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02/03/2010

Les belles maisons du bord de mer

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La plage à Maltot

 

Pour son plus grand plaisir, mon âne Tonnerre vit dans un herbage avec vue sur la mer situé au point culminant du village. Maltot est un hameau très ancien, au contact de plusieurs fiefs attestés depuis le Moyen-Age (Le Houguet, Les Salines, Cartot et Maltot). Il n'y a pas une seule construction ancienne sur le bord de mer, ni non plus sur les points hauts : les demeures historiques sont ainsi épargnées par les vents de tempête et par les débordements de marée.

 

Depuis cinquante ans, j'assiste avec fureur à la colonisation rampante du mince cordon dunaire qui marque le trait de côte. Un syndicat agréé des pouvoirs publics s'est constitué pour protéger les occupants indus contre la mer. Traverses de chemin de fer, maçonneries diverses, enrochements ont ainsi transformé nos plages en chantiers, avec des escaliers, des rampes, des caravanes, des mobil homes, des HDL (habitations légères de loisirs). On assiste aujourd'hui impuissants à des tentatives éparses d'habitation permanente, facilitées par l'adduction d'eau et des poteaux téléphoniques peut-être clandestinement électriques. A tel point que j'ai proposé en vain que ce syndicat officiel, présidé par le maire de la commune se transforme en syndicat de Défense du Bord de Mer. On m'a ri au nez.

 

Inutile d'arguer que toutes ces atteintes à notre environnement  étaient contraires aux dispositions de la loi du Littoral. D'ailleurs, une grande majorité des édiles municipaux de droite et de gauche  monte au créneau à chaque occasion pour proclamer haut et fort que cette loi est inapplicable en l'état, poussant partout les feux pour obtenir le droit exorbitant d'accorder des permis de construire à sa discrétion. Les services de l'Etat, grâce à quelques ingénieurs courageux, ont tenu les freins tant bien que mal. Mais dans notre commune le forfait est quasiment irréversible et il est considérable.

 

On a souvent dit pour se dédouaner, que les agressions sur notre côte étaient moins flagrantes qu'ailleurs. Bien sûr en Vendée on a construit dans les polders oubliant  que les levées de terre destinées à protéger des champs étaient tout à fait insuffisantes pour sécuriser des agglomérations, mais on est pas loin d'en faire autant derrière La Longue Rive...Nous voyons aujourd'hui le résultat et mon âne qui a tout le temps de méditer en ce moment, en est tout triste. Moi j'y vois une occasion : celle de rappeler que des conjonctions comme tempête+forte marée+dépression barométrique peuvent se renouveler n'importe où et y produire les mêmes effets qu'à La Rochelle et ses environs. Après le deuil vont venir les inventaires  et les réglements de compte. Avis aux amateurs.

 

Chaque désastre naturel - de Vaison-la-Romaine, en 1992, à Sommières, en 2002, en passant par la baie de Somme en 2001 - est déclenché par une conjonction exceptionnelle de phénomènes climatiques : en l'occurrence, des pluies très abondantes, des vents violents et l'élévation extraordinaire du niveau de la mer due à de très fortes marées. Comme à chaque fois, il y a là une part d'imprévisible. (Le Monde du 2 mars 2010)

Le 4 décembre 2008, lors de l'annonce de son plan de relance, Nicolas Sarkozy déclarait: «Les contraintes liées à l'urbanisme seront temporairement considérablement assouplies.» Le 21 avril 2009, au cours d'un discours sur le Grand Paris, il affirmait toutefois vouloir «rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques».