lalettreducotentin

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/10/2013

Les dix commandements des Verts - Les OGM jamais ne consommeras

 

 


 

ogm,agriculture bio,agronomie

Vincent Van Gogh, La moisson en Provence


Pour ma part, je ne crois pas que les OGM soient plus toxiques que les pâtes Lustucru, mais ce n’est pas demain qu’on verra le gros Gégé notre Prince des Gastronomes et du Cinéma réunis vanter sur nos écrans les mérites du soja génétiquement modifié. La plupart des gens ont fini par se laisser convaincre que ces mystérieuses créations des agronomes ont quelque chose de diabolique, contraire aux lois de la nature. On peut l’expliquer par la complexité technologique du processus d’obtention de ces nouvelles plantes qui  ne peut être appréhendée sans une certaine connaissance de la biologie et de la génétique actuelles. Comme pour le réchauffement climatique le mystère scientifique permet aux maîtres de la communication de mobiliser l’opinion. Comment expliquer autrement que 80% des gens sont hostiles aux OGM, alors que la plupart des gens ignorent tout bonnement quelle est la réalité et le contenu d’une plante génétiquement modifiée ?

L’aversion « spontanée » du public pour ces plantes « modernes » n’a d’égale que la faveur qu’il accorde au jambon et au fromage bien de chez nous et proclamés tels sur tous les écrans avec l’accent du Berry. Le mode paysan, cher à José Bové a véritablement inspiré nos habitudes alimentaires. La tradition rustique est devenue  la qualité  principale des produits. On ne vante ni la teneur en matière sèche, ni la pureté bactériologique, ni le taux de sucre, la caution du grand père en béret basque suffit. On mesure ainsi toute l’inconséquence de nos consommateurs inspirés par leurs souvenirs du jardin familial, même si les pommes de terre étaient souvent galeuses en ce temps-là  et les tomates nécrosées. J’en veux d’autant plus aux responsables politiques qui enfourchent ce cheval de bataille qu’ils sont conscients de l’ahurissant quiproquo qu’ils construisent à propos de notre agriculture, qu’on détourne ainsi de la modernité.

En attaquant l’agriculture  intensive,  au lieu de combattre ses excès, on jette le bébé avec l’eau du bain. Comme écologiste, je proclame très haut que l’agriculture devra demeurer intensive,  et encore bien plus qu’aujourd’hui. Si nous voulons partager équitablement les territoires entre forêts et cultures, entre montagnes et marais, entre villes et vergers, il faut nécessairement réduire les surfaces labourées même si le nombre de bouches à nourrir augmente. Le seul moyen est d’accroître les rendements à l’hectare et pour atteindre cet objectif les OGM figurent comme l’arme principale.

Il est totalement justifié de contrôler, de diminuer, de supprimer s’il le faut, l’utilisation des pesticides, en particulier celle des insecticides qui sont des poisons redoutables et dans une mesure moindre celle des fongicides et des herbicides. Il se trouve que justement, les plantes génétiquement modifiées sont la voie vers l’obtention de plantes résistantes aux maladies et donc la voie principale pour rendre inutiles tous ces produits dangereux. Encore faudrait-il que le commun des mortels ne range pas dans la même catégorie ces pesticides et les engrais « chimiques » . Ah ! avec chimique tout est dit. Il y a un abîme extraordinaire entre le goût immodéré des Français pour une pharmacopée médicale pléthorique et la répulsion du chimique quand il s’agit d’agriculture !

Toute plante a besoin de sels minéraux (les fameux engrais !) qui sont des sels de N, P, K, S, Ca, Mg,  aux quels il faut ajouter une liste assez longue d’oligoéléments Fe, Co, Mn, Cu…etc). Le CO2 est absorbé par les feuilles lors de la photosynthèse (en rejetant de l’O2) et les sels minéraux par les racines à partir du sol. Le CO2 est inépuisable mais les sels minéraux sont en quantité limitée dans les sols, surtout NPK et on doit les remplacer en apportant des engrais, en proportion de ce que la récolte a prélevé sur le stock. L’agriculture sans engrais nous renvoie au moyen-âge quand on récoltait deux grains pour un. Aujourd’hui nous en sommes à 100 pour un et tout retour en arrière peut déclencher la rareté, la pénurie et la famine des populations les plus exposées.

L’obtention de nouvelles plantes par le génie génétique est donc la voie de recherche indispensable vers de meilleurs produits, moins chers à produire et plus respectueux de l’environnement. On sait que l’azote est un élément indispensable pour les cultures et qu’il faut en apporter des grandes quantités sous forme de nitrates ou d’ammo-nitrates. Or ces substances sont coûteuses à fabriquer par des procédés exigeant beaucoup d’énergie. On sait depuis très longtemps que les légumineuses (luzerne, pois, soja)  sont capables de se ravitailler en utilisant l’azote de l’air avec le concours de bactéries développant sur les racines des nodules réalisant les transformations nécessaires de l’azote gazeux pour l’incorporer dans les protéines végétales.

Imaginons qu’on puisse transférer et renforcer par génie génétique ce providentiel mécanisme  naturel sur des céréales, riz, blé, maïs ! Imaginons les millions de tonnes de nitrates économisées à travers le monde et la régulation qui stopperait les lessivages de nitrates intempestifs à l’origine de la pollution des nappes et des cours d’eau ! C’est donc avec un grand dépit que je vois des esprits soi-disant éclairés jouer contre le camp de la protection de la planète, au nom d’une idéologie mal digérée.

Malgré la réalité des choses observée sur des millions d’hectares de cultures OGM, produisant des centaines de millions de tonnes de céréales consommées dans de grandes parties du monde, les anti-OGM continuent de se battre pour que ces plantes soient interdites en Europe, en utilisant tous les arguments possibles. Ils accusent de conjuration les grandes firmes qualifiées d'empoisonneuses  détroussant les paysans et proclament la toxicité cachée de leurs produits. On nous joue les grands airs du complot international. On accuse Monsanto, mais Monsanto est à coup sûr le sauveur de l’humanité aujourd’hui. Qu’on attelle Bové et Lepage à l’araire de nos ânes d’antan et on verra le résultat ! Aucun de ces arguments ne résiste à l’examen mais dans l’opinion, les OGM sont réprouvés, et la recherche agronomique condamnée ! Les agriculteurs qui m’entourent ici ont vraiment une patience peu commune de se voir chaque jour vilipendés et traités en pestiférés.

Comme pour le réchauffement climatique on a quitté le terrain scientifique pour camper sur la philosophie et la politique, en jouant sur les émotions et les peurs. Pour prouver que la terre se réchauffe on prédit que les cyclones et les typhons vont être plus violents et plus nombreux, que la mer va tout envahir et que les ours blancs vont maigrir. Pour prouver la toxicité des OGM on exhibe des rats avec des tumeurs qui n’ont rien à voir !  Je ne pourrai jamais consentir à une telle dégradation de la logique et du rationnel. J’attends avec impatience un retournement de ce funeste état d’esprit, car l’avenir de nos sociétés en dépend.

04/06/2010

Du "bio" pour tout le monde !

biolegumes_WEB.jpg

Depuis plusieurs semaines des nouvelles nous parviennent de différentes sources qui mettent en doute les avantages alimentaires de l'agriculture "bio" ou plutôt de ses produits. Je n'en suis pas fâché parce que je trouvais là un sujet de fâcherie avec les "écolos", contre mon gré. Pour ceux qui ne connaissent pas mon village, il faut savoir qu'il est assis au milieu des champs de pommes de terre, de poireaux, de choux, ou de carottes et de persil selon les saisons. Je connais bien les hommes qui s'en occupent. J'ai aussi des lumières en agronomie qui m'autorisent à quelques commentaires.


Il ne faut pas nier que dans les années 50 à 70 et peut-être même encore plus  tard on a commis des excès avec les pesticides, qui sont  des produits éminemment toxiques. Je veux parler des insecticides qui nous débarrassent des ravageurs (pucerons et autres insectes) et des fongicides qui contrôlent les parasites végétaux (qui sont surtout des champignons microscopiques comme le mildiou ou l'oïdium). Une troisième catégorie, celle des herbicides empêche la concurrence des mauvaises herbes. Parmi ces trois types de produits, les insecticides sont (étaient ?) particulièrement dangereux et apparentés aux armes chimiques de sinistre réputration.


Ces instruments chimiques sont à la base de la productivité de l'agriculture moderne. En leur absence, il ne reste souvent que la prière et les processions. La dangerosité de certains  est telle qu'on a du parfois les interdire (rappelons nous le DDT) ou bien encadrer leur emploi de manière très stricte en fonction du type de production, de la période de traitement et des doses. A mesure que les techniques progressent,  on parvient à éviter que ces poisons se retrouvent dans l'assiette du consommateur. Les services phytosanitaires y veillent de  stricte manière.  Le résultat c'est qu'on ne trouve pas plus aujourd'hui de pesticides dans les fruits et légumes conventionnels que dans les bio, si on en croit les dernières enquêtes.


L'autre aspect du bio concerne les engrais. Outre la lumière et le CO2 pour la photosynthèse, les végétaux ont besoin de sels minéraux et d'eau. Ces  sels minéraux sont absolument indispensables  (N,P,K,Ca,Mg,S, pour les six plus mportants) et les oligo-éléments (Fe, B,Co,Al...) , nécessaires à très faibles doses et agissant comme de véritables vitamines. Tous ces éléments se trouvent dans les sols cultivés naturellement. Ils font partie constitutive de toutes les plantes. Hélas et obligatoirement, après plusieurs récoltes de pommes de terre ou de carottes (plusieurs dizaines de tonnes à l'hectare), ils viennent à manquer. Il faut donc les remplacer. C'est le rôle des engrais parmi lesquels l'azote (N sous forme de nitrate) et le phosphore (sous forme de phosphate), le potassium (sous forme de potasse) doivent faire l'objet d'apports assez massifs, de plusieurs quintaux à l'hectare. Ces engrais n'ont aucune toxicité au sens habituel du terme. Leur apport sans discernement risque avant tout de nuire à la plante et plus encore de nuire à l'environnement, en polluant les nappes, surtout avec les nitrates qui sont très solubles.


Dans ces conditions on peut se demander à quoi servent les fumiers et les composts, chers aux écolos. Ces produits n'ont aucun intérêt direct pour la plante. Les productions hors sol sont là pour le prouver. Ils sont en revanche d'un intérêt  primordial pour le sol et son fonctionnement. Ils servent à renforcer la partie argilo-humique du sol cultivé, constituée de grosses molécules d'argile et d'acides humiques. L'humus résulte de la dégradation des fibres végétales, c'est à dire du bois et de la cellulose. Cette véritable digestion est assurée par la chaîne de tout le petit peuple vivant in situ, de la taupe aux moisissures, en passant par le ver de terre . Les agriculteurs modernes ont beaucoup trop négligé cet aspect des choses. La fraction argilo-humique est dotée de multiples petits bras moléculaires pour retenir l'eau et les engrais. C'est le garde-manger des plantes, et si on veut une bonne production, il faut que le garde-manger soit en bon état et toujours garni. Les apports de matière organique sont indispensables pour entretenir un bon sol, et finalement pour obtenir une  croissance optimale du végétal. De cette bonne croissance dépendent les qualités nutritives de nos fruits et légumes.


On doit pas opposer le bio à l'intensif. La seule bonne agriculture est celle qui donne les meilleures conditions de vie à la plante et qui veille à ne pas la gaver de produits toxiques, que ce soit pour elle ou pour les consommateurs. Cela s'appelle de l'agriculture intelligente (on dit raisonnée). Elle est aidée en cela par les apports puissants de la science agronomique. Dans cette perspective, les OGM promettent  une révolution agricole majeure qui sera la clé  d'une alimentation de qualité pour tous les habitants de la planète, tout en protégeant notre environnement. En les présentant comme des épouvantails, les écolos et le gardien de chèvres moustachu à leur tête,  jouent contre leur camp .

 

 

 


 

Il