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05/04/2014

Futurologie

 

 

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 Jaune-Rouge-Bleu par Kandinsky

 

 

Jacques Le Goff, notre regretté historien, confiait il n’y a pas si longtemps  son peu de goût pour la Futurologie, ce qui était une façon de remettre en cause l’Histoire,  comme la clé de notre avenir. De la Futurologie, les savants du GIEC nous en racontent tous les jours. A tel point qu’ils sont surpris, voire dépassés par la rapidité avec laquelle les évènements qu’ils avaient prédits  pour le milieu du siècle se manifestent  aujourd’hui. A leur place j’y trouverais un motif d’inquiétude plutôt qu’une satisfaction. Avant l’heure ce n’est pas l’heure ! Cela prouve qu’il y a quelque  chose qui cloche dans leurs modèles. C’est peut-être aussi qu’on se précipite un peu trop vite pour trouver partout des raisons  ou des effets du réchauffement. Les évènements météorologiques qui s’éloignent de la moyenne sont maintenant considérés comme autant de preuves du dérèglement climatique. Il y a belle lurette que les climatologues savent que ces moyennes n’existent pas ! Et qu’en réalité la météo est toujours en de ça ou au de  là ! Finalement nos savants du GIEC  prêchent de plus en plus dans le désert et n’arrivent à convaincre que ceux qui le sont déjà.

Avec son nouveau gouvernement de choc,  F. Hollande envoie toute nos forces socio-démocrates  dans la bataille pour la croissance et la création d’emplois. Réussira-t-il ? Je le souhaite pour la France et les Français et pour l’Europe. Si les Allemands ne prennent pas conscience qu’il faut d’urgence relancer l’économie  de l’Espagne, de l’Italie et de la France en acceptant quelques effets inflationnistes, nous risquons bel et bien la stagflation, à l’exemple du Japon, qui fut autrefois à la pointe du progrès et de l’innovation et qui vient d’ endurer  deux décades de stagnation économique. Il en  sort tout juste ! 

Michel Sapin se voit confier la difficile mission de convaincre les instances européennes de lâcher les vannes du crédit et de financer des grands projets collectifs ou de racheter des emprunts pourris qui paralysent les banques.  Tout cela passe par la bonne volonté de la Banque Européenne et de son Président Mario Draghi, qui bien sûr est sous la pression allemande. Pour l’Europe, je souhaite qu’un accord soit trouvé avant peu. Les élections du mois de juin risquent , si ce n’est pas le cas,  d’envoyer au Parlement une majorité d’adversaires de l’Europe. A ce moment- là, il sera trop tard pour pleurer.

Fidèles à leur politique de Gribouille, les écolos ont refusé un grand ministère de l’Ecologie. Plus politicards que ces gens-là tu meurs ! Ils espèrent faire un tabac aux dites élections européennes sur le dos des socialistes, mais il se pourrait que le grand vainqueur  soit le FN avec l’aide inavouée  de l’UMP. Nous récolterons alors  les fruits amers de la discorde et de la non-coopération européenne. Les gens raisonnables de notre échiquier politique devraient réfléchir  à la nécessité de donner , enfin ! un coup de main à la voie moyenne que veut emprunter notre gouvernement pour sortir de la crise. L’enjeu , c’est d’apurer  les comptes publics  tout en tentant de rendre confiance aux entreprises qui sont les seules à même de relancer l’investissement productif. Cela suppose  qu’on  allège les taxes et qu’on diminue  le coût du travail,  ce qui n’est pas facile  à faire quand les caisses sont vides . Alors même qu’un peu de justice doit conduire à redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes. Le moins qu’on puisse dire c’est que le nœud est hyper serré !

Sur le plan politique, Hollande est coincé entre   la gauche de la Gauche qui trouve « inconcevable de faire des cadeaux aux patrons » et préfère retourner à ses habituels démons de la révolution pour demain et la droite de la droite, qui compte bien rendre l’Europe responsable de la crise, de l’immigration incontrôlée et de la perte irrémédiable de notre souveraineté et de notre identité. La droite classique,  sous la direction d’un  Copé qui persiste à  jouer les roquets bêtes et méchants, en utilisant les armes débiles de l’amalgame et de la mauvaise foi,  sera bien incapable de s’opposer  à cette conjonction des extrêmes qui recèle de grands dangers à court terme.

On pourrait se demander où est passé le centre dont la vocation ressassée est d’appuyer les majorités d’idées. Borloo est malade semble-t-il et le nouveau maire de Pau est trop discrédité pour tenter un retournement !  C’est pourtant le moment, pour les gens raisonnables  de collaborer à des objectifs qu’ils réclament depuis vingt  ans , qui consistent à   réduire les déficits et relancer la croissance.  Il va falloir que le gouvernement de combat qui vient de se constituer réussisse à convaincre seul, par ses propres mérites, de la pertinence de son action. Je fais des vœux pour qu’il y parvienne, mais l’entreprise est risquée.

On ne peut compter que sur la clairvoyance et le savoir –faire du couple Hollande-Valls. Je leur souhaite la baraka !  Ils vont devoir  obtenir  l’écoute des milieux économiques, des entreprises et des syndicats. A quel prix ? Il ne faut pas hésiter à frapper les esprits,  en supprimant les 35 heures même symboliquement, en autorisant l’exploitation des gaz de schistes et en lançant enfin les travaux de Notre Dame des Landes. Il faut décider, il faut agir, trancher, se faire des ennemis et l’emporter finalement ! Un gouvernement  de combat, c’est fait  pour ça. 

Pour la première fois peut-être de l’histoire,  le Cotentin fournit un ministre de l’Intérieur  à la France. Nous en sommes fiers et je me souviens d’avoir écrit en son temps (Voir ma chronique du 10/05/2011, Eloge de notre député-maire…) tout le bien que je pensais de ce petit homme souriant, modeste et plein d’humour.  Avec lui,  je suis sûr que la loi sera inflexible et que les personnes seront respectées.

01/06/2013

Changement de temps


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 Kandinsky Un sentier de Bohême en automne

 

 

En cette fin de semaine j’oublie moins que jamais ma dévotion à Saint François de Tulle dont je suis le bedeau attitré. Les temps changent. Avec la météo pourrie  s’estompent également les derniers ruissellements du Hollande « bashing ». Le Corrézien a eu bien raison d’opposer depuis son élection sa sagesse et son entêtement à l’impatience des média et aux quolibets de ses adversaires. Il a même dû calmer certains de ses amis  de leurs excès de fébrilité militante. Comme je l’ai appris dans ma jeunesse en affrontant des forces 7 ou 8 dans le nez à trois heures du matin sur mon voilier, il faut se persuader sur le pont  que les coups de vent ont une fin et qu’après eux reviennent  les brises légères et porteuses. Pour le Président le signe annonciateur est un coup d’arrêt dans les sondages. Comme le titrent les journalistes, une embellie semble enrayer  la chute vertigineuse, le décrochage abyssal de la cote de popularité du Président. On est toujours plus prolixe dans le négatif que dans le positif. Cela semble plaire infiniment à nos concitoyens.

 

Mais ce ne sont pas ces enquêtes d’opinion qui me réjouissent, ce sont d’autres investigations. La dernière date d’hier soir avec la mise en examen de la filiale UBS France, pour pratiques frauduleuses qui proposaient aux gens riches de faire de la dissimulation fiscale au détriment de l’Etat français. Notre justice se réveille ! Ces faits remontent à une dizaine d’années, ils ont pu se déployer, Cahuzac en tête, sur notre territoire sans que nul ne soit inquiété. Les temps changent vraiment. Le ciel s’éclaircit. Au même moment, voilà que se trouve mis en examen un ancien Président de Tribunal, un vénérable de 86 ans Pierre Estoup. Je n’en reviens pas ! Dans les années Sarkozy le même homme, bien sous tous rapports, était choisi par notre administration,  avec deux autres grands bourgeois bien établis, pour régler un litige avec Bernard Tapie. Jusqu’à présent on répétait partout que c’était la meilleure solution car on faisait économiser du temps et de l’argent à l’Etat. C’était la parole de l’excellente Madame Lagarde, qui n’a pas une tête à être copine avec Tapie ! Et voilà qu’aujourd’hui ce Pierre Estoup est inculpé d’escroquerie en bande organisée !

 

Ces deux dossiers  ont une autre signification sociale que les mises en examen des petits apparatchiks socialistes qui en comparaison sont des vrais gagne petit, sauf peut-être pour le bandit corse de la région PACA. La presse de droite a tout fait pour en faire le  pendant d’équilibre droite-gauche pour finir avec un "tous pourris", et vive la belle Marine. Pas de chance, même elle se prend les pieds dans le tapis , se casse le fessier dans sa piscine et peut-être aussi un peu dans sa molle opposition au mariage gay. On sent une grosse déconfiture à droite avec pour décor ultime les avatars de la primaire pour la mairie de Paris.

 

Mes camarades militants du PS doivent se rendre compte que la lutte contre l’évasion fiscale et contre les entourloupes d’Etat est aujourd'hui devenue une réalité et les preuves que la société peut changer, même si  ça demande du temps et beaucoup de confiance. Remarquons au passage que notre excellent Bernard Cazeneuve devenu ministre du budget ne manquera pas ses cibles quand elles passeront à portée de ses fonctions, en particulier celles de l’affaire Karachi. J'en vois pour confirmation , même si notre ministre  n’y est bien sûr pour rien,  que Ziad Takiedine est remis en prison depuis hier. Copé était quand même un grand ami de cet homme aux allures d'aventurier-truand, puisqu'on l'a vu nager dans les eaux troubles de sa piscine et de son  yacht.

 

Bien sûr tout ceci est satisfaisant mais ne peut avoir rien de définitif sans un retournement économique pour que les entreprises cessent de se plaindre et investissent à nouveau,  qu’elles arrêtent de spéculer dans la finance pour s’impliquer dans la bagarre industrielle et la compétitivité. Ce n’est qu’ensuite que le chômage cessera d’augmenter et que le pouvoir d’achat s’améliorera. Seulement alors, les Français vivront mieux. Les bonnes mesures ont été initiées au printemps  par le gouvernement. Elles ne peuvent pas avoir d’effet avant l'automne mais elles en auront ! Dans six mois, dans un an !  Saint François prêche pour une social-démocratie sobre, industrieuse et juste. Je suis l’un de ses partisans lucide et déterminé.

18/10/2012

Vivre en Europe, demain.

 

 

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Les demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso

 

Dans cette fin de semaine va se tenir un nouveau Conseil Européen réunissant les chefs de gouvernement, dont les enjeux sont importants. Il s’agit en particulier de mettre fin à la spéculation bancaire sur les dettes souveraines qui fragilisent notre monnaie. Cette réunion n’intéresse pas la presse qui préfère régaler ses lecteurs avec l’assassinat d’un avocat corse ou bien avec les soi-disant errements du gouvernement. Les « couacs » !  Il est vrai que depuis l’élection de François Hollande le psychodrame franco-allemand s’est gentiment transformé en une concertation peut-être rude mais en tout cas apaisée. Pas un seul éditorialiste n’a le courage de relever ce changement de ton.

 

J’ai pu suivre sur LCP la séance parlementaire de concertation des chefs de groupes politiques avec notre Ministre des Affaires Européennes Bernard Cazeneuve.  La première constatation est que les rangs de l’hémicycle étaient clairsemés et la deuxième que notre ministre du Cotentin est vraiment à la hauteur et se montre comme un féroce débatteur à l’humour ravageur. Je suis vraiment heureux que les affaires européennes soient dans les mains de B. Cazeneuve. Son sens de la nuance, sa connaissance des dossiers, son respect des personnes en font un grand conciliateur. C’est ce qu’il faut aux affaires européennes : expliquer, expliquer sans cesse. On a pu voir avec Talleyrand raconté sur Fr2 (malheureusement à la même heure que le France-Espagne) que la personnalité des hommes est primordiale dans les soubresauts de l’histoire. Je prédis que Bernard Cazeneuve va devenir un homme qui compte dans la période actuelle.

 

Du même coup je suis reconnaissant à François Hollande d’être venu chercher notre Maire de Cherbourg pour remplir des fonctions aussi importantes. La clé de beaucoup de nos problèmes se trouve en effet à Bruxelles. La stabilisation de l’euro et l’apaisement des taux d’intérêt sur les dettes des états du Sud en faillite n’est qu’un début, obligé mais insuffisant. Tout le monde se rend compte aujourd’hui que la relance économique passe par des investissements concertés d’infrastructure, d’innovation  et de modernisation. Les eurobonds peuvent devenir de puissants leviers pour la mise en œuvre des programmes. Mais la relance économique devra être complétée par l’asséchement du dumping fiscal et social. Il faut en venir au plus tôt à une harmonisation des impôts et des salaires.

 

C’est un vaste programme qui n’intéresse personne et qui pourtant est le seul susceptible de nous tirer d’affaire. La droite est toute à ses querelles et la gauche est divisée. A gauche toute, il est de bon ton d’être anti-européen en prétextant que l’eurogroupe est  aux ordres du capitalisme international,  et tant pis si assez souvent la politique de la Commission est plus écolo, plus juste et parfois moins libérale que celle de la France elle-même !  L’attribution du Prix Nobel à l’Union Européenne peut-elle réveiller les esprits les plus rétrogrades ?  L’Europe économique et sociale est notre nouvelle frontière et ceux qui trompent les gens en les effrayant par les agissements supposés de la mystérieuse bureaucratie bruxelloise feraient mieux d’expliquer le fonctionnement réel de l’UE, les rapports de force en présence et les moyens de peser dans les décisions. A l’extrême gauche, on pense malheureusement encore que l’Internationale ne peut être que prolétarienne !

 

La sociale démocratie mise en œuvre par notre gouvernement réussira peut-être à expliquer cela au peuple et à rendre enfin populaire l’Union Européenne. Les gens sont tiraillés à la fois par les grands espoirs que cette union suscite et par la peur de n’être plus maîtres de leur destin. Dans toutes les sociétés on voit s’opposer ces deux forces contraires, les conservatismes qui redoutent l’inconnu et les forces de progrès qui veulent aller de l’avant. A bien y regarder ce sont toujours ces dernières qui finissent par l’emporter.

 

 

30/06/2012

Baguette magique

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Quand je vois la dame Pecresse s’en prendre aux socialistes avec une morgue directement héritée des beaux quartiers, je me demande dans quel monde on vit. Crise ou pas, la droite laisse le pays dans un état peu enviable, avec une croissance presque nulle, un chômage au plus haut, et des perspectives de récession qui s’amplifient. Les beaux esprits de l’UMP ne s’embarrassent pas de si peu, ils continuent à donner des leçons à la gauche qu’ils traitent de haut. Il suffit de voir la condescendance de l’ancienne ministre du budget quand elle s’adresse à la porte parole du gouvernement Najat Belkacem !

 

Au même moment les Ecolos refusent de manière toute symbolique de voter pour Bartolone à la  présidence de l’Assemblée nationale. Les journalistes s’affolent, il faut faire du buzz, Pascale Clark qui s’y connaît sur France Inter montre son indépendance d’esprit en s’attaquant à J.V. Placé, mais cet homme est une forte tête politique qui a les pieds sur terre. Intéressez vous aux bisbilles si vous voulez dit-il, mais nous on fera le bilan dans un an. Enfin ! Juste après,  Barouin fonce sur la mésentente Merkel - Hollande, il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent !  Pas de chance l’entrevue d’hier soir n’a pas si mal tourné, comme le montre la photo.

 

L’Allemagne et la France sont de fait condamnées à s’entendre. Hollande est encore une fois bien chanceux : ses propositions modérées, ouvertes,  trouvent du renfort auprès des Italiens et des Espagnols et de plusieurs autres pays parmi les 29. La même compréhension et la même sympathie s’observe chez les responsables des Institutions de Bruxelles. Mme Bismarck semble de plus en plus isolée, même si sur ce plan elle est très soutenue par son peuple. Le bilan Merkozy n’est pas bon, avec de la récession et du chômage, et il donne à réfléchir. Les responsables européens pensent à rechercher une politique plus efficace. On sent trop bien que rien n’a progressé dans la lutte contre la crise. Il faut trouver autre chose,  et surtout  un chemin plus rapide vers la reprise et le retournement de la conjoncture. Il va bien falloir prendre des risques. Apparemment  c’est chose faite ce matin à la satisfaction des places de Bourses .

 

Les gens de l’UMP peinent à  s’expliquer entre eux sur les raisons de leurs échecs électoraux successifs. Ils demeurent bizarrement très solidaires de Sarkozy qui n’est pourtant pas pour rien dans le désamour qu’ils rencontrent dans l’opinion. Sans doute faut-il croire que l’ancien Président n’a  pas lâché les manettes et qu’il pèse sur les rapports de force internes de la droite actuelle. Cette solidarité affichée avec le Président battu et mal aimé n’est pas propre à renforcer le poids de la Droite, qui se retrouve ainsi avec beaucoup de chats à fouetter et quelques cadavres dans les placards. Dans ces conditions François Hollande a peu à craindre pour l’instant d’un retournement d’opinion.

 

Les éditorialistes et les experts de tous bords, à l’unisson avec les chiens de garde de la droite la plus acerbe, avaient d’abord dit qu’il n’y aurait pas d’état de grâce, puis ils ont expliqué que si celui-ci se manifestait contre toute attente, il ne pourrait être que de courte durée. De fait,  le premier sondage publié il y a quelques jours en annonçait le début de la fin. Nous en verrons encore plusieurs de cet acabit. Fort heureusement les gens sensés qui ont voté pour Hollande savent qu’aucun gouvernement,  fusse-t-il de gauche ne saurait transformer le plomb en or ou multiplier les petits pains,  comme Jésus lui-même. A défaut de baguette magique, Hollande est suffisamment calme, averti,  et soutenu par un consensus populaire assez fort pour donner du temps à son projet de redressement du pays. Il va devoir ferrailler avec le Front de Gauche qui a tout à gagner de la politique du pire.

 

Comme depuis le début de son parcours, le nouveau Président veut garder la chance de son côté. On vient de voir qu’à Bruxelles, il a bel et bien conduit les Allemands à lâcher du lest du côté de la croissance et de la solidarité, avec la coopération  active des Italiens et des Espagnols, qui ne sont pourtant pas de son bord politique. Ce matin j’ai écouté Bernard Cazeneuve sur France Inter, il a expliqué fort civilement que dans ces pourparlers, il n’y a eu ni gagnants ni perdants, mais une seule bénéficiaire : la solidarité entre les peuples européens. Quand on écoute notre Ministre cherbourgeois, qui a voté non au nouveau Traité en 2005, on se dit que les choses ont bien changé. Je me demande si on doit continuer de parler de chance à propos de notre Président, ou bien ajouter qu’il y a aussi là, du génie politique.

23/06/2012

Rose Cotentin

 

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 Le rocher du Castel de François Millet

 

L’élection de Stéphane Travert dans la 3° circonscription de la Manche change en profondeur la donne politique de notre petit territoire. Depuis toujours on opposait le rose rouge cherbourgeois  au bleu agricole du bocage.  Les syndicalistes de l’Arsenal n’avaient que mépris pour les bedas menés par les  Vétérinaires qui avaient la main sur le cul des vaches et donc barre sur  les petits paysans.  Les citadins laïcs se riaient des  ruraux cléricaux. Cet ordre ancien s’est délité sans faire de bruit pendant que les salariés d’Areva, de Flamanville et des Maîtres Laitiers s’installaient à la campagne en rachetant à peu de frais les lopins des petits agriculteurs mis sur la touche par la concentration imparable des entreprises agricoles. Les environs de Cherbourg, dans la Hague, dans  le  clos Valognais ont été gagnés par la « rurbanisation », accélérée encore par les supermarchés qui ont fait le vide dans les boutiques de village et disqualifié beaucoup de petites bourgades, maintenant traversées par des voies à grande circulation. Dans cette situation  les notables et les propriétaires fonciers ont perdu leur influence. Comme partout en France la ville est victorieuse et notre campagne est marginalisée.

 

De ce point de vue le Cotentin est un véritable laboratoire qui doit trouver des solutions pour éviter « le grand vuidement » des villages qui n’abritent plus que des vieux et des inactifs à faibles revenus pendant  que les emplois et les services, en particulier de santé, se concentrent dans les agglomérations et surtout  dans la CUC.

Il y a trois types d’activité qui peuvent restaurer un certain équilibre :

- L’agriculture et la pêche

- le balnéaire et la plaisance

- le tourisme rural et culturel

Ces trois secteurs peuvent être renforcés  par l’axe fort de l’aménagement du territoire et surtout par une défense sans faiblesse de l’environnement et de l’écologie. Les activités rurales de notre Cotentin ne trouveront leur expansion qu’avec la bonne note écolo ! Je ne parle pas de la politique imbécile des Verts en peau de lapin qui n’ont que les OGM, le nucléaire et le réchauffement climatique à la bouche et qui nous mènent à une absence totale de prise en compte du quotidien. Pendant qu’ils bavassent, nos côtes ne sont pas protégées,  la loi littorale est bafouée, les ressources halieutiques sont mises en danger,  le bocage est détruit, l’urbanisation est à la fois débile et sauvage.

 

Le propre des gens de gauche est d’être tournés vers le progrès, l’action collective,  la modernisation et la critique des conservatismes.

 

Aujourd’hui on voit comment grâce à une entreprise dynamique,  les Maîtres Laitiers du Cotentin ont franchi un seuil dans la valorisation de leurs produits. Le sort de l’activité agricole tient à cette démarche fondamentale : Pour qui voulons nous produire ? Comment gagner des parts de marché ? Comment s’y maintenir ? Les subventions de l’Etat et toutes les autres manœuvres européennes ne sont que des idées fumeuses, surtout dans le secteur du produit frais. La chance du Cotentin agricole c’est sa diversité bioclimatique et sa richesse en agro-systèmes qui autorisent une grande variété de productions. C’est cet atout qui doit être mis à profit. C’est vrai pour l’élevage, le maraîchage mais aussi des productions de niche, de la fraise au cheval de course. Et la couleur essentielle doit être celle de la qualité bio, je ne dis pas du biologique étiqueté mais de celui résultant d’une technique propre et maîtrisée. Le bio façon hippie à la Bové doit être dépassé pour laisser la place à des produits agro-alimentaires modernes et de qualité, exempts de pesticides avant tout, de bonne présentation   avec des qualités gustatives à l’ancienne. Ce n’est pas moins de science mais plus de science qu’il faut. L’agriculture est devenue un métier de haute technicité.

 

La conchyliculture, la pêche sont dans les mêmes draps. Les cahiers des charges doivent venir partout au secours des produits pour épargner la ressource et privilégier la qualité. L’action collective des professionnels est nécessaire avec le respect des chartes et des règlements. Le comité régional des pêches est beaucoup trop indulgent avec les pratiques destructrices et les abus. Il fonctionne davantage comme un syndicat que comme un moteur du progrès et de l’action associative.

 

Le tourisme idem,  a tout à gagner des bonnes règles de la protection du milieu naturel et d’un aménagement respectueux des paysages et de la qualité de vie. Il s’agit d’un écotourisme et non pas d’une activité balnéaire façon  Côte d’Azur. Il  doit faire appel aux randonnées, aux pistes cyclables, à la thalassothérapie et autres activités, de la piscine au hammam, à la plaisance, aux musées, à la vie culturelle, artistique  et ludique des cantons. Cela suppose que notre pays soit avenant et mette en valeur son histoire et  son bâti ancien encore bien conservé dans les campagnes. Il faut  qu’on arrête d’émailler le bocage ou le bord de mer avec des pavillons hideux, peints en jaune avec des clôtures héritées des banlieues des années trente.

 

Pour tout dire, le rose Cotentin doit être imaginatif et créatif afin d’ échapper à son destin de région excentrée qui laisse faire n’importe quoi, faute d’une représentation politique forte. Avec un ministre PS et deux députés, la  presqu’île n’a jamais été autant maîtresse d’elle même. Ici comme ailleurs on attend beaucoup du changement politique, il s’agit d’initier  une nouvelle histoire socio-économique. Pas moins.