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19/10/2013

Les dix commandements des Verts 7-L'agriculture bio, toujours tu glorifieras

 

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Paul Gauguin, Le repas


L’agriculture biologique est l’une des plus anciennes utopies vertes.  On peut la faire remonter aux années trente et à la disparition lente mais inexorable de la paysannerie traditionnelle, de la polyculture et de l’autoconsommation. Le concept construit en réaction à la mécanisation et à l’utilisation des  produits chimiques, est demeuré longtemps marginal avec des tendances philosophiques et sectaires. Il a fallu attendre 1970 pour le voir représenté au Salon de l’Agriculture, soutenu par des associations comme Nature et Progrès et  l’Association Française d’Agriculture biologique.

Les bases du mouvement reposent sur le retour aux cycles naturels et aux techniques traditionnelles,  avec en arrière-plan l’éloge de la petite paysannerie et de la diversité des terroirs. Après 1968 on observe un retour à la terre des hippies qui sont souvent des citadins,  tentés par la vie en communauté et  une certaine autonomie de subsistance,  coupée des circuits monétaires habituels, dans laquelle on cultive ses légumes, on fabrique des fromages et on tisse les poils de chèvre. Vingt ans plus tard, les acteurs du « bio » se sont professionnalisés et se sont dotés d’un cadre officiel, d’un logo et de cahiers des charges triant ce qui est bio de ce qui ne l’est pas.

La première exigence est le refus de la chimie de synthèse : exit l’ammo-nitrate fabriqué à grand renfort de gaz naturel (méthane) et adieu à la plupart des pesticides, bienvenue au purin d’ortie, au Bacillus thuringiensis  et à la lutte biologique en général. Le contrôle des mauvaises herbes se fait mécaniquement et celui des parasites est confié au cuivre, au soufre, et aux pyrêtrines d’origine végétale. Il n’est pas question non plus d’utiliser des semences de plantes génétiquement modifiées (OGM), mais en revanche les hybrides sont autorisés et on peut donner en cas de besoin des antibiotiques aux animaux. La rotation des cultures, l’entretien des sols respectant l’activité microbiologique et les cycles internes du  sol, du carbone et de l’azote, sont toujours privilégiés, en apportant des engrais verts ou des produits de décomposition organique, fumiers et composts.

 

L’agriculture, biologique présente le grand avantage de remettre le sol au centre des préoccupations : chacun sait que les plantes entretiennent une relation complexe avec leur substrat. Pour les plantes cultivées, les agronomes ont développé la notion de terre équilibrée ou franche qui offre aux racines les meilleures conditions de développement. Elles réclament bien sûr une terre meuble homogène sur quelques dizaines de cm suivant les cultures, mais elles ont également un besoin impératif d’eau, de sels minéraux et d’oxygène. Les sols sont constitués à la base de particules minérales souvent inertes, de sable plus ou moins grossier, de limons et d’argiles. Ces particules s’agrègent entre elles grâce à la présence d’une fraction colloïdale dite argilo-humique faite de grosses molécules qui leur donnent de la cohésion et de l’adhésion. Cette structure  en « miettes » permet au mieux le stockage et la circulation de l’eau, des sels minéraux ionisés  et de l’oxygène indispensables à l’assimilation et la croissance végétale, dépendant de la photosynthèse.

 

On voit tout l’intérêt de renforcer cette fraction argilo-humique pour obtenir un substrat possédant la meilleure capacité de rétention pour l’eau et les ions minéraux, tout en conservant une atmosphère gazeuse proche de celle de l’air. L’agriculteur moderne a eu tendance à négliger cet aspect de l’agronomie. L’apport de matière organique souvent coûteux a été réduit au minimum, parfois complètement oublié.  Le complexe absorbant s’est trouvé appauvri en diminuant la résistance à la sécheresse et en facilitant le lessivage des ions en particulier des nitrates très solubles et très mobiles. Ce lessivage « per descensum » est la cause de la pollution des nappes sous-jacentes.

Malgré cette attention à la restauration des sols cultivés et autant que les comparaisons aient été menées avec les garanties  scientifiques nécessaires, on constate que les rendements obtenus en bio sont inférieurs de 30 à 50% à ceux de l’agriculture intensive suivant les cultures et les précédents culturaux. Ces faibles rendements tiennent beaucoup à l’impossibilité de maîtriser certaines maladies qui provoquent parfois, avec l’aide des imprévus météo,  des pertes totales de récolte. Les faibles rendements peuvent aussi être le résultat de la concurrence des mauvaises herbes ou d’une fertilisation insuffisante. Ces difficultés expliquent les prix plus élevés des produits qui occupent une niche luxueuse dans la consommation des fruits et légumes.

En France,  où on compte un peu moins de huit cent mille hectares de cultures AB, l’objectif de 6% de la SAU, fixé en 2007 par le Grenelle de l’environnement semble difficile à atteindre. En 2011 on comptait seulement 3,5% de cette SAU (Surface Agricole Utile) qui bénéficiait du label.

Il n’y a donc pas de vrai engouement des paysans français pour le bio. Cela tient sans doute aux difficultés pratiques rendant aléatoires la rémunération du travail fourni.  En outre, les techniques bio ont des effets discutés sur la qualité des produits. Aucune enquête scientifique n’a pu démontrer leur suprématie sanitaire ou diététique. Bien sûr on va souvent trouver des quantités moindres de résidus  pesticides de synthèse, qui en agriculture classique sont de toute façon très contrôlés. On peut en revanche obtenir des effets indésirables inattendus, comme ce mélange de graines de Datura avec du sarrasin en Bretagne, qui a été à l’origine de problèmes graves de santé pour les consommateurs.

En pointant la dégradation de la fertilité en agriculture mécanisée (qui peut d’ailleurs aller jusqu’au hors sol), l’agriculture biologique ne fait que rappeler une règle de base de toute l’agronomie classique. Les « bons » agriculteurs intensifs n’oublient jamais les amendements visant à maintenir la qualité biologique de leurs sols selon l’adage tout simple : « Qui vend son fumier vend son blé ». Cela nous enseigne également que la séparation géographique entre élevage et productions végétales est souvent une hérésie agronomique. La spécialisation et la monoculture qui sont des tendances naturelles facilitant le progrès technique et la commercialisation doivent de ce point de vue être remises en cause dans l’agriculture moderne qui doit maintenir assolements et rotations.

Rappelés de manière sommaire ces faits montrent que l’agriculture biologique ne résout pas elle seule les impasses de la productivité à outrance, d’autant moins qu’elle se prive (et prive également les autres par les faucheurs volontaires) des progrès gigantesques des biotechnologies. Pratiquée par des adeptes convaincus que nos vies sont menacées par Monsanto et compagnie, l’agriculture biologique authentique  a quelque chose de sympathique, et parfois folklorique quand elle est appliquée sans réelles connaissances, mais elle ne met pas en danger l’équilibre du monde. On ne peut pas en dire autant des Olibrius militants qui font du prosélytisme et de l’activisme. A cause d’eux le « bio » prend des allures déplaisantes de pratiques sectaires ou mystiques. Il n’y a pas une agriculture bio et une agriculture hérétique, cancérogène et empoisonneuse, il y a seulement une bonne agriculture, dite raisonnée, pratiquée par des professionnels  d’un haut niveau technique. Au lieu de tourner le dos à la science et de brandir des oukases,  les militants moustachus feraient bien de retourner à l’école pour retrouver un peu de bon sens.

12/10/2013

Les dix commandements des Verts - Les OGM jamais ne consommeras

 

 


 

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Vincent Van Gogh, La moisson en Provence


Pour ma part, je ne crois pas que les OGM soient plus toxiques que les pâtes Lustucru, mais ce n’est pas demain qu’on verra le gros Gégé notre Prince des Gastronomes et du Cinéma réunis vanter sur nos écrans les mérites du soja génétiquement modifié. La plupart des gens ont fini par se laisser convaincre que ces mystérieuses créations des agronomes ont quelque chose de diabolique, contraire aux lois de la nature. On peut l’expliquer par la complexité technologique du processus d’obtention de ces nouvelles plantes qui  ne peut être appréhendée sans une certaine connaissance de la biologie et de la génétique actuelles. Comme pour le réchauffement climatique le mystère scientifique permet aux maîtres de la communication de mobiliser l’opinion. Comment expliquer autrement que 80% des gens sont hostiles aux OGM, alors que la plupart des gens ignorent tout bonnement quelle est la réalité et le contenu d’une plante génétiquement modifiée ?

L’aversion « spontanée » du public pour ces plantes « modernes » n’a d’égale que la faveur qu’il accorde au jambon et au fromage bien de chez nous et proclamés tels sur tous les écrans avec l’accent du Berry. Le mode paysan, cher à José Bové a véritablement inspiré nos habitudes alimentaires. La tradition rustique est devenue  la qualité  principale des produits. On ne vante ni la teneur en matière sèche, ni la pureté bactériologique, ni le taux de sucre, la caution du grand père en béret basque suffit. On mesure ainsi toute l’inconséquence de nos consommateurs inspirés par leurs souvenirs du jardin familial, même si les pommes de terre étaient souvent galeuses en ce temps-là  et les tomates nécrosées. J’en veux d’autant plus aux responsables politiques qui enfourchent ce cheval de bataille qu’ils sont conscients de l’ahurissant quiproquo qu’ils construisent à propos de notre agriculture, qu’on détourne ainsi de la modernité.

En attaquant l’agriculture  intensive,  au lieu de combattre ses excès, on jette le bébé avec l’eau du bain. Comme écologiste, je proclame très haut que l’agriculture devra demeurer intensive,  et encore bien plus qu’aujourd’hui. Si nous voulons partager équitablement les territoires entre forêts et cultures, entre montagnes et marais, entre villes et vergers, il faut nécessairement réduire les surfaces labourées même si le nombre de bouches à nourrir augmente. Le seul moyen est d’accroître les rendements à l’hectare et pour atteindre cet objectif les OGM figurent comme l’arme principale.

Il est totalement justifié de contrôler, de diminuer, de supprimer s’il le faut, l’utilisation des pesticides, en particulier celle des insecticides qui sont des poisons redoutables et dans une mesure moindre celle des fongicides et des herbicides. Il se trouve que justement, les plantes génétiquement modifiées sont la voie vers l’obtention de plantes résistantes aux maladies et donc la voie principale pour rendre inutiles tous ces produits dangereux. Encore faudrait-il que le commun des mortels ne range pas dans la même catégorie ces pesticides et les engrais « chimiques » . Ah ! avec chimique tout est dit. Il y a un abîme extraordinaire entre le goût immodéré des Français pour une pharmacopée médicale pléthorique et la répulsion du chimique quand il s’agit d’agriculture !

Toute plante a besoin de sels minéraux (les fameux engrais !) qui sont des sels de N, P, K, S, Ca, Mg,  aux quels il faut ajouter une liste assez longue d’oligoéléments Fe, Co, Mn, Cu…etc). Le CO2 est absorbé par les feuilles lors de la photosynthèse (en rejetant de l’O2) et les sels minéraux par les racines à partir du sol. Le CO2 est inépuisable mais les sels minéraux sont en quantité limitée dans les sols, surtout NPK et on doit les remplacer en apportant des engrais, en proportion de ce que la récolte a prélevé sur le stock. L’agriculture sans engrais nous renvoie au moyen-âge quand on récoltait deux grains pour un. Aujourd’hui nous en sommes à 100 pour un et tout retour en arrière peut déclencher la rareté, la pénurie et la famine des populations les plus exposées.

L’obtention de nouvelles plantes par le génie génétique est donc la voie de recherche indispensable vers de meilleurs produits, moins chers à produire et plus respectueux de l’environnement. On sait que l’azote est un élément indispensable pour les cultures et qu’il faut en apporter des grandes quantités sous forme de nitrates ou d’ammo-nitrates. Or ces substances sont coûteuses à fabriquer par des procédés exigeant beaucoup d’énergie. On sait depuis très longtemps que les légumineuses (luzerne, pois, soja)  sont capables de se ravitailler en utilisant l’azote de l’air avec le concours de bactéries développant sur les racines des nodules réalisant les transformations nécessaires de l’azote gazeux pour l’incorporer dans les protéines végétales.

Imaginons qu’on puisse transférer et renforcer par génie génétique ce providentiel mécanisme  naturel sur des céréales, riz, blé, maïs ! Imaginons les millions de tonnes de nitrates économisées à travers le monde et la régulation qui stopperait les lessivages de nitrates intempestifs à l’origine de la pollution des nappes et des cours d’eau ! C’est donc avec un grand dépit que je vois des esprits soi-disant éclairés jouer contre le camp de la protection de la planète, au nom d’une idéologie mal digérée.

Malgré la réalité des choses observée sur des millions d’hectares de cultures OGM, produisant des centaines de millions de tonnes de céréales consommées dans de grandes parties du monde, les anti-OGM continuent de se battre pour que ces plantes soient interdites en Europe, en utilisant tous les arguments possibles. Ils accusent de conjuration les grandes firmes qualifiées d'empoisonneuses  détroussant les paysans et proclament la toxicité cachée de leurs produits. On nous joue les grands airs du complot international. On accuse Monsanto, mais Monsanto est à coup sûr le sauveur de l’humanité aujourd’hui. Qu’on attelle Bové et Lepage à l’araire de nos ânes d’antan et on verra le résultat ! Aucun de ces arguments ne résiste à l’examen mais dans l’opinion, les OGM sont réprouvés, et la recherche agronomique condamnée ! Les agriculteurs qui m’entourent ici ont vraiment une patience peu commune de se voir chaque jour vilipendés et traités en pestiférés.

Comme pour le réchauffement climatique on a quitté le terrain scientifique pour camper sur la philosophie et la politique, en jouant sur les émotions et les peurs. Pour prouver que la terre se réchauffe on prédit que les cyclones et les typhons vont être plus violents et plus nombreux, que la mer va tout envahir et que les ours blancs vont maigrir. Pour prouver la toxicité des OGM on exhibe des rats avec des tumeurs qui n’ont rien à voir !  Je ne pourrai jamais consentir à une telle dégradation de la logique et du rationnel. J’attends avec impatience un retournement de ce funeste état d’esprit, car l’avenir de nos sociétés en dépend.

03/10/2013

Les dix commandements des Verts- 5- Les gaz de schistes jamais ne puiseras


 

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Robert Delaunay, Hélice. Gouache 1923


Les gaz de schiste sont une pomme de discorde, une vraie bête à chagrin, propre à opposer et diviser les esprits, à faire de la polémique et à pousser les journalistes à dire n’importe quoi. Il est vrai que le fond de la question est principalement technique. Les USA qui réfléchissent en avançant ont amélioré nos connaissances sur le sujet. Ils démontrent chaque jour qu’il est possible d’exploiter de manière industrielle les huiles et les gaz piégés par les schistes, les roches mères constituées à grande profondeur au cours des temps géologiques. Il faut seulement libérer ces hydrocarbures et leur frayer un chemin dans la roche compacte pour pouvoir les extraire et les récupérer en surface.

La technique d’extraction est directement adaptée des méthodes traditionnelles des foreurs pétroliers. Au lieu d’un forage vertical on pratique une longue perforation oblique ou horizontale et on effectue  une fracturation avec de l’eau sous pression qui fait éclater les mini-failles de la roche en place. On maintient les espaces ouverts  en injectant du sable. Le tubage en place va remonter les gaz, essentiellement du méthane,  et les envoyer dans un réseau de collecte en surface qui les achemine jusqu’aux cuves de stockage. Ce sont des procédés simples et classiques à la portée d’entreprises quasiment artisanales comme nous le démontre l’exemple américain.

A priori il n’y a rien de dangereux pour l’homme et l’environnement. A ceci près que la fracturation demande beaucoup d’eau même si elle est  en partie recyclable malgré  l’addition de divers produits peu ragoûtants comme sables, détergents, anti mousses et antiseptiques. A ceci près aussi qu’il y a des fuites de gaz qui vont rejoindre les nappes d’eau souterraines ou bien directement l’atmosphère. Ceci arrive en particulier quand  le cimentage qui doit assurer l’étanchéité de la tuyauterie avec les roches est mal fait, ou quand on pratique des fracturations trop près des murs ou du toit des nappes aquifères. A ceci près aussi qu’on se trouve obligé de cimenter les chantiers d’extraction, de faire des routes, de construire des cuves de stockage du gaz, toute une infrastructure qui vient rogner les sols et les surfaces végétalisées du terroir d’exploitation. On participe ainsi à une perte supplémentaire d’espace agricole ou forestier qu’on peut quand même considérer comme réversible après épuisement de la ressource. De telles installations s’envisagent sans doute difficilement en zone urbaine, sauf peut-être dans des friches industrielles.

Il faut donc une maîtrise stricte des procédés industriels et  c’est le boulot des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens et des politiques de réglementation. Nous ne sommes pas dans des techniques épouvantables de complexité comme pour le nucléaire. Nous pouvons arrêter à tout moment le processus par le biais des permis de recherche et d’exploitation. Si le risque environnemental existe, il est réversible et ne représente sûrement  pas l’acuité d’un naufrage de tanker de 400 000 tonnes de pétrole lourd, et encore moins celle de l’implosion d’une centrale nucléaire. Aujourd’hui personne ne nie que l’exploitation des gaz de schistes nécessite un encadrement strict.

L’interdiction de l’exploration des ressources en  gaz de schistes s’est décidée en France avec les accords de Grenelle sous le gouvernement Fillon. Ce qui prouve que  vrai que les anti-pétrole ont gagné partout, à droite comme à gauche. Dans la réalité, les citoyens, verts ou pas, utilisent leurs véhicules comme d’habitude. Face à la crise, on se rend compte que le rejet absolu d’une évaluation préalable à une éventuelle exploitation dans des conditions environnementales satisfaisantes apparaît  comme un refus du réel.

A examiner sereinement les dangers de l’exploitation de ces nouvelles ressources on ne voit pas bien ce qu’elle présente de si dangereux qui  la mettrait à part des autres exploitations industrielles chimiques ou pétrolières dans l’Hexagone. Les techniques de forage utilisées sont celles de l’industrie pétrolière, connues, améliorées et sécurisées depuis un siècle. L’emprise au sol, les ingrédients utilisés, ne présentent aucun danger pour la planète, tout au plus risque-t-on des pollutions limitées et pas davantage que n’importe quelle  implantation industrielle de raffinage ou de transformation chimique. Les problèmes ne sont en aucun cas d’ordre scientifique ou technique, ils sont avant tout d’ordre réglementaire. Il faut que cette recherche et cette exploitation soient sévèrement encadrées pour éviter les entreprises non qualifiées et irresponsables.

En réalité ce que refusent les Verts c’est d’envisager d’exploiter une nouvelle source d’hydrocarbures, car une bonne part de l’idéologie verte repose sur l’épuisement des ressources pétrolières, lesquelles seraient  pour l’essentiel à l’origine de la pollution et du réchauffement climatique. Mais comment croire qu’il est moins dangereux de remplir notre réservoir avec  du pétrole d’Arabie Saoudite ou de Libye que de tenter d’utiliser éventuellement  les gaz de schistes français ? Comment peut-on mieux exprimer l’irrationnel ?

Quoiqu’il en soit, l’interdit  des gaz de schistes a pour résultat de priver notre pays d’une éventuelle ressource énergétique qui serait bien utile pour conduire la transition énergétique que les Verts réclament. Il faut innover certes, mais comment faire quand les caisses sont vides ? En attendant on fait perdre l’expertise à nos entreprises dans ce domaine  et on les pousse à investir hors de nos frontières. Au bout du compte,  on entretient un déficit commercial qui justement doit beaucoup à nos importations d’hydrocarbures.

Pour le moment il semble bien que l’embargo sur les gaz de schistes fait partie du deal entre les socialistes et les Verts, avec le nucléaire et les OGM, ce deal risque de coûter cher au pays. Je fais des vœux pour que la bulle écologique  éclate dans ce domaine et prenne des dimensions plus conformes avec la réalité d’aujourd’hui, ce qui ne doit pas nous empêcher d’explorer et d’expérimenter des énergies propres et durables, comme on va le faire dans le Raz Blanchard ! Les « Fermes pilotes » ont je l’espère un avenir prometteur mais pour le moment nous en sommes encore aux balbutiements : rendez-vous dans cinq ou dix ans !

21/09/2013

Les dix commandements des Verts 3- De la biodiversité, grand soin tu prendras

 

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Arcimboldo - L'homme potager

 

Je trouve là un bon terrain d’entente avec mes amis Verts. Protéger et encourager la biodiversité n’est rien d’autre que de reconnaître l’infinie richesse des combinaisons génétiques des familles, genres, espèces et sous espèces ou races. Elles sont une ressource essentielle pour la vie des hommes. Tout au cours de son évolution, l’espèce humaine s’est appuyée sur les produits de la flore et de la faune, en tant que  cueilleur et chasseur ou pêcheur, ensuite comme cultivateur et éleveur. Grâce à cette incroyable diversité naturelle, les hommes ont pu coloniser une série de milieux très différents. On peut dire que la puissance des sociétés humaines repose en grande partie sur l’infinie variété des plantes et des animaux qui l’entourent. Nous avons eu tour à tour des sociétés du cheval, du chameau, de l’éléphant, du buffle et des bovins, du blé, du maïs et du riz. J’en passe bien sûr, et il serait ridicule de ne pas reconnaître tout ce que nous devons aux autres espèces vivantes dont le cortège nous accompagne. Nous leur devons reconnaissance et protection.

Ceci étant dit,  notre espèce est capable du meilleur et du pire. Il serait vain de placer le respect de la biodiversité sur le plan moral. Il est inutile de s’attendrir sur le destin incertain des espèces les plus discrètes, les moins utiles et parfois des plus nuisibles car l’homme ne s’est jamais intéressé sur le fond qu’à la basse question matérielle de sa survie et de son profit. Le respect des autres espèces n’a été un enjeu philosophique que dans l’Arche de Noé. En réalité il n’a existé que pour servir nos intérêts immédiats.

En colonisant des parties toujours plus étendues de notre planète, l’espèce humaine met une pression incroyable sur la survie ou le développement des autres familles du vivant. L’action la plus spectaculaire est celle de la mise en culture des espaces « naturels », des forêts, des savanes et des steppes, des grands deltas, des océans, des déserts ou des montagnes. Nous canalisons, nous asséchons, nous défrichons, nous terrassons, nous reboisons, nous prélevons avec une ardeur jamais démentie. Ce faisant, les équilibres écologiques sont modifiés de manière brutale et les chaînes alimentaires en sont bouleversées. Nous chassons de ces milieux transformés la faune et la flore antérieures qui se trouvent dès lors en en porte-à-faux avec leurs capacités d’adaptation et qui n’ont plus d’autre choix que de fuir ou disparaître. En corollaire, il nous est arrivé d’introduire des espèces étrangères dans des îles ou des continents qui,  ne trouvant pas de prédateurs ou de concurrence, sont devenues envahissantes et génératrices de difficultés pour les autres espèces.

Pendant toute une période historique l’homme s’est multiplié en isolats relatifs, au cours de laquelle des communautés de paysans ont construit les terroirs génération après génération. La diversité « sauvage » fut remplacée par une autre, façonnée par l’occupation humaine. Dans leurs efforts pour tirer le meilleur parti des ressources végétales, les cultivateurs ont sélectionné, croisé, élaboré tout une gamme de plantes cultivées aux ressources génétiques prodigieuses. Le jeu des croisements a donné naissance à une liste interminable de variétés qu’on n’aurait jamais trouvée dans la nature. Pour un arbre aussi abrupt et stable que le palmier dattier certains spécialistes ont pu décrire au Maghreb jusqu’à six cents variétés différentes. Une profusion due aux sociétés oasiennes. Une explosion génétique qu’on retrouve chez les pommiers, les poiriers et les pêchers et tant d’autres arbres cultivés. Tout aussi prolifique fut le travail des obtenteurs de variétés annuelles comme les tomates, les laitues, les fraisiers, les melons, les chrysanthèmes et tant d’autres  sortes de plantes maraîchères ou ornementales. Conscients de l’importance de tous ces trésors biologiques, agronomes et généticiens ont constitué des banques de gènes sous forme de semences authentifiées, contrôlées et étiquetées, susceptibles d’être réutilisées en tant que besoin.

Du côté animal, la même éclosion de types et de races s’est produite sous la surveillance des bergers et des éleveurs. Il suffit de relire l’histoire des vaches normandes pour comprendre la somme d’efforts nécessaires à l’obtention de résultats aussi spectaculaires.  Il suffit de penser aux chiens, aux chevaux, aux moutons, pour comprendre comment l’homme, loin d’être un ennemi de la diversité, en fut au contraire un infatigable promoteur, quand cela devait servir ses intérêts.

Depuis Linné et de Buffon, la science est venue au secours de la biodiversité en décrivant, classant par familles et cataloguant inlassablement le vivant. C’est grâce à ce monumental effort qu’on commence à avoir une idée précise du cortège d’êtres vivants qui nous entoure. Depuis Watson et Crick nous sommes allés encore beaucoup plus loin en établissant que cette formidable floraison évolutive reposait sur le même modèle génétique de l’ADN, sur la reproduction sexuée et l’hérédité, ouvrant la voie vers la reconnaissance d’une infinité de recombinaisons, et vers la définition d’un gigantesque trésor biologique !

Je veux bien croire que la mondialisation et la normalisation de l’agriculture moderne mettent provisoirement en danger une certaine diversité biologique, mais nous avons créé des parcs nationaux ou régionaux, et des zoos de plus en plus performants. Nous avons entassé dans nos Museum et nos Instituts de recherche des lots de semences classées et identifiées. Nous protégeons les zones humides et les parcours de migration de nos amis les oiseaux. Au final je veux bien admettre que nos sociétés ont mis  en danger une certaine biodiversité originelle, mais je suis bien convaincu que cette biodiversité n’existe plus aujourd’hui que par notre volonté et notre technicité. Loin de l’amoindrir l’homme travaille à son expression et sa conservation.

 Là encore, les Verts, de Brigitte Bardot à Nicolas Hulot ont tort de nous culpabiliser. Nous ne sommes pas les ennemis des autres espèces, nous en sommes au contraire  les découvreurs et les alliés.  Les gesticulations autour des baleines, des phoques  ou des ortolans ne sont que pantomimes en face des efforts gigantesques que la science a déployés depuis trois siècles dans ce domaine. Je suis persuadé que les hommes sont les seuls  gardiens efficaces de la biodiversité. Les espèces sauvages sont bien en peine de résister aux accidents climatiques aux incendies, aux sécheresses prolongées, aux inondations ou aux éruptions volcaniques. Nos civilisations d’aujourd’hui sont heureusement conscientes des enjeux et ont élaboré les moyens d’y répondre. Les Verts veulent nous faire croire que les sociétés humaines sont les ennemies jurées de la biodiversité, alors qu’elles en sont au contraire les créatrices et les protectrices. Ce n’est pas le moindre paradoxe de la pensée politique des écologistes !

14/09/2013

Les dix commandements des Verts - 2 La terre ne réchaufferas point

 

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William Blake - L'horreur des temps modernes

 

La mystérieuse température de la terre

Sur vingt-cinq ans de mesures (1926-1950), la température maximum absolue relevée au Sahara fut de 57°C, le 12 juillet 1936 à Tindouf, mais elle ne fut pas homologuée parce qu’il manquait un barreau à l’abri réglementaire de la station d’observation. Dans les  conditions standard, la température sous abri mesurée à deux mètres du sol,  dépasse rarement 50°C et le record officiel fut à Ouargla, en août 1941(52°7) .Le génial DUBIEF a passé sa vie à étudier le climat du Sahara à partir de l’Observatoire de Tamanrasset. C’était au temps des petits aérodromes perdus dans le désert qui suppléaient à l’absence de routes, et chacun était muni d’une station météo, contrôlée, surveillée, agréée. Pour ce qui est des températures on enregistrait et calculait les données suivantes :

-(1) la moyenne des maxima absolus mensuels M'

-(2) les moyennes mensuelles des maxima journaliers M

-(3) les moyennes mensuelles des moyennes journalières M+m/2

-(4) les moyennes mensuelles des minima journaliers m

-(5) la moyenne des minima absolus mensuels m'

Tout cela pour un point géographique aux coordonnées précises et à 2m de hauteur au-dessus de la surface du sol. Les moyennes  journalières étant communément utilisées pour parler de la température d’un lieu. A aucun moment l’auteur des deux volumes importants sur le « Climat du Sahara », ne songe à perler de réchauffement ! Je sais qu’aujourd’hui nous avons des stations d’enregistrement automatiques fonctionnant en continu. Ces mesures sont néanmoins ponctuelles dans l’espace et quand le GIEC nous parle de l’augmentation de 2 ou 3°C de la température de la terre, je demeure perplexe car je n’ai jusqu’à présent trouvé nulle part la définition exacte de cette  ce qu’était cette température !

Il s’agit probablement d’une grandeur abstraite, résultant de l’intégration de centaines de millions de données, passées à la moulinette des modèles ? Désigne-t-elle la température du sol, ou bien de sa surface, ou de la température de l’air à deux mètres, ou bien de celle de l’atmosphère ? Mes recherches dans les sommaires des fameux rapports officiels ne m’indiquent aucune piste , ils précisent d’ailleurs qu’ils ne sont pas là pour ça.

 

Réchauffement ou changement climatique ?

Le GIEC définit actuellement les grandes lignes du Cinquième Rapport d’Evaluation (AR5), qui paraîtra en 2014. Comme ce fut le cas dans le passé, les grandes lignes sont élaborées selon des modalités précises auxquelles doivent se conformer des spécialistes du changement climatique de toutes les disciplines et des utilisateurs des rapports du GIEC, en particulier les représentants gouvernementaux. Les grandes lignes seront présentées à la trente et unième Assemblée plénière du GIEC et aux sessions de ses trois groupes de travail, qui se réuniront à Bali, Indonésie, du 26 au 29 Octobre 2009. (1)

Quelles sont les modalités précises aux quelles doivent de soumettre les experts ? Nous l’ignorons.  Quoiqu’il en soit, ceux-ci jouent la prudence sémantique. En gage de neutralité sans doute, ils parlent  de changement climatique, ce qui en toute bonne foi peut vouloir dire réchauffement ici et refroidissement là. Et si ce changement climatique était seulement une suite de situations décadaires ou centenaires qui n’ont rien à voir avec le CO2 ? Et pourtant on va partout répétant que la terre se réchauffe. La preuve est assénée par un article de Vickipedia qui nous  apprend que la température moyenne du globe a augmenté de 0,78°C (+- 0,18°C) entre 1906 et 2005. Bravo pour la précision des chiffres qui dépasse largement celle des instruments de mesure, surtout avant l’électronique !

Mais si on semble connaître ce delta, cette augmentation, avec une grande exactitude apparente, on ne nous précise à aucun moment quelle est  la grandeur elle-même. La température augmente, oui, mais la température de quoi ? Je supplie mes amis Verts de m’informer et de m’expliquer. Je relève qu’on nous parle tantôt de température globale moyenne ou tantôt de température moyenne du globe. Les deux expressions ne semblent pas avoir la même signification, mais dans les deux cas elles sont tout aussi mystérieuses. Qu’est-ce que peut bien être une température globale moyenne ?

 

On ne sait pas ce qui chauffe mais ça va nous coûter un prix fou !

Alors je demande aux tenants du réchauffement, d’abandonner leurs airs de précision en augurant que  la température moyenne de la  terre va augmenter de un, de deux, voire de cinq degrés en un siècle. Mieux vaut qu’ils s’en tiennent aux gros flonflons qui impressionnent si bien le badaud.  Tout évènement climatique sortant de la norme devient une preuve. Et dans ce domaine il y a surabondance : les canicules et les grands froids, l’épaisseur des banquises et la taille des glaciers, les cyclones et les pluies abondantes, les feux de forêts et les inondations. Le rabâchage en la matière finit par arracher des sourires au commun des mortels. Ce qui n’empêche qu’on a imprimé dans les esprits une nouvelle loi climatique, celle d’une température qui monte. En conséquence  nous observons de plus en plus d’évènements  hors normes qui deviennent autant de preuves. Le serpent se mord la queue. Pour finir on évalue chaque fois de manière assez fantaisiste le coût financier global des dégâts. Les mêmes experts sont même allés jusqu’à prévoir les sommes folles que ça allait nous coûter en un siècle !  

Le GIEC a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation.(1)

Autrement dit, il n’est pas question de prouver le réchauffement  mais bien plutôt d’étudier les fondements scientifiques des risques liés au changement ! Ce que je sais c’est que les températures de la terre constituent un continuum infini entre -50°C et + 50°C suivant les lieux, les heures et les saisons.  Rappelez- vous ! Quand vous marchez nu-pieds sur du bitume en été vous cherchez les bandes blanches pour ne pas vous brûler la plante des pieds ! Tout comme on marche à  l’ombre pendant la canicule et à l’abri du vent pendant le blizzard !

En dépit de cette incroyable diversité, les experts nous assurent les yeux dans les yeux que la température moyenne augmente et  qu’elle va continuer d’augmenter avec une précision incroyable. Ces mêmes experts tirent leurs certitudes d’un raisonnement simple : le taux de CO2 participe à l’effet de serre, donc si le CO2 augmente, l’effet de serre également et par conséquent la température de la terre !


Parlons un peu de l’effet de serre !

On peut écrire le bilan d’énergie à la surface de la terre de la manière suivante ;

Rn   =      (1-r) Rg  +  RA – RT

Rn est le rayonnement net reçu à la surface de la terre, et ce rayonnement détermine les niveaux de température. Sa grandeur dépend en premier lieu du rayonnement global Rg, constitué pour une part du rayonnement solaire direct et du rayonnement diffus provenant de l’atmosphère. Bien entendu une partie de ce rayonnement est réfléchie par la terre vers le ciel d’une quantité r appelée albedo, variable selon l’état et la couleur de la surface qui va du corps noir des basaltes au miroir des pentes de ski.

Le flux radiatif émis par le soleil peut être considéré comme constant (C= 2 cal./cm2/mn) dans les temps courts mais il subit des évolutions cycliques pendant les temps longs,  liées aux taches solaires. Le rayonnement solaire est  constitué pour l'essentiel de rayonnements UV, visibles ou proches infrarouges (longueur d'onde de 0,15 à 4 micromètres).

RT correspond au rayonnement de la terre elle-même qui se comporte comme un corps noir et émet vers l'atmosphère un rayonnement infrarouge de grande longueur d'onde et dépendant de sa température, en grande partie absorbé par l'atmosphère.

L'atmosphère enfin, émet un rayonnement propre, également de grande longueur d’onde qui dépend de sa température, ce rayonnement (RA) est d'autant plus faible que le ciel est clair et que l'air est sec. C’est ce terme qui constitue l’effet de serre proprement dit et il est d’autant plus important que l’air atmosphérique est chargé en vapeur d’eau, en méthane et autres molécules gazeuses, donc aussi de CO2 même si son rôle est moins important. Pour déduire une augmentation éventuelle de la température générale du globe, il faut donc intégrer toutes les situations possibles de couverture nuageuse et du rayonnement atmosphérique. Cette égalité, valable pour l'instant t, peut se simplifier à l'échelle de la journée, car en effet le sol restitue la nuit à l'atmosphère la chaleur qu'il a absorbée le jour et donc RA-RT devient pratiquement égal à 0.

 

Ces modèles climatiques qui savent dire notre avenir 

Ce degré ou ces degrés en plus, qu’on nous promet à la fin du siècle, à quelle grandeur s’appliquent-ils ? à la température de surface, à celle de l’atmosphère ? à celle des océans ? à celle des montagnes ? à l’adret ou à l’ubac ?  à celle des déserts ou des calottes glaciaires ? Il est tout à fait impossible que ce ou ces degrés s’appliquent uniformément à toutes les régions, alors qu’en est-il exactement ? Comment expliquer la fonte des glaces, , l’évaporation accrue et la montée du niveau de la mer, la multiplication des cyclones, l’abondance des inondations, à partir de concepts aussi mal définis ? En tout cas les rapports du GIEC n’apportent aucune réponse à ces questions légitimes. Ces rapports sont extrêmement bavards sur les catastrophes annoncées, mais complètement muets sur les tenants et les aboutissants des fameux modèles dont on vante « la convergence », ce qui n’est pas du tout une garantie de pertinence.

Je veux bien que la puissance de calcul des données après ajustements bien souvent soumis à ce que veulent démontrer leurs auteurs, aboutisse à déclarer que la température de la terre s’élève, à mesure que le taux de CO2 dans l’air augmente, mais cette augmentation théorique, non plus observée mais extrapolée n’a aucune valeur opérationnelle pour en déduire les changements le plus souvent dramatiques qu’on nous décrit en permanence avec un grand luxe de détails. Le seul fait que plusieurs modèles existent constitue une indication sur le caractère « bricolé » de ces modèles, mis au point par des équipes différentes. Si un modèle était absolument sûr on en aurait certainement pas plusieurs versions.

 

Climat ou bio-climat ?

Je remarque de mon côté, que ce qui intéresse la vie humaine et la vie tout court, ce n’est pas du tout le climat qu’on calcule, mais le bioclimat qui en résulte. Ce que je reproche aux tenants du réchauffement c’est de ne jamais parler des changements bioclimatiques et ces notions-là sont tellement compliquées, à l’image de la réalité,  que les experts ne disent rien là-dessus !

Pour me faire comprendre examinons un exemple que je connais bien. A partir des données sahariennes que j’ai évoquées, en plein erg ou au cœur de la hamada, la vie se réduit au plus simple, même si on y trouve des fourmis et des champignons et bien d’autres micro-organismes. Malgré tout,  ici ou là, à un carrefour de routes ou à un débouché d’oued, des villages naissent et des villes se construisent, se développent. Elles sont parfois parfois  multiséculaires. Cela prouve tout simplement que les hommes mais aussi les plantes et les animaux savent s’adapter, en racornissant leurs feuilles ou en s’enfouissant dans le sable. Même dans les conditions les plus extrêmes les hommes sont capables de reconstituer des microclimats, des bioclimats où la vie est saine et productive. Plus que partout ailleurs on économise l’eau et on marche à l’ombre !

Ces exemples extrêmes pourraient être multipliés dans le sec, le chaud, le froid ou l’humide. Comment croire que deux degrés de plus d’une hypothétique température moyenne globale puissent mettre l’humanité en danger ?  Commençons par raisonner sur les bioclimats qui nous concernent, de l’hyperaride à la douceur atlantique en passant par le semi-aride et le méditerranéen. On sait que chacun de ces étages ont des modes de vie, des aménagements et des productions agricoles différentes. On sait s’abriter du vent, se climatiser, se chauffer, construire nos maisons, choisir nos espèces cultivées. A-t-on attendu le réchauffement pour avoir des inondations destructrices, des orages ravageurs ou des tempêtes de neige qui mettent à bas nos installations électriques ou stoppent nos TGV ?

 

Si changement il y a, il est nécessairement imperceptible à l’échelle annuelle !

La caractéristique principale du climat méditerranéen, principal visé de notre continent, est depuis toujours son instabilité et sa brutalité météorologique ! Que peuvent-nous apprendre les  experts du GIEC dans ce domaine? Quand j’entends Nicolas Hulot, annoncer des centaines de millions de réfugiés et de sans abri, je suis convaincu que ce brillant animateur de télé se trompe, à moins qu’il ne procède par abus de langage pour effrayer le bon peuple, même s’il va chercher ses exemples au Bengladesh ou en Somalie, d’ores et déjà en proie aux pires difficultés. La vraie question, épineuse s’il en est, c’est de constater que ces déclarations-là font autorité et qu’elles marquent les esprits. Il y a un abus de langage notoire, une tromperie de l’opinion, ce qui n’interdit pas aux hommes politiques pressés de reprendre ces allégations sans sourciller.

Alors je supplie les écolos d’arrêter de dire n’importe quoi. La terre se réchauffe peut-être, si c’est exact on n’en voit toujours pas des effets catastrophiques, différents par nature que ce que nous avons toujours connu. L’ennui pour les tenants des moyennes c’est que le climat réel n’est fait que d’évènements écartés de ces valeurs calculées. Quoiqu’il en soit, une catégorie nouvelle est née dans la mosaïque philosophique de notre société, celle des climato-sceptiques…Je veux bien en faire partie, même si je trouve que ça ne veut pas dire grand-chose. Au fait, comment doit-on appeler les autres ? Des climato-croyants ? Mon âne n’aurait pas dit mieux. Au fait quelle est la température moyenne globale ce matin ?


(1) Extraits de la présentation officielle des rapports du GIEC