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06/09/2014

L'abaissement des esprits

 

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Francisco Goya - Vieillards mangeant de la soupe

 

 

Chacun, homme ou femme, peut choisir. Il peut choisir entre le respect de notre organisation sociale et l’obéissance délibérée à ses pulsions individualistes. Nous devons tout à notre organisation politique, l’école, la santé, la paix. Imaginons un seul instant que les Français se retournent les uns contre les autres et répudient tous nos glorieux acquis depuis la prise de la Bastille. Imaginons que les loups soient à nouveau maîtres de la bergerie et que les renards puissent rôder librement dans les poulaillers et nous observerons comme dans la nature sauvage, que les oisillons sont dévorés avant de pouvoir voler, que les malades et les faibles sont les cibles préférées des prédateurs et que les vieux se cachent pour mourir.

Nous n’en sommes pas là. Je pense malgré tout que la tentation individualiste continue d’imprégner les esprits en s’inspirant de quelques slogans ravageurs. Que le plus fort gagne ! Après moi le déluge ! Quand on veut on peut ! Finissons-en avec l’assistanat et des dépenses sociales pléthoriques ! Tout un état d’esprit surtout fréquent à droite, mais pas seulement, qui conduit à penser que nous avons beaucoup de droits et peu de devoirs, dont les plus importants sont de payer nos impôts, de rouler en respectant le code de la route, et  de se conformer au  droit de la famille et des affaires.

Nous devons tellement à l’Etat dans nos démocraties qu’il est impératif de se soumettre à ses règles et de traiter ses représentants légitimement élus ou nommés avec la due déférence. Je dis cela pour les bonnets rouges qui ont détruit du matériel public ou pour les maires qui ne veulent pas appliquer la loi sur l’école. Ce sont des exemples de mutinerie sans lendemain mais qui justifieront par la suite tous les débordements. Je ne suis pas naïf au point de croire que mes frères humains et moi sommes redevables d’un monde parfait ou chacun serait capable de maîtriser les égoïsmes et les haines. Comme toujours, dans ces dangereuses analyses des pratiques sociales, c’est une question de curseur.

Plus nous occupons le sommet de la pyramide, plus nous sommes visibles et plus nous devons avoir le sens des responsabilités. On ne demande pas des leçons de morale aux artistes, il leur faut seulement faire preuve de génie créatif. En revanche, les banquiers se doivent d’être des parangons d’honnêteté financière et nos hommes politiques  des serviteurs infatigables de la cause publique.

Comme journaliste, Madame Trierweiler  occupe une place enviable dans la société, renforcée encore par sa liaison avec un homme politique de premier plan. Cette réussite et ce succès qui ont duré presque dix ans, auraient pu la convaincre qu’elle avait reçu plus qu’elle n’avait donné et lui faire accepter sa rupture avec le Président comme un fait sinon inévitable, tout au moins assez ordinaire. Le livre qu’elle vient de publier dans le plus grand secret et dont on veut faire une bombe politique, est tout au contraire imprégné de la hargne de nuire assortie de la plus grande méchanceté.

En servant les intérêts de ses adversaires au JDD et à Paris Match, VT  affaiblit son ex, sans s’inquiéter des retombées collatérales, qui vont affecter nos institutions et épaissir un peu plus l’atmosphère délétère régnant dans le pays. VT agit donc en toute irresponsabilité, comme une midinette jalouse et irascible. Ce livre en dit donc beaucoup plus sur son auteure que sur son sujet. Elle sacrifie l’intérêt public à ses pulsions, qui sont si j’ose dire, de bas étage.

J’en conclus que cette femme n’avait à aucun moment les qualités requises pour entrer à l’Elysée et représenter si peu que ce soit la France. Elle offre une image très dégradée de notre vie sociale et politique et contribue à l’abaissement des esprits. J’espère que son bouquin restera sur les présentoirs des libraires et que l’éditeur en paiera les frais. C'est  la seule réponse saine qu’on puisse souhaiter. Il y a des romans de gare beaucoup plus passionnants  que cette publication pleine de vulgarité. J’espère  aussi que Hollande a le cuir plus épais  que Bérégovoy  car il est peu commun d’assister à une telle curée et on peut entrevoir le pire !

Post scriptum  Les nouvelles du matin sont mauvaises, contrairement à mon attente, les Français se jettent sur la viande éditoriale avariée avec gourmandise. Je crois que sous Mitterrand ou de Gaulle on aurait refusé une telle sottise. Que ce soit un succès aujourd’hui en dit long sur le « civisme » de mes contemporains. Pour me consoler, je me dis que  Madame V. T. va gagner beaucoup de sous et qu’elle va pouvoir acheter des dentiers neufs  et clinquants à ses pauvres qui ressembleront tous à Charles Trenet !  Boum, youp la boum ! A moins que pour plus d’efficacité, elle ne subventionne généreusement les moulinettes de chez Moulinex….

28/08/2014

Saint François, tête nue sous la pluie

 El Gréco, Le portement de la croix

 

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Chacun sait que par vent de suroît, à l’île de Sein de toute évidence, ni chapeau, ni parapluie ne résistent et qu’il faut s’en tenir au bonnet de marin ou au béret basque, enfoncés jusqu’aux oreilles. Je n’entends donc rien aux critiques des « communicants » de la télévision qui reprochent à notre Président de s’être présenté tête nue sous la pluie pour faire son discours aux Sénans, tous habitués depuis l’enfance à braver les intempéries. J’ai donc apprécié la simplicité de F.H. qui le rapprochait des îliens, dont il venait commémorer la fidélité à la patrie et à la Bretagne.

Cette tenue a beaucoup choqué nos parisiens qui ne connaissent que les vents de la scène et jouent « pour leur image » de l’écharpe rouge et de la barbe de trois jours. Comment ! se sont-ils exclamés, en bons suivistes des twitters, Hollande n’est pas capable de programmer sa visite par beau temps (sic) ? Ou à tout le moins de prévoir un auvent, un endroit protégé ! Quelle faute de goût ! Quel amateurisme (sic) ! On nous donne à voir un président seul, tout mouillé et tout triste qui donne une bien funeste  image de son gouvernement, de sa politique et de son pays (sic) !

Au même moment, Valls mettait fin aux ignobles plaisanteries du Prince de Saône et Loire qui adore faire rire les badauds aux dépens de ses petits camarades. Cela serait sans conséquence si cet irresponsable n’était qu’un bateleur, adepte du théâtre de rue ou plutôt de l’ombre chinoise, inscrit aux intermittents du spectacle. Le gros inconvénient est que ce plaisantin est (ou était) ministre et qu’il entend bien par proclamation faire encore mieux et plus fort par la suite. Merci Monsieur Valls. Du même coup la mise à pied de Montebourg a rapporté plusieurs milliards à la France en  faisant monter le CAC 40 de 2%. De l’argent facilement gagné qui va peut-être, au moins en partie, être réinvesti dans notre économie atone.

Les patrons peuvent être enfin contents, y compris le désopilant Monsieur Gattaz. Ils sont maintenant au pied du mur, celui qui fait le maçon. L’argent sonnant et trébuchant commence à tomber doucettement dans les caisses des entreprises. J’espère bien que ces messieurs vont savoir se retenir et utiliser ces fonds pour investir, innover et embaucher. On ne comprend pas d’ailleurs toutes les critiques de la gauche de la gauche qui se plaignent que les résultats ne soient pas aux rendez-vous. Les réformes commencent seulement à apparaître dans les comptes. Je ne peux admettre que des députés ou des ministres qui sont des gens informés ne soient pas conscients de cela, et ne comprennent pas qu’il est bien trop tôt pour crier à l’échec !

Je pourrais le  concéder à Mélanchon qui vient de signer sa reddition et l’abandon de son projet de rassemblement des petites gauches groupusculaires et braillardes. Eh bien oui Jean Luc, la preuve est faite que ce n’est pas en parlant plus fort que les autres qu’on prouve qu’on a raison. Sur ce point je suis rassuré. Tu en as pourtant inventé des invectives, des pédalos, des formules, des outrances, des traîtrises et de la mauvaise foi et bien tu vois le résultat !  C’est la femme Le Pen qui empoche ! Même à gauche, on ne se laisse pas toujours emporter par la magie du verbe, on est capable d’un jugement autonome. Tu prends les smicards pour des imbéciles ? C’est tout le contraire, les smicards sont polis, modestes, intelligents, cultivés et font attention à ce qu’ils font. Tu vois Jean Luc, ces gens-là contrairement à ceux qui veulent les embrigader, n’ont pas les moyens de se tromper !

Le vaniteux coq de Bresse devrait méditer l’expérience de son copain Jean Luc. La gauche du PS est habituée à toutes les surenchères, mais au gouvernement elle n’a produit que des illusions ou des Guy Mollet. Il ne faut jamais prendre ses désirs pour des réalités et les incantations pour des décisions. Les placards du PS sont remplis d’énergumènes vociférant, confondant leur Parti avec un bureau des réclamations, mais aucun n’a heureusement dépassé le collage d’affiches ou la distribution de tracts.

Avec le nouveau gouvernement Valls, le PS vient de faire le choix clair de la social-démocratie et de la modernité. Pour ceux qui croient prédire l’explosion du PS, il faut rappeler que ce courant est largement majoritaire et qu’il constitue la seule base d’appui (18%) du Président dans l’opinion. Ce qui n’est pas rien étant donné l’état de déliquescence politique du reste de la nation. Les tenants de la barre à gauche s’expriment comme si tous leurs électeurs pensaient comme eux. Ils ne doivent pas oublier que dans leur circonscription tous les socialistes et les sympathisants ont voté pour eux, y compris les hollandistes ! Ils feignent d’oublier qu’une minorité doit se ranger derrière la majorité quand le temps de l’action est venu. Ce qu’ils refusent de faire aujourd’hui : les frondeurs ne sont donc pas des vrais démocrates.

François Hollande, sous des airs modestes possède la résistance de l’enclume. Il aura essuyé tous les coups et tous les reproches, surtout de son propre camp, de Martine Aubry à Montebourg. Outre son incapacité à faire la pluie et le beau temps, voilà qu’il est devenu autiste et n’écoute plus personne, en particulier,  il a ignoré les conseils du gros poulet de Bresse gonflé d’orgueil et d’importance. On lui a reproché successivement d’être un mou, flou,  indolent et indécis,  puis d’être un coureur de femmes et un goujat, puis de ne pas savoir trancher, de ne pas dire ce qu’il pense, d’être un menteur  et de toujours cacher son jeu. Imperturbable, le Président refuse d’entrer dans les polémiques, il demeure affable, poli et courtois et recommande à ses ministres de faire de même. A ce jeu mon préféré est notre compatriote cotentinais  B. Cazeneuve. L’histoire jugera. Hollande vient en tout cas de mettre en œuvre le seul vrai gouvernement social-démocrate de la cinquième République.

Déclarer son attachement aux entreprises est bien la moindre des choses et Valls a eu bien raison de le dire aux patrons. C’est l’entreprise qui donne du travail, c’est l’entreprise qui crée les richesses. Il faut cependant rester circonspect : les patrons qui cherchent à arrondir leur pelote au détriment de leurs salariés ne sont pas rares. Sous prétexte de lutter contre la concurrence on aboutit souvent au moins disant social. Surtout dans les petites affaires. Il faut donc rester vigilant sur le déplacement du curseur entre l’assouplissement du droit du travail et la perte en ligne des « avantages acquis ». Il ne faut pas insulter l’avenir et veiller à ce que les réformes soient un progrès pour tous.

Il faudrait demander à Michel Rocard et à Jacques Delors ce qu’ils en pensent. Pour une fois fois, nous avons un Président de la République qui préfère aller au bout de sa logique plutôt que d’assurer sa réélection. Bien sûr il est aujourd’hui plus encore qu’hier moqué et vilipendé. Seul A. Juppé, dans l’opposition, a fait preuve d’intelligence et de modération. Il est tellement plus facile de hurler avec les loups que de réfléchir ! François Hollande, contre vents et marées fait preuve d’une qualité  essentielle à mes yeux pour un homme d’Etat, il refuse la démagogie ! C’est sa façon à lui de respecter les autres. La moindre des politesses serait de lui rendre la pareille.

01/08/2014

Gaza

 

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Raphaël - Portrait de madame  Elisabetta Gonzaga

 

Je ne veux entendre que les pleurs des enfants qu’on abat. Je ne veux entendre que les cris des femmes qu’on déchire. Je ne veux entendre que la haine des hommes qu’on enchaîne. Je ne veux entendre que l’horreur de la prison qu’on pilonne et qu’on brûle.

 

Israël, homme-dieu,  pèlerin de l’enfer, tu es sorti mutilé des fours et des camps, une lourde pierre à la place du cœur, l’œil sur la mitraille, la main sur la bombe. Gonflé d’orgueil et d’oubli, aveuglé par ta rage devant l’innommable, tu es certain aujourd’hui que ta victoire au canon va te délivrer du mal pour les siècles futurs !  Quand sortiras-tu enfin de cette erreur tragique  qui ne fait que te précipiter dans les abîmes de la cruauté et de la barbarie ? Tu te construis en réalité un nouvel et ultime exil. Chaque enfant tué est un crime qu’il faudra un jour payer devant l’histoire. Parles-en avec Dieu si tu y  crois encore !

En tuant les enfants de Gaza, tu tues ton propre peuple et tu ajoutes à ton maudit destin une nouvelle malédiction. Les morts d’aujourd’hui préparent tes ennemis de demain. Pour des siècles, les femmes arabes mettront bas  des chiens enragés obsédés par tes tombeaux. Sourd aux récriminations du monde, tu t’enfonces sans faiblir dans l’insondable maelstrom des désastres et des hontes !

Bientôt, il ne restera de la Palestine qu’un maquis d’épines sans eau, sans oiseaux,  sans fleurs, et sans coeur.  Pendant des siècles les hommes feront un détour pour ne pas voir les flancs de tes montagnes rouillés de vos sangs juifs et arabes mêlés, gravis en boucle par des processions de squelettes blanchis jusqu’à la chaux.

Tu étais le peuple des gloires partagées et fécondes, tu deviens la troupe élue de la mort et du désastre ! Les porches des maisons de Dieu s’ouvriront sur le vide et leurs tours démantelées joncheront les collines  en décombres dérisoires. Il n’y aura pas de rémission. Il n’y aura pas de pardon. Pour la fin des fins le silence enveloppera Jérusalem comme un désert maudit,  devenu l’ultime et honteux témoin de la fin des Ecritures !

23/07/2014

Petit exercice de géométrie sociale

 

 

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Le 14 mars 2009 j'écrivais ceci :

"Quand on parle de décentralisation, il faut imaginer ça dans l'espace et en trois dimensions. En bon géographe j'ai appris qu'un espace c'est un cercle avec un centre et une périphérie. Le problème dans les rapports sociaux c'est que le centre a toujours la main sur les marges. Regardez Paris qui fait la loi politique, économique, sociale et culturelle sous les yeux ébahis des marginaux provinciaux. Décentraliser  consiste à rapprocher les centres des zones frontalières, comme l'ont assez bien réussi les lois Mauroy-Deferre. Les institutions politiques, les sociétés industrielles, les administrations fonctionnent sur ce type d'organisation, plus vous êtes loin du bureau du Patron moins vous comptez dans la réalité.

Autre figure géométrique inquiétante : la pyramide. Notre conception de la société est hiérarchisée. Le Grand Chef est au sommet et règne sur les étages inférieurs dans lesquels s'affairent des castors qui ne cherchent qu'à grimper. La base qui supporte le tout,  n'a qu'à se lever tôt et ne rien dire. Cet ordre pyramidal est justifié par l'élitisme républicain. Ceux qui sont au dessus sont réputés être des gens plus intelligents et plus méritants. Ils sont donc mieux payés, et mieux considérés. Ils habitent les Beaux Quartiers.

A Droite on a le culte du Chef, oui Chef, bien Chef. A soixante dix ans je conteste cet empilement social, largement surfait. Comme le martelait le bon Professeur Jacquard, pour qu'il y ait un premier, il en faut bien sûr un second et encore plus un dernier. Les gars de la marge du cercle et de la base de la pyramide sont donc les derniers des derniers. Le problème c'est qu'à Gauche on s'est habitués à cette idée politiquement correcte..

Je ne connais qu'une méthode pour renouer avec un certain équilibre social, qui n'est pas de décentraliser mais de brouiller les cartes. Il faut trans former le cercle en toile d'araignée et ramollir l'ossature de la pyramide. On en arrive à une structure souple, mais cependant résistante et efficace à l'image des composés moléculaires en réseau. Les coopératives, les mutuelles, les associations loi de 1901, les syndicats, les chambres consulaires sont des structures en réseau.

La difficulté c'est qu'aucun de nos hommes politiques, petits, moyens ou grands n'a intérêt au rétrécissement des distances sociales. Comment devenir puissant sans avoir des troupes d'assujettis ? Comment commander si personne n'obéit ? Malgré cela,  je sens bien avec la floraison du Web, que nos sociétés modernes vont abolir une par une les fausses médailles et les privilèges qui s'y rattachent. Beaucoup d'hommes (et de femmes bien davantage) découvriront  une valeur jusqu'ici très inégalement répartie : la dignité"

Ainsi le redécoupage des régions françaises n'est pas seulement un exercice d'optimisation économique c'est aussi un processus de manipulation sociale complexe, parfois involontaire. Sans l'avoir voulu des petits pays risquent de se retrouver loin du centre et bien en dessous des grands courants d'activité. La  solution consiste à connecter chaque commune ou chaque intercommunalité à un réseau actif de solidarités et de coopération. En géographie on appelle cela le jeu des complémentarités.

 

 

05/07/2014

Les rats de Monsieur Séralini étaient bien des goublins

 

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 Henri Matisse- Femme devant un aquarium

 

Tous mes amis savent que le Professeur Seralini  m’a traîné devant les tribunaux pour l’avoir accusé d’être le bouffon de notre bonne université de Caen et de se servir de sa blouse blanche pour goubliner les citoyens. Je n’ai fait que clamer mon indignation devant la campagne médiatique utilisant les images  spectaculaires de rats de laboratoire exhibant des tumeurs mammaires. Celles-ci ont fait immédiatement le tour du monde. Le message attaché pour le vulgaire était que les OGM donnent des cancers. Cette manière tordue de publier des résultats de recherche pour manipuler l’opinion publique est inhabituelle et contraire à la déontologie des chercheurs honnêtes. Elle avait révulsé le vieux fantassin de la recherche biologique que je suis.

 J’avais tort. Le Professeur Séralini nous affirme aujourd’hui qu’il a été lui-même la victime d’esprits malins qui ont cru ou voulu nous faire croire que ses recherches avaient un lien quelconque avec les tumeurs ou les cancers. Il l’explique très clairement dans cet extrait du bulletin du CRIIGEN ci-dessous :

 

 (Extrait d’un bulletin du CRIIGEN)

 

Notre chercheur admet qu’il y a eu confusion et c’est bien ce mélange des genres et des mots qui a motivé mon ire lors de sa prestation médiatique sur Canal +, car la confusion est l’ennemie absolue de l’homme de science !

Au demeurant, non seulement le Professeur nous demande de croire à ce qu’on ne voit pas, comme par exemple les maladies causées par l’ingestion d’OGM, mais  il nous pousse à ne pas croire ce que nous voyons, comme des tumeurs sur des rats, bel et bien  photographiées, filmées, exhibées, et commentées qui ont donné prétexte à un amalgame entre tumeurs et cancers ! Comprenne qui pourra !

J’en conclus qu’à leur habitude, les mauvais esprits appelés goublins en Cotentin et korrigans outre Couesnon, ont simplement pris la forme de petits animaux aussi innocents et inoffensifs que des rats blancs. Il en fut souvent ainsi par le passé dans notre vieux pays sous des apparences différentes telles que chien, lièvre ou mouton. Les mêmes  sont connus à l’étranger sous le nom de trolls ou de goblins (GB). Il me faut donc conseiller à notre illustre homme de science de se méfier de ces esprits espiègles comme de la peste. Avant de choisir ses lignées de rats d’expérimentation, il se doit de faire venir un exorciste patenté qui saura lui dire si oui ou non ces petits animaux sont bien ce à quoi ils ressemblent. Madame L et Monsieur B bien connus des journaux, des télévisions et des tribunaux pourront utilement lui prêter main-forte.

En « rabuquant dans le vux temps » (1) on trouve parfois des explications originales, impossibles à mettre en valeur par les moyens de la science moderne. Celle-ci est bien trop noyautée aujourd’hui par les ennemis de l’intérieur, les lobbys industriels et les corps constitués, les Académies,  les Instituts de recherche et tous les cerveaux qui s’expriment avec un excès de rationalité. En retrouvant nos vieux mythes et nos légendes nous pouvons légitimement donner un tour concret et véridique aux mystères de l’esprit humain.

Lorsque nous avons inscrit le principe de précaution dans notre Constitution, nous avons renouvelé pour des décennies le champ immense de nos fantaisies, de nos rêveries, de nos fantasmes et de nos peurs. Les forces de l’invisible se sont réinstallées dans notre Panthéon intellectuel. Nous pouvons maintenant nous laisser aller sans crainte à réciter toutes les versions des contes de la folie ordinaire. Pour la plus grande joie de nos amis les lutins !

 

(1)             « En rabûquant dans le vux temps » : En cherchant dans l’ancien temps