre d’imbéciles de toute nature qui vivent à vélo ou dans le métro. Je suis le dernier pêcheur de cachalots qui prend l’eau chaque jour avec son bateau. Si on écoutait les écolos, même en canot, les captures de baleines bleues à yeux bleues seraient interdites.

Je refuse de m’embarquer dans cette galère car il ne faut pas confondre Jacques Prévert avec un chasseur de panthères. Il a toujours soutenu Dieu le Père sur son nuage amiral et mis en boite les gros thons. C’est dire si je rigole en lançant mon harpon dans la nuit absconse car j’ai toujours l’espoir de ramener un individu de la plus grosse espèce. J’en fais toute une histoire, bien au chaud sous ma couette, quand je suis rentré de la mer, je rêve de faire tirer mon doris par un chameau pour exterminer des baleines vertes.

Il faut dire que les baleines vertes sont mes ennemies. Elles ont les yeux rouges et elles se déplacent en bandes. Elles chassent en meute en éructant de la bave et des cris d’orfraie. On dit qu’elles se sont échappées d’un zoo et qu’elles prolifèrent. Elles ont un téléphone portable et n’arrêtent pas de faire des twitts. Elles disent n’importe quoi, elles hurlent avec les loups. Ces bêtes-là me donnent des boutons. Elles me gâchent mes nuits et mes jours et mes parties de pêche, car elles sont racistes, menteuses et manipulatrices. Parfois je me demande si nous n’allons pas être submergés, sous l’effet du ressac, par une marée de vert-de-gris poussant des troupeaux de pyjamas rayés.

Nous vivons une drôle d’époque. Au nom de la biodiversité on laisse se multiplier les baleines vertes et les gros thons. Il est urgent que les philosophes se réveillent et trouvent quelque chose à dire de sensé qui tire nos compatriotes vers le haut. Pour ma part quand je suis à la pêche à la baleine, j’ai souvent le sentiment qu’un monde ancien s’écroule sans qu’il soit remplacé par autre chose qu’une grosse pagaille individualiste, égoïste et populiste, un champ de bataille sans queue ni tête. Je me dis alors qu’Il est grand temps, pour nous les hommes et les femmes libres, d’avoir enfin pitié de nous-mêmes !