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06/04/2013

La boite de Pandore

 

 

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Zeus offrit la main de Pandore à Épiméthée, frère de Prométhée. Bien qu'il eût promis à Prométhée de refuser les cadeaux venant de Zeus, Épiméthée accepta Pandore. Pandore apporta dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdit d'ouvrir. Celle-ci contenait tous les maux de l'humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion, ainsi que l'Espérance.

 

 

 

Au moment aigu de la crise de la dette, j’avais  consulté Wikipédia sur la structure des mille huit cents milliards  d’emprunts de l’Etat français. Il y était écrit en toutes lettres que la plus grosse part des détenteurs de cette dette était logée aux Iles Caïman, au Luxembourg et au Royaume Uni (ref. Le Monde 2011). On ne pouvait pas mieux dire que cette masse d’investisseurs était d’évidence l’expression d’une dissimulation fiscale majeure, mettant à profit les facilités de ces pays  pour faire vivre et fructifier les capitaux à l’abri des taxes communes. Cet aspect des choses est connu de tous, y compris de nos propres administrations, qui n’ont pas mis jusqu’ici beaucoup d’ardeur pour le contrôler.

 

L’affaire Cahuzac, par son outrance ahurissante, va contribuer je l’espère à faire tomber les masques. Si mon ami Saint François de Tulle, veut se refaire une santé  il a intérêt à profiter de l’ouverture. A se mettre en colère. A fulminer. A défendre les citoyens honnêtes contre ces rapaces sans conscience. D’accord, il faut raison garder, quand on est Chef de l’Etat, on n’est pas chef de bande. FH a dit les mots qu’il fallait. Le Président et la France ont été humiliés par l’ex ministre du budget. Il faut faire cesser  la tolérance que la bonne société accorde aux dérapages financiers, à l’avidité, au manque  cosmopolite de civisme, que nous avons souvent dénoncés dans ce blog. Il y a comme un cousinage entre l’affaire DSK et les comptes suisses de Cahuzac, un sentiment d’impunité et de toute puissance leur est commun. Une ambition exacerbée qui fait que le gratin de notre pays se sent  au-dessus des lois communes et s’exonère de toute contrainte morale politique, voire de toute éthique personnelle (l’amitié, la solidarité, la sincérité) . A en faire pleurer Gérard Filoche en direct.

 

Pour une fois, je suis d’accord avec Mélanchon, qui réclame un coup de balai. Il faut redonner confiance au peuple de gauche. Les gens ont adressé mandat à FH pour nettoyer les écuries d’Augias. Le Président n’a que faire des critiques de Copé et consorts qui en appellent à la démission, la dissolution, la crise de régime, à la Bérésina politique !  Ils se gardent bien d’exiger eux aussi, des mesures drastiques contre la fraude. Copé, Woerth ont été aussi ministres du budget… Ont-ils jamais tenté un contrôle, une action forte ?  La Bacqué du  « Monde » journal auquel je suis abonné depuis toujours a fait une mauvaise action en pointant en première ligne le directeur des comptes de campagne du Président. De quoi faire du chiffre, certes, mais aussi un contre-sens grave. Que le « Monde » contribue à la crise au lieu d’en appeler à l’épuration, à une opération mains propres, pour faire du buzz,  n’est pas à porter au crédit du journal. Espérons que la suite des révélations va donner plus de sens et plus de lucidité sur les réalités de la finance internationale. J’en arrive à penser que le « Monde » est jaloux de Médiapart !

 

Douze heures plus tard. «  Le Monde » se lâche et explique que la dissimulation fiscale et administrative dans les « palmiers » est générale. Les banques françaises, les grosses entreprises, mais aussi les affairistes de tous bords, les professions libérales utilisent les filières Cahuzac. Si vous voulez faire du commerce international, vendre des Airbus, des Caterpillar ou des armes, de la drogue ou des buildings, des tableaux de maître ou des quintaux  d’or, il vous faut passer, motus et bouche cousue, par ces comptes qui portent des noms tout à fait poétiques, du petit  nom de la poule du magnat, à celui d’une rue de Tel Aviv.  Attention tout ceci est parfaitement légal, du moins tant que ce n’est pas strictement interdit. Vous avez une armée d’avocaillons et d’hommes de loi qui vous évitent de tomber dans le premier piège pénal venu et en tous cas préparent suffisamment d’arguties et de malices pour faire traîner d’éventuelles poursuites pendant des lustres.

 

Vous pensez bien qu’il y a des grands et des petits réseaux, tous juteux comme des pomelos, qui remplissent les poches des loueurs de yachts, de limousines et de suites de palaces. Un commerce du luxe qui n’a jamais connu de crise, aujourd’hui plus florissant que jamais, dans lequel on voit des « princes » et des « princesses » signer des chèques délirants pour des bijoux, des montres, des parfums. Je me réjouis à cette évocation qui me fait remonter une discussion vieille de cinquante ans, dans laquelle je choquais un professeur d’économie en lui affirmant que la seule façon de devenir riche était de frauder le fisc. Il m’avait pardonné en mettant sur le compte de la jeunesse ma fougue et mon exagération. Avais-je tellement tort ? J’aimerais savoir comment on passe de rien à une grosse fortune sans quelque habileté ou malhonnêteté, sauf si bien entendu on gagne au loto.

 

Rappelez-vous comme il y a peu, l’intention de faire cesser par l’impôt les rémunérations excessives, (concernant seulement quelques centaines ou milliers de personnes) a ému les journalistes et la classe des affaires dans sa totalité. Les 75% soulèvent encore des véhémentes protestations. Le corps des profiteurs s’abrite facilement derrière quelques personnalités emblématiques  pour justifier ses propres turpitudes. Je vous le donne en mille !  Je suis prêt à parier que tous ces super héros de la finance et de l’économie ont des comptes off-shore et qu’ils ne s’en servent pas seulement pour payer leurs vacances au soleil. Il est temps que  l’Etat de droit se fasse juge  par son bras armé, une justice respectée et indépendante !

23/03/2013

La niche est tombée sur le chien

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La politique est un sport violent. Bon boxeur, Jérôme Cahuzac  est entraîné. Il n’empêche que sa chute,  hors du petit nuage gouvernemental où il trônait comme le plus brillant et le meilleur des ministres, l’envoie se ramasser dans le maquis des procédures. C’est un accident bête. Sans doute pas une bonne nouvelle pour le gouvernement de la France mais à coup sûr un évènement rassurant pour la République. Car il est nécessaire que chacun se sente menacé des foudres de la justice quand il a fauté. Un ministre du budget ne peut pas être soupçonné de fraude fiscale, même si il y a beaucoup de médecins qui fument un paquet de clopes par jour. La vertu de l’exemple est républicaine. Il faut quand même bien dire qu’il y eut une période sous la gauche pendant laquelle il était de bon ton de faire des affaires, même si elles n’étaient pas très réglementaires. Tapie fut le modèle populaire des affairistes et des profiteurs. Il faut ajouter à cela le pouvoir corrupteur  des firmes du médicament, habituées à circonvenir les toubibs, agents des ventes indispensables. L’assuré social n’a(vait) plus qu’à payer. La morale financière est aussi élastique que ces bracelets qui servent à empaqueter les billets de banque.

 

La cabane est donc tombée sur la tête de notre ministre du budget sans qu’il y puisse rien. Mais hier soir, il y en a un autre qui a pris son toit sur le crâne, c’est notre ex-Président. Dieu sait si je me suis montré hargneux face à Sarkozy, quitte à me faire taxer d’adversaire primaire. J’ai tout dit de lui, y compris que son clan me rappelait plus une bande de truands qu’un honorable cercle politique. Je ne suis jamais allé malgré tout, jusqu’à l’accuser d’abuser les petites vieilles pour leur soutirer de l’argent. C’est ce que vient de faire pourtant le juge bordelais. L’honneur est sur notre justice mais la honte est sur la République. Je ne sais pas si le juge Gentil, tout à son affaire Bettancourt, s’est bien rendu compte de l’énormité du scandale d’une telle mise en examen. On imagine que le juge a du biscuit, des preuves et qu’il ne fera pas d’erreurs de procédures, sinon c’est lui qui va recevoir aussi la cabane sur la tête. En petit gangster récalcitrant, notre Charlot de la politique n’a pas manqué de lui rappeler.

 

Il nous faut peut-être des évènements comme celui-ci  pour nous contraindre à regarder en arrière, à mesurer la dégradation de l’esprit civique, à prendre conscience de l’abaissement  de la morale républicaine, et comprendre comment un candidat à la Présidence de la République peut se déshonorer pour aller mendier quelque enveloppe auprès d’une  vieille dame sans mémoire, fut-elle la plus riche de France. Pour poursuivre dans le style de Pierre Salviac, nous avons eu toute une époque où « les cochons ont été lâchés dans les maïs », ils se sont goinfrés, ils ont pris de mauvaises habitudes. On a l’impression aujourd’hui que les « gorets sont rattrapés par la patrouille » et qu’il faut en finir avec la voracité, la cupidité, l’avidité sans limites et, in fine,  l’impunité,.

 

Alors allons–y  François ! Le peuple te demande de surtaxer les revenus sans queue ni tête, à 66 ou à 75% peu importe ! Le peuple te demande de stopper le cumul des mandats, le peuple te demande de punir les conflits d’intérêt et la corruption, le peuple te demande d’éradiquer les paradis fiscaux ! Faut-il  aller habiter les Cantons Suisses pour être écouté ? Qu’on en finisse avec la veulerie des Depardieu et des Sans Dieu ni Patrie, grossiers et misérables, qui ne voient que leur énorme ventre de jouisseurs hypertrophiés. Nous n’avons pas besoin de sous, nous avons besoin de leçons de morale, bien sévères, bien exemplaires, bien symboliques. Aucun génie ne peut faire pardonner cette odeur de porcherie qui règne dans nos palais et nos beaux quartiers ! Il me semble que l’heure, au clocher du village, est à la modestie, à la solidarité, à la création technique, scientifique, artistique, intellectuelle. Qu’on fasse enfin descendre du haut du trottoir de la City ou de Wall Street, les petits traders électroniques aux fesses serrées qui pompent  à la source, la moelle de la puissance humaine.

 

Au lieu de crier misère et de vouloir se faire passer pour des victimes, les gens de la droite républicains et honnête devraient en profiter pour clamer très haut et partout, que, si invraisemblables qu’ils soient, des soupçons aussi infâmants sont rédhibitoires. Nous avons à gauche exécuté DSK,  Guérini et Cahuzac, et d‘autres de moindre importance. Dans l’autre camp, ils feraient mieux de se préparer au pire et d’organiser les funérailles du mieux qu’ils le peuvent, pour ménager l'avenir et participer à l'oeuvre commune de salubrité publique..