06.06.2008

Chroniques de l'âne 8 - Les trois maladies du PS

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Mon bourricot s’est fait un grand ami avec Monsieur D., un  ancien agriculteur presque octogénaire mais toujours alerte,  qui parle à l’oreille des ânes et des chevaux. L’âge de Monsieur D. fait qu’il a connu la traction hippomobile et qu’il en a gardé le rythme et l’heureuse placidité. Tonnerre malgré la fougue de la jeunesse est sensible au charmes simples des gestes chaque jour répétés. Le résultat en est la manifestation d’un attelage réconfortant de complicité et d’efficacité. En les voyant je me disais qu’on aimerait bien trouver au Parti Socialiste une seule paire d’amis comme celle là qui tire dans la même direction. J’ai cherché et je n’ai trouvé que des gens isolés qui vont dans tous les sens : le leur. Je me suis dit que notre parti était momentanément souffrant, bien malade même. Je pourrais croire qu’il s’agit de maladies infantiles contre lesquelles on peut aisément se vacciner, comme la rougeole ou la coqueluche, malheureusement ça me paraît plutôt être des affections dues à la satiété consommatrice et à la sénilité idéologique.

 

Le premier des maux, dont on observe en ce moment  l’explosion épidémique, est l’individualisme. Comment pourrait-il en être autrement ? C’est une banalité de dire que le socialisme est né dans les corons et les cours d’usine. Les démunis se tournent spontanément vers l’entraide et la solidarité. A contrario, en s’enrichissant, les hommes commencent à croire qu’ils peuvent se passer des autres et qu’ils doivent leur bien-être à leurs qualités personnelles avant tout. Les laissés pour compte l’ont bien cherché, pensent-ils,  qui sont des fainéants ou des alcooliques. Les socialistes,  même s’ils sont conscients  que l’organisation sociale est à la base de tout, n’échappent pas à ce sentiment. Ceux des grandes écoles et des familles aisées, ou bien simplement ceux qu’on appelle les bobos de Paris ou de province, ceux qui se sont habitués au succès et au pouvoir et habitent les beaux quartiers, finissent par s’imprégner de la conviction qu’ils sont les plus méritants dans cette société. Ils ne sont plus au service du parti mais ils se servent du parti pour faire carrière. Leur conduite est alors marquée du sceau de l’individualisme, que Sarkozy contribue à banaliser comme l’alfa et l’oméga des moteurs de notre société, sous le regard complaisant des médias.

Ils oublient,  ces socialistes de la haute ce qu’ils doivent aux militants, au parti, à l’action collective. Une nouvelle fois j’appelle les camarades à cesser d’être des cireurs de pompe, à faire valoir l’esprit d’équipe et à exercer  leur pouvoir critique, indispensables à la co-responsabilité.

 

La deuxième maladie s’étend par imprégnation, elle se nomme l’écologisme. Aujourd’hui, les gens sont enfin convaincus que la protection de la planète et  le respect des ressources naturelles sont  les seules voies qui nous fassent accéder à un équilibre durable et permettent aux humains de se maintenir comme l’espèce biologique dominante. Pour y  parvenir nous sommes condamnés à toujours plus d’imagination et de créativité. Nous devons adopter une hiérarchie des risques. Seuls des énergumènes farfelus imaginent qu’on puisse retourner vivre dans les cavernes.

Il faut bien comprendre que l’équilibre durable que nous appelons de nos vœux ne se fera pas sans le progrès scientifique et sans la sophistication de nos moyens d’existence. L’hostilité maladive au nucléaire et plus récemment aux OGM n’est pas une volonté  d’améliorer notre environnement, c’est seulement l’expression d’une peur de l’inconnu. Cette ignorance est habilement exploitée par quelques esprits simples mais médiatiques, qui ne s’embarrassent pas de leurs évidentes contradictions. Sous la conduite du gardien de chèvres moustachu et pittoresque, ces politiciens  entraînent le pays vers le bas.

La peur du changement est perceptible  dans les classes moyennes (employés, enseignants) qui ne manquent de rien mais ont peur de tout. Ils veulent le beurre (le confort, la belle vie) et l’argent du beurre (la sécurité absolue,  au nom du fameux principe de précaution).   La tentation est grande chez certains d’entre nous de se placer dans le registre de la compassion et de la protection. On a vu Ségolène y succomber en recrutant B. Rebelle. Nous ne devons pas accepter au niveau politique que le Parti devienne  le refuge des peurs et des contradictions véhiculées par les écolos et nous devons expliquer pourquoi.

Nous devons être le parti de la justice sociale et de la solidarité. Pour avoir vécu longtemps dans un pays sous développé, je sais que la croissance économique est nécessaire (mais pas suffisante) pour corriger les injustices terribles de la faim, de la maladie et de l’ignorance. Nous devons demeurer des humanistes qui  militent  pour l’épanouissement de tous les hommes et de toutes les femmes de ce monde. Nous ne devons pas être une assurance tous risques contre le progrès.

 

Le troisième fléau est celui du gauchisme. A notre gauche on entend des propositions radicales. Il faut faire table rase du passé. Les colères d’aujourd’hui  annoncent  les lendemains qui chantent. Si le Parti Socialiste perd les élections c’est qu’il n’est pas assez à gauche. Ceux qui ne sont pas d’accord sont des traîtres. Malheureusement ces militants de la Révolution rebaptisés anti-libéraux pour les besoins de la cause, sont comme les Verts,  incapables de résoudre leurs contradictions.  Il suffit de considérer l’émiettement des groupuscules de l’extrême gauche et la sénescence du PC.  Il n’empêche que les esprits de gauche sont durablement déformés par l’espoir entretenu que la grève générale illimitée peut nous conduire à la société idéale. On a vu jusqu’où  peut mener ce genre d’aberration. La dictature d’un parti d’avant garde nous conduit tout droit aux monstruosités du stalinisme ou de maoïsme. Qu’on ne se fasse pas d’illusions,  il y a un  Pol Pot  dans chacun d’entre nous. On ne m’ôtera pas de l’idée que chaque fois que l’esprit politique abandonne le sentiment de la complexité pour se livrer à des slogans et à  des simplifications élémentaires,  l’action est vouée à l’échec à plus ou moins court terme. Les petits malins qui se livrent à cet exercice pour gagner des voix (le parti se gagne à gauche…) vont à l’encontre des intérêts du parti et se livrent   à la démagogie alors que c’est la pédagogie qui devrait être la règle. Au nom de cette radicalité on exploite les craintes que suscite l’Europe et la mondialisation qui taraudent des millions de français. Or justement,  la Communauté est la seule garantie possible dans les rapports de force mondiaux qui se préparent.

 

 

Le développement humain est passé par toutes les étapes du  progrès social, de la fin de l’esclavage  et du servage à l’extinction du fait colonial,  la fin du travail des  enfants et  à la libération des femmes. Les étapes de cette évolution inscrite dans la longue durée dépendent pour beaucoup de la politique menée dans chaque pays. En France aujourd’hui, notre parti se doit de conquérir le pouvoir pour redonner une dignité au travail salarié durement altérée par la rapacité du capitalisme financier. Il est aussi de notre devoir de renforcer la solidarité face à la maladie et au handicap. Enfin nous avons l’ardente obligation d’aider les pays pauvres et de concourir via l’Europe,  à la paix dans le monde. Notre succès dépend pour beaucoup de l’exactitude de nos diagnostics et  de la pertinence de nos propositions. Il dépend  aussi de l’émergence d’un grand leader qui mettra ses qualités de rassembleur au service de nos idées et  saura éviter les pièges qui nous sont ainsi tendus.

 

Ainsi vont les méditations inspirées par le spectacle insolite d’un homme de grande simplicité qui est capable de faire d’un animal à l’état brut un âne plutôt intelligent. Cet homme nous rappelle que la force tranquille peut domestiquer la nature tout en la respectant  et sans qu’il soit nécessaire d’élever la voix. On voudrait bien que nos généraux socialistes reviennent à cette simplicité.  

16.04.2008

Chronique de l'âne 5- L'Ane et le Sénateur

Il faut que je vous dise que mon âne Toto a le privilège d'avoir une pâture sur une belle butte de granite avec de l'herbe autour et une  vue imprenable sur la mer. Aujourd'hui justement,  cette mer là était bleu d'outremer dans un paysage baigné de lumière. Je me suis donc assis sur un caillou pour lire à mon quetton la lettre (voir le lien ci-dessous) que le  Sénateur UMP Legrand, vétérinaire de profession,  Président du Conseil Général de la Manche a adressée au Président de son  groupe au Sénat.

Venant d'un vétérinaire,  Toto était forcément tout ouïe. Assieds toi lui dis-je, il y en a trois pages. Il faut que tu saches d'abord que ton vétérinaire  n'est ni pour ni contre les OGM. C'est quand même plus prudent. As-tu seulement une idée de ce fourrage là, toi pauvre bourricot ? Je te le déclare tout net : 80% des humains sont contre. C'est très dangereux disent-ils, ça peut vous ruiner la santé en rien de temps, peut-être pas demain, mais à coup sûr avant  longtemps. Au nom du principe de précaution, il faut repousser cette diabolique invention. Sans compter, pour vous camarades de gauche,  qu'elle est l'oeuvre satanique d'une entreprise multinationale qui tond la laine sur le dos des pauvres paysans,  et pour vous,  camarades écolos, que la dite entreprise a  empoisonné la moitié de la planète au PCB.

Le pauvre Sénateur, soucieux de faire valoir ses mérites écologiques  a mis la main dans l'engrenage en se proposant  pour présider le fameux Groupe de Travail au Grenelle de l'Environnement. Il s'est immédiatement retrouvé coincé entre les Faucheurs Volontaires menés par le Gardien de chèvres moustachu et le Lobby paysan dans ce qu'il a de plus consistant, celui des céréaliers. Aujourd'hui  il se plaint amèrement : " Lorsque la haine et la méchanceté s'associent ainsi, j'éprouve un sentiment de mépris total à l'égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris"

A quoi ça sert d'être ni pour ni contre, si c'est pour en arriver là ? C'est que, comme pour le nucléaire, nous pataugeons en plein pathos. Pour l'électricité il nous faut choisir aujourd'hui entre les centrales atomiques et le réchauffement climatique. Demain de manière encore plus pressante nous devrons choisir entre l'agriculture intensive et la pénurie alimentaire, voire la  famine. Monsieur le Sénateur ne nous donne pas d'explications sur ce cruel dilemme. Il dit seulement que les autres sont méchants avec lui, qu'il est un gaulliste de la première heure et un humaniste de toujours, et que si ça continue il va tout envoyer  cul par dessus tête.

Heureusement le Sénateur se console car lui,  qui n'est ni pour ni contre je le répète,  reçoit des centaines de messages de soutien chaque jour. Il est devenu le dernier rempart pour la foule angoissée, puisque  80% de la population considère que  les OGM sont le fruit de manigances diaboliques. Il est donc urgent d'interdire. Et il ne reste personne pour dire que faire de la politique c'est choisir,  et pourtant on les paye pour ça nos politiciens, et plutôt bien.593235480.jpg

Mon bourricot prit un air sentencieux.

-Avec des hommes aussi décidés on ne va pas tarder à manquer de foin pour l'hiver ! me dit-il. 

Et il s'éloigna en broûtant, d'un air dégoûté.

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12:57 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, ps, ump

24.03.2008

Toto reçoit une lettre de la Côte des Iles...

Jusqu'à présent le facteur, qui est un excellent jeune homme, ne s'était pas soucié de mettre Toto au rang de ses abonnés. Les temps changent, j'ai reçu hier à son intention une missive de Claude Bastian, mon ami, qui semble plutôt interloqué par les manoeuvres électorales de sa région. Je crois bien que ce sont des histoires tout à fait dignes de nos amis les bourricots.

Asinus asinum fricat

De Nestor, ministre* sur la Côte des Isles à Toto, son confrère du Val de Saire

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Mon cher Toto

Je suis comme toi un bel âne du Cotentin une croix de Saint André bien marquée sur le dos. De mon pré la vue embrasse toute la Côte des Havres, du Cap de Carteret à Agon-Coutainville. Sous mes sabots, Barneville-Carteret, d’où le vent d’Ouest m’a apporté une histoire. Je n’en ai pas cru mes oreilles, mais je vais quand même te la raconter.

Un jour, le Maire de Barneville-Carteret fit venir ses plus proches conseillers. Le poids des ans, leur dit-il, se fait sentir et il ne faut pas compter sur moi pour vous conduire aux prochaines élections. Tous se récrièrent : ne vois tu pas qu’un dangereux concurrent s’apprête à prendre ta place ?  Sera –t-il prêt à nous garder aux mêmes responsabilités ?  Je n’en sais rien, dit le Maire, mais j’ai un bon ami qui le ferait si vous le lui demandiez. Il faudrait donc que cet ami soit élu dirent ils, mais est il au moins connu des électeurs ? Pas encore, hélas, dit le Maire mais vous pouvez toujours le prendre sur votre liste.

 

Les proches conseillers se retirèrent et se réunirent en petit comité. Comme à l’accoutumée l’avis du Maire était sibyllin, mais le plus subtil d’entre eux en donna la clé : Si nous voulons faire élire cet inconnu comme premier magistrat, aucun d’entre nous ne peut se présenter comme tête de liste. Il nous faut donc trouver hors de notre petit cercle une personnalité populaire et peu versée en politique pour la placer à la tête de notre liste. Au besoin, nous demanderons au Maire de nous aider à convaincre cette personne, évidemment sans lui révéler notre but final. Quand nous aurons la majorité au conseil municipal, il sera toujours temps de nous en débarrasser sous l’un ou l’autre prétexte.

Ce qui fut dit fut fait. On trouva un brave homme fraîchement retraité et honorablement connu comme gestionnaire. Il rassembla sur son nom beaucoup plus de voix que le « dangereux » opposant, qui se dégonfla comme une baudruche, et sa liste gagna les élections d’une courte majorité au conseil. Et juste avant l’élection du maire, les proches conseillers réélus grâce à lui convainquirent les autres colistiers qu’il était décidément impossible de travailler avec lui. Bien évidemment, c’est l’ami du maire qu’ils firent élire à une écrasante majorité, pour se partager ensuite les postes qu’ils voulaient garder à tout prix.

Le nouveau maire est juriste de profession. C’est sans doute une lumière en Code, mais fort économe de son éloquence, se bornant à rappeler dans son discours d’investiture son amitié depuis l’enfance avec l’ancien Maire et son espoir d’être digne de lui succéder.

Quand deux orateurs de la Rome antique se congratulaient un peu trop, les citoyens disaient

Asinus asinum fricat : l’âne frotte l’âne. A cette époque on avait plus de considération pour les citoyens que pour les ânes.

Heureusement pour nous, mon cher Toto, ce n’est plus le cas aujourd’hui

 

* Il faut être inculte comme un Parisien pour ne pas savoir qu’en Cotentin le titre de ministre est réservé à nos congénères.

 

(Posté par Claude Bastian)

 

 

 

 

 

 

21.02.2008

Le chant du pays

On a parfois des moments de lucidité, je veux dire par là que de temps en temps, des idées plutôt vagues qui vous trottent dans la tête se rangent spontanément dans un ordre intelligible. C'est un moment passionnant où on a l'impression d'avoir fait une trouvaille, d'avoir bâti une explication qui éclaire progressivement et ordonne tout un pan du réel. C'est un moment passionnant pour un chercheur, ou plus simplement  pour un curieux, qui voit d'un coup les éléments de ses analyses prendre forme, à la manière des images faites de points de couleur qui subitement vous donnent à voir un bateau ou un visage... 63349723fb062f549e5f434dfb62dd40.jpg

J'ai compris que je pouvais apporter quelque chose à cette région que j'aime tant. Je l'aime comme un géographe qui en comprend les ressorts d'activité, je l'aime comme un historien qui ne peut s'empêcher de lire et relire G. de Gouberville, je l'aime comme un naturaliste qui  connaît les mystères de ses prairies et de ses rocailles, je l'aime comme navigateur jamais tant heureux qu'en fixant la ligne d'horizon à l'heure ou le soleil émerge de la mer bleue (ou verte, ou grise), je l'aime comme un fils reconnaissant, plein de respect pour les ancêtres rangés sagement autour de l'église (ou parfois exilés un peu plus loin faute de place), je l'aime comme comme un père qui voudrait bien y voir heureux ses enfants et ses petits enfants.60de5c57c7048a0499934dd1327e57be.jpg

Il ne suffit pas d'aimer un pays, il faut aimer ses habitants. Et j'ai cette chance de me sentir aussi proche du marin pêcheur qui  brave en poète l'impécuniosité et le danger, que de l'homme de la terre qui ne connaît que le labeur patient et accumulé.Ce sont eux qui ont modelé le visage du pays,  et  aujourd'hui alors qu'ils ne sont plus très nombreux, nous sommes les fils de leurs folies et de leurs acharnements. Lequel d'entre nous n'a pas un clos ou un bateau dans sa mémoire ? Cinquante ans après je garde un souvenir ému de Maurice Caens et d'Eugène Burnel, les deux derniers pêcheurs professionnels de Maltot. Ils m'ont appris, ils m'ont fait rêver. Grâce à eux je suis devenu un amoureux de la mer et des voyages.

Et ceux de la terre alors ? j'ai déjà parlé de mon grand père dans ce blog, mais un autre homme a compté, c'est Léon Quilbé,  furieusement attaché à ses clos, qui se relevait la nuit pour entendre ses carottes pousser...Mes entêtements viennent de là.1dddffae02f747f787bc12208705f4b9.jpg133f700771e2735d8ebe8a25edf78af7.jpg

Alors mon pays est à la fois mon père et mon enfant et je veux pour lui la santé et le bonheur, comme on dit au jour de l'An. Je ne veux pas que la mer se vide, je ne veux pas que les clos deviennent stériles, je ne veux pas que les maisons prennent l'arrogance des parvenus, je ne veux pas que le Val de Saire ne soit plus qu' une réserve de retraités attendant patiemment la fin. Je ne veux pas que ce pays devienne le jouet du futur, un futur qui s'appelle mondialisation et financiarisation, qui s'appelle matérialisme et égoïsme, qui s'appelle banalisation et perte de liberté...

Dans beaucoup de circonstances j'aurais sans doute pu en rester à l'incantatoire et au voeu pieux. Il se trouve que quelques années de militantisme ponctuées de longues joutes oratoires avec les incroyants et les traîtres à leur propre cause assorties de la conjonction inattendue d'éléments favorables,  m'ont précipité dans le bain du réel et de l'action. Et voilà pourquoi je me trouve aujourd'hui à rédiger des tracts et des professions de foi. C'est un exercice difficile qui consiste à mêler la passion et l'objectivité. Honnêtement,  je crois que je suis plus doué pour les déclarations d'amour....

16.02.2008

CANDIDAT !

Les dés sont jetés. Contre toute attente je me vois lancé dans une campagne électorale. J'ai déposé hier officiellement ma candidature à la préfecture, avec Dominique Labadie ma suppléante. Nous formons tous les deux un attelage optimiste et rieur. Il vaut mieux. Les réunions de mairie sont rudement intéressantes, nous en apprenons chaque jour, mais peu de gens viennent. Le plus souvent ce sont les maires et les conseillers municipaux qui "s'intéressent à la politique". J'ai beaucoup de choses à raconter, mais j'ai peu de temps.Je donnerai des détails plus tard.

Juste une chose : en apprenant la nouvelle,  mon animal préféré aux grandes oreilles s'est roulé par terre en se battant les flancs. Cette bête est pleine d'humour. Il voulait dire "marche, ou plutôt cours, moi je m'en bats les flancs". Il est vrai que depuis cela je suis assez absent et qu'il s'ennuie. Il m'en veut sans doute, et il me fait des reproches à coups de têtes dans le dos. En attendant la sanction des urnes, je vis les punitions du quetton.

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La suppléante4244f54433fb930a9936b95a55fffe3a.jpg

25.11.2007

LA LOI DU PLUS FORT

Sarkosy m’inquiète. Il m’inquiète plus que n’importe quel politicien. En voyant notre Président se coltiner avec un pêcheur breton comme un videur de boite de nuit, je n’éprouve que méfiance et scepticisme. En observant sa familiarité avec les grévistes et sa façon de se précipiter dès que ça chauffe quelque part, je ne ressens que malaise et inquiétude. Ce Président est incapable de prendre le recul et la distance nécessaires pour donner à ses décisions la dignité d’une politique au service de la collectivité et de la nation. Il me semble que l’intérêt général exige plus de solennité et de hauteur de vue. Je crois avoir une explication. Cet homme, anormalement excité met toute sa passion à la défense, non d’une société, mais des individus. Comme si la somme des intérêts particuliers constituait l’intérêt général. En réalité Sarkosy applique la vision qu’il a depuis toujours de notre société. Il a une conception darwinienne des individus et des groupes sociaux. Les plus forts sont les meilleurs et on doit les favoriser pour entraîner le progrès de tout et de tous.

Les slogans de sa campagne qui se sont imposés aux électeurs comme une évidence sont d’une pauvreté démagogique affligeante. Travailler plus pour gagner plus : qui pourrait oser prétendre le contraire ? Les gens simples ont compris qu’il s’agissait de stigmatiser les fainéants et les parasites et de les envoyer ou en prison ou au turbin. Ce qui évite de s’interroger sur les raisons qui privent d’emploi toute une catégorie de la population : handicap, maladie, marginalisation, chômage. Ces accidents là menacent pourtant chacun d’entre nous au détour de l’existence. A bien l’examiner ce mot d’ordre contient en germe tout un programme de destruction de la solidarité et du lien social. C’est une forme édulcorée d’un autre aphorisme populaire : que le plus fort l’emporte !

 Je l’ai dit et je ferai ce que j’ai dit. Autre axiome simpliste qui ravit le populaire. Les politiciens ont tellement l’habitude d’oublier leurs promesses. On voit bien qu’au nom de l’efficacité on peut engager n’importe quoi. La réforme des régimes spéciaux de retraite est un symbole destiné à contenter les gens de droite et à provoquer les militants de gauche. Après avoir donné des gages fiscaux aux riches porteurs d’un patriotisme douteux, il est plutôt maladroit d’en appeler au sens de l’équité pour crier haro sur les cheminots. Puisque cette réforme s’impose, le gouvernement aurait pu prendre le temps de négocier avec les syndicats une harmonisation générale en réexaminant la question de la pénibilité des différents secteurs d’activité.

Je l’ai dit, je le ferai….Sarkosi fait coup double : il donne satisfaction à ses amis et il dresse les salariés les uns contre les autres. Les deux slogans du nouveau président sont d’une grande indigence humaniste mais d’une efficacité antisociale absolue. Ils sont au service des plus forts et propagent ouvertement une philosophie individualiste qui proclame que le meilleur gagne et que les autres doivent s’aligner. Cette politique est clairement validée par le sceau de l’efficacité et de la démagogie.

Pour nous socialistes qui nous nous battons pour l’amélioration de la solidarité sociale en faisant appel à l’intelligence des gens, ce sont nos principes fondamentaux qui sont bafoués. En se ralliant à Sarkosy les soi-disant socialistes ont du même coup trahi leur parti, sa doctrine et sa philosophie.

31.07.2007

L'économie de marché

Voilà une question qui fait jaser. Je ne suis pas sûr que les camarades
militants soient au clair avec elle. Cela fait partie de la pensée unique. Cette
notion est devenue ambiguë parce qu’elle véhicule des significations
contradictoires. On oppose à juste raison l’économie de marché et l’économie
planifiée. Celle-ci a connu des sommets en Union Soviétique, on en a vu les
excès et les échecs de manière caricaturale. En réaction les libéraux ont
considéré que seule la loi du marché peut réguler l’économie. Une sorte de juge
de paix dépersonnalisé, un système qui fait que les erreurs de fabrication, de
gestion ou de programmation sont immédiatement sanctionnées.  Au fond le marché
est le seul moyen efficace d’ajuster l’offre et la demande.
 
A ce stade il faut bien dire que ces libéraux là ont raison.  A la seule
condition que les monopoles soient impitoyablement combattus. On comprend bien
qu’un fabricant de voiture unique peut imposer  ses prix et ses modèles, et bien
sûr ses marges bénéficiaires. Et du coup il peut disposer à sa guise des surplus
qui iront probablement davantage aux actionnaires qu’aux salariés. De ce point
de vue on ne comprend pas pourquoi certains à gauche se sont émus de la
référence à la concurrence pure et dure dans le Traité Européen. La concurrence
est en réalité la seule arme économique rationnelle dont on dispose,  pour
lutter contre les tentatives hégémoniques du Grand Capital.
 
A gauche nous avons l’habitude de défendre les entreprises publiques. Celles ci
sont souvent des monopoles d’Etat.  Le danger qui les guette est bien entendu
qu’elles se comportent comme des monopoles privés imposant leurs prix, leurs
bénéfices  et les avantages sociaux de leur personnel. . Nous avons connu le
Syndicat du Livre, celui des Dockers, et nous connaissons encore l’EDF et la
SNCF. Pour nous autres socialistes la question est de savoir dans l’économie
mixte que nous défendons, quelles sont les parts du marché et celle des
monopoles.
 
On admet facilement que la défense et la justice sont des fonctions régaliennes
(c’est à dire des monopoles d’Etat) mais la question est plus controversée pour
la sécurité (on voit partout des agents de sécurité privés), pour la santé (avec
les cliniques privées de plus en plus prospères) et pour l’éducation (avec les
écoles confessionnelles), avec les transports et l’énergie dont les
infrastructures relèvent de l’intérêt public. Tous les autres domaines qui sont
ceux de la consommation pour l’alimentation, l’habillement  et les loisirs ne
posent pas de problèmes et personne à gauche ne remet en cause leur caractère
privé.
 
Puisqu’on parle de rénovation, il va bien falloir que notre parti sorte de
l’ambiguïté actuelle. Si nous voulons répondre aux attaques de nos adversaires,
qui évidemment forcent le trait, il nous faut faire un effort d’examen et de
clarification. C’est à ce prix là que nous pouvons espérer des succès
ultérieurs. Dans une économie mixte telle que la conçoivent les sociaux
démocrates, il faut absolument qu’on définisse sans faiblir les parts
respectives du marché et celles de la planification publique.

01.07.2007

Deux ou trois choses que je sais des socialistes...

 

Je me demande si ce n’est pas mieux pour nous d’avoir perdu les présidentielles. A constater la confusion des valeurs, le mariage forcé de la chèvre et du chou, le choc des ambitions personnelles,  on peut se demander si le succès n’aurait pas été plus difficile à assumer que la défaite. Ne jetons pas pour autant le bébé avec l’eau du bain, et essayons de comprendre nos insuffisances.

 

Nos instances dirigeantes sont traversées en ce moment par des tourbillons qui ne sont pas vraiment dus à des courants de pensée mais plutôt à des luttes de pouvoir. Nos éléphants veulent tous être califes, et ils ne sont pas les seuls. Ils sont suivis par des processions de sous-califes, qui à mesure qu’on s’éloigne du centre pour gagner la périphérie, ont des ambitions plus modestes mais bien réelles. L’ambition est  légitime,  mais celle qui s’apprend à l’ENA ne l’est pas autant que celle qu’on apprend dans la vie, à  Bobigny, à Saint Nazaire ou à Teurthéville Bocage.

 

Je me persuade que nous avons les responsables politiques que nous méritons. Nous sommes serviles avec les leaders (qui sera à côté de lui sur la photo ?) et bien indifférents avec ceux qui ne font pas le poids dans la catégorie.  Face à  une base plus agressive,  il se pourrait que nos ténors soient pris de modestie. Nous sommes leurs électeurs, leurs colleurs d’affiches et leurs cireurs de pompes. Cela est insuffisant,  nous devons aussi être des pointilleux censeurs .

Le Président Sarkozy est à la fois Napoléon et l’Abbé Pierre. Donnons nous le temps de juger sur pièce. Pour le moment, dans sa partie d’échecs, il a un coup d’avance et il est en passe de gagner son ouverture. Comme Napoléon,  il a le goût du risque, et quelque part il trouvera Waterloo sur sa route.A gauche nous sommes sur un projet de long terme et par philosophie,  des progressistes. Il ne sert donc à rien de s’énerver. Nous avons confiance dans le génie humain, la liberté et la responsabilité. Nos armes sont la lucidité, la patience, et la pédagogie. Travaillons en gardant à l’esprit nos valeurs et nos principes.

 

 

Ces valeurs là ne seront jamais périmées, jamais obsolètes. Notre difficulté aujourd’hui est de les orchestrer  dans un projet politique crédible pour le plus grand nombre. Il faut que le travail soit mieux rémunéré et le capital un peu moins adulé. Il faut que la politique fiscale soit plus simple et plus juste. Il faut que notre société soit plus ouverte et plus respectueuse de notre environnement. Il faut que l’ascenseur social se remette à fonctionner. Il faut mettre fin aux excès du consumérisme et il faut retrouver les vraies valeurs, celles de la culture et de l’intelligence. Le vrai pouvoir est celui de l’imagination et de la création.

 

Et justement l’ouverture de ce blog de la 4° circonscription est une excellente nouvelle pour tous les militants d’ici. La bataille électorale des législatives nous a donné deux résultats  inattendus, une porte parole charismatique et rassembleuse en la personne d’Yveline et un esprit de groupe soudé par l’action commune. Ce n’est qu’un début. On sent bien qu’on peut faire bouger les choses. Mais rien ne nous sera donné. Cela demande beaucoup de travail sur notre beau territoire. Où sont les ouvriers et les employés ? où sont les agriculteurs et les pêcheurs ?, où sont les commerçants et les entrepreneurs ? où sont les artistes ? Combien de militants à Valognes ?. Comment faire vivre un parti et le consacrer à l’amélioration de la société sans qu’il soit nourri de toutes les forces créatives et agissantes qui la traversent ? Je vois trop bien tout le travail que nous avons à faire pour que nos idées progressent et se trouvent en phase avec les difficultés de notre temps. Notre blog sera le confluent de nos idées et de nos talents.

 

Le Cotentin possède des atouts. Sa sociologie repose sur un équilibre assez pittoresque entre citadins et ruraux, entre terre et mer, entre activités industrielles et productions agricoles. Il est doté d’un réseau de villes hiérarchisées allant de la ville (Cherbourg) aux chefs lieux de canton et aux petits bourgs et hameaux de nos campagnes profondes. Chaque entité propose son lot d’activités et de services qui sont complémentaires et indispensables. A nous d’exercer notre sagacité pour faire émerger des solutions harmonieuses de fonctionnement et d’amélioration. Le socialisme commence à notre porte.

 

 

Après tout ça, ne comptez pas sur moi pour me prêter à des rapports de force qui aient à voir avec autre chose que des idées. Il faut oublier nos  courants,  historiques mais paralysants. Le Royalisme ne doit pas devenir un énième courant. Nous devons faire la chasse aux idées toutes faites, au conformisme idéologique et à la discipline hiérarchique (en interne et en dehors des combats électoraux). Il n’est pas question de s’opposer sans savoir pourquoi. On peut y mettre de l’humour, mais c’est encore mieux d’y mettre de la méthode.  L’individualisme est un gouffre dans lequel plongent avec délectation les classes moyennes, vite oublieuses de ce qu’elles doivent aux valeurs de solidarité défendues par notre parti. A nous de le rappeler, de l’expliquer,  pour convaincre et attirer les meilleurs. Avec toujours une constante : n’accusons pas les autres de nos propres turpitudes. Le reste viendra par surcroît.

 

 

 

13.06.2007

Une lettre de Teurthéville Bocage

 

 

Elections législatives : qui dit la vérité ?

 

 

Je suis une habitante de Teurthéville-Bocage, moyennement pauvre, moyennement intelligente, moyennement informée, mais je me pose tout de même des questions à propos des élections législatives dans la circonscription de Valognes.

J’ai bien envie de voter pour le député sortant, mais il y a quelque chose qui me gêne. Voilà qu’à plusieurs reprises,  j’ai entendu des rumeurs accusant ce candidat d’avoir utilisé des fonds publics, à son profit. Bien entendu jusque là,  je n’en croyais pas un mot, mais quand j’ai lu hier dans le journal, que notre Président du Conseil Général,  Jean François Legrand lui même, reprenait à son compte ces médisances en écrivant : «Quand à Claude Gatignol, je maintiens le jugement que je porte sur l’homme-les malversations sont incompatibles avec la représentation du peuple… »  j’ai commencé à avoir des doutes sérieux.

D’un côté,  un député rafle 40% des voix au premier tour des élections, et de l’autre son Président du Conseil Général, du même camp, l’UMP, l’accuse d’en prendre à son aise avec l’argent de l’Etat. Mais ma surprise ne s’arrête pas là. Malgré tout ça,  Monsieur Gatignol reste imperturbable et se vante même de l’appui écrit de responsables politiques parisiens(…..) et du Président Sarkozy en personne.

Du coup,  je suis partagée entre l’envie de rester chez moi et celle de voter pour son opposante socialiste Madame Yveline Druez, qui fait preuve d’une belle énergie et d’un grand courage en affrontant un tel adversaire.

 

Dites moi je vous prie : quelles couleuvres veut-on encore nous faire avaler ?

 

En souhaitant que vous acceptiez de publier cette lettre sur votre blog, veuillez recevoir Cher Monsieur l'expression de mes salutations empressées et amusées.

D. L.

12.06.2007

Le Cotentin oublié des politiques

Le Cotentin oublié des politiques. Le Cotentin est riche de sa diversité. Sa capitale,  l’agglomération cherbourgeoise, est une porte ouverte sur le monde,  incitant aux échanges et aux trafics internationaux. Mais ce port est aussi ancré sur un arrière pays fait de terroirs différents et complémentaires. Le Val de Saire maraîcher et pêcheur côtoie le Bocage Valognais et son industrie laitière. Le Plain avec ses prairies, ses marais, et sa Baie des Veys,  répond aux havres de la Côte des Iles, pendant que le joyau des caps de la Hague abrite nos bijoux de famille nucléaires.

 

Mais le Cotentin est aussi fort de son unité historique et culturelle. Des gallo-romains aux Vikings, de Guillaume le Conquérant à de Gaulle, notre bout de presqu’île a toujours marché du même pas. On en trouve les preuves dans la toponymie de nos noms de famille et de nos lieux dits, dans les églises de nos villes et de nos villages, dans les racines de la langue commune que fut notre patois normand. Il en résulte un réel sentiment d’appartenance partagé par les gens d’ici. En termes ultimes de décentralisation,  les lois Voynet- Pasqua ont mis sur les rails législatifs l’aménagement et le développement des pays en utilisant leurs ressorts humains, culturels, sociaux et économiques. Le territoire national est ainsi constitué d’un patchwork de petites entités bien concrètes,  à l’échelle d’une journée de cheval. L’histoire y a durablement imposé sa marque. Dans ce contexte le Cotentin possède plusieurs atouts. Celui d’abord d’être bien individualisé avec des frontières que personne ne conteste plus, sauf à la marge. Celui ensuite de reposer sur un équilibre presque parfait entre citadins et ruraux, entre terre et mer, entre activités industrielles et productions agricoles. Celui enfin d’être doté d’un réseau de villes hiérarchisées allant de la capitale aux chefs lieux de canton et aux petits bourgs et hameaux de nos campagnes profondes. Chaque entité propose son lot d’activités et de services qui sont complémentaires et indispensables.

 

En dépit de ces atouts, si on examine les tentatives locales d’application de la loi, force est de constater un maigre bilan. Les causes sont peut-être un Conseil de Développement trop nombreux  et sans doute, des dissensions ouvertes entre ruraux et urbains. Mais on remarque aussi l’absence de nos politiques et surtout de nos députés. Conseil général et  députés sont pourtant du même parti. La 4° et la 5° circonscription ont eu pendant ces 5 ans une représentation homogène. D’évidence  ces deux députés qui auraient pu établir un véritable leadership politique n’ont rien tenté et  ont été absents des débats. Ils  n’ont soutenu aucun projet de pays.

 

Les élections législatives de 2007 doivent servir à remédier à cette regrettable carence. Il faut mettre fin à l’indifférence des élus qui se réfugient dans les sphères parisiennes du pouvoir  pour délaisser les forces vives de la population qu’ils sont censés représenter.

 

Pour qui voter ?  j’ai une petite idée, mais vous pouvez vous faire la vôtre. Demandez aux candidats  quels sont ceux qui refusent la politique de guichet pour instaurer une politique de projet. Demandez quels sont ceux qui veulent rassembler au lieu de diviser, et quels sont ceux qui militent pour la décentralisation et une authentique planification régionale. Vous trouverez sans doute la même réponse que moi. Aujourd’hui nous avons l’ exceptionnelle opportunité de relancer une politique de pays qui mette à profit le contrat de Plan-Etat-Région pour faire entrer le Cotentin dans la modernité. Les élections sont faites pour améliorer les choses. Pour changer de politique, il faut changer les hommes et voter B. Cazeneuve et Y. Druez.

 

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