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03/05/2011

DSK et les antisémites

 

dsk,présidentielle,antisémitisme,sionismeNe pas aimer un juif sous prétexte qu’il est juif est une totale ineptie. Nul ne saurait juger une femme ou un homme en fonction de sa religion, de son origine ou de sa couleur de peau. Pris comme des individus, les êtres humains sont tous des frères, sans discussion possible, et ils méritent tous  considération et respect,  d’autant plus  qu’ils sont fragiles et sans défense. La génétique humaine, complexe,  est partout à l’œuvre et peut éclore à tout instant de miracles imprévus.  L’intelligence n’a pas de race, le génie non plus. Bien sûr des monstres peuvent aussi se cacher sous toutes les latitudes.

 

 

Dans ces conditions,  on se demande pourquoi certains quartiers réunissent des Indiens ou des Antillais, des Juifs ou des Chinois, des Pakistanais ou des Arabes. Car la réalité nous oblige à constater que les gens se rassemblent par affinités linguistiques, sociales et culturelles.  Si ces gens,  un peu différents du Français lambda se trouvent plus ou moins regroupés, c’est sans doute parce qu’ils se trouvent en commun des défauts ou des qualités que les autres n’ont pas. Ils affirment ainsi leur différenciation et donnent  à notre concitoyen moyen, matriciel et indistinct, mais quand même souvent blanc et baptisé,  des arguments généralisateurs, totalisants, et pour tout dire « racistes ». On ferait mieux de dire « ethnicistes » car ils tiennent souvent du folklore et des habitudes de vie singulières, plutôt que de la race.

 

 

Autrement dit la première connotation raciste est écrite par les communautés elles mêmes qui se regroupent et se singularisent. Une des tentations les plus fortes dans notre société est celle de l’antisémitisme. Cette forme « d’ostracisme » a des origines historiques et se perpétue de nos jours plus que jamais.

 

Les membres de la communauté juive sont les premiers à se reconnaître entre eux et à s’affirmer comme juifs. Ils reconnaissent leur appartenance à leur grande communauté internationale, une diaspora qui va des USA aux lointains bleds du Sahara et de la Sibérie, et de Moscou à d’Istanbul. On ne saurait reprocher à ces gens leur attachement culturel à Israël, qui vaut celui des Arabes à Bagdad ou des Catholiques à Rome. La diversité et la puissante civilisation de ces peuples  ne peuvent (et ils le prouvent tous les jours) qu’apporter des bienfaits à notre commune humanité. Sans compter qu’avec la Shoah,  il est clair que rien qui pourrait banaliser cette horreur humaine ne peut être prononcé, ni entendu, ni admis. Il reste cependant une communauté avec ses organisations, ses systèmes de défense et de conservation, voire ses politiques d’occupation du pouvoir.

 

Parmi ces politiques, celle du sionisme  a établi un  Etat  juif en Palestine  qui aujourd’hui encore, est au centre  de nombreux troubles à la paix mondiale. Cette politique est généralement soutenue par la communauté juive. Pour mon propos et sans lui faire injure, je reprends une déclaration de DSK au Nouvel Observateur : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l'ensemble de mes actions, j'essaie d'apporter ma modeste pierre à la construction d'Israël. » (Nouvel Obs, n°2405, 2010). C’est à ce propos qu’on ne peut taire l’origine juive de DSK dont il craint lui même qu’elle ne le desserve dans son projet d’élection au Poste de Président de la République française.

 

Le plus incroyable dans tout cela c’est qu’aucun commentateur ou homme politique n’ose aborder la question. J’en connais pourtant qui font les malins à tout instant sur nos ondes. Sans doute ont-ils peur d’être taxés d’antisémitisme,  accusation tranchante qui vous exécute un journaliste en un clin d’œil. Et pourtant on ne peut interdire d’appeler un chat un chat. Dire que DSK est d’origine juive et Anne Sinclair-Rosenberg qui participe à sa campagne, également,  ne peut être une insulte. La France a prouvé avec Blum et Mendès-France qu’elle ne se souciait pas de cela quand l’homme avait le mérite de la fonction. A l’instant même,  j’ai malgré tout la désagréable impression de transgresser un tabou. Il me semble que DSK et ses soutiens vont devoir prendre ce problème à bras le corps. Préfèrent-ils que ce soit la femme Le Pen  et d’autres de la droite bien rance ou de la gauche stalinienne utilisent l’argument en douce, comme un péché inavoué ?

 

Je préfèrerais clamer haut et fort l’attachement ou non à ma communauté plutôt que de laisser les autres en décider. Je ne peux pas envisager un instant que DSK , le leader socialiste et le patron du FMI ne nourrisse pour Israël des sentiments et des projets politiques qui nous mènent à la paix avec les pays arabes et surtout redonnent aux Palestiniens dignité et prospérité. J’attends qu’au cours de la campagne qui s’annonce, la question soit clairement tranchée de la manière la plus explicite qui soit, et que DSK se désolidarise du gouvernement israélien actuel et dise son opposition  au mythe du Grand Israël.

 

Nos concitoyens sont devenus des adultes, ils ont le droit de savoir pour qui et pour quoi ils votent . Ils ont aussi le devoir de bien soulever les tapis pour s’assurer qu’il ne traîne pas quelque part des balayures maudites qui pourriront  l’histoire à venir de notre pays.

 

P/S : J'apprends que DSK nous a fait le coup "de la Porsche tranquille" la semaine dernière. Est-il inconscient ? si il y a quelque chose dont les Français ne veulent plus c'est bien du bling-bling à la Sarkozy. La Mégane décapotable de Jospin était déjà limite. Un président normal dit François H. , voilà ce que les Français souhaitent. Il a raison.

 

27/01/2011

Céline mon amour...

céline,shoah,imprimatur,antisémitisme,libertéJe n’aime pas qu’on me dise  ce que j’ai à penser. Monsieur Klarsfeld a bien sûr le droit d’exprimer des réserves sur Louis Ferdinand et les motifs ne manquent pas. Il n’est pas le seul à trouver que l’écrivain fut un abominable raciste antisémite et que ses Bagatelles sont une insulte à l’humanité. Il y a consensus là dessus. Le seul petit bémol qui pourrait entrouvrir la porte du pardon réside dans les outrances mêmes du verbe qui finissent par lui donner un air de grand guignol. Mais laissons cela, le procès est largement entendu, la haine est bien présente et la vindicte et la rage bien dirigées contre un malheureux peuple confronté au moment le plus douloureux de son existence. Un moment qui restera comme une tache définitive sur l’odyssée de l’homo sapiens.

 

Malgré cela, je ne peux pas être d’accord avec Monsieur Klarsfeld et ses amis et encore moins avec l’histrion Mitterrand qui s’est soumis à leur réclamation. Qu’un écrivain fasse partie ou non du panthéon des artistes français ne peut pas être de la décision d’un groupe de pression, si légitime soit-il. Un artiste existe dans la conscience des gens tout simplement parce qu’il a su à un moment donné s’adresser à elle et y rencontrer une voie de communication qui a changé leur univers. Nul ne peut nier qu’il y a dans la littérature française un avant et un après Céline, qui pour du coup a inventé une nouvelle façon d’écrire en envoyant les mots comme des balles, dans une sorte de combat inventé lors de sa collaboration avec deux guerres mondiales.

 

Alors je n’aime pas qu’on me dicte ce que je dois penser, qui est de l’ordre de ma propre liberté, de ma très chère liberté. Je n’ai pas besoin qu’on me dise que Céline est un fantassin laborieux du racisme, je le sais. Je ne veux pas qu’on me dise que tel ou tel écrivain ne peut pas faire partie de nos célébrations parce qu’un  ministricule l’a décidé en battant en retraite devant un groupe de pression. On pourrait à cette aune là, multiplier les têtes de turc liées à la vindicte de tel ou tel,  en vertu du droit ou de la morale. Cet attentat à la liberté de penser est un tout petit pas, mais un pas quand même, vers la tentation de diriger les esprits et d’instaurer le politiquement correct dans le domaine des arts en général, et de la littérature en particulier.

 

Autant dire qu’il s’agit de tenter d’enrégimenter les artistes et d’octroyer l’ imprimatur. Je dis aux Klarsfeld et à leurs émules qu’il n’y a pas d’autorité suprême dans la création artistique. C’est à chacun de juger pour lui même en sa responsabilité éclairée. La mémoire ne fonctionne pas à sens unique et l’histoire d’un peuple se partage quoiqu’il arrive, sauf à se désolidariser du tout et y perdre le droit à la parole. Je leur dis aussi que le caniveau regorge de trésors et les prisons aussi. Alors je clame seul et librement, venez tous, Sade, Céline , Bukowski, Genêt,  je vous embrasse,  vous êtes les premiers combattants de notre liberté.