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14/06/2012

Retrousser nos manches

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 Les raboteurs de parquets de Gustave Caillebotte (1875)

 

 

L’élection haut la main de Bernard Cazeneuve et de Geneviève Gosselin est un événement heureux pour le Cotentin. Grâce à leur travail patient au service de Cherbourg et de sa région le Ministre et la Députée ont obtenu l’assentiment très large de nos concitoyens. Bernard Cazeneuve est un homme de rassemblement, de consensus et de conviction qui donne du temps au temps et qui respecte ses concitoyens. Je l’ai déjà expliqué lors de la parution de son livre sur l’affaire de Karachi. De son côté, en se consacrant à l’examen du Scot avec tous les élus du Cotentin, quels que soient leurs bords politiques, Geneviève Gosselin a prouvé qu’elle savait distinguer l’essentiel de l’accessoire, et écarter la polémique pour faire avancer notre petit territoire.

 

Une période nouvelle s’annonce qui semble sceller le déclin de la vieille droite rurale qui perd peu à peu ses positions dominantes. Une étape supplémentaire pourrait être franchie en cas de succès de Stéphane Travers dans la 3° circonscription, voire de Le Coz dans la 2° ! En tout état de cause, il me semble que l’influence des notables, indépendants et paysans, des vétérinaires et des propriétaires fonciers , des notaires et des avocats,  reflue face à la montée des salariés du tertiaire, du bâtiment, des services publics, et du tourisme qui viennent renforcer les bastions traditionnels de l’arsenal, d’Areva et des  personnels enseignants.  La prise de conscience est facilitée par les excès du sarkozysme qui a droitisé l’UMP au point de la rendre bien poreuse aux idées xénophobes et identitaires du Front National. Par bonne fortune, notre Cotentin n’est pas une terre des extrêmes, elle cultive la modération en tout, la diversité et la tolérance. Le FN n’y fera jamais les scores qu’on peut trouver en Lorraine ou en Paca-Côte d’Azur.

 

La gauche maintenant fortement implantée dans notre territoire doit montrer qu’elle est capable de relever les défis du développement et de l’emploi dans les secteurs porteurs. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les projets industriels dans l’éolien et l’hydrolien , dont certains semblent bien avancés, peuvent en cas de succès être un tremplin pour la modernisation de notre économie. D’autres progrès peuvent être obtenus dans les activités maritimes, dans la plaisance, dans la pêche et la conchyliculture, et encore davantage dans le tourisme dont le potentiel est encore intact. Il me semble aussi que nous n’avons pas suffisamment théorisé sur la réussite tranquille des Maïtres Laitiers et sur le modèle économique que cette entreprise représente pour l’agro-alimentaire dans la presqu’île.  Que ce soit pour les légumes, la viande ou les produits de la mer, on pourrait imaginer des synergies commerciales reposant sur la diversité de l’offre, la qualité des produits et la garantie d’approvisionnement propre à satisfaire les gros maillons de la distribution, tout en résistant mieux à leurs féroces exigences. La démarche de qualité, de diversité, de proximité et de maîtrise des marchés est un processus gagnant dans l’agro-alimentaire, en particulier pour les produits frais.

 

Avec une économie en croissance offrant des emplois, nos services trouveront un meilleur terreau pour leur développement et leur modernisation.  Nous devons améliorer nos écoles et nos hôpitaux, nos infrastructures de communication et de transports… On se retrouve en plein dans les thèmes d’élaboration du Scot (Schéma de cohérence territoriale), dans la problématique du lien ville-campagne, dans l’exercice du désenclavement routier et ferroviaire, voire maritime, dans l’ambition de s’assurer  des concours extérieurs, dans la nécessité d’ouvrir des relations avec les autres régions et les autres pays.

 

On peut rêver. Le développement aujourd’hui ne peut être que celui de l’intelligence et de l’ouverture aux autres. Les cités-nations, les villes bataves ou italiennes comme Gênes ou Venise, sont devenues un temps les centres du monde parce qu’elles avaient un réseau commercial et financier qui dépassait de loin leur minuscule territoire. Le Cotentin peut devenir une île de prospérité en exerçant son potentiel stratégique européen et atlantique grâce aux talents créatifs de ses habitants. Voilà de beaux enjeux en perspective qui sont propres à donner confiance dans l’avenir.

10/11/2010

VIVRE AU VAL DE SAIRE

 

 

marée haute.jpg

 

Il n’y a pas si longtemps, j’ai battu la campagne pour, à défaut de pouvoir être élu, propager quelques idées qui pouvaient servir à la politique d’aménagement de notre Val de Saire.  Je crois toujours à la pertinence des pistes que nous avions évoquées  pour la circonstance, avec Dominique Labadie ma suppléante. Elles avaient l’ambition de respecter les lignes de force de notre région, tout en les précisant et en leur donnant un contenu très concret.

 

Plus de deux ans et demi ont passé sans qu’on voie ici ou là de changements notables ou de projets destinés à améliorer la vie dans notre canton ou dans ceux d’à côté. On assiste en revanche à toujours plus de querelles de clocher et de querelles de personnes, c’est à dire à des travers qui ont toujours été à l’origine de nos impuissances et de notre immobilisme, contre lesquels d’ailleurs nous mettions en garde.

 

Il faut pourtant bien insister sur l’absolue nécessité d’agir et d’organiser notre territoire si nous ne voulons pas continuer de nous enfoncer dans les nuisances d’une circulation routière non maîtrisée, d’une urbanisation aveugle et d’un appauvrissement des services. Nous souffrons d’une absence cruelle de leadership politique, qu’il soit de droite ou de gauche. Chaque commune joue sa carte, avec ou sans atouts. Le plus vraisemblable est le statu quo, in fine.

 

Peut-on rompre cette léthargie préjudiciable à tous et ranimer des feux qui paraissent bien recouverts de cendres ? Le musée Vauban, la piscine à Barfleur, le centre d’aide à la pêche, le plan d’aménagement urbain du canton sont toujours des projets qui suscitent l’intérêt. Peut-être faut-il aiguillonner, mobiliser les acteurs politiques et économiques, faire campagne ? C’est tout notre environnement qui est concerné. Nos conditions de vie et celles de nos enfants en dépendent.

 

 

PS/ J’ai entendu qu’une association Val de Saire Environnement était sous roche. Je le dis tout de suite si on m’y invite : j’en serai.

13/06/2010

Chroniques de l'âne n.s. 3 - Manche Nature dénaturée

carteret_WEB.jpgJe lis dans la Presse de la Manche que le Maire de Barneville-Carteret est excédé par Manche Nature, l'association foutrement célèbre de défense de la nature et de l'environnement dans notre département. La renommée de cette officine tient à son opiniâtreté diabolique à attaquer au plan juridique toute faiblesse réelle ou supposée de certains dossiers d'environnement. Les tribunaux lui donnent parfois raison et condamnent les contrevenants à payer. Comme le plus souvent il s'agit de services municipaux, ce sont les contribuables qui mettent la main à la poche.


L'histoire des Fermes de Carteret est assez exemplaire. La bataille contre la réalisation d'une deuxième tranche du lotissement a été menée par un des propriétaires de la première tranche, sous prétexte comme l'aurait dit Brice Hortefeux, qu'avec une seule ça va, mais avec deux ça devient insupportable. Manche Nature a flairé la bonne affaire et a emprunté le waggon, en se disant que les intérêts privés ne sauraient aller démentir l'intérêt collectif. Pas question d'une deuxième tranche, pourtant d'évidence justifiée par la première, à laquelle le plaignant avait offert son concours et accord de fait !


A la place de Monsieur le Maire de Barneille-Carteret, je me tirerais tout de suite une balle plutôt que d'essayer de raisonner et de convaincre ces jusqu'aux boutistes de l'écologie. Certains esprits parviennent à un tel degré d'autisme social qu'il n'y va aucune chance de les faire changer d'avis, tant leur nature sectaire est évidente.


Cette affaire, qui dure depuis plusieurs années, serait risible, si  elle ne ravalait pas la noble cause de l'environnement et de l'aménagement au rang subalterne des ratiocinations réglementaires. La protection de nos côtes et leur aménagement écologique, touristique et économique volent bien au dessus de ces maigres batailles, qui tournent en ridicule ce qui devrait être essentiel. On arrive à une époque où les citoyens se sentent concernés par ce qu'on veut faire de leur pays et ils aimeraient pouvoir en discuter démocratiquement. Manche Nature au lieu de mener l'effort pédagogique indispensable, préfère la polémique et les outrances. Mon bourricot du Cotentin Tonnerre, est d'accord,  le bonnet d'âne écologique est amplement mérité par cette incroyable organisation