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15/05/2012

Saint François de Tulle dit le Corrézien

 

françois hollande,président,baraka

 

Quelques semaines avant le 6 mai, jour de l’élection de François H. à la Présidence, on a vu pleuvoir merveilleusement. Alors qu’au mois de mars on redoutait la pire des sécheresses et des pénuries calamiteuses de grains, j’ai pu observer, en traversant la France cette semaine, que les blés avaient poussé d’un bon pied et fort vigoureusement. J’ai vu également  que les rivières méridionales roulaient des eaux tumultueuses à leur plus haut niveau, sans doute suffisamment pour recharger les nappes qui étaient il y a quelques semaines au plus bas. Je remarque à cette occasion qu’il ne s’en est suivi pour autant d’aucune catastrophe ni inondation. J’ai entendu dans tous les bourgs et dans tous les villages de nos campagnes que le peuple était content, que les troupeaux trouveraient à paître pour l’année entière  et que les silos à blé seraient  remplis dès cet été à déborder.

 

J’avais écrit il y a plus d’un an que François de Tulle serait notre Président à condition qu’il soit quelque peu chanceux, ou si on préfère, que la Providence lui accorde la Baraka. De la chance,  le Corrézien n’en a pas manqué car même les démons du sexe ont volé à son secours.  L’institution des primaires et plus encore la mauvaise pioche d’un Sarko maudit et dévalué, l'ont également secouru. Une toute  dernière faveur lui est encore octroyée par une conjoncture économique butant ouvertement, comme il l’avait lui-même prédit, sur l’impossibilité de payer nos dettes avec une activité en récession. Même les libéraux les plus endurcis le regardent aujourd’hui avec un air dubitatif. Ils se demandent si leurs prédictions alarmistes ne risquent pas de faire pâlir leurs brevets d’experts. Avant même d’être installé Président,  le Corrézien a rassemblé son camp et porté le doute chez ses adversaires, y compris chez nos cousins Germains. Il ne faut donc pas s’étonner dans ces conditions qu’il puisse également commander les nuées, déclancher les pluies et stopper les orages. Pour l’heure il a fait rendre gorge, en tout cas momentanément, aux tenants millénaristes des catastrophes climatiques.

 

Je m’attends à ce que d’autres miracles surviennent, comme la reprise de la croissance et la baisse du chômage, De la même façon il se pourrait que dorénavant tous les enfants sachent lire et compter en quittant l’école, que les naissances gémellaires se multiplient chez les bovins Charolais et que Mme Duflot ouvre pour ses amis une boulangerie  de petits pains au maïs OGM ! En mettant au premier plan le facteur chance dans le succès de la campagne de Saint François de Tulle j’ignorais jusqu’à quel point le hasard et la nécessité seraient déterminants. Nous allons constater demain avec le gouvernement Ayrault et après demain, avec Angela Merkel, que ce phénomène exceptionnel n’en est qu’à ses débuts. Nous pouvons d’ores et déjà instruire un procès en béatification politique, François plaît aux Dieux ! Il utilise les bonnes méthodes et fait preuve d’un savoir faire tel que l’Olympe va se mobiliser pour décupler ses succès et lui assurer victoires sur victoires.

 

Je n’ai donc aucune gêne à porter l’encensoir et à devenir le thuriféraire respectueusement incliné d’un tel homme béni de Jupiter et de ses colistiers. Pour demeurer moi même, comme toujours, à la pointe du combat, et rester la vigie lucide qui veille aux avant postes, je vous conseille chers lecteurs, de vous prosterner devant la robe de bure de notre nouveau Prophète. Le règne de saint François de Tulle dit le Corrézien, dit aussi le Modeste,  ne fait que commencer . La liste de ses miracles est encore balbutiante et nous devons nous attendre à des surprises incroyables. N’a t-il pas terrassé sans coup férir le Dragon horrible et trop bavard alors que la bête se vantait de ne faire qu’une bouchée de cet humble moine ? Je sens monter à travers ce beau pays de France, peuplé d’incroyants, d’infidèles et de sceptiques,  une nouvelle vague d’Optimisme et de Foi.

 

Jube domine Saint François,  benedicere !