<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>La lettre du Cotentin</title>
        <description>commentaires et controverses sur le pays</description>
        <link>http://lalettreducotentin.hautetfort.com/</link>
        <lastBuildDate>Fri, 06 Jun 2008 12:56:22 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/06/06/chroniques-de-l-ane-8-les-trois-maladies-du-ps.html</guid>
                <title>Chroniques de l'âne 8 - Les trois maladies du PS</title>
                <link>http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/06/06/chroniques-de-l-ane-8-les-trois-maladies-du-ps.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
                                                <category>politique</category>
                                                <pubDate>Fri, 06 Jun 2008 12:42:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1054948&quot; width=&quot;386&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/453693310.JPG&quot; alt=&quot;P1000781.JPG&quot; height=&quot;277&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; width: 386px; height: 277px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1054948&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mon bourricot s’est fait un grand ami avec Monsieur D., un&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ancien agriculteur presque octogénaire mais toujours alerte,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; qui parle à l’oreille des ânes et des chevaux. L’âge de Monsieur D. fait qu’il a connu la traction hippomobile et qu’il en a gardé le rythme et l’heureuse placidité. Tonnerre malgré la fougue de la jeunesse est sensible au charmes simples des gestes chaque jour répétés. Le résultat en est la manifestation d’un attelage réconfortant de complicité et d’efficacité. En les voyant je me disais qu’on aimerait bien trouver au Parti Socialiste une seule paire d’amis comme celle là qui tire dans la même direction. J’ai cherché et je n’ai trouvé que des gens isolés qui vont dans tous les sens&amp;nbsp;: le leur. Je me suis dit que notre parti était momentanément souffrant, bien malade même. Je pourrais croire qu’il s’agit de maladies infantiles contre lesquelles on peut aisément se vacciner, comme la rougeole ou la coqueluche, malheureusement ça me paraît plutôt être des affections dues à la satiété consommatrice et à la sénilité idéologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le premier des maux, dont on observe en ce moment &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;l’explosion épidémique, est &lt;b&gt;&lt;i&gt;l’individualisme&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Comment pourrait-il en être autrement&amp;nbsp;? C’est une banalité de dire que le socialisme est né dans les corons et les cours d’usine. Les démunis se tournent spontanément vers l’entraide et la solidarité. A &lt;i&gt;contrario&lt;/i&gt;, en s’enrichissant, les hommes commencent à croire qu’ils peuvent se passer des autres et qu’ils doivent leur bien-être à leurs qualités personnelles avant tout. Les laissés pour compte l’ont bien cherché, pensent-ils, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qui sont des fainéants ou des alcooliques. Les socialistes,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; même s’ils sont conscients&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; que l’organisation sociale est à la base de tout, n’échappent pas à ce sentiment. Ceux des grandes écoles et des familles aisées, ou bien simplement ceux qu’on appelle les bobos de Paris ou de province, ceux qui se sont habitués au succès et au pouvoir et habitent les beaux quartiers, finissent par s’imprégner de la conviction qu’ils sont les plus méritants dans cette société. Ils ne sont plus au service du parti mais ils se servent du parti pour faire carrière. Leur conduite est alors marquée du sceau de l’individualisme, que Sarkozy contribue à banaliser comme l’alfa et l’oméga des moteurs de notre société, sous le regard complaisant des médias.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ils oublient,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ces &lt;i&gt;socialistes de la haute&lt;/i&gt; ce qu’ils doivent aux militants, au parti, à l’action collective. Une nouvelle fois j’appelle les &lt;i&gt;camarades&lt;/i&gt; à cesser d’être des cireurs de pompe, à faire valoir l’esprit d’équipe et à exercer&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; leur pouvoir critique, indispensables à la co-responsabilité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La deuxième maladie s’étend par imprégnation, elle se nomme l’&lt;b&gt;&lt;i&gt;écologisme&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Aujourd’hui, les gens sont enfin convaincus que la protection de la planète et &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;le respect des ressources naturelles sont &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;les seules voies qui nous fassent accéder à un équilibre durable et permettent aux humains de se maintenir comme l’espèce biologique dominante. Pour y &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;parvenir nous sommes condamnés à toujours plus d’imagination et de créativité. Nous devons adopter une hiérarchie des risques. Seuls des énergumènes farfelus imaginent qu’on puisse retourner vivre dans les cavernes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il faut bien comprendre que l’équilibre durable que nous appelons de nos vœux ne se fera pas sans le progrès scientifique et sans la sophistication de nos moyens d’existence. L’hostilité maladive au nucléaire et plus récemment aux OGM n’est pas une volonté&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; d’améliorer notre environnement, c’est seulement l’expression d’une peur de l’inconnu. Cette ignorance est habilement exploitée par quelques esprits simples mais médiatiques, qui ne s’embarrassent pas de leurs évidentes contradictions. Sous la conduite du gardien de chèvres moustachu et pittoresque, ces politiciens &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;entraînent le pays vers le bas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La peur du changement est perceptible&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; dans les classes moyennes (employés, enseignants) qui ne manquent de rien mais ont peur de tout. Ils veulent le beurre (le confort, la belle vie) et l’argent du beurre (la sécurité absolue, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;au nom du fameux principe de précaution). &lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;La tentation est grande chez certains d’entre nous de se placer dans le registre de la compassion et de la protection. On a vu Ségolène y succomber en recrutant B. Rebelle. Nous ne devons pas accepter au niveau politique que le Parti devienne &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;le refuge des peurs et des contradictions véhiculées par les écolos et nous devons expliquer pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Nous devons être le parti de la justice sociale et de la solidarité. Pour avoir vécu longtemps dans un pays sous développé, je sais que la croissance économique est nécessaire (mais pas suffisante) pour corriger les injustices terribles de la faim, de la maladie et de l’ignorance. Nous devons demeurer des humanistes qui &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;militent &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;pour l’épanouissement de tous les hommes et de toutes les femmes de ce monde. Nous ne devons pas être une assurance tous risques contre le progrès.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le troisième fléau est celui du &lt;b&gt;gauchisme&lt;/b&gt;. A notre gauche on entend des propositions radicales. Il faut faire table rase du passé. Les colères d’aujourd’hui&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; annoncent&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; les lendemains qui chantent. Si le Parti Socialiste perd les élections c’est qu’il n’est pas assez à gauche. Ceux qui ne sont pas d’accord sont des traîtres. Malheureusement ces militants de la Révolution rebaptisés anti-libéraux pour les besoins de la cause, sont comme les Verts, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;incapables de résoudre leurs contradictions. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il suffit de considérer l’émiettement des groupuscules de l’extrême gauche et la sénescence du PC.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Il n’empêche que les esprits de gauche sont durablement déformés par l’espoir entretenu que la grève générale illimitée peut nous conduire à la société idéale. On a vu jusqu’où&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; peut mener ce genre d’aberration. La dictature d’un parti d’avant garde nous conduit tout droit aux monstruosités du stalinisme ou de maoïsme. Qu’on ne se fasse pas d’illusions,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; il y a un &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pol Pot &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;dans chacun d’entre nous. On ne m’ôtera pas de l’idée que chaque fois que l’esprit politique abandonne le sentiment de la complexité pour se livrer à des slogans et à&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; des simplifications élémentaires,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’action est vouée à l’échec à plus ou moins court terme. Les petits malins qui se livrent à cet exercice pour gagner des voix (le parti se gagne à gauche…) vont à l’encontre des intérêts du parti et se livrent&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à la démagogie alors que c’est la pédagogie qui devrait être la règle. Au nom de cette radicalité on exploite les craintes que suscite l’Europe et la mondialisation qui taraudent des millions de français. Or justement, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;la Communauté est la seule garantie possible dans les rapports de force mondiaux qui se préparent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le développement humain est passé par toutes les étapes du &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;progrès social, de la fin de l’esclavage &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;et du servage à l’extinction du fait colonial,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; la fin du travail des &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;enfants et &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;à la libération des femmes. Les étapes de cette évolution inscrite dans la longue durée dépendent pour beaucoup de la politique menée dans chaque pays. En France aujourd’hui, notre parti se doit de conquérir le pouvoir pour redonner une dignité au travail salarié durement altérée par la rapacité du capitalisme financier. Il est aussi de notre devoir de renforcer la solidarité face à la maladie et au handicap. Enfin nous avons l’ardente obligation d’aider les pays pauvres et de concourir via l’Europe, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;à la paix dans le monde. Notre succès dépend pour beaucoup de l’exactitude de nos diagnostics et &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;de la pertinence de nos propositions. Il dépend &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;aussi de l’émergence d’un grand leader qui mettra ses qualités de rassembleur au service de nos idées et &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;saura éviter les pièges qui nous sont ainsi tendus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ainsi vont les méditations inspirées par le spectacle insolite d’un homme de grande simplicité qui est capable de faire d’un animal à l’état brut un âne plutôt intelligent. Cet homme nous rappelle que la force tranquille peut domestiquer la nature tout en la respectant&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; et sans qu’il soit nécessaire d’élever la voix. On voudrait bien que nos généraux socialistes reviennent à cette simplicité.&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/05/29/chroniques-du-moyne-1-prologue.html</guid>
                <title>Chroniques du Moyne- 1 Prologue</title>
                <link>http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/05/29/chroniques-du-moyne-1-prologue.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
                                                <category>culture</category>
                                                <pubDate>Thu, 29 May 2008 12:26:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;h1&gt;La légende du Moyne de Saire&lt;/h1&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; page-break-after: auto&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1709685427.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1040688&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/01/1709685427.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; id=&quot;media-1040688&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Moyne (marionnette de Dominique Labadie)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot;&gt;&lt;em&gt;Prologue&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1041672&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/1499690266.jpg&quot; alt=&quot;560733129.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041672&quot; /&gt;Tous les ponts d’avant les ingénieurs, et même peut-être après eux,&amp;nbsp; ont eu leurs diables. Le pont de Saire, si modeste qu’il soit&amp;nbsp; n’échappe pas à cette fatalité diabolique. Sans doute trop occupé par ailleurs, Satan a délégué chez nous un de ses lieutenants. Un &amp;nbsp;ci-devant moine, défroqué par la suite, &amp;nbsp;qu’on a pris l’habitude d’appeler le Moyne, &amp;nbsp;pour le distinguer d’un moine ordinaire. Cette mystérieuse histoire remonte à la fin de la guerre de cent ans. Elle est venue jusqu’à nous par des bribes recueillies ici où là, que des hommes de lettres plus ou moins talentueux ont réunies un ou deux siècles après les faits. Intrigué par la diversité des versions et la multiplicité des sources, j’ai voulu vérifier l’authenticité des faits, et faire le tri entre les racontars et les témoignages directs. C’est un labeur qui m’a fait passer des nuits entières à déchiffrer les grimoires et les manuscrits, les notules et les plaquettes, les annuaires et les almanachs, les in-quartos, les dictionnaires, et quantité d’écrits sortis des chartriers de vieux châteaux, &amp;nbsp;dont bien souvent il ne reste pas aujourd’hui pierre sur pierre. &amp;nbsp;Le texte qui suit est le fruit de ce travail d’investigation. Il raconte &amp;nbsp;la véritable histoire du Moyne, nonobstant bien sûr quelques aspects litigieux que nul ne pourra jamais vérifier.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1041676&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/825242928.jpg&quot; alt=&quot;1671649371.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041676&quot; /&gt;Car je ne dis pas que je peux tout expliquer dans le moindre détail. Cette histoire est trop ancienne pour apporter, &amp;nbsp;comme on dit en justice, des preuves matérielles irréfutables. Il existe des certitudes comme l’existence &amp;nbsp;du Pont de Saire et du château des Giron. Ce manoir inquiétant montait la garde juste en face de l’église Saint Martin de Réville, dont la présence est attestée dès le XIII° siècle. Mais il y a des points plus discutables, en particulier ceux qui concernent la véritable apparition &amp;nbsp;du Satan. Je n’arrive pas à croire qu’il avait des yeux &lt;em&gt;dans le bas du dos&lt;/em&gt; alors que de nombreux dessins le représentent ainsi. Il en va de même avec sa mâchoire de reptile alors qu’il s’agit probablement de celle d’un loup. Bien entendu, je vous ferai part de mes doutes et de mes interrogations à mesure du déroulement des faits.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-1041679&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/02/00/425990221.jpg&quot; alt=&quot;1654699613.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1041679&quot; /&gt;Il faut rappeler également que né dans une noble famille de la lignée des Giron, l’enfant prénommé Hamon, n’aurait jamais du être moine. Comme son père, il aurait du apprendre à manier les armes, batailler pour contre les Anglais, suivant les circonstances, &amp;nbsp;et faire régner l’ordre dans son fief, en tenant les vilains à bout de pique pour les contraindre au travail et à l’obéissance. &amp;nbsp;&amp;nbsp;Hélas, l’enfant est, dès son plus jeune âge, porté vers les bons sentiments. Il aime ses camarades de jeu et il respecte les jeunes filles. Ce n’est qu’ensuite, lorsqu’il dévient amoureux d’une jolie ramasseuse de coques que tout change. Parce qu’il refuse l’injonction paternelle, il est&amp;nbsp; enfermé une première fois &amp;nbsp;dans le cloître de Blanche Lande par le fait du Prince. En quelques semaines, il est&amp;nbsp;&amp;nbsp; rendu enragé&amp;nbsp; par le concert&amp;nbsp; des chanoines tonsurés aux glabres figures. Il s’échappe alors pour rejoindre la jeune fille qui est l’objet unique de ses amours et de ses désirs. Il est tôt repris dans des circonstances dramatiques, &amp;nbsp;au cours desquelles sa dulcinée trouve la mort, engloutie par les flots tumultueux du raz de Gatteville.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1040698&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/00/212403777.jpg&quot; alt=&quot;1709685427.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1040698&quot; /&gt;Notre jeune moine est enfermé à nouveau dans de terribles conditions. Il est muré dans sa cellule. Il &amp;nbsp;nourrit alors &amp;nbsp;dans son esprit les plus noirs desseins, aiguisés par sa soif de vengeance. Il n’a plus qu’un but, retrouver sa liberté pour organiser les représailles. Il feint la soumission pour qu’on lui rende un peu de liberté. Il obtient qu’on lui donne accès à la bibliothèque. Et là, il ne&amp;nbsp; cesse de consulter les livres tenus secrets pour revisiter les évènements les plus mystérieux de notre passé. Il découvre les clés théosophiques de&amp;nbsp; La Cabale et de l’Alchimie. Il apprend à communiquer avec les esprits surnaturels et à&amp;nbsp; manipuler les personnes de son entourage. Il retourne, &amp;nbsp;avec les pages sombres des grimoires,&amp;nbsp; les séquences les plus noires de nos rêves. Avec application, il va franchir le Rubicon qui nous sépare de l’autre Vie, que l’homme ordinaire imagine &amp;nbsp;sans jamais oser l’affronter. Le Moyne devient &amp;nbsp;le suppôt maudit de Satan.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;Par la suite, son activité comme gardien vigilant et pourvoyeur de l’enfer devient passionnante. Sa présence fantomatique sur les grèves et les flots menaçants de Jonville et de Rideauville, nous rappelle&amp;nbsp; qu’il existe depuis toujours &amp;nbsp;un monde caché qui s’organise et s’active dans les ténèbres. Les passages à gué sont les moments difficiles de l’existence. Le Moyne fantôme nous rappelle qu’à chaque instant on peut tomber dans l’extrême confusion des sentiments et&amp;nbsp; dans l’agitation mortelle de la raison ordinaire . &lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, &amp;nbsp;ces évènements se conjuguent pour nous précipiter dans les abîmes du néant redouté.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/05/27/chroniques-de-l-ane-7-les-marins-pecheurs-en-rade.html</guid>
                <title>Chroniques de l'âne 7-Les marins pêcheurs en rade</title>
                <link>http://lalettreducotentin.hautetfort.com/archive/2008/05/27/chroniques-de-l-ane-7-les-marins-pecheurs-en-rade.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (MIC MAC)</author>
                                <pubDate>Tue, 27 May 2008 17:31:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-1037721&quot; width=&quot;200&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/6118908.JPG&quot; alt=&quot;634636694.JPG&quot; height=&quot;139&quot; id=&quot;media-1037721&quot; /&gt;Mon âne, je crois l'avoir déjà dit, jouit d'une pâture avec vue sur la mer que je lui envie, surtout à&amp;nbsp;cette saison où il a de l'herbe jusqu'au ventre. En dépit de cela, je crois bien qu'il ne comprend rien à la marine. Par atavisme sans doute, puisque son espèce est originaire des steppes sahariennes. C'est pour cette raison, que contrairement à mes habitudes je n'ai pas essayé de lui faire la leçon, ni de partager avec lui&amp;nbsp;les pensées qui me viennent en voyant nos amis pêcheurs, &amp;nbsp;réduits à faire des barrages sur les routes et à mendier des aides à Sarkozy&amp;nbsp;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;En vrai, je ne sais pas si j’ai des amis pêcheurs. Je le voudrais tant. C’est une profession que j’aurais pu mettre au centre de ma vie, si les circonstances l’avaient permis. Il faut bien dire que le plus souvent on n’entre pas dans ce métier quand on n’est pas né dedans. Malgré cela, quand on aime la mer on aime forcément les marins, et les pêcheurs sont des marins de tous les temps.&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Les qualités des marins sont passionnantes. Elles associent le courage et l’audace. Les marins vivent avec les yeux dans les nuages qui disent la pluie et le beau temps. Ils regardent la mer tantôt comme une amie ou, c’est selon, comme une fatalité. Si elle garde son allure de demoiselle la vie est facile, &amp;nbsp;mais&amp;nbsp;qu' elle se soulève comme un monstrueux bouillon et on serre les fesses. Tout ceci est vrai pendant les beaux jours d’été, mais au cœur des nuits d’hiver, c'est encore pire, cela ressemble au bagne.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Les marins pêcheurs sont contraints d’affronter toutes les terreurs, mais en plus il leur faut frôler des câbles&amp;nbsp;tranchants comme des sabres, éviter des lignes plus dangereuses que des serpents, se coltiner du poisson hérissé de dards, se cogner dans sa couchette, tituber dans les coursives, et regarder se lever, sans impatience,&amp;nbsp;malgré le&amp;nbsp;café froid qui soulève le coeur, les aubes grises et glaciales. C’est une vie de forçat et de poète, qu’il faut parfois faire passer avec un verre ou deux.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Quand j’avais vingt ans, avec mon ami Nanard, nous avons été les matelots d’une saison, à bord de Ninie Hubert qui avait à peu près notre âge, patronne (c’était rare à l’époque) &amp;nbsp;d’une chaloupe à Jonville qui faisait le homard avec soixante dix casiers. Les Hubert sont une grande famille de marins pêcheurs et Ninie en avait la marque. C’est avec elle que j’ai découvert la hargne, &amp;nbsp;le mauvais caractère, sans doute aussi la dureté, mais également la sensibilité et la noblesse des gens de mer. J’en ai été marqué pour ma vie durant et un demi siècle plus tard j’y pense encore avec émotion.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: left&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/02/940623956.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1037733&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/00/02/940623956.JPG&quot; alt=&quot;940623956.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1037733&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Tout ceci pour dire tout net que les pêcheurs d’aujourd’hui se trompent de combat et sont trompés par les politiciens qui font mine de les écouter. Pendant la campagne des cantonales nous avons écrit sur nos tracts, que la pêche &amp;nbsp;allait droit dans le mur. Aujourd’hui on y est. Pour les raisons que nous disions&amp;nbsp;: le coût de l’énergie et la raréfaction de la ressource, qui sont d’une certaine manière deux causes liées.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec un prix du gazoil maintenu artificiellement bas, les armements ont privilégié la force, allant toujours plus loin, plus vite, plus fort, plus profond. Aujourd’hui leurs moteurs réclament des pleins de fioul hors de prix. Mais en même temps dans cette course folle à la puissance, ils ont raclé les fonds, détruit les jeunes, épuisé les reproducteurs, massacré les équilibres biologiques du milieu marin. Il faut imaginer les fonds d’aujourd’hui comme des terres ravagées par le surpâturage ou le déboisement. J’ai bien connu ça, dans la steppe à moutons avec les&amp;nbsp; pasteurs nomades. Tant que ça donne on râcle et quand il n'y a plus rien on va ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Il y a pourtant des exemples en Norvège ou au Canada et en Islande qui montrent qu’en respectant les quotas et les recommandations des instituts océanographiques , on pouvait maintenir le métier avec sa dignité et ses performances. Exactement comme on a su le faire pour la coquille Saint Jacques ou la moule de Barfleur. Faute de se ranger du côté de la sagesse et de la prévision, les pêcheurs européens vont devoir se reconvertir dans des conditions drastiques, et d’autant&amp;nbsp; plus brutales qu’on retardera l’échéance. Le cabillaud dans la Manche et le thon en Méditerranée vont devenir des souvenirs.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Et que dire des harengs de la Baltique et des anchois de l’Atlantique&amp;nbsp;?&amp;nbsp; On pourra toujours manger du bar d’élevage.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Je le dis tout net à mes vrais amis de la pêche, il vaudrait mieux pour eux qu'ils se battent pour obtenir des aides à leur reconversion aux techniques plus écologiques et plus économes d’énergie, que de pleurer&amp;nbsp;sur un pétrole&amp;nbsp;trop cher, qui, &amp;nbsp;à ce qu’on dit et à ce qu’on voit, va atteindre des sommets. C’est une question de vie ou de mort. Si leurs responsables sont impuissants à adopter et à faire adopter &amp;nbsp;un plan à long terme les poussant vers la modernité, on parlera bientôt d’eux au passé, comme on parle des mineurs * ou de la marine à voile.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/652385916.JPG&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1037737&quot; src=&quot;http://lalettreducotentin.hautetfort.com/media/01/01/652385916.JPG&quot; alt=&quot;652385916.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1037737&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;Alors je supplie les gars des bateaux de réfléchir un peu. Je les supplie d’abandonner une parcelle de leur incommensurable orgueil et d’arrêter de mépriser tout ce qui ne sent pas le brai et la vieille cale à morue, en particulier les scientifiques (ces bons à rien) et les économistes (des messieurs qui ignorent tout du métier). Comme souvent dans ce cas, ils diront plus tard, trop tard,&amp;nbsp; &lt;em&gt;si on avait su&lt;/em&gt;…Hélas les &amp;nbsp;politiciens démagogues seront devenus sourds et&amp;nbsp;nos enfants n’iront plus en mer. Accoudés sur les rambardes, nous n’aurons plus qu’à rêver avec une infinie tristesse devant les bassins vides des ports désertés. **&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;*Ninie disait avec son accent traînant &lt;i&gt;«&amp;nbsp;in’ya qu’un métii, pus dangereux que le nôtre, ct’ichin des mineurs&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; ·&lt;span style=&quot;font: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;&lt;i&gt;**Pour commencer ce jour dimanche je suis privé de paella&amp;nbsp;: ni moules ni calamars…&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>