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11/11/2014

L'imposture du barrage de Sivens

 

 

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Irrigation avec un puits à délou au Sahara

 

 

Le « barrage » de Sivens est un cas d’école. Au départ, il s’agit seulement de réguler le cours d’une modeste rivière. Nous avons tous appris  à l’école que le climat méditerranéen est particulièrement irrégulier, avec des pluies violentes aux saisons intermédiaires, comme on peut l’observer ces jours-ci et de longues sécheresses en été, que les Verts mettent à profit pour taper sur les producteurs de maïs qui « gaspillent » l’eau si précieuse. La construction de retenues permet de conserver un débit d’étiage significatif toute l’année et d’avoir des réserves pour irriguer en été. On peut ainsi cultiver  des fruits et des légumes à forte valeur ajoutée ou bien du maïs ou toute autre culture fourragère permettant de sécuriser l’alimentation des  troupeaux. De plus, Le « lac » réservoir attire les oiseaux et toute  la faune aquatique qui  trouve des conditions pérennes d’existence. Enfin, cerise sur le gâteau, la retenue est  un endroit de minéralisation des matières organiques et de dépollution bactérienne et chimique de l’eau. Le « barrage » de Sivens est donc un aménagement qui permet de tempérer de manière écologique les excès d’un climat contrasté pour le bénéfice de l’agriculture, mais aussi pour celui de la flore et de la faune, tout en protégeant l’environnement

Bien sûr, la retenue de Sivens tend globalement à remplacer un écosystème par un autre. C’est ce que refusent les écologistes qui considèrent l’existant comme naturel et donc légitime, bien supérieur aux autres. La contradiction se niche dans cette conception courante mais complètement erronée. Chacun sait que nos campagnes françaises ont toutes une longue histoire de fréquentation et d’exploitation par nos sociétés rurales et qu’aucune n’est « naturelle » qu’il s’agisse des bocages de l’Ouest ou des plaines labourées du Bassin parisien.  Partout, nos forêts sont plantées, nos flancs de montagne pâturés et nos marais « hortillonés » ! Nos paysages sont en tous lieux humanisés et les écosystèmes sont le résultat des pacages, des brulis, des défrichages, des épierrages, et des aménagements divers dus aux générations successives de moines et de serfs. Les écosystèmes naturels n’existent plus depuis bien longtemps. On connaît d’ailleurs beaucoup d’exemples dans lesquels la mise en défens aboutit à une régression de la biodiversité et se termine par l’invasion de végétaux  sans intérêt comme les roselières et les ronciers. La réalité est que nos écologistes primaires sont des conservateurs nés : ne rien toucher, ne rien bouger. La pire des attitudes !

Evidemment a Sivens, avec la régulation du débit les lieux vont changer considérablement. La sauvegarde d’un écoulement pérenne va provoquer des changements de la faune et de la flore, au moins en partie. Cependant, le nouvel écosystème sera tout aussi « naturel » que le précédent et il se pourrait d’ailleurs que la biodiversité en soit améliorée. Monsieur Bové, qui se campe en expert, déclare qu’à cause du réchauffement climatique cette pratique  est dépassée ! Et moi qui croyais qu’il fallait s’adapter à la sécheresse dont nous menacent les Verts chaque été. L’évidence est au contraire que l’agriculture irriguée est beaucoup plus productive et économe de moyens que les cultures en sec. Dans la chaîne de production agricole un seul facteur défaillant peut annuler tous les autres. Vous avez labouré, semé, fertilisé, payé la terre et le personnel, mais c’est en pure perte si la pluie attendue ne vient pas ! L’agriculture n’est qu’une longue lutte contre les aléas climatiques. Nul ne peut l’ignorer. Monsieur Bové est un drôle de coco agricole !

 Je veux bien que Rémi Fraisse ait été un botaniste amoureux des fleurs et des arbres comme je le suis moi-même et des millions  de gens avec moi. Dans ce cas que faisait-il  à deux heures du matin au milieu de casseurs et des forces de gendarmerie ?  Maintenant c’est fait, on ne reviendra pas en arrière et les écolos ont leur martyr. Ils comptent bien l’exploiter jusqu’à l’os même si la cause de départ est injuste et erronée. Les Verts condamnent l’agriculture irriguée pour cause…de réchauffement climatique. Avec deux sous de bon sens, on conçoit que plus l’aridité menace, et plus la nécessité d’irriguer s’impose,  sauf à se reconvertir  dans l’élevage de dromadaires !

Pas un seul journaliste n’a relevé cette grossière contradiction des écolos. Seuls les agriculteurs savent que pour obtenir une bonne récolte il faut de la chaleur, de la lumière et de l’eau ! Quelle que soit la plante ! Bien sûr,  il y a des cultures d’hiver comme le blé et des cultures d’été comme le maïs mais les spécialistes savent bien que par kg de matière sèche, il faut grosso modo la même quantité d’eau. En hiver elle tombe du ciel, en été et sous ce climat, il faut taper dans les réserves, sauf pour la vigne qui est capable avec son enracinement profond de puiser l’eau phréatique.

Le procès agronomique instruit par le trio Bové-Mamère-Duflot est donc un très mauvais procès ! Soit !  Tout le monde peut se tromper et être victime de son idéologie ou de ses hormones. Ce qui est moins admissible, c’est l’alliance des prêcheurs moralisateurs verts avec les altermondialistes  et les casseurs, les fameux zadistes. Avec ces derniers, le combat change de dimension. Ils honnissent  la démocratie au nom d’un nihilisme asocial et anarchiste qui ne laisse aucune place à la négociation. Notre société, qui est heureusement une société de droit, a le devoir de se défendre. C’est ici que les apprentis sorciers entrent en jeu. Les Verts, tout en se désolidarisant des activistes se désignent comme les victimes de la répression et crient à la dictature. Le retournement est total et révoltant et il est doublé d'un délit de démocratie.

Ces gens-là sont d’une telle mauvaise foi qu’on espère bien qu’ils n’accéderont jamais aux commandes. Ce sont des imposteurs qui font beaucoup de mal à la véritable écologie intelligente et progressiste.  Malgré tout, ils parviennent par leurs techniques de communication démagogiques à imprégner l’opinion de leurs combats douteux, malthusiens et totalitaires. Pas de nucléaire, pas de gaz de schistes, pas d’OGM, pas d’autos même électriques, pas d’agriculture intensive, pas de camions, voire pas de transports du tout ! Une addition de refus qui ne sert aucune cause et bloque le dynamisme du pays. Après tout ça, allez-vous étonner que la France soit en panne !

03/10/2013

Les dix commandements des Verts- 5- Les gaz de schistes jamais ne puiseras


 

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Robert Delaunay, Hélice. Gouache 1923


Les gaz de schiste sont une pomme de discorde, une vraie bête à chagrin, propre à opposer et diviser les esprits, à faire de la polémique et à pousser les journalistes à dire n’importe quoi. Il est vrai que le fond de la question est principalement technique. Les USA qui réfléchissent en avançant ont amélioré nos connaissances sur le sujet. Ils démontrent chaque jour qu’il est possible d’exploiter de manière industrielle les huiles et les gaz piégés par les schistes, les roches mères constituées à grande profondeur au cours des temps géologiques. Il faut seulement libérer ces hydrocarbures et leur frayer un chemin dans la roche compacte pour pouvoir les extraire et les récupérer en surface.

La technique d’extraction est directement adaptée des méthodes traditionnelles des foreurs pétroliers. Au lieu d’un forage vertical on pratique une longue perforation oblique ou horizontale et on effectue  une fracturation avec de l’eau sous pression qui fait éclater les mini-failles de la roche en place. On maintient les espaces ouverts  en injectant du sable. Le tubage en place va remonter les gaz, essentiellement du méthane,  et les envoyer dans un réseau de collecte en surface qui les achemine jusqu’aux cuves de stockage. Ce sont des procédés simples et classiques à la portée d’entreprises quasiment artisanales comme nous le démontre l’exemple américain.

A priori il n’y a rien de dangereux pour l’homme et l’environnement. A ceci près que la fracturation demande beaucoup d’eau même si elle est  en partie recyclable malgré  l’addition de divers produits peu ragoûtants comme sables, détergents, anti mousses et antiseptiques. A ceci près aussi qu’il y a des fuites de gaz qui vont rejoindre les nappes d’eau souterraines ou bien directement l’atmosphère. Ceci arrive en particulier quand  le cimentage qui doit assurer l’étanchéité de la tuyauterie avec les roches est mal fait, ou quand on pratique des fracturations trop près des murs ou du toit des nappes aquifères. A ceci près aussi qu’on se trouve obligé de cimenter les chantiers d’extraction, de faire des routes, de construire des cuves de stockage du gaz, toute une infrastructure qui vient rogner les sols et les surfaces végétalisées du terroir d’exploitation. On participe ainsi à une perte supplémentaire d’espace agricole ou forestier qu’on peut quand même considérer comme réversible après épuisement de la ressource. De telles installations s’envisagent sans doute difficilement en zone urbaine, sauf peut-être dans des friches industrielles.

Il faut donc une maîtrise stricte des procédés industriels et  c’est le boulot des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens et des politiques de réglementation. Nous ne sommes pas dans des techniques épouvantables de complexité comme pour le nucléaire. Nous pouvons arrêter à tout moment le processus par le biais des permis de recherche et d’exploitation. Si le risque environnemental existe, il est réversible et ne représente sûrement  pas l’acuité d’un naufrage de tanker de 400 000 tonnes de pétrole lourd, et encore moins celle de l’implosion d’une centrale nucléaire. Aujourd’hui personne ne nie que l’exploitation des gaz de schistes nécessite un encadrement strict.

L’interdiction de l’exploration des ressources en  gaz de schistes s’est décidée en France avec les accords de Grenelle sous le gouvernement Fillon. Ce qui prouve que  vrai que les anti-pétrole ont gagné partout, à droite comme à gauche. Dans la réalité, les citoyens, verts ou pas, utilisent leurs véhicules comme d’habitude. Face à la crise, on se rend compte que le rejet absolu d’une évaluation préalable à une éventuelle exploitation dans des conditions environnementales satisfaisantes apparaît  comme un refus du réel.

A examiner sereinement les dangers de l’exploitation de ces nouvelles ressources on ne voit pas bien ce qu’elle présente de si dangereux qui  la mettrait à part des autres exploitations industrielles chimiques ou pétrolières dans l’Hexagone. Les techniques de forage utilisées sont celles de l’industrie pétrolière, connues, améliorées et sécurisées depuis un siècle. L’emprise au sol, les ingrédients utilisés, ne présentent aucun danger pour la planète, tout au plus risque-t-on des pollutions limitées et pas davantage que n’importe quelle  implantation industrielle de raffinage ou de transformation chimique. Les problèmes ne sont en aucun cas d’ordre scientifique ou technique, ils sont avant tout d’ordre réglementaire. Il faut que cette recherche et cette exploitation soient sévèrement encadrées pour éviter les entreprises non qualifiées et irresponsables.

En réalité ce que refusent les Verts c’est d’envisager d’exploiter une nouvelle source d’hydrocarbures, car une bonne part de l’idéologie verte repose sur l’épuisement des ressources pétrolières, lesquelles seraient  pour l’essentiel à l’origine de la pollution et du réchauffement climatique. Mais comment croire qu’il est moins dangereux de remplir notre réservoir avec  du pétrole d’Arabie Saoudite ou de Libye que de tenter d’utiliser éventuellement  les gaz de schistes français ? Comment peut-on mieux exprimer l’irrationnel ?

Quoiqu’il en soit, l’interdit  des gaz de schistes a pour résultat de priver notre pays d’une éventuelle ressource énergétique qui serait bien utile pour conduire la transition énergétique que les Verts réclament. Il faut innover certes, mais comment faire quand les caisses sont vides ? En attendant on fait perdre l’expertise à nos entreprises dans ce domaine  et on les pousse à investir hors de nos frontières. Au bout du compte,  on entretient un déficit commercial qui justement doit beaucoup à nos importations d’hydrocarbures.

Pour le moment il semble bien que l’embargo sur les gaz de schistes fait partie du deal entre les socialistes et les Verts, avec le nucléaire et les OGM, ce deal risque de coûter cher au pays. Je fais des vœux pour que la bulle écologique  éclate dans ce domaine et prenne des dimensions plus conformes avec la réalité d’aujourd’hui, ce qui ne doit pas nous empêcher d’explorer et d’expérimenter des énergies propres et durables, comme on va le faire dans le Raz Blanchard ! Les « Fermes pilotes » ont je l’espère un avenir prometteur mais pour le moment nous en sommes encore aux balbutiements : rendez-vous dans cinq ou dix ans !

07/09/2013

Les dix commandements des Verts. 1_ la nature ne toucheras point

 

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William Blake



Tout me prédestinait à devenir un fervent partisan du mouvement écologiste. Je suis né et j’ai grandi à la campagne, à cinq ans,  j’observais les tritons dans les mares et les taupes dans les prairies. A douze ans l’âne du Poitou, Martin, était un compagnon de travail. J’ai suivi ensuite  de bonnes études de naturaliste et fréquenté assidument  des botanistes, des zoologistes, des géographes,  des géologues, des agronomes et tous autres  tenants des sciences de l’environnement. Après avoir quitté la Normandie verte et humide, j’ai travaillé dans des pays chauds et secs. Chaque été, par transhumance j’expérimentais en une semaine ce qu’était le réchauffement climatique, non pas d’un degré en un siècle mais de 20°C en trois mois.   Le changement climatique a donc été pendant vingt-cinq ans et chaque année, une réalité très concrète.

On apprend beaucoup en comparant les extrêmes. Sur le tard, j’ai même ‘osé‘(réussi ?) un cours post-maîtrise, d’écophysiologie végétale appliquée au développement économique, absolument basé sur mon expérience de terrain. Pour vérifier, je me suis enfin essayé aux travaux pratiques, en militant pendant trois années dans un mouvement écologiste. Tout allait bien jusqu’à ce que les faits contredisent la vulgate. Ce genre de contradiction est insupportable pour un scientifique, formé par l’observation sur le champ et par les principes de la biologie expérimentale. Aujourd’hui, plus j’y réfléchis et plus  l’écologie politique me rend mal à l’aise. Je veux dire par là que les fondements mêmes de la pensée écolo heurtent mes intuitions profondes.

Quelles en sont les raisons ? C’est encore un mystère pour moi, et il le restera tant que je ne me serai pas livré à un inventaire approfondi. Ma chronique d’aujourd’hui est la première d’une série intitulée « Les dix commandements du catéchisme vert ». J’ai dans mon sac tout un ensemble de réticences, d’objurgations et de critiques pures non écrites  qu’il me faut analyser. Ce dessein est une sorte de pari que je me risque à formuler pour cette rentrée. Black Jack est mort et bien mort, place à la philosophie politique, à laquelle je n’entends pas grand-chose, puisque je lui ai toujours préféré  la morale de l’action. Sartre n’est pas loin. J’ai toute ma vie  lié le geste et la parole en répétant que la science était au service du peuple, tout en espérant ne pas me retrouver dans des contradictions inavouables. Aujourd’hui, avec les cheveux blancs, la contemplation s’est imposée et la réflexion plus statique aussi. Je demande d’avance pardon pour autant de prétention. La sénilité fait aussi partie du vieillissement.

Ce faisant, je conseille à ceux qui n’ont que des certitudes, en particulier celle de tout savoir,  de ne pas me lire,  surtout s’ils sont aptes à discourir avec  arrogance de ce qu’ils ignorent. Je ne m’adresse pas non plus aux gens de foi religieuse, qui sont à tu et à toi avec les secrets de(s) Dieu(x),  quel(s) qu’il(s) soi(en)t. En  l’absence de signes irréfutables, j’applique le principe de précaution et je parie que  Dieu n’existe pas, jusqu’à nouvel ordre. Je m’adresse seulement aux gens convaincus qu’on en apprend tous les jours, et que l’homme, en s’échappant par hasard des innombrables filières de l’évolution,  a tiré le gros lot. Notre espèce est pour de vrai, la super gagnante du grand jeu de hasard de la création ! Un miracle d’assemblage des ADN ! Le sommet de l’évolution  biologique !

Nul animal n’est comparable à l’homme, même si nous comptons des cousins ici où là et des ancêtres en grand nombre. L’homme est plus intelligent que n’importe quelle bête de notre planète. Ce n’est pas demain qu’on verra le Lion de l’Atlas nous déclamer une fable de La Fontaine, ni un bonobo nous faire un résumé de Kierkegaard. Notre supériorité  sur les pigeons- voyageurs, les ortolans et même les cracs des paddocks est totale ;  elle l’est plus encore sur les cèdres du Liban et les sequoias géants de Yellowstone. Non seulement l’homo sapiens est devenu le plus grand savant de l’Univers (jusqu’à preuve du contraire) mais il a la faculté d’emmagasiner  ses connaissances, à un point qu’on peine à imaginer. Chaque  année, nous en savons davantage, avec une  progression hyperbolique. La clé de tout, c’est que nous inventons à mesure le classement et l’exploitation  des données malgré leur multiplication quotidienne. Google est aujourd’hui notre plus grande armoire à secrets.

 Notre glorieuse destinée est inscrite dans le bagage génétique de notre espèce et aucun d’entre nous ne peut en fixer les limites. Nous avons survécu à la vie sauvage et inventé l’agriculture. En quelques milliers d’années nous avons appris à nous libérer de la  recherche de la nourriture. En mettant fin à la dictature du garde-manger nous avons trouvé du temps pour rêver, imaginer, fabriquer des outils, inventer l’écriture, la médecine, l’école, l’imprimerie, l’arme nucléaire et…l’écologie.

A son origine scientifique l’écologie désignait une science, bien complexe d’ailleurs et puissamment utile, celle qui étudie les rapports des êtres vivants avec leur milieu. Que cette science-là soit devenue une philosophie et une doctrine politique demeure encore pour moi un mystère et une misère. A sa naissance avec René Dumont, lui-même agronome, on pouvait tout en attendre. Malheureusement en quittant les laboratoires, les observatoires et les appareils de mesure, l’écologie est devenue une théorie ou plutôt un tissu de théories, non plus fondé sur des faits, mais sur les terreurs et les espoirs de tout un chacun. Comme telle, elle s’apparente aux religions et aux constructions politiques de droite et de gauche. Elle  devient une conception du monde, un système de pensée à vocation universelle. Dès lors,  on voit fleurir les associations de défense, les écoles de réflexion, les  lobbies et les partis politiques. In fine on trouve un parti de gouvernement avec ses sénateurs et ses députés  qui recherche le  pouvoir politique pour imposer à tous sa conception du futur.

Or, les dogmes verts reposent sur la dictature de l’émotion. Ils ont trouvé leurs racines dans l’opinion française avec  des émissions télévisées célèbres, celles du Commandant Cousteau, de Nicolas Hulot ou de Thalassa et beaucoup d’autres films plus ou moins militants. A longueur d’image on y développe le concept idéal de la nature intacte, celle d’avant l’homme présenté lui-même comme destructeur et pollueur. Ces documents nous proposent sans relâche d’imaginer la nature originelle comme un paradis perdu. Ils nous disent que cette œuvre admirable est en danger. La nature des origines est placée de facto sur un piédestal philosophique que personne ne songe à réfuter. II s’agit de l’œuvre de Dieu ou de quelque chose qui lui ressemble. Le fondement de la pensée écologique repose sur une certitude, voire une obsession, celle de  devoir protéger la virginité de notre Planète (d’avant l’homme) contre son prédateur le plus puissant. Il  faut donc assigner des limites à notre espèce. Tout progrès matériel humain devient un pas de plus vers la déprédation de la Nature sacralisée. L’odyssée humaine menace de dévorer toutes les « ressources » de la terre et des eaux, de ravager les forêts,  de vider le sous-sol, et de dépeupler les océans. Il ne va laisser de ce grandiose festin, qu’un vieil os tout rongé, dont il ne restera que désert et mort. On a même inventé un dicton qui est devenu une sorte de pensée unique : Nous ne sommes que de passage sur cette Terre et nous devons la transmettre intacte à nos enfants.

J’ai rarement entendu pareille ineptie. Il y a belle lurette que nous ne transmettons plus la nature intacte à nos enfants mais que tout au contraire nous leur léguons le fruit de nos efforts constants, pas toujours réussis d’ailleurs. En colonisant notre planète, l’homme, plus puissant que tous les autres êtres vivants a continuellement modifié la terre à son profit, autant qu’il l’a pu. Ce qu’on appelle un milieu artificiel n’est en fait que le globe plié à notre convenance. L’homme n’a jamais aimé la nature primaire. Il a tout de suite préféré sa survie et sa prospérité aux moustiques des marais  et  aux loups des Carpates. L’homme aime s’abriter du froid et de la pluie, il aime les routes et les ponts, les terrasses et les digues, les villes et les théâtres. Et cela aucune bête, pas même les termites les plus organisés n’ont jamais ébauché un semblant de ce qu’on appelle une civilisation.

Depuis cent mille ans, l’homme a inlassablement déployé son génie, que ce soit  sur les bords du Nil, dans les collines guatémaltèques ou dans les prairies de France et de Navarre. L’homme est une espèce unique, encombrante, conquérante, et envahissante. En quatre milliards d’année rien d’autre d’approchant n’est arrivé sur notre terre même si on peut penser qu’il y eut des tentatives avortées.  La nature des origines n’existe plus nulle part. La terre nous appartient en propre, on en connaît aujourd’hui presque chaque mètre carré, on la surveille jalousement des hauteurs, elle ne peut pas nous échapper, elle est la planète de l’Homme, unique dans l’Univers, jusqu’à preuve du contraire. Nous sommes les merveilleux héritiers d’un glorieux hasard, qui pour le moment est le seul à se déployer dans notre galaxie.

Alors je ris quand Brigitte Bardot défend les attendrissants bébés phoques, ou quand Greenpeace s’attaque aux derniers baleiniers. Voilà bien des animaux qui ont réchappé à l’inéluctable, non pas grâce aux écolos mais par les miracles de la cherté  de l’huile de cétacés face aux hydrocarbures et par la commodité des fourrures polaires de synthèse. Je parie que le viagra signera le salut des rhinocéros. Mais je ris encore d’observer que la houille a sauvé nos forêts à l’agonie et que le nucléaire nous a peut-être épargné des guerres d’extermination pour la possession des puits de pétrole. Les bannières si constamment brandies par les écolos sont ridiculement anecdotiques face à la destinée humaine. L’avenir de l’homme est cosmique et les écolos ne lui opposent  que de misérables gesticulations théâtrales et vaines, bien souvent en retard sur les faits. 

Parmi toutes ses qualités, plus que toute autre,  l’homme possède  l’instinct de conservation. Il apprend de ses erreurs collectives. Après avoir vécu dans des villes étouffées par leurs propres déchets, il a appris à les gérer ;  après avoir succombé aux eaux pestilentielles, il a appris à les purifier. Il a vaincu la malnutrition, la peste et le vieillissement prématuré. Nos sociétés sont chaque jour un peu plus solides, un peu plus nombreuses, un peu plus éduquées, un peu plus créatives. Ces vérités-là ne sont pas des inventions, ni des espoirs, ce sont des observations et des faits. Et c’est justement à ce moment-là que nos écologistes ont inventé le principe de précaution,  dont la  principale vocation est de ligoter l’aventure humaine, pour laquelle nous sommes biologiquement équipés et programmés ! Personne ne peut nier que le principe de précaution est l’antithèse absolue de l’aventure ! Par définition .

Parmi les dix commandements du catéchisme vert, le retour à la nature des origines conçu comme une ardente obligation,  est bien le fondement de mon premier désaccord ! Nous ne sommes pas les conservateurs nostalgiques d’une nature des origines idéalisée, nous sommes et nous nous comportons depuis toujours, comme les jardiniers aventureux du futur. Nous avons commis des erreurs ? Qui pourrait le nier ? Mais nous avons chaque fois survécu et corrigé le cap dans la phase d’après. Magellan n’est pas revenu de son tour du monde mais il a ouvert la voie, pour des siècles et des siècles…

 

 

29/06/2013

Mettre les éleveurs de rats hors d'état de nuire !

 

 

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Le joueur de flûte de Rembrandt

La légende allemande, née d'un événement étant apparemment survenu le 26 juin 1284, nous a notamment été transmise par les frères Grimm sous le titre Der Rattenfänger von Hameln (L'Attrapeur de rats de Hamelin).


Le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) est un comité français d'expertise et de conseil, indépendant des producteurs d'OGM, intervenant pour les citoyens, entreprises, associations, groupements, syndicats au niveau juridique, scientifique (santé, environnement), sociologique, technique (étiquetage), notamment pour des dosages d'OGM ainsi qu'au niveau économique. Vaste programme pour une page d’accueil d’un site web extrêmement anonyme,  discret et laconique. Les images ne sont pas plus explicites que le texte, excepté la photographie d’un malheureux rat boursouflé de flamboyantes tumeurs.

On a envie de mieux connaître les responsables de ce Comité de Recherches qui se présente surtout comme en pointe dans la mise en évidence de la toxicité des OGM et des pesticides. Le CRIIGEN, fondé le 1er juin 1991 par l'ancienne Ministre de l'Environnement Corinne Lepage, aidée les professeurs Gilles-Eric Sèralini et Jean-Marie Pelt, est une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Il est actuellement présidé par Joël Spiroux de Vendômois, médecin généraliste, homéopathe, acupuncteur et ostéopathe. Son secrétaire général est Jean-Marie Pelt et le président du conseil scientifique est Gilles-Éric Séralini.

On croit comprendre que le maître mot de l’intitulé est « indépendant » c’est-à-dire hors de contrôle des multinationales produisant des OGM. Pour le reste, cette association est tout à fait prête à mener des travaux sous la bannière (ou à la demande ?  ou sous  la protection ? ou avec les subsides ?) de Carrefour et autres sociétés commerciales pour peu qu’elles partagent ses idées.  On doit comprendre aussi que ce comité est avant tout  indépendant  des instances scientifiques  officielles,  obéissant aux règles publiques des Instituts de recherche et des Universités. On a donc affaire à un comité scientifique autoproclamé que d’aucuns, bien avisés, disent appartenir à la science parallèle, une néo-science basée sur des à priori idéologiques où se mêlent religion et paranoïa, à la manière d’une secte. Les principes de base d’une telle démarche sont « Tout le monde à tort sauf nous » et « Nous sommes victimes d’une campagne de dénigrement orchestrées par des puissances occultes, qui y puisent pouvoir et intérêt".  En l’occurrence ce comité a trouvé son ennemi avec la Monsanto, multinationale créatrice d’OGM, dont Mr le professeur Sèralini a mis au jour le « réseau mafieux » qui veut sa perte. On peut trouver beaucoup de détails concernant le CRIIGEN sur le site web imposteurs très bien informé et documenté .

Cette manière de voir est d’autant plus frappante qu’on trouve à la manœuvre une ancienne ministre de l’Environnement (1995-97,  Alain Juppé Premier Ministre) censée donner toute sa respectabilité  politique au Comité en question et qui forme avec MM Pelt et Sèralini un aéropage  associant la science et la politique,  inhabituel pour un comité scientifique. Cela nous renseigne sur les buts poursuivis  qui ne semblent pas uniquement ceux de la science universelle mais paraissent être   liés à des préoccupations idéologiques et politiques. Il suffit de parcourir la carrière de Madame Corinne Lepage pour se convaincre de la constance de son activité politique et électorale qui l’a menée de Génération Ecologie à Cap 21. En octobre 2011 elle a présenté sa candidature aux élections présidentielles de 2012 sur TF1, entourée notamment des membres éminents du bureau du CRIIGEN. Hélas pour elle C. Lepage n’a pas réussi à réunir les cinq cents signatures nécessaires à sa candidature et sa tentative a tourné court.

Cette activité qu’on peut  qualifier d’électorale prouve que  cette équipe de choc est moins attachée à démontrer une vérité scientifique, à laquelle elle ne croit peut-être pas vraiment, qu’à  agir sur l’opinion  pour la convaincre de la toxicité  des OGM, avec les mêmes méthodes qui  ont  instillé avec succès la peur du réchauffement climatique ou l'angoisse anti- nucléaire. L’affichage sur le site Web du CRIIGEN de malheureux rongeurs déformés par des tumeurs illustre cet acharnement. Il ne s’agit pas d’une bataille scientifique mais d’une bataille d’opinion. Nous étions il y a un demi-siècle une nation de gens instruits, intelligents et positivistes, confiants dans les progrès que la science n’a cessé d’apporter au genre humain. Nous sommes devenus une nation trahie par ses élites, avilie par le consumérisme individualiste et trompée par des cinquièmes colonnes d’illuminés qui organisent le dévoiement de la pensée.

Face au CRIIGEN, le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) est un organisme public français indépendant chargé d'éclairer la décision publique en matière de biotechnologies, et notamment celles qui concernent les organismes génétiquement modifiés (OGM). Il a été créé par la loi du 25 juin 2008 et placé auprès des ministères chargés de l'Environnement, de l'Agriculture, de la Recherche, de la Santé et de la Consommation, il est constitué de deux comités indépendants : le comité scientifique et le comité économique, éthique et social. Ces comités sont chargés de fournir respectivement des avis et des recommandations. L'ensemble des deux peuvent prononcer des avis dits avis du HCB. Cette configuration a été choisie pour prendre en compte les risques environnementaux et sanitaires des biotechnologies, mais aussi pour évaluer leur impact socio-économique.  

 

Nous avons donc un organisme officiel créé par nos instances démocratiquement  élues et composé de plusieurs dizaines de membres de haut niveau et de différentes spécialités.  Or, dans son avis rendu le 19 octobre 2012, à propos des rats de Sèralini, faisant suite à une expertise pluridisciplinaire, le Comité scientifique (CS) du HCB note que le dispositif expérimental, les outils statistiques utilisés et les interprétations données par les auteurs de l’étude, souffrent de lacunes et faiblesses méthodologiques rédhibitoires, qui ne permettent pas de soutenir les conclusions avancées. Le CS en conclut que l’étude n’apporte aucune information scientifique étayée quant à l’identification d’un éventuel risque sanitaire lié à la consommation de maïs NK603 , traité ou non traité avec du Roundup.

Je demande aux citoyens de bonne foi, qui ont encore la tête sur les épaules, de réfléchir trois minutes. Qui a raison ? Le CRIIGEN, sorte de triumvirat auto constitué sans responsabilité légale,  ou bien le Haut Conseil des Biotechnologies responsable devant la loi et le gouvernement ? Il faut en finir avec ces farces pseudo-scientifiques installées à coups de clairon, en  disant que plus c’est gros, plus ça passe. En faisant l’autruche, nous mettons en danger notre culture et notre civilisation, qui risquent in fine d’être avalées par ces incroyables dévoiements de la pensée.

 

 

25/05/2013

Réchauffement climatique ou galéjade écolo ?

 

 

 

 

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 Peter Bruegel, L'adoration des mages dans la neige

 

 

 

Les croisés du réchauffement climatique sont pris à leur propre piège. Il suffisait d'observer le regard en biais du glaciologue Jean  Jouzel, pour s’apercevoir que l’affaire devenait de moins en moins claire. Mme Tubiana est allée chercher des arguments incroyables comme les  affres du tabac ou la tragédie des fusées à Cuba, pour démontrer que l’incrédulité de nos contemporains était un phénomène classique. Les gens n’y croient pas jusqu’à ce que la catastrophe leur tombe dessus. C’est vrai que les Cassandre du réchauffement s’en sont donné à cœur joie lors des canicules et des sécheresses et même des tempêtes et débordements maritimes. Cela leur permettait de prédire qu’il ferait  plus chaud de plus en plus souvent et que la sécheresse allait s’accentuer dans le Midi.  Les vignes du Bordelais allaient déménager vers  Honfleur et Deauville. La Côte d’Azur devait  devenir un nouveau Quatar. La meilleure preuve est qu’on assiste d’ors et déjà à la migration  des princes arabes vers Saint Tropez ! Les plus sceptiques ont senti le vent du boulet, il y avait des morts !

 

Peu importe si depuis une dizaine d’années on n’enregistre plus les augmentations de température qu’on attendait. J’en sais quelque chose puisque j’ai dû me payer cette  année une citerne de gaz supplémentaire pour me chauffer. Les évènements météorologiques actuels sont peu convaincants pour la propagande des climato-craintifs.  Alors ne parlons plus de température avancent-ils, parlons du taux de CO2 dans l’atmosphère. C’est ce que les journalistes de C dans l’air ont convenu et ça tombe plutôt bien car on vient de faire les premières mesures à 0,004 g. Nous avons franchi un seuil, disent les fameux lanceurs d’alarmes comme si un scientifique pouvait faire une différence entre 0,00399 et 0,004. On est en pleine communication.

 

Comment Mr Jouzel peut-il expliquer la constante augmentation du taux de CO2 et l’inconstance du réchauffement ?  C’est à tout le moins que la relation entre les deux est assez lâche…Si on utilise la canicule comme preuve du réchauffement on peut tout aussi bien arguer que la neige en mai est une indication du contraire ! A tout le moins,  nous sommes fondés à écrire  que  ni les canicules ni les tempêtes de neige ne prouvent quoi que ce soit. En réalité les extrêmes météorologiques traduisent une seule vérité bien classique,  la variabilité incessante du climat. Les années se suivent et ne se ressemblent pas, et nous avons toutes les indications nécessaires depuis longtemps  sur les variations annuelles, décadaires, séculaires ou millénaires !

 

Une autre carambouille régulièrement  brandie par le guide apostolique d’Ushuaïa est celle des réfugiés climatiques. Des milliers, que dis-je des millions ! voire un milliard ou deux de pauvres gens sont menacés par le grand chambardement de la désertification ! Je me souviens des grandes sécheresses au Sahel au début des années 70. J’ai vécu au bord de la steppe algérienne pendant de nombreuses années et je connais un peu le mécanisme des coups d’accordéon climatique qui obligent les populations à fuir.

D’abord il faut bien se dire que la sécheresse n’a jamais concerné les populations urbaines dont l’activité dépend beaucoup plus de l’alimentation du réseau électrique que de la pluie, laquelle est plutôt un facteur négatif pour la vie quotidienne. La vie des agriculteurs sédentaires est avant tout régie par l’irrigation qui demande une organisation et une gestion rigoureuses. Parfois il est vrai plusieurs années sèches consécutives peuvent mettre en danger ces communautés. Les populations qui sont les plus directement menacées par les sécheresses sont les éleveurs nomades qui courent après les pâturages avec leurs chèvres et leurs moutons et parfois leurs zébus. Ces populations-là n’ont pas attendu l’augmentation du taux de C02 pour subir les revers de subsistance allant jusqu’à la famine  lors des  crises climatiques. Utiliser ces phénomènes comme des preuves du réchauffement est tout simplement grotesque !

 

La dernière manifestation du réchauffement est la hausse de niveau de la mer. Passons sur les surcotes entraînées par des vents violents poussant les eaux dans le même sens que les fortes marées, tous les habitants littoraux connaissent le phénomène excepté quelques bêtas qui se laissent berner par les plages de l’été avec leurs eaux tranquilles. Les mêmes se font rouler, qui construisent dans les lits occasionnels de crue des fleuves et rivières. Il y a bien longtemps que les riverains s'endiguent contre les débordements !Suggérer que ces inondations sont là encore liées à un dérèglement climatique constitue une escroquerie. Parlez-en aux Pays Bas !

 

Il reste bien sûr la fonte des glaciers et la débâcle de la banquise en arctique. (Il semble qu’en Antarctique on observe le phénomène inverse, mais chut !!! ) Je ne connais rien à ces questions et je me promets de m’y intéresser, parce que je pense en voyant toujours la même ourse polaire efflanquée qui saute péniblement d’un glaçon à l’autre, les arguments qu’on avance dans cette catégorie sont tout autant « idéologiques » que les autres. Je suis d’accord pour dire avec d’autres scientifiques « froids » qu’il va falloir élucider une question impressionnante : comment une théorie du réchauffement évoquée sans passion depuis plus de cent cinquante ans a bien pu en dix ans convaincre un si grand nombre de nos contemporains qu’on tenait enfin la cause de  toutes les plaies de l’Egypte et de toutes nos terreurs millénaristes ?