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13/09/2014

La pêche à la baleine

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A la pêche à la baleine je ne suis pas allé depuis trop longtemps, à cause du mauvais temps, des vagues et du vent. Je dois avouer aussi mes insomnies,  ma façon de verrouiller les capots et de clore le  rideau de  mon alcôve. Il faut dire aussi que tout est interdit aujourd’hui, surtout la chasse aux cétacés, même pour manger, encore plus pour s’éclairer avec les grassets d’avant. Pourtant comme énergie renouvelable on ne fait pas mieux, il suffit d’élever des baleineaux.

Il y a heureusement une sorte de cachalot qu’on peut encore attraper, c’est la baleine bleue à yeux bleus qui n’est pas au catalogue. Il faut y aller nuitamment, en baleinière par gros temps. C’est l’oncle du cousin Gaston qui m’a montré. Il est revenu une fois, trempé comme une soupe en jetant le bestiau sur la table avec un grand couteau. Il a dit « Dépêchez-vous de la dépecer, j’ai faim, j’ai soif, je veux manger »

Pas de chance, c’est la baleine qui a pris le couteau et poignardé l’oncle à Gaston en plein cœur et puis ensuite elle est partie. Depuis cette affaire je me méfie. J’ai congédié le fainéant de Gaston et j’ai acheté une très grande marmite. Quand, au cœur de la nuit, je pique une énorme baleine avec mon harpon, je lui demande d’abord poliment si je peux la découper en petits morceaux façon lardons. En cas de refus, je me dépêche de la remettre à l'eau.

Avec ma longue expérience, je rentre rarement bredouille et je peux chaque jour, faire bouillir ma tambouille. Grâce aux leçons de l’oncle à Gaston, ma vie est comme un rêve ininterrompu, malgré le grand nombre d’imbéciles de toute nature qui vivent à vélo ou dans le métro. Je suis le dernier pêcheur de cachalots qui prend l’eau chaque jour avec son bateau. Si on écoutait les écolos, même en canot, les captures de baleines bleues à yeux bleues seraient interdites.

Je refuse de m’embarquer dans cette galère car il ne faut pas confondre Jacques Prévert avec un chasseur de panthères. Il a toujours soutenu Dieu le Père sur son nuage amiral et mis en boite les gros thons. C’est dire si je rigole en lançant mon harpon dans la nuit absconse car j’ai toujours l’espoir de ramener un individu de la plus grosse espèce. J’en fais toute une histoire, bien au chaud sous ma couette, quand je suis rentré de la mer, je rêve de faire tirer mon doris par un chameau pour exterminer des baleines vertes.

Il faut dire que les baleines vertes sont mes ennemies. Elles ont les yeux rouges et elles se déplacent en bandes. Elles chassent en meute en éructant de la bave et des cris d’orfraie. On dit qu’elles se sont échappées d’un zoo et qu’elles prolifèrent. Elles ont un téléphone portable et n’arrêtent pas de faire des twitts. Elles disent n’importe quoi, elles hurlent avec les loups. Ces bêtes-là me donnent des boutons. Elles me gâchent mes nuits et mes jours et mes parties de pêche, car elles sont racistes, menteuses et manipulatrices. Parfois je me demande si nous n’allons pas être submergés, sous l’effet du ressac, par une marée de vert-de-gris poussant des troupeaux de pyjamas rayés.

Nous vivons une drôle d’époque. Au nom de la biodiversité on laisse se multiplier les baleines vertes et les gros thons. Il est urgent que les philosophes se réveillent et trouvent quelque chose à dire de sensé qui tire nos compatriotes vers le haut. Pour ma part quand je suis à la pêche à la baleine, j’ai souvent le sentiment qu’un monde ancien s’écroule sans qu’il soit remplacé par autre chose qu’une grosse pagaille individualiste, égoïste et populiste, un champ de bataille sans queue ni tête. Je me dis alors qu’Il est grand temps, pour nous les hommes et les femmes libres, d’avoir enfin pitié de nous-mêmes !

05/04/2014

Futurologie

 

 

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 Jaune-Rouge-Bleu par Kandinsky

 

 

Jacques Le Goff, notre regretté historien, confiait il n’y a pas si longtemps  son peu de goût pour la Futurologie, ce qui était une façon de remettre en cause l’Histoire,  comme la clé de notre avenir. De la Futurologie, les savants du GIEC nous en racontent tous les jours. A tel point qu’ils sont surpris, voire dépassés par la rapidité avec laquelle les évènements qu’ils avaient prédits  pour le milieu du siècle se manifestent  aujourd’hui. A leur place j’y trouverais un motif d’inquiétude plutôt qu’une satisfaction. Avant l’heure ce n’est pas l’heure ! Cela prouve qu’il y a quelque  chose qui cloche dans leurs modèles. C’est peut-être aussi qu’on se précipite un peu trop vite pour trouver partout des raisons  ou des effets du réchauffement. Les évènements météorologiques qui s’éloignent de la moyenne sont maintenant considérés comme autant de preuves du dérèglement climatique. Il y a belle lurette que les climatologues savent que ces moyennes n’existent pas ! Et qu’en réalité la météo est toujours en de ça ou au de  là ! Finalement nos savants du GIEC  prêchent de plus en plus dans le désert et n’arrivent à convaincre que ceux qui le sont déjà.

Avec son nouveau gouvernement de choc,  F. Hollande envoie toute nos forces socio-démocrates  dans la bataille pour la croissance et la création d’emplois. Réussira-t-il ? Je le souhaite pour la France et les Français et pour l’Europe. Si les Allemands ne prennent pas conscience qu’il faut d’urgence relancer l’économie  de l’Espagne, de l’Italie et de la France en acceptant quelques effets inflationnistes, nous risquons bel et bien la stagflation, à l’exemple du Japon, qui fut autrefois à la pointe du progrès et de l’innovation et qui vient d’ endurer  deux décades de stagnation économique. Il en  sort tout juste ! 

Michel Sapin se voit confier la difficile mission de convaincre les instances européennes de lâcher les vannes du crédit et de financer des grands projets collectifs ou de racheter des emprunts pourris qui paralysent les banques.  Tout cela passe par la bonne volonté de la Banque Européenne et de son Président Mario Draghi, qui bien sûr est sous la pression allemande. Pour l’Europe, je souhaite qu’un accord soit trouvé avant peu. Les élections du mois de juin risquent , si ce n’est pas le cas,  d’envoyer au Parlement une majorité d’adversaires de l’Europe. A ce moment- là, il sera trop tard pour pleurer.

Fidèles à leur politique de Gribouille, les écolos ont refusé un grand ministère de l’Ecologie. Plus politicards que ces gens-là tu meurs ! Ils espèrent faire un tabac aux dites élections européennes sur le dos des socialistes, mais il se pourrait que le grand vainqueur  soit le FN avec l’aide inavouée  de l’UMP. Nous récolterons alors  les fruits amers de la discorde et de la non-coopération européenne. Les gens raisonnables de notre échiquier politique devraient réfléchir  à la nécessité de donner , enfin ! un coup de main à la voie moyenne que veut emprunter notre gouvernement pour sortir de la crise. L’enjeu , c’est d’apurer  les comptes publics  tout en tentant de rendre confiance aux entreprises qui sont les seules à même de relancer l’investissement productif. Cela suppose  qu’on  allège les taxes et qu’on diminue  le coût du travail,  ce qui n’est pas facile  à faire quand les caisses sont vides . Alors même qu’un peu de justice doit conduire à redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes. Le moins qu’on puisse dire c’est que le nœud est hyper serré !

Sur le plan politique, Hollande est coincé entre   la gauche de la Gauche qui trouve « inconcevable de faire des cadeaux aux patrons » et préfère retourner à ses habituels démons de la révolution pour demain et la droite de la droite, qui compte bien rendre l’Europe responsable de la crise, de l’immigration incontrôlée et de la perte irrémédiable de notre souveraineté et de notre identité. La droite classique,  sous la direction d’un  Copé qui persiste à  jouer les roquets bêtes et méchants, en utilisant les armes débiles de l’amalgame et de la mauvaise foi,  sera bien incapable de s’opposer  à cette conjonction des extrêmes qui recèle de grands dangers à court terme.

On pourrait se demander où est passé le centre dont la vocation ressassée est d’appuyer les majorités d’idées. Borloo est malade semble-t-il et le nouveau maire de Pau est trop discrédité pour tenter un retournement !  C’est pourtant le moment, pour les gens raisonnables  de collaborer à des objectifs qu’ils réclament depuis vingt  ans , qui consistent à   réduire les déficits et relancer la croissance.  Il va falloir que le gouvernement de combat qui vient de se constituer réussisse à convaincre seul, par ses propres mérites, de la pertinence de son action. Je fais des vœux pour qu’il y parvienne, mais l’entreprise est risquée.

On ne peut compter que sur la clairvoyance et le savoir –faire du couple Hollande-Valls. Je leur souhaite la baraka !  Ils vont devoir  obtenir  l’écoute des milieux économiques, des entreprises et des syndicats. A quel prix ? Il ne faut pas hésiter à frapper les esprits,  en supprimant les 35 heures même symboliquement, en autorisant l’exploitation des gaz de schistes et en lançant enfin les travaux de Notre Dame des Landes. Il faut décider, il faut agir, trancher, se faire des ennemis et l’emporter finalement ! Un gouvernement  de combat, c’est fait  pour ça. 

Pour la première fois peut-être de l’histoire,  le Cotentin fournit un ministre de l’Intérieur  à la France. Nous en sommes fiers et je me souviens d’avoir écrit en son temps (Voir ma chronique du 10/05/2011, Eloge de notre député-maire…) tout le bien que je pensais de ce petit homme souriant, modeste et plein d’humour.  Avec lui,  je suis sûr que la loi sera inflexible et que les personnes seront respectées.

15/06/2013

Rats des villes et rats des champs


 

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Les glaneuses de J.F. Millet



Les citadins ont toujours pensé qu’ils étaient bien supérieurs aux bédas.  Les « Parisiens » bien habillés, hâbleurs et prodigues, au moins pendant leurs vacances à la campagne, en ont toujours mis plein la vue aux paysans et aux marins d’ici, depuis que les congés payés existent. Aujourd’hui les perceptions ne sont plus aussi caricaturales et c’est au tour de nos  vacanciers  de rester  baba  devant les drôles de machines qui arpentent nos terres, que ce soit pour récolter les poireaux ou pour « manager » nos vaches laitières. En revanche les citadins qui étouffent dans la fumée incessante de leurs « bagnoles » sont devenus des écolos convaincus et ils recherchent partout, parfois la clope au bec, les molécules coupables de leurs cirrhoses et de leurs cancers. Parmi les pourvoyeurs les plus souvent désignés figurent nos arboriculteurs et nos maraîchers et les agriculteurs en général.

 

 

Oubliant que notre espérance de vie augmente sans discontinuer, il y a toute une fraction de l’opinion qui ne cesse de colporter que nos producteurs agricoles sont des empoisonneurs à petit feu et des pollueurs de la planète. Il me semble qu’il faut de temps en temps garder la tête sur les épaules. Nos écolos songent-ils un seul instant aux millions de tonnes de viande, de lait, de fruits et de légumes, de pain et de céréales qui dégorgent chaque jour de nos supermarchés sans qu’ils causent jamais une colique ou un vomissement ?

Je ne veux pas dire pour autant que tout est impeccable dans les filières car on a vu du cheval se déguiser en bœuf et parfois des E. coli ou des Listeria se glisser dans nos salades. Ces manquements tiennent plus souvent d’ailleurs à la commercialisation qu’à la production. En règle très générale  nos aliments sont d’évidence  d’une incroyable qualité. Ceux qui se plaignent du manque de saveur de nos tomates pourraient aussi se demander comment des milliers de gens peuvent les palper et les triturer au supermarché, sans qu’il n’en reste en fin de journée que des cageots de marmelade ! Que ce soit en qualité ou en quantité nos filières agricoles réalisent la vraie prouesse d’éviter les pénuries en toute saison et même assez souvent par tous temps, grâce à la concurrence permanente entre les régions et même les pays ! On connaît peu de professions capables de résister à de telles contraintes économiques !  N’importe lequel d’entre nous qui travaille un jardin sait ce qu’il faut d’efforts pour produire une botte de radis ou un panier de patates !

 

Malgré ces incroyables performances, nos rats des villes qui restent sourds aux réalités agricoles continuent de soupçonner que notre agriculture nous intoxique chaque jour avec les pesticides et les OGM ! Les partisans du principe de précaution se moquent des vrais dangers parfaitement visibles et prévisibles comme  l’alcool, le tabac et les drogues diverses, y compris le cannabis.  Ceux qu’ils craignent le plus sont ceux qu’ils imaginent  ou qu’ils supposent.

 

Nous savons maintenant doser et rechercher les toxiques même quand ils sont à l’état de traces, quasiment  molécule par molécule et évidemment des traces il y en a partout. Ce sont ces pesticides (et on leur ajoute contre toute vraisemblance les engrais « chimiques ») qui seraient responsables de cancers et affections diverses. Il n’est pas question de nier la dangerosité de cette phytopharmacie, en particulier des insecticides, pour ceux qui les manipulent, ouvriers fabricants et agriculteurs. Le peu que je sais, me fait dire que l’utilisation de ces produits est sévèrement réglementée et que les AMM ne sont données qu’en fonction d’une rémanence adaptée (vie de courte durée). Ces produits  sont souvent  mortels à faible dose et ne sont pas très éloignés des armes de destruction  massive . Par chance nous avons la preuve chaque jour que les risques liés à ces produits ne sont pas alimentaires mais dus plutôt à une manipulation erronée, sans masques, dans le sens du vent, avec des buses mal calibrées ! Je crois qu"aujourd'hui nos agriculteurs sont devenus  des professionnels de haut niveau et qu’ils sont informés des dangers, ce qui est notre meilleure défense contre les excès. Malheureusement ces progrès évidents ne font pas taire nos rats des villes qui ne cessent  leurs campagnes de désinformation.

 

La question des OGM est encore plus grave et destructrice d’avenir. Tous les agriculteurs connaissent l’importance de la qualité des semences et des plants pour une bonne production. Grâce aux manipulations génétiques on a réalisé depuis 20 ans des progrès spectaculaires, mais le plus fort est à venir. A condition toutefois que l’opinion négative forgée par les écolos ne contraigne les chercheurs à se détourner du sujet où à s’expatrier. En France , ce refus des OGM par une forte fraction de l’opinion s’exerce contre toute logique scientifique car aucune observation, aucune expérimentation, aucune recherche n’ont permis d’établir une toxicité quelconque de ces végétaux à la structure génétique modifiée en laboratoire. Malheureusement des scientifiques idéologues comme le Professeur Sèralini, devenu célèbre par son show sur Canal+ avec ses rats cancéreux, continuent à soutenir le contraire par des opérations publicitaires indécentes. Nos agriculteurs et notre agriculture, à cause de ces déplorables attaques risquent de manquer la marche du progrès pour le siècle qui vient.

 

Il est temps de réagir. Les gens de bonne volonté doivent reconnaître à nos agriculteurs l’infinie capacité qu’ils ont de fournir aux consommateurs en quantité et en toute saison des produits accessibles. Quand on pense à l’influence d’un coup de gel, sur le prix des choux et des poireaux, qu’en sera-t-il quand nos agriculteurs seront mis dans l’impossibilité technique de faire leur travail ? Les campagnes de dénigrement de l’agriculture scientifique soi-disant instrumentalisée par quelques multinationales tiennent du délire, de la paranoïa et de l’ignorance. Je pense qu’il y a urgence dans nos sphères politiques à prendre conscience que notre avenir agricole est réellement mis en danger par quelques irresponsables.

18/05/2013

Les hussards noirs de la République


 

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 Léonard de Vinci. La dame à l'hermine

Clarté, pureté, précision, élégance, attention, curiosité, vérité, sérénité.....

 

En 2012, une étude sur des rats, publiée sous la direction de Gilles-Éric Séralini, conclut que l'ingestion de maïs génétiquement modifié NK 603 et/ou de l'herbicide Roundup a des effets tumorigènes et toxiques. Cette étude a été fortement médiatisée, alors que de nombreux chercheurs ont critiqué la méthodologie utilisée et les conclusions qui en sont tirées. S'appuyant sur les avis des autorités sanitaires belge, allemande, danoise, française, italienne et néerlandaise, l'Autorité européenne de sécurité des aliments estime que cette étude est de « qualité scientifique insuffisante pour des évaluations de sécurité »

 (Wikipédia, 2013)

 

Ainsi se termine l’article OGM de la célèbre encyclopédie du Web. J’espère que le grand Professeur Séralini, va porter plainte contre cette institution qui argue de la qualité insuffisante de ses travaux. Je n’ai rien dit d’autre dans mes chroniques même si je l’ai raconté dans un langage un peu plus fleuri, un plus divertissant, un plus ironique, un peu plus indigné, et un peu plus exalté, celui qui convient au polémiste. A ce que je vois notre collègue universitaire veut poursuivre ses blagues de laboratoire tout en exigeant qu’on le prenne au sérieux et qu’on lui conserve toute la respectabilité et la crédibilité qui s’attachent généralement à sa fonction.

 

C’est qu’en effet la fonction de Professeur est éminemment noble et respectable et elle occupe un  niveau élevé dans  la hiérarchie sociale. Jeune étudiant j’étais pétri d’admiration pour ces intellectuels qui nous ouvraient à la connaissance avec une rudesse et une érudition infinies. C’était à un tel point que mes examens oraux étaient un supplice car j’étais intimidé au point d’en perdre la parole. Il est vrai que sortant de mon modeste collège cantonal et de mes pommiers du bocage, ces hérauts de la science représentaient pour moi une catégorie sociale hors d’atteinte, en tout cas véritablement intimidante et supérieure.

 

Ce n’est pas un hasard si, à une époque où les enfants de milieux modestes n’étaient que 5% des  étudiants, le maître qui s’est intéressé à moi était le fils d’un chauffeur de locomotive  et si lui-même était l’élève d’un grand spécialiste dont le fils était rédacteur en chef à l’Huma…Mon accès dans son laboratoire reposait sur un contrat moral de haute tenue, d’où était exclu tout favoritisme et qui reposait sur la dévotion républicaine. Nous étions encore chez les hussards noirs de la République. Cinquante ans plus tard je sais que la vie n’est pas exempte de plaies et bosses, d’avatars et de demi-mesures. J’ai rencontré en beaucoup d’occasions des exemples révoltants, prouvant que les hommes les plus respectables  sont capables de tordre le bras à la réalité quand ça les arrange, universitaires ou pas. Ils confondent le savoir et l’autorité, parfois conçue comme un privilège de classe.

 

Il n’en reste pas moins que j’ai toujours eu de la fierté à enseigner et à présenter à mes étudiants ce que j’estimais les bases d’une véritable démarche scientifique, donnant la primauté à l’intelligence et à l’honnêteté scientifiques. Je leur répétais sans cesse ma maxime favorite : « La connaissance est une richesse qu’on partage, pas un pouvoir qu’on se réserve ». La démarche scientifique doit être désintéressée et fuir la publicité douteuse. C’est dans cet état d’esprit que j’ai vécu la démarche de Séralini comme  un affront personnel, mais aussi comme une honte collective pour notre profession et un abus de la fonction renvoyant à la médiocrité et à la petitesse. Une faute déontologique majeure.

 

Comme j’ai quelques notions de la biologie et de la physiologie du végétal, j’ai immédiatement  critiqué la démarche scientifique de Séralini (voir ma chronique du 23/09/2012) et j’ai remis ça, en redoublant d’ indignation quand je l’ai vu prendre l’initiative de vanter ses résultats douteux devant les média. J’ai également été exaspéré par nos responsables politiques et nos journalistes qui se sont laissés aller jusqu’à la connivence. Il faut que cesse le scandale du silence devant le battage et l’assurance des écolos à moustache, à lunettes vertes  et à code pénal, qui font fi de la rigueur scientifique, qu’ils disqualifient comme « une science officielle » au profit d’une soi-disant vérité qu’on nous cacherait dans je ne sais quelle criminelle intention. On ne nous dit pas tout ! dit avec malice l’humoriste à la robe et au vin rouges ! Elle peut y aller la petite Roumanoff ! elle a de quoi faire et encore des beaux jours devant elle !

Il est peut être urgent de rendre à nos enseignants les missions morales et civiques qu’ils avaient reçues de Jules Ferry pour conduire les jeunes générations au certificat d’études et à l’esprit républicain. Une instruction laïque et obligatoire pour tous  qui a imprégné les meilleurs de nos concitoyens modestes, de ce que j’ai longtemps désigné comme la morale prolétarienne. Celle-ci s’érode aujourd’hui sous les coups du bling-bling, du consumérisme et de l’à-peu-près. Nous devons réagir clairement, ouvertement, constamment, sans avoir peur du ridicule et avec orgueil et fierté

10/05/2013

Le déclin de l'humanisme

 

 

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 Andy Warhol- La liberté

J’ai bien conscience qu’en écrivant cette chronique, je rejoins la procession des vieux râleurs qui regrettent le bon vieux temps.  Je vais donc tenter de me modérer et d’être aussi lucide que possible. L’idée  générale est que la précipitation médiatique s’opère au détriment de l’exactitude des mots et de la rigueur du raisonnement. Nous n’avons plus le temps de la démonstration et du dialogue. Les journalistes, qui sont en première ligne pour forger  l’opinion, ont perdu le sens pédagogique au profit du sensationnel. Inutile pour eux de juger sur pièces, de contrôler leurs sources, de rechercher les contradictions ou de pointer les invraisemblances, il leur suffit d’opposer deux opinions radicalement opposées pour jouer à Ponce Pilate. Pour faire bonne mesure on invite deux « bons clients » bien décidés à en découdre et à paraître à leur avantage, quelle que soit la valeur de leur argumentation. On est dans le spectacle, la communication et la démagogie.

 

C’est avec ce genre de méthodes qu’on a laissé s’incruster trois dogmes écolo-scientifiques qui sont à la base de la déroute psychologique de la France. Je parle de la peur du nucléaire, du rejet des organismes génétiquement modifiés et du réchauffement climatique. Dans les trois cas les mêmes arguments biaisés et faussés, les mêmes actions théâtralisées, les mêmes lobbys opaques sont mis en œuvre pour convaincre l’opinion. Nos média auraient pu tenter d’y voir plus clair, s’essayer à de véritables constats scientifiques, organiser des débats sérieux  à partir de faits objectivement établis. En permanence les télévisions et les journaux ont préféré la mousse des polémiques et la facilité des invectives. Les média préfèrent suivre l’opinion de leurs clients que de forger des pensées bien charpentées.

 

Ainsi en est-il du nucléaire civil dont la France apparaît comme un des premiers opérateurs dans le monde. Les écologistes ont choisi de se battre contre la radioactivité et ses effets particulièrement nocifs sur l’environnement et sur les êtres vivants. Cette dangerosité n’est contestée par personne et il faudrait être fou pour le faire. L’enjeu de l’ingénierie nucléaire est justement de maîtriser la radioactivité exactement comme nous avons su contrôler les risques  de l’aviation commerciale ou les dangers de l’électricité, eux aussi bien réels. Pour demander la fermeture des centrales nucléaires j’ai vu de célèbres écologistes distribuer des photos de fœtus monstrueux, la « clope au bec… » Une large fraction de l’opinion française se trouve détournée du véritable objet  du progrès pour se retrouver dans l’impasse désespérante du mix énergétique conçu comme une promesse de paradis !

 

La deuxième question est celle du réchauffement climatique. Comme par hasard au dire des écolos, nous avons tout à craindre de ce réchauffement, même en Normandie qui ne serait pas fâchée d’avoir quelques degrés de plus. Depuis dix ans on n’a pas cessé de seriner qu’on voyait déjà toutes les manifestations de ce dérèglement, la sécheresse et les inondations, le manque de fourrage et l’irrigation du maïs, les 500 millions de réfugiés climatiques, le reflux de la banquise, le détournement du Gulf Stream, qu’est-ce que je sais ? Comme personne n’est vraiment capable de prévoir le temps avec huit jours d’avance, comment en serait-il de prévisions à cinquante ans ? On s’aperçoit aujourd’hui que les indices de réchauffement publiés à l’envi par nos augures se trouvent moins vérifiés depuis quelques années et que même des défenseurs du réchauffement commencent à avoir des doutes. Malheureusement la question n’intéresse plus les média puisqu’apparemment la catastrophe paraît moins imminente. Dans cette affaire le seul point positif à mon goût est celui de la désacralisation de la bagnole, au moins pour certains, car jamais les Porches ne sont aussi bien vendues.

 

La dernière question, peut-être la plus grave à court terme pour l’économie de notre pays est celle de la religion anti-OGM. Il n’y a que les ignorants qui croient que les performances des semences et des plants, des troupeaux pour le lait ou pour la viande sont seulement un atout aux mains des multinationales (ah la terrible Monsanto !). Ils devraient savoir que pour les agriculteurs qui, comme tous les autres producteurs de richesses, vivent de leur travail, voient leur revenu directement corrélé aux aptitudes productives de leur matériel animal et végétal. Tous les « bobos » regrettent les bonnes tomates d’autrefois, à ceci près que 80% de ces tomates commercialisées en supermarché, feraient dès le premier jour une purée dégoutante entre leurs mains avides qui tâtent et retâtent les fruits avec précipitation  et inconscience ! Les nouvelles variétés sont mises au point pour nos modes actuels de consommation. Que dire alors des progrès mondiaux acquis dans la résistance aux maladies ou dans une meilleure efficacité de la consommation en eau ? La dangerosité des  OGM est du domaine de l’imagination et de la supputation scientifique sans aucune confirmation objective. En détournant l’opinion de cette voie royale des progrès génétiques, les écolos se dirigent directement vers un monde malthusien fermé à l’innovation. Avec eux le progrès c’est l’arrêt de la croissance et le retour vers une sobriété largement fantasmée ! Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Parisiens soient privés de cerises à Noël, mais j’en vois d’énormes à ce que les enfants des populations précaires manquent de farine ou de lait jusqu’à en mourir !

 

Voilà ce que je me dis quand je ne dors pas au moment où je le devrais. Il me semble que nous devons nous révolter, nous rebeller contre cette pensée unique qui se détourne d’un principe : la science au service du peuple et d’une espérance : nos petits-enfants vivront mieux que nous !