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10/06/2011

S.O.S bord de mer, dans le Val de Saire.

 

 

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Tel est le nom de l'association que je viens de créer avec quelques copains. J'invite tous ceux qui sont intéressés à nous rejoindre en prenant contact par mail. Nous ferons dans quelques jours une assemblée générale pour désigner un bureau, avec Président(e), secrétaire, et trésorier(e). Les membres fondateurs apportent 50€ et une cotisatuion annuelle de 15€. Les adhérents simples se limitent à leur cotisation annuelle.

 

L' association  se donne trois objectifs,

  • veiller à la sauvegarde et à la restauration écologique des rivages du Val de Saire, dans la concertation et la pédagogie, avec les riverains, les usagers et les autorités locales,
  • faire respecter les dispositions juridiques de la loi du littoral et du code de l'urbanisme tels qu'elles doivent être appliquées sur le bord de mer et dans  les espaces proches du rivage,
  • promouvoir auprès de l'opinion et des autorités concernées l'aménagement dans notre petit pays d'un centre de loisirs balnéaires bioclimatique, protégé et sécurisé, destiné en priorité aux personnes âgées et aux jeunes enfants (à inventer sur la base d'intégration au paysage et de l'utilisation des énergies solaires et éolienne).

 

Je n'ignore pas la vanité d'une telle entreprise et les soucis que je peux me créer à un moment où mes forces ont tendance à se dérober sans prévenir. Je ne peux pas non plus rêver du Val de Saire sans apporter une petite contribution plus concrète qui peut-être, profitera à mes petits enfants. Abandonner avant d'avoir essayé n'est pas non plus dans mon caractère. Je sais aussi que ne suis pas seul, que nombre de mes connaissances acceptent et souhaitent militer pour les objectifs énoncés. Enfin, je constate  que mon blog trouve au fil des semaines plus de lecteurs qui m'encouragent. Alors allons-y !


21/02/2011

La bass'iau : au nom de la liberté on fait n'importe quoi !

 

 

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Il n’y a pas si longtemps, les plages du Val de Saire étaient des dépotoirs. De mes yeux j’ai vu les déchets de carotte, de choux, les vieux sommiers, les déblais de travaux publics. On sait maintenant que c’est un péché. On ramasse les bouteilles vides et les flaques de pétrole lourd ont à peu près disparu. On commence aussi à protéger les oiseaux qu’on voit de plus en plus s’ébattre sur nos rivages. On ne sait pas encore se débarrasser des bicoques, et des cabanes qu’on appelle par euphémisme administratif des habitations légères de loisirs, ou même dans certains endroits  des villas ou des pavillons qu’on demande ensuite à l’Etat de protéger par des digues. On a massacré nos champs de dunes et nos estuaires  pour construire des nullités : au nom de la liberté !

 

 

La pêche à pied est une habitude solidement ancrée. Je l’ai moi-même pratiquée avec mon grand-père, qui empruntait Marquise au voisin pour nous mener en carriole une fois par an,  de Sottevast à Sciotot !  Il y a longtemps qu’on a supprimé le braconnage dans les cours d’eau ou dans les forêts et qu’on a réglementé la chasse.  Pour l’océan et les plages,  on veut toujours croire que l’espace appartient à tous, c’est à dire à personne et qu’on peut y puiser sans contraintes. Ainsi voit-on arriver des hordes déchaînées de râteaux, de fourches, de seaux et de paniers qui se lancent à l’attaque à chaque grande marée, presque au pas de course pour arriver avant les autres. Les espaces qu’on croirait hors de danger  parce que moins accessibles, sont les premiers ravagés par les prédateurs  de la Grande Marée !. Grossière erreur ! deux jours suffisent pour tout piétiner, faire rouler les cailloux et ravager les bancs de couteaux et de palourdes.

 

Au nom de la liberté du populaire on proclame le bord de mer espace vierge et hors la loi, en protestant de la bonne foi des usagers et de leur connaissance du milieu.  Foutaises ! aucun de ces praticiens bottés et caoutchoutés aux idées bien arrêtées, ne laissera un homard dans sa roule, ou une praire dans son lit de sable, ou une huître sur son caillou. Ce qui échappe, c’est ce qui n’a point été vu, et plus le pécheur à pied est averti, plus il en trouve et plus ses cueillettes sont abondantes et destructrices !

 

Pour ceux qui croiraient que ces débonnaires cueilleurs de la pêche à pied ont une activité marginale, il suffit de leur rappeler que les prélèvements en tonnage à l’année sont aussi importants que ceux de la pêche professionnelle. A ceci près que la bande côtière de balancement des marées est autrement plus sensible, biologiquement parlant, que celle des grands fonds. On a massacré nos côtes par toutes sortes de constructions imbéciles et prétentieuses et on continue de le faire. On a évacué dans la mer toutes sortes d’eaux usées et de lessivages de sols pollués, même si on réglemente et  si on tente aujourd’hui d’arrêter. Il serait temps de se convaincre des règles d’un vrai respect de la nature, et de se rendre compte que les populations naturelles doivent être épargnées et sauvegardées. Ce respect des milieux naturels dans nos contrées ne met pas aujourd’hui en jeu la survie des gens. Il nécessite seulement de rompre avec le vieil attachement préhistorique à l’activité de chasse et de cueillette!  Alors si on prétend être un écolo, qu’on commence par s’interdir la pêche à pied une année sur deux, ça ne fera de mal à personne et on verra le résultat !

 

Voir aussi ma note précédente sur "La pêche à la baleine  à Jonville..." (le 5/01/2011)

05/01/2011

De la chasse à la baleine à la pêche aux vignots

 

 

baleine.jpgSi on en croit nos historiens, du temps de Guillaume le Conquérant on pêchait la baleine dans la baie de Jonville. Les « craspois » comme on les appelait à l’époque désignaient tout un ensemble d’animaux allant du marsouin à la baleine de grande taille. On a des descriptions qui identifient ces cétacés par les panaches d’eau rejetés par les évents et par les dimensions de la queue et de la langue. Le Cartulaire de l’Abbaye de Montebourg renferme deux textes du début du XII° qui attestent l’existence d’une pêche organisée. Le premier est une donation collective des baleiniers (appelés waumanni) de la Saire qui accorde aux moines les nageoires de la queue des animaux, le second mentionne non seulement les baleiniers de la Saire, mais aussi ceux de Saint-Vaast, de la Hougue, de Lestre, de Quinéville et  de Saint-Marcouf.

 

Ces documents nous prouvent que nos côtes abritaient des sociétés de pêche à la baleine organisées et qui possédaient une personnalité juridique. Différentes sources nous apprennent également que la capture des animaux se faisait à la côte avec des filets en chanvre arrimés  avec des  gros cordages. On rabattait les cétacés avec des barques pour les faire échouer à la côte ou se prendre dans les filets. On les tuait ensuite avec des harpons à trois pointes. Il s’agissait en réalité d’une chasse « à hue et à cry » dans des sites privilégiés et probablement aménagés. Par ailleurs il existait une réglementation précise sur les « craspois » venus à l’échouage (à varech), dont on retrouve souvent les traces dans des contestations procédurières. En règle générale les gros animaux étaient réservés aux seigneurs du lieu d’échouage, voire tout bonnement au duc qui pouvait offrir ce privilège aux monastères et aux abbayes.

 

On peut donc considérer qu’il y a mille ans des troupeaux de baleines fréquentaient nos côtes et faisaient l’objet d’une exploitation réglementée, car l’huile et la chair étaient particulièrement recherchées. Peut-être reverrons- nous ces animaux après que les réglementations restrictives de la pêche contemporaine auront produit leurs effets. Cela laisse à penser que comme les cétacés, beaucoup d’espèces nobles ou moins nobles, doivent être protégées de notre voracité pour empêcher leur destruction.

 

Il y a cinquante ans, jeune étudiant je me souviens d’avoir fait un herbier d’algues, dont l’estran sur nos côtes était riche. Aujourd’hui, je sais que ma vue a baissé, mais aussi que je ne trouve plus cette diversité. Je vois dans les mares et les chenaux des cailloux retournés et du sable bouleversé par les fourches et autres objets. Plus de crabes verts, plus de satrouilles (poulpes), plus d’hippocampes…Le simple piétinement détruit les larves et les formes juvéniles. Imaginez que dans votre jardin, à chaque grande marée, une dizaine de cueilleurs viennent à la hâte et sans précaution couper les choux et arracher les carottes, que vous restera-t-il en fin de compte ? un champ de ruines. Nos basses iau, si fréquentées et si courues, qui voient affluer de plus en plus d’amateurs, sont en réalité des jeux de massacre. Aujourd’hui il nous reste quelques bigorneaux, que nous appelons vignots ou brelins et que nos enfants ne savent même plus reconnaître ; mais jusqu’à quand ?.

 

Dans ce carnage, certains pécheurs professionnels ne sont pas en reste. Il n'y a qu'à voir les "perches" de plusieurs tonnes qui traînent les chaluts de fond. On connaît les "perques" de nos églises qui portent les crucifixions à l'entrée du choeur, eh bien les perques de nos chalutiers sont elles aussi de véritables crucifixions pour les fonds marins ; si j'étais matelot j'aimerais mieux me couper la main que de tirer cet attirail !


Comme c'est la période des voeux, j'en prononcerais bien un,  en patois celui-là : arrêtons de dévignoter (dérailler) et pensons bien que les fonds de la mer sont comme des prairies. A les saccager de la sorte, il ne restera bientôt plus que des montagnes de boues et des plages de sables et de cailloux complétement désertes.

 

Pour la Pêche à la Baleine, voir J. Prevert et surtout Prof. L. Musset dans Heimdal, n°14, 1974

02/03/2010

Les belles maisons du bord de mer

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La plage à Maltot

 

Pour son plus grand plaisir, mon âne Tonnerre vit dans un herbage avec vue sur la mer situé au point culminant du village. Maltot est un hameau très ancien, au contact de plusieurs fiefs attestés depuis le Moyen-Age (Le Houguet, Les Salines, Cartot et Maltot). Il n'y a pas une seule construction ancienne sur le bord de mer, ni non plus sur les points hauts : les demeures historiques sont ainsi épargnées par les vents de tempête et par les débordements de marée.

 

Depuis cinquante ans, j'assiste avec fureur à la colonisation rampante du mince cordon dunaire qui marque le trait de côte. Un syndicat agréé des pouvoirs publics s'est constitué pour protéger les occupants indus contre la mer. Traverses de chemin de fer, maçonneries diverses, enrochements ont ainsi transformé nos plages en chantiers, avec des escaliers, des rampes, des caravanes, des mobil homes, des HDL (habitations légères de loisirs). On assiste aujourd'hui impuissants à des tentatives éparses d'habitation permanente, facilitées par l'adduction d'eau et des poteaux téléphoniques peut-être clandestinement électriques. A tel point que j'ai proposé en vain que ce syndicat officiel, présidé par le maire de la commune se transforme en syndicat de Défense du Bord de Mer. On m'a ri au nez.

 

Inutile d'arguer que toutes ces atteintes à notre environnement  étaient contraires aux dispositions de la loi du Littoral. D'ailleurs, une grande majorité des édiles municipaux de droite et de gauche  monte au créneau à chaque occasion pour proclamer haut et fort que cette loi est inapplicable en l'état, poussant partout les feux pour obtenir le droit exorbitant d'accorder des permis de construire à sa discrétion. Les services de l'Etat, grâce à quelques ingénieurs courageux, ont tenu les freins tant bien que mal. Mais dans notre commune le forfait est quasiment irréversible et il est considérable.

 

On a souvent dit pour se dédouaner, que les agressions sur notre côte étaient moins flagrantes qu'ailleurs. Bien sûr en Vendée on a construit dans les polders oubliant  que les levées de terre destinées à protéger des champs étaient tout à fait insuffisantes pour sécuriser des agglomérations, mais on est pas loin d'en faire autant derrière La Longue Rive...Nous voyons aujourd'hui le résultat et mon âne qui a tout le temps de méditer en ce moment, en est tout triste. Moi j'y vois une occasion : celle de rappeler que des conjonctions comme tempête+forte marée+dépression barométrique peuvent se renouveler n'importe où et y produire les mêmes effets qu'à La Rochelle et ses environs. Après le deuil vont venir les inventaires  et les réglements de compte. Avis aux amateurs.

 

Chaque désastre naturel - de Vaison-la-Romaine, en 1992, à Sommières, en 2002, en passant par la baie de Somme en 2001 - est déclenché par une conjonction exceptionnelle de phénomènes climatiques : en l'occurrence, des pluies très abondantes, des vents violents et l'élévation extraordinaire du niveau de la mer due à de très fortes marées. Comme à chaque fois, il y a là une part d'imprévisible. (Le Monde du 2 mars 2010)

Le 4 décembre 2008, lors de l'annonce de son plan de relance, Nicolas Sarkozy déclarait: «Les contraintes liées à l'urbanisme seront temporairement considérablement assouplies.» Le 21 avril 2009, au cours d'un discours sur le Grand Paris, il affirmait toutefois vouloir «rendre constructible les zones inondables pour des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques».